Obama, Trump et l’alternance au pouvoir en Afrique

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DIALLO_Ousmane_auteur_01Comme si les fois précédentes étaient insuffisantes, le peuple américain vient encore de prouver au reste du monde qu’il est quasiment capable de tout. Après avoir fait parler de lui en élisant, pour la première fois, un afro-américain à la Maison Blanche, le voilà qui vient de confier la destinée de la première puissance mondiale à un candidat qui se présente comme étant hors système, voire antisystème.

À cette allure, il ne serait guère naïf de parier qu’avant la fin du XXIème siècle, ce même peuple installera enfin une femme, un amérindien, un latino-américain ou un américain d’origine arabe à Washington.


Vu d’ailleurs, ces hypothèses peuvent sembler farfelues, mais n’est-ce pas aussi cela le rêve américain ? La possibilité pour chaque citoyen d’être élu Président des États-Unis, peu importe son expérience politique, la couleur de sa peau ou encore sa religion ?

En effet, dans une élection démocratique, rien n’est écrit à l’avance. Il peut certes y avoir un favori, mais aucun candidat ne devrait être exclu à l’avance.

Le dernier mot ne devrait revenir ni au Président sortant, ni à une puissance étrangère, ni à l’armée, ni aux médias, encore moins aux industries de sondage, mais plutôt au peuple souverain dont le vote doit être scrupuleusement respecté. 


Cela dit, de la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, nous pouvons tirer plusieurs leçons dont une qui pourrait marquer les électeurs en Afrique et ailleurs dans le monde : si une élection est vraiment transparente, c'est à dire si le peuple souverain a le pouvoir de choisir ses dirigeants, tout devient alors possible.


Le constat de Hamidou Anne et Racine Demba est clair : « Donald Trump a aussi gagné parce qu’on ne lui a pas opposé une candidature crédible, un adversaire au positionnement clair et tranché et à la mesure des défis de l’époque, des colères du peuple et de ses attentes ».

Et Marwane Ben Yahmed d’ajouter que « Trump a gagné parce qu’il a su s’adresser à cette Amérique qui a perdu confiance. En elle-même, en ses dirigeants et politiciens, en ses institutions. […] Cette Amérique qui a aussi le sentiment que les dés sont pipés, que les règles du jeu sont faites par les élites pour les élites Â».


Maintenant que le nom du futur locataire de la Maison Blanche est connu, les partisans de Clinton pourraient bien se demander si le candidat Sanders n'était pas le mieux placé pour, non seulement poursuivre le message d’espoir (hope) lancé par Obama, notamment depuis 2008 avec son désormais fameux slogan (Yes we can).

Par ailleurs, si nous étions dans certains pays africains (qui prétendent, eux aussi, tout comme les États-Unis, organiser de sérieuses élections), sans nécessairement avoir des institutions fortes auxquelles les électeurs font confiance, le président sortant (Obama), à l'image de certains présidents africains, aurait peut-être été tenté par l'organisation d'une mascarade en faveur de sa dauphine (Clinton).

C'est justement pour cette raison que la victoire d'un candidat de la trempe de Trump constitue, pour les peuples africains qui aspirent à la démocratie, un rappel de la nécessité d'avoir des institutions fortes.


Pendant ce temps, nombreux sont les dirigeants africains qui n'hésitent pas à organiser des révisions constitutionnelles et mascarades électorales dans l’unique but de se maintenir au pouvoir. Pourtant, comme l’a si bien rappelé Obama devant la tribune de l’Union africaine en Juillet 2015, « si un dirigeant pense être le seul capable d’unir sa nation, alors ce dirigeant n’a pas réussi à réellement bâtir son pays. Nelson Mandela et George Washington ont laissé un héritage durable en quittant leurs fonctions et en transmettant le pouvoir pacifiquement Â».

