Mohamed Sampil Dimanche, 27 Novembre 2011 14:38
Dans les années 90, une candidate à la députation dans le 15e arrondissement de Paris ‒ dont je tais le nom ‒ avait déclaré dans sa biographie être titulaire de la médaille d'honneur de la résistance française. Un journaliste fit des recherches et découvrit qu'elle avait menti. La honte !!
L'intéressée humiliée fit retirer dare-dare ses affiches.
Le Canard Enchainé, très célèbre journal satirique français, avait aussi sorti les fiches d'impôt de Jacques Chaban Delmas, ce qui le disqualifia de la course vers le Palais de l'Elysée.
Idem pour Valéry Giscard d' Estaing, ses diamants (de Bokassa) et le patronyme nobiliaire "d'Estaing" que son illustre père avait "acheté" ce qui veut dire qu'il n'est pas noble par la naissance mais par décret.
Un faux docteur en médecine fut aussi découvert (ce qui est fréquent d'ailleurs). Il fut condamné pour exercice illégal de la médecine, usurpation de titre, radié de l'ordre des médecins avec affiche dans tous les locaux de la CPAM (Caisses primaires d'assurance maladie) et embastillé pour faux et usage de faux.
Je vous donne ces exemples par comparaison aux us et coutumes de notre beau pays où le mensonge de nos excellences et les faux diplômes circulent à volonté et en quantité industrielle.
Tenez, j'étais au bled récemment et un jeune cadre m'a expliqué la mise en place de cette véritable usine de faux diplômes encouragée par nos hauts fonctionnaires qui, d'ailleurs, ne recrutent que ceux qui "achètent" leur nomination.
Tu veux être ambassadeur, directeur général, secrétaire général ou ministre ? Il faut casquer. Sans compter qu'il faut être membre zélé et bruyant du parti politique au pouvoir, mieux de la bonne ethnie.
S'agissant des grands chefs (d’en haut comme disent nos amis ivoiriens), nous ne savons rien d'eux. D'ailleurs, circulez il n'y a rien à voir. Conséquence : filiation, biographie, cv. Tout est trafiqué, truqué. Tout se dit et est permis sans aucune vérification. Pourtant la confiance, dit-on, n'exclut pas le contrôle. Une question déjà posée : Peux-t-on savoir combien gagnent nos chefs et sous-chefs, s'acquittent-ils de leurs impôts, factures d'électricité, d'eau, téléphones personnels ? Je sais que j'exagère. Sous nos cieux le budget de l'Etat est le portefeuille des chefs, non ?
Il parait que nous avons des journalistes en Guinée. Mais que font-ils ? Rien, nada. Ils font tout sauf leur métier. Ni curieux, ni téméraires (un vilain mot). Journalisme d'investigation, connait pas et quel mot grossier ! Reportages dans les "coins chauds" de l'actualité guinéenne, pas de "moyens ou de temps". Un pays où le pompier n'a pas d'eau dans le véhicule d'incendie, les services de police- secours et les ambulances pas d'essence, où il faut payer un droit d'entrée à l'hôpital et le plus important "payer" le médecin exerçant dans un hôpital public avant d'être soigné, de peur que tu crèves avant de régler tes soins (personne pour le faire après).
Mais comme d'habitude il ne faut surtout pas en parler. En plus des noms d'oiseau, tu seras indexé comme l'anti-guinéen primaire qui n'a rien compris du travail de Titan, d'Hercule, de Samson, de Maciste, etc., du chef suprême de la République "démoncratique"de Guinée. En somme un empêcheur de gouverner en rond (ça se dit ça, MM. les puristes de la langue de Molière ? ).
Dernière question : que deviennent les accords de Ouagadougou ? Il me semble que ces accords sont valables jusqu'à la fin des élections législatives. J’ai peut-être mal lu (ce n'est plus des lunettes qu'il me faut mais un chien), quand j'entends le patron dire qu' "on n'a plus besoin de la CEDEAO et autre Communauté internationale", que la transition est terminée. Comme dans la chanson, Capri, c'est fini, d'Hervé Villard.
Bon dimanche et bonne semaine.
Mohamed Sampil