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Ensemble pour l'égalité entre Hommes et Femmes

Amadou Saikou Diallo  Mercredi, 08 Mars 2017 19:14

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altLa journée internationale des femmes, officialisée en 1977 par les Nations-Unies, est là pour nous rappeler ces victoires mais aussi pour nous inviter à réfléchir sur la condition de la femme dans le monde entier. En un siècle, les femmes ont conquis l'égalité juridique et législative dans la plupart des pays du monde. Reste à conquérir l'égalité dans les faits. 


Cela aurait pu être un bel anniversaire, joyeux, pour cette 40ème édition de la Journée internationale des droits des femmes. Mais en ces temps de régression généralisée, d'un bout à l'autre de la planète, du Nord au Sud, d'Est en Ouest, elles n'ont pas fini encore d’exprimer leurs opinions face au retard et au blocage de leurs droits et libertés.


C'est l'occasion idéale de dresser le bilan des progrès accomplis en vue de promouvoir l'égalité des femmes. C'est aussi l'occasion d'identifier les difficultés que les femmes doivent surmonter dans la société et de se pencher sur les moyens à prendre pour améliorer la condition féminine.


Petite Histoire : comme toutes les dates symboliques, la journée internationale des femmes n'a pas ses origines dans un seul fait historique. Elle symbolise, d'une part, les fruits d'un large processus de luttes, de revendications et de débats et, d'autre part, les parcours silencieux des millions des femmes dans le monde entier.


En 1977, soit 2 ans après l'Année internationale de la femme, les Nations-Unies ont adopté une résolution invitant les pays à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes et de la paix internationale. Le 8 Mars est ainsi devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays. Depuis cette date, les femmes de partout ont multiplié les efforts pour gagner cette bataille de l’égalité. L'égalité entre les femmes et les hommes est admise, sans conteste, comme un principe fondamental de la démocratie et du respect de la personne humaine.


On nous dit et on nous le répète : les femmes travaillent, de plus en plus nombreuses, et cela sous toutes les latitudes. Et pourtant, il n'est pas certain que la montée en puissance des femmes dans l'emploi s'accompagnent de droits supplémentaires. Il est même plutôt certain que ce soit l'inverse.


Des 2 côtés de l'océan atlantique, on constate des hommes effrayés d'être dépossédés de leurs prérogatives mais aussi des femmes attirées par les sirènes d'une vie tranquille et illusoire au foyer. Les grandes conquêtes féminines (et féministes) du 20ème siècle - droit de vote, droit d'être élue, droit au compte bancaire séparé de son mari, droit à la parité, droit de conduire, droit de repect,  etc -, n'ont jamais autant semblé fragiles. Tandis que les violences faites aux femmes, conjugales ou "gratuites" ne reculent pas, loin de là : en Espagne, en Amérique latine, en Asie, etc, les féminicides explosent, et les masculinistes font des émules ailleurs.


Selon un rapport en France, 84 000 femmes rapportent chaque année avoir été victimes de viol ou de tentative de viol, et seules 10% d’entre elles déposent plainte. En moyenne, chaque année, 217 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales - physiques ou sexuelles; soit plus de deux fois et demi de plus que les hommes. Ces violences peuvent aller jusqu’au décès.Autre injustice à l'égard des femmes dans  nos pays est l'écart de rémunération avec leurs homologues masculins. Dans le privé, tous temps de travail confondus, la rémunération annuelle des femmes reste nettement inferieure; etc.


Autre aspect, la mondialisation, qui est un processus multidimensionnel de transformation économique, politique, culturelle, et idéologique. Elle a eu des effets contrastés sur les droits des femmes. D'une part, elle a conduit à l’accroissement des violations de ces droits dans les domaines économique, politique et culturel; dû en grande partie à cause de déclin de l'État providence, de la féminisation de la pauvreté, de l’expansion des fondamentalismes religieux et de l'apparition de nouvelles formes de militarismes et de conflits. De nombreuses organisations féminines internationales ont pu noter, par exemple, que les nouveaux accords commerciaux contreviennent à l’esprit et souvent à la lettre des conventions internationales sur les droits de l’homme, le droit du travail et les droits des femmes. D'autre part, la mondialisation a donné par certains aspects des occasions plus nombreuses aux femmes d’œuvrer solidairement à l’échelon national, régional et international afin de faire valoir leurs droits. Elles demandent une plus grande reconnaissance des droits civils, politiques et sociaux attachés à leur citoyenneté et, mettant en œuvre une solidarité transnationale, afin de promouvoir les droits fondamentaux de la femme dans le monde, elles s’efforcent de “réinventer la mondialisation”.


Cette année, la Journée internationale des femmes doit être une occasion pour tous les hommes et toutes les femmes de s’unir pour défendre les femmes et les filles qui connaissent au quotidien la violence ou la peur de la violence. Elle est l’occasion de réfléchir aux mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des fillesC’est aussi l’occasion de saluer le courage et les succès des femmes et des hommes qui continuent de pousser pour que les choses changent, et de lutter pour que la violence fondée sur le sexe apparaisse au grand jour et cesse enfin, de sorte que tous les droits de l’homme deviennent une réalité effective pour elles et pour les filles.

Joyeux anniversaire aux Femmes et filles du monde.


Amadou Saikou Diallo

(Washington DC)


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