En somme, si pour les Américains, il était hors de question qu’Obama prolonge son bail à la Maison Blanche au-delà de 2016, en revanche, pour plusieurs peuples à travers le continent africain, toute la question est souvent de savoir, sans l’ombre d’un doute, si le Président de leur République serait secrètement tenté par une modification constitutionnelle qui lui permettrait de briguer un énième mandat. 


Qu’est-ce qui alors des coups d’États institutionnels ou des coups d’États constitutionnels sont plus dangereux pour la démocratie en Afrique ? Autrement dit, qui des présidents à vie (qui se font éternellement réélire à coups de mascarades électorales et de tripatouillages constitutionnels) ou des putschistes auront davantage fait mal aux Africains ?


Ousmane Diallo

Ottawa, Canada


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Commentaires  

 
-1 #9 mamadu saloiu bah 19-11-2016 02:31

Sadhi sister Madina ,
parfaitement raison , L'AMERIQUE n'est pas UNE DEMOCRATIE !
C'est une REPUBLIQUE :
CELLE des " ALT -WHITE " !
Salam !
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+3 #8 Boubacar Doumba Diallo 18-11-2016 01:39

http://www.jeuneafrique.com/192113/politique/franc-ma-ons-les-ma-tres-de-l-afrique/
Qui sont les maîtres de l'Afrique?
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+2 #7 Boubacar Doumba Diallo 17-11-2016 23:29

https://youtu.be/V7u_AzIL00M
Découvrons qui est Donald Trump
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0 #6 Boubacar Doumba Diallo 17-11-2016 22:14

https://youtu.be/0-mZe_BgKHI
Trump et l'Afrique
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0 #5 madina 17-11-2016 12:52

Perdre avec un million de voix de plus que son adversaire!! Qu'on vienne nous expliquer de quelle "democratie" parle-t-on.
L'Amérique n'est pas une démocratie. C'est une "lobbycratie"..
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+1 #4 mamadou saliou bah 17-11-2016 02:00

Koto Boubacar ,
Pour bcp qui vivent par ici , Il est facile de comprendre l'election de TRUMP . ( surtout pour un NEW-YORKAIS ) .
DECONSTRUIRE TOUT ce qu'a realise , " LE NEGRO " ! Meme avec 57% d'avis favorables !
Rodham representait la suite LOGIQUE du negro .
Voilà ! VOTE RACIAL aux USA !
CELLOU DALEIN n'a pas a " rougir " d'avoir ete present a PHILA avec les DEMOCRATES .
Lui et moi en avons parle a l'epoque .
D'ailleurs, QUI n'etait pas avec HILARY ?
POUTNE ! SPASIBO TOVARISHCH ! LOL !
Tiens , KOTO , ici a New York , on vient de retirer le nom TRUMP sur ce qui sembait etre SA FIERTE : TRUMP PLACE sur l'HUDSON RIVER .
CHEERS !
SALAM !
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+3 #3 Boubacar Doumba Diallo 16-11-2016 20:54

Je suis de savoir de quel côté les médias Guinéens étaient tournés?
Comment nos "élites" politiques et autres ont accueilli la victoire de Trump?
Si mes souvenirs sont bons CDD était à la Convention Démocrate qui a adoubé Mme Clinton ?
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+7 #2 M. Sacko 16-11-2016 05:27

