
Épitre aux derniers nazis des tropiques
Madina Masriah Sow
Lundi, 14 Novembre 2016 19:53
Pour l'enlèvement, la torture, l'exil et le meurtre de dizaines de milliers de Guinéens nous ne voulons pas d'une émission télévisée de la "Voix de la Révolution". Nous voulons d'un Tribunal où siègent des magistrats et des experts. Cela est d'autant plus impérieux que la race des nazis n'est pas encore éteinte et que leurs crimes sont imprescriptibles. Au demeurant, les crimes de Sékou Touré continuent tranquillement de se perpétrer encore de nos jours.
Il faut tout de suite évoquer la singulière cocasserie du dernier guignol qui fut l'invité de la RTG et qui regardait le monde entier dans les yeux pour dire que l'assassinat du premier Secrétaire Général de l'OUA était un suicide. Ce n'est ni plus ni moins ce qu'a dit Madifing Diané en prétendant que la victime fut dénoncée par son épouse et son fils.
Il faut avoir un petit pois à la place du cerveau et une glace à la place du cœur pour seulement imaginer convaincre une seule personne saine d'esprit que l'illustre homme fut tué par les êtres qui lui étaient les plus chers et pour lesquels, il était l'être le plus cher au monde.
Après les assassinats au camp Boiro, le sieur Madifing tente dorénavant d'assassiner l'Histoire.
La réconciliation nationale en Guinée est une imposture. Il n'y a jamais eu aucune guerre civile en Guinée. Il y a eu des crimes et des criminels. Ce qu'il faut à la Guinée ce n'est non pas une réconciliation mais une JUSTICE.
Quand viendra le changement véritable, tous les vivants parmi les criminels et leurs complices seront traqués, arrêtés, jugés, condamnés et exécutés. On ira déterrer les morts parmi eux, dont les tombes seront identifiées, leurs ossements seront jugés et jetés dans des fosses septiques en cas de condamnation.
Sont complices des crimes perpétrés en Guinée et coupables d'entrave à la justice tous les gouvernements qui auront refusé les enquêtes, l'identification des charniers, la restitution des restes des victimes à leurs familles.
La vérité est que sur cette terre de Guinée, il y a bel et bien eu une Shoah à l'instar de celle qui fut perpétrée par Adolf Hitler. Toutefois, si la Shoah de Hitler et celle de Sékou Touré ont en commun de tirer leur origine chacune des fantasmes pathologiques d'individus malades, elles ont présenté une légère différence dans leurs buts.
La Shoah de Hitler avait la vision d'une race supérieure mais celle de Sékou Touré avait la vision d'un individu supérieur. Ici, il fallait exterminer toute personne potentiellement présidentiable quelle que fut son ethnie, sa région ou sa religion. Il fallait exterminer tout individu qui avait une quelconque aptitude à un quelconque succès. Sékou Touré avait seul le droit d'être charmant, d'être intelligent, d'être instruit, d'être respecté, d'avoir des moyens matériels et financiers, de coucher avec une belle femme, etc...
C'est ainsi qu'il n'est pas une seule famille en Guinée, ni une seule corporation qui ne fut touchée de près ou de loin par les crimes du sanguinaire et de sa clique.
Il n'y a absolument eu aucun complot en Guinée contre Sékou Touré. Les témoignages de quelques rares politiciens dans leurs mémoires ont fait état de découverte d'armes aux frontières de la Guinée. Ce qui est par ailleurs logique à l'endroit d'un maniaque qui avait fini de transformer tous ses admirateurs en opposants.
Les nombreux complots qui se sont joués au théâtre de Sekou Touré étaient les fruits de la terrible peur qui hantait ses entrailles.
Les seuls Guinéens qui ont voulu attenter à sa vie et à son régime l'ont fait vaillamment et à la face du monde. C'est le lieu de saluer la mémoire du preux héros Tijane Keita, ce patriote téméraire et pétri de bravoure, ce jeune de la haute noblesse qui écrivit une page incroyable de notre Histoire en tentant de sauver sa patrie avec les gouttes de son sang. Il catapulta le monstre sur le macadam, lui cassa la gueule et O Seigneur, pourquoi avait-il oublié son coutelas !!!
Un vibrant hommage est à rendre également aux braves femmes des marchés de Conakry qui en 1977 sous le poids intenable de la misère, de l'incompétence économique du tueur et de son régime avaient déclenché un mouvement de révolte qui lui créa un traumatisme jusqu'à sa mort. Il ne réussit d'ailleurs pas à survivre plus de sept ans à cette humiliation qui lui fut infligée.
Une émission telle que la tragicomédie présentée par la RTG (nouvelle appellation de l'ancienne Voix de la Révolution) a beau être cocasse, elle n'en demeure pas moins intéressante dans la mesure ou elle permet d'identifier des criminels encore vivants.
Madina Masriah Sow
esclave d'ALLAH
