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Sur fond d’ethnocentrisme les Guinéens tirent le diable par la queue
Oury Baldé Dimanche, 18 Décembre 2011 21:16
Pris dans l’étau d’une pauvreté chronique, legs des régimes successifs dictatoriaux cyniquement prédateurs qui les ont martyrisés depuis l’indépendance en 1958 , et les soubresauts de tensions sociopolitiques engendrées par l’ethnicisme sans précédent de la dernière élection présidentielle, les Guinéens, las et éprouvés, connaissent des temps de plus en plus difficiles.
La présidentielle de novembre 2010, qui a permis le « passage » du pouvoir des mains des militaires aux civils, après plus d’un quart de siècle sans partage, n’a tenu aucune de ses promesses . Au contraire, le mal du Guinéen s’est aggravé. Comme si, à Conakry, on tombait de Charybde en Scylla : Assurer le quotidien est devenu un véritable chemin de croix ; système D, ou on s’en remet aux subsides de la diaspora. Déjà frappés de plein fouet par une conjoncture sociopolitique aigüe, bon nombre de Guinéens, du fait de la hausse du prix du carburant par le gouvernement, ultime calvaire, se sont retrouvés sur la route à marcher à pieds.
La Guinée, sa jeunesse abandonnée à elle-même sans perspective d’avenir, ses citoyens laissés pour compte, une forte tentation d’occident, ses richesses prises en otage par les nouveaux maitres du pays, une clique de veilles badernes suprématistes, assoiffées de pouvoir et de richesses. Autopsie sommaire d’un pays au bord de l’agonie.
Sanfa est un des ces nombreux habitants de Conakry, qui croupit depuis des lustres sous le fait d’une misère de type moyenâgeuse : sans desserte régulière d’eau, d’électricité, et d’une alimentation suffisante, livrés à l’insécurité grandissante.
Malgré son statut « privilégié » de fonctionnaire de l’Etat, Sanfa n’arrive pas à joindre les deux (2) bouts, avec son salaire mensuel d’environ 100 euros par mois (le smic guinéen). Sa femme, encore qu’« une battante », secrétaire de bureau et vendeuse occasionnelle au yenguéma de Madina, est obligée de mettre beaucoup du sien afin que la famille puisse arrondir les fins de mois.
A l’insuffisance du revenu, Sanfa allie le stress quotidien de pouvoir perdre son travail à tout moment. Pour cause : Le nouveau régime ethniciste d’AC, avec son excès de zèle, d’allégeance au chef et de délation, ne tolère pas la différence. Le quadra a beau clamer être apolitique, « par déception des hommes politiques », me confie-t-elle au bout d’une ligne téléphonique assez vicieuse, il est loin d’être vu de cet œil-là par son entourage.
« Le changement », Sanfa l’avait tout de même espéré. Mais, en attendant Godot, depuis, plus rien …
La cinquantaine bientôt amorcée, le vaillant homme se prend à rêver d’occident en eldorado, pour lui et pour sa famille, surtout pour ses enfants abonnés à l’enseignement au rabais de l’école guinéenne.
L’ascétisme du Guinéen est extrême. A l’instar de Sanfa, nombreux sont les Guinéens qui triment à tort depuis belle lurette dans le silence et l’indifférence coupables du pouvoir.
Autrefois fleuron de la sous-région sous la colonisation, décatie et insalubre, Conakry, l’ex-belle, est une ville méconnaissable aujourd’hui, qui ne peut tenir tête à ses consœurs d’Abidjan, Accra, Bamako, Dakar, à quelques encablures de là .
D’après les Nations-Unies, le taux de pauvreté s’est accru en Guinée ces quinze dernières années (15), passant de 40% de la population en 1995 à 58% en 2010.
L’état actuel de l’économie guinéenne préoccupe : une inflation supérieure à 20%, constante depuis feu Lansana Conté, 50 millions d’euros détournés chaque année selon le ministre du Contrôle économique et financier, un endettement représentant 75% du PIB , une balance commerciale perpétuellement déficitaire (-370,6 MUS$ en 2010), et un taux de croissance annuel très erratique, inférieur en moyenne à 2%, combiné à l’absence de vraies réformes en vue, et la cacophonie sociopolitique du pays, du genre à ne pas rassurer les investissements .
