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Après Boké, Sangaredi se réveille contre une République corrompue et cleptomane…
Nouhou Badiar Diallo Jeudi, 16 Novembre 2017 08:46
Plus d’une trentaine d’années d’expérimentation d’un système communément appelé démocratique, le pays peine à retrouver ses valeurs physiques, culturelles, politiques, économiques, sociales, intellectuelles et surtout morales. A qui doit-on en imputer la responsabilité de cette débâcle à divers échelons ? Trouver la réponse à cette épineuse question, c’est se triturer les méninges ; on n’y parviendra pas. Mais on peut quand même tenter d’énumérer et d’effleurer certains points pouvant permettre à tous et à chacun de mieux comprendre cet imbroglio de toutes les couleurs.
Depuis quelque temps , nous n’avons plus fait montre d’orgueil et de sentiments patriotiques vis-à -vis du pays , nous n’agissons pas au bénéfice de la majorité, nous nous contentons de nous enrichir au détriment des autres dans des conditions douteuses , comme si les couches défavorisées n’étaient pas faites pour goûter aux délices de la vie quotidienne. L’apaisement social doit indubitablement passer par une prise de conscience au niveau des élites ; qu’elles soient politiques ou économiques. D’autant que les lions, les dragons, les dinosaures de la politique guinéenne sont on ne peut plus gloutons. On ne saurait dédouaner le secteur économique dans le pourrissement de l’état actuel des choses. Il n’y a aucune volonté au niveau de ces deux secteurs clés à mener une lutte féroce contre tout ce qui nuit au bon fonctionnement de la nation guinéenne.
On se le demande perplexe. D’où est issu ce phénomène de la corruption qui gangrène nos institutions ? Une telle question nous renvoie directement à la faiblesse du système étatique. Le manque de fermeté de nos dirigeants, l’absence de mesures rigoureuses, tout ceci donne accès à une orchestration de vol, de pillage et de gaspillage des biens de l’Etat. On le voit, on l’admet. La République est infestée de corrompus, de corrupteurs et de cleptomanes. On dirait que le système est bien construit ; bien huilé pour de telles pratiques répréhensibles. » Voler l’Etat n’est pas voler », veulent-ils nous faire croire.
Ils oublient que l’Etat ne leur appartient pas, ils ne sont que des serviteurs dont la durée de mandat est définie par la Constitution souventes fois bafouée par leurs ambitions, leurs manœuvres politiciennes. Face au cauchemar actuel, nous, de la Société Civile, devons-nous mettre debout pour prononcer la « sentence » de ceux et celles qui pensent toujours au maintien du statu quo, parce que cela leur est favorable, parce que cela leur ouvre la voie à l’enrichissement illicite plus facilement. La corruption, qui devait être l’exception, est la règle partout aujourd’hui en Guinée. Que doit-on faire quand on est en présence d’un cas avéré de concussion ?
Nous pouvons continuer à dénoncer des personnes soupçonnées d’implication dans la corruption, les problèmes vont demeurer si nous ne faisons aucun effort pour porter la justice à sévir contre ces gens qui ont torpillé les caisses de l’Etat, car les deniers publics ne doivent être utilisés que dans le cadre de la réalisation des travaux au profit de la population. Nous ne devons, en aucun cas, cautionner les actes de corruption, et c’est cela qui va nous aider à contribuer au redressement économique et social de la Guinée. L’argent des contribuables est là pour faciliter la réhabilitation et la construction d’infrastructures dans le pays.
Dans les groupes WhatsApp tout comme sur Facebook, on évoque, discute, examine, scrute la conjoncture actuelle avec beaucoup d’amertume. Pour certains, il n’y a aucun espoir de changement, pour d’autres ; on peut, si on le veut vraiment, inverser la tendance en arrêtant de se plaindre, en passant à l’action, de manière pacifique, contre les conspirateurs, les fossoyeurs, les corrupteurs, les corrompus, les criminels, les assassins, les agitateurs, les dilapidateurs des fonds du trésor public. Pour l’heure, afin d’y remédier, il est absolument nécessaire, tout comme Boké et Sangaredi, d’organiser des mouvements de protestation à l’encontre de tous ceux et de toutes celles qui, d’une façon ou d’une autre, s’affairent à nous embourber davantage.
Nous devons gagner les rues sans violence, bien entendu, pour dire « NON » à la corruption et demander des comptes. La reddition de comptes est un procédé par lequel nous pouvons comprendre mieux ce qui se passe au sein de l’Administration Publique. La majorité silencieuse doit sortir de son mutisme-complice, les organisations socio-politiques et les jeunes du pays sont appelés à faire entendre leur voix au regard de la précarité de la conjoncture actuelle.
Solidarité active ; effective, prospérité collective, c’est ce dont a besoin notre pays pour fuir la monotonie politique et économique, notamment. Les prochaines années, jusqu’à la tenue des élections locales, municipales et présidentielles, devront être des moments de fraternité, d’égalité, de bien-être collectif et généralisé. A nous de rejeter l’individualisme en embrassant le collectivisme par rapport à notre devise « Travail-Justice-Solidarité ». Et c’est dans la solidarité que nous arriverons à changer la donne. Ayons des perspectives clairement définies pour sauver notre patrie commune. Les générations qui nous succéderont nous en seront très reconnaissants.
Mes chers Compatriotes, la Guinée se doit d’être au cœur de nos priorités si nous l’aimons de tout cœur.
Nouhou Badiar
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