Oury Baldé Dimanche, 13 Novembre 2011 15:30
Si ce n’avait été l’auteur et le contexte de l’impair face aux médias sénégalais en septembre dernier, on aurait pu un tantinet, dans certaines circonstances, le prendre pour une simple frivolité, une boutade au mieux, tout au plus un lapsus dont on rirait goulûment jaune. Mais fort malheureusement, à notre corps défendant, force est de constater que ces déclarations scandaleuses ont bel et bien été faites par AC le « président guinéen », autoproclamé « Professeur Président ». Mais au fait, meilleur cuisinier à force de célibat endurci dans sa longue vie parisienne selon ses proches, que tribun versé dans la loi.
Politique du pire et culte de l’ennemi virtuel ou du bouc-émissaire en fuite en avant des politiciens médiocres
Il faut oser appeler un chat un chat : l’idéologie politique d’AC repose grandement sur l’ostracisme obsessionnel de l’ethnie peuhle (pourquoi ? au fait), en cherchant à liguer les autres ethnies guinéennes contre cette dernière sans cesse vouée aux gémonies et supposée « non guinéenne » et « ennemie », afin de mieux masquer ses incompétences manifestes. Cette autre sortie scandaleuse de M. Condé ne devrait être interprétée que dans cette optique là.
Le funambulisme politique d’AC, qui a payé jusque-là en bonne partie à cause de l’illettrisme de la grande majorité de l’électorat guinéen allègrement manipulé et excité à bloc, commence à montrer ses limites face à la réalité crue de la situation post électorale. En clair, la situation socio-politique guinéenne actuelle, notamment les nominations ethniques à tout va combinées à la gestion profane du pays, en déphasage total avec le discours politique plein de promesses mirifiques de campagne, et la conjoncture économique due à des problèmes structurels endémiques qu’il ne maitrise pas, rendent étroite la marge de manœuvre d’AC pour pouvoir satisfaire tous les engagements tenus à la Forêt et à la Basse Côte. Et même dans son propre camp bien des voix discordantes pestent en catimini contre les choix critiques du « Prof-Président ».
AC persévère dans la même politique divisionniste et ensanglantée qui l’a mené de façon illégitime au pouvoir au détriment du vrai vainqueur de la présidentielle de novembre 2010, le tandem El hadj CDD et l’Alliance des Bâtisseurs : Sidya Touré, Abbé Sylla, Fodé Soumah, etc. Comme pour confirmer qu’on ne change pas la méthode qui fait recette.
Il faudrait à présent en finir avec cette hypocrisie qu’on aborde à demi-mot. Si le Fouta et les Peuhls gênent, autant s’en débarrasser en diligentant le bris. Le problème de coexistence intercommunautaire ne s’étant jamais posé ni durant la colonisation jusqu’à cette date fatidique du 02 octobre 1958, ni avant 1898 date de l’assujettissement définitif de nos populations dans leurs espaces géographiques impériaux par la France qui les appellera par la suite Guinée.
Aussi scandaleux que puissent paraitre les propos de M Condé, cela n’a provoqué ni l’ire de l’opposition guinéenne, ni celle de nos coordinations régionales, nouvelles forces sociopolitiques émergentes.
Curieux pays où, si ce n’est pas le crime qui paie (injustice, impunité, violence, viol, assassinat, corruption, cynisme), on s’accommode bien volontiers de l’anormal (médiocrité, ethnicisme, mascarade électorale, etc.).
Il faudrait peut-être définitivement comprendre qu’en Guinée le ridicule ne tue pas. Et ça « marche ».
L’idée d’une éventuelle nation guinéenne ne tenant pas compte de la diversité de nos quatre (4) régions naturelles, encore que ces dernières coexistent, est une tentative vouée à l’échec.
L’identité culturelle étant par principe ce qui définit les hommes et fonde les nations et les civilisations, chaque culture mérite d’être reconnue à défaut d’être respectée. Aucune culture ne peut prétendre être supérieure à une autre. Le nier par mépris ou par calcul politique au nom d’un certain ethno-hégémonisme relève de l’exécrable mauvaise foi et est inacceptable.
Pour ma part, je condamne avec la dernière énergie les propos irresponsables de M. Alpha Condé, qui ne sont que de nature à empoisonner l’air et fragiliser le précaire équilibre social.
Oury Baldé