Mr. Diallo avec tout le respect pour votre opinion, pour ma part l'arrivee des individus comme Donald Trump au pouvoir meme a travers les voies deomcratiques est juste effrayante. Des slogans incendiaires, xenophobiques et divisifs n'ont pas reellement une place dans une societe qui se veut democratique ou la confrontation d'idees pour la gouvernance doit proner et non la difference en apparence.
Ceci dit, je crois que les democrates n'ont pas su bien exploiter leur capital pour expliquer a la classe moyenne blanche americaine qu'ils sont leurs vrais champions. Par exemple le sauvetage de l'industrie de l'automobile en 2008 pendant la crise financiere mondiale alors que les republicains y compris Donald Trump voulaient la lquidation de cette industrie et d'ailleurs ce qui avait cause l'echec de Mitt Romney en 2012 par ce que la campagne d'Obama avait pu exploiter son message contre lui dans l'Etat d'Ohio. A rappeler que cette industrie employe la majorite de cette classe dans l'Etat de Michigan, Ohio, Wisconsin, le Nord-Est de l'Illinois et de l'Indiana. Hillary Clinton etait tellement confidente a telle enseigne qu'elle pensait raffler cette election avec une victoire ecrasante, et les resultats de tous les sondages la classaient favorite mais comme on dit souvent chez l'Oncle Sam "it's not over till over".
Donald a su vehiculer un message mixte qui etait bien recu chez la classe moyenne blanche americaine et ce message manifestait a la fois la haine contre les minorites et l'espoir pour cette frange de la population americaine. Il a donc su exploiter leur crainte et en meme temps leur promettre un futur meilleur. Cette population vit en majorite dans ce qu'on appelle "Rust belt States" c'est a dire des Etats qui etaient une fois les poumons de l'industrie manufacturiere americaine mais qui ont vu leurs industries disparaitre a cause des exchanges libres commerciaux entre les Etats comme NAFTA (North American Free Trade Agreement) qui regroupe les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ou la mondialisation qui pousse les companies a delocaliser pour la recherche des mains d'euvres moins cheres.
Il faut etre clair la plupart des industries qui ont quitte cette region ne reviendront plus et l'industrie charboniere en virginie occidentale, ne sera plus comme avant a cause des effets de l'exploitation des mines de charbon sur notre planete qui produisent des gaz a effet de serre. Cependant les habitants de cette region veulent quelque chose pour arreter la depopulation de leur localite a cause du marasme economique qu'ils subissent actuellement et ils ont trouve cet interlocuteur en Donald Tromp.
Mais ce qui est reellemet effrayant avec la presidence de Donald Trump c'est l'intimidation des individus isoles contre les minorites. La nomination Stephen Bannon comme son chef strategiste, un type dont le website sert de guide pour le groupe Kun Klux Klan (KKK) donne quelque chose a se faire des soucis. Et les futurs pretendants au ministere des affaires etrageres (sectretary of state) sont Rudolp Juliania, ancien maire de New York City et John Bolton, ancien representat des Etats-Unis aux nations-unies. Un individu qui n'avait jamais recu l'aval du congres pour representer les Etats-unis au sein de l'institution onusienne a cause de son extreme point de vue de la geopolitique, la suprematie americaine. Il n'avait recu que l'executive order (un ordre qui n'a que deux ans de duree) de Georges W.Bush pour representer son pays au sein de cette institution. A rappeler que Rudolph Juliani est un extreme critique des noirs americains et Johh Bolton etait une des voix pour l'invasion d'Irak, et le trait d'union entre les deux hommes est qu'ils ont jure de renverser le regime des Ayatollahs d'Iran.
Aussi une inquietude s'annonce au sein des minorites specialement les hispaniques et les musulmans. Aujourd'hui certains membres de la communaute hispanique de la ville de Loos Angeles enregistrent des harassements de la part des jeunes extremistes blancs. Et juste apres de l'election de Donald Trump, une etudiante internationale d'origine arabe a l'universite de Michigan at Dearbon etait forcee d'enlever son voile par un jeune extremiste blanc, et donc la peur ici est que ces pratiques peuvent etre vues comme des faits normaux sous l'administration Trump.
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-1 #1 Ousmane Ottawa 15-11-2016 16:10

Au webmaster de Guineeactu : je vous demande de bien vouloir ajouter la mention suivante à la fin de mon texte :
" Texte publié en premier sur Guineenews.org le 14 Novembre 2016."
Lorsque j'ai soumis ma demande de publication à Guineeactu, j'avais fait la meme requete tout en expliquant le pourquoi.
Cordialement.
Ousmane Diallo - l'auteur du texte : Obama, Trump et l’alternance au pouvoir en Afrique
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