« Les commerçants n'arrivent plus à vendre leur riz. Les populations ont faim. Le préfet (…) et le maire de la ville (…) interdisent la vente à plus de 5.000 francs le kilo. Les fonctionnaires sont sommés d'adhérer au RPG (…), les moments sont durs. Y a plus de jeunes dans nos villes. L'immigration est un désastre de ce point de vue. Aujourd’hui le gouvernement, à travers les préfets, les maires et autres fieffés du pouvoir RPG, oblige les populations à subir un diktat des prix des denrées pour enrayer la montée des coûts dus notamment à l'augmentation des prix des hydrocarbures.
En même temps, ils distribuent des 4x4 à tous les responsables fédéraux du parti. Pour celui de (…) que je connais, il vient de recevoir une Mitsubishi sortie d'usine. Ils semblent qu’ils ont décidé d'acheter plusieurs marques différentes pour ne pas attirer l'attention. C'est exactement leur stratégie actuelle » témoigne un observateur avisé de la Guinée.
Le populo à la mode à Conakry résume parfaitement cette sombre fresque, « Manguè nènè kaamè nènè » : expression populaire soussou pour dire littéralement, nouveau chef, nouvelle famine. Comme si en Guinée chaque nouveau pouvoir débarquait avec son lot de famine.
En dépit de son grand potentiel minier, minéralogique et humain, après plus de 53 années pleines d’indépendance, la Guinée, à cause de la mal-gouvernance de ses dirigeants, végète dans une pauvreté endémique. Ce qui a fait dire à juste titre à quelqu’un que « la Guinée est un mendiant assis sur de l’or ».
S.O.S. pour la Guinée en crise économique, politique, sociale et sociétale.
Oury Baldé
Commentaires
Comptant sur votre bonne reception, bien à vous.
M Sylla , l’empire Soussou , jusqu’à la bataille de kirina en 1235 qui consacra son annexion ,après que la sœur de Soundjata Keita ait livré le totem de Soumangouro pour faire tuer ce dernier par son …beau-frère ,le même Soundjata , Diata Sogolon , l’homme aux multiples noms et les mille et une légendes qui l’entourent notamment le baobab qu’il …arracha pour sa mère, L’empire Soussou donc n’avait rien avec l’empire manding .
AC qui n’a pas maitrisé le droit, ne peut pas exceller en histoire. Réveillez-vous, M Sylla. Ne tombons pas dans le lavage de cerveau envisagé par AC à ses fins politiques.
Par contre dans les articles, c'est inadmissible, par ce que L'on a tous le temps de lire et relire l'article avant de l'envoyer au webmaster.
Monsieur Kourouma, arretez de vous la péter.
pire cette division je la vois eternelle,car personnellement je ne pardonnerai jamais cette injustice qui se repete depuis 1958.
Hoya! Komi horè kayidi ....Lol!
Le français n'est pas notre langue maternelle, nous en sommes tous des apprenants, un peu de modestie n'a jamais fait de mal.
Pour le reste, en un an AC a eu assez de temps pour faire une ébauche de ces capacités à diriger la Guinée.Le resultat on le connait tous.
M Kourouma , je ne sais pas si vous avez un peu fait de l'économie. Le pouvoir c'est un peu comme la loi des rendements décroissants .Plus on avance dans le temps , plus la productivité baisse.
Je crains que celà ne se vérifie avec AC dont la suite,donc, risque de n'etre guere mieux que la 1ere année.
vous dites "Sachez que 1 an est très peu pour parler d'un bilan réussi en guinée même Cellou aurait été confronté aux mêmes réalités d'une particularité excessivement difficile de la guinée."
Vous avez peut être raison, mais je suis sur que la Guinée ne serait pas autant divisée.
Qui conquiert le pouvoir par la haine et le mensonge, gouverne par la haine et le mensonge!!!
Votre PD désigné ne sait pas faire mieux que ce qu'il a fait pendant 70 ans de savie: se pavaner, opposer les gens, tromper.
Comment quelqu'un qui ne supporte pas de vivre avec sa femme peut donner le bonheur aux 10 millions de Guinéens. kourouma réveillez vous, AC n'est pas le choix idéal, il a trop de carences et d'errances...
La force de la pensée restera gravée dans le marbre , au compte des constances de l'histoire . L'illumination de la pensée laisse entrevoir la raison de l'attribution du Nobel .
Tout comme on pourrait etre valablement admiratif de la pensée qui remarque ces eternelles paroles .
"Un peuple assujetti à une loi de fer et conditionné par la crainte a bien du mal à se libérer des souillures débilitantes de la peur. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de resurgir encore et toujours, car la peur n'est pas l'état naturel de l'homme civilisé. "








