Rencontre Alpha-Cellou : le directeur de communication de GRUP très dur avec le chef de l'opposition

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Un ver dans le fruit

La rencontre Alpha Condé-Cellou Dalein Diallo jeudi dernier au palais Sékhoutouréya n'a pas fait que des heureux au sein de l'opposition républicaine. Le directeur de la Communication du parti Génération pour la Réconciliation, l'Union et la Prospérité (GRUP) du ministre conseiller du chef de l'État, El Hadj Papa Koly Kourouma a eu des mots assez durs à l'égard de Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG pour, dit-il, avoir introduit un nouveau mot dans le jargon : « partenariat ». Jean Victoire Tokpa - c'est son nom sur facebook - souligne tout de même que son avis est personnel. Lisez ! Le mea -culpa de Cellou Dalein et de son UFDG dont le parti GRUP devrait se dissocier au plus vite (avis personnel). La rencontre du Président Condé et du chef de file de l'opposition guinéenne a tellement sonné fort et à un moment crucial à tel enseigne qu'elle semble ébranler même la figure de proue de la résistance au pouvoir clanique de celui (Alpha Condé), qui s'est toujours présenté comme l'alternative du changement en Guinée. Depuis cette importante rencontre qui s'inscrit dans le cadre de la rencontre périodique entre les deux mouvances politiques (majorité présidentielle et opposition) avec le Président de la République, un mot nouveau s'est introduit dans le jargon de M. Cellou Dalein Diallo chef de file de l'opposition que lui et son parti (UFDG) tentent d'expliquer et de justifier quand bien même ça saute à l'œil que ce nouveau mot, peut être la source d'une forte suspicion autour de la capacité de l'opposition à continuer sa résistance face aux nombreux abus dont est victime le peuple de Guinée et à combattre les nombreuses violations d'accords politiques dont M. Alpha Condé se rend chaque fois coupable, soit par négligence ou par mauvaise foi. Il s'agit du fameux mot « partenariat ».


Quel partenariat peut-il y avoir entre une force et son contre-poids ?

Quel partenariat peut-il y avoir entre la dictature et l'incarnation de la liberté ?

Quel partenariat pouvons-nous tenter de justifier entre une victime et son bourreau ? N'est ce pas suspicieux de tenir un tel langage à la sortie d'une rencontre aussi ordinaire que naturelle, surtout avec un président dont la seule chose à retenir de lui est « le non respect de la parole donnée ?


En effet si la rencontre est salutaire, l'opinion du président Cellou Dalein et de l'UFGD sur ce que sera son issue, me pose particulièrement problème. Avoir un partenariat avec M. Alpha Condé en étant chef de file de l'opposition est la chose la plus inimaginable. Ceux qui sont en partenariat avec M. Alpha Condé sont de la majorité présidentielle et donc avec le pouvoir. Ceux qui ne sont dans cette posture sont de l'opposition. Rencontrer le chef de l'État et discuter avec lui des questions d'intérêt national est à la fois pour l'opposition un droit et pour M. Alpha une obligation. Mais si l'exercice de ce droit s'interprète comme le point de départ d'un partenariat entre l'UFGD et le président Condé, le parti GRUP devrait maintenant se retenir et se démarquer de cette démarche « systémique » dont la seule visée est d'affaiblir l'opposition et ses nouvelles stratégies dont le parti GRUP est l'architecte pour la plupart. M. Alpha Condé veut amuser la galerie pat ce semblant de main tendue et Cellou s'y prête. J'ai été presque déçu d'entendre la phrase suivante sur Lynx FM : « au lendemain de la rencontre M. Alpha Condé m'a appelé pour me dire que beaucoup n'ont pas dormi à cause de notre rencontre », cette phrase un peu déformée est de M. Cellou Dalein Diallo en voulant répondre à une question relative à la réaction de Sidya Touré et l'UFR à la fameuse rencontre. À la place de Cellou moi j'ai plutôt compris l'une des nombreuses manœuvres politiques de M. Condé faire renaître des guéguerres au sein de la classe politique dans l'optique de la détourner de l'essentiel. Ceci laisse entendre qu'à côté de la défense des intérêts de la population, Cellou profite de sa posture pour guerroyer contre Sidya. C'est d'ailleurs peut-être ce qui invite le terme « partenariat » dans son jargon, pour ébranler Sidya Touré, qui lui est en « collaboration » avec Alpha Condé (lol !). Dans la dynamique de la vision en action, entre la ligne politique du parti et la real politik, je devais choisir une des deux options. Mais comme pour la circonstance les deux convergent, alors je reste fidèle à ma morale personnelle. Faire la politique avec la raison, la faire avec le bon sens et non le cœur, c'est aussi cela la vision en action !


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Commentaires  

 
+1 #9 Gandhi 09-09-2016 19:42

Citation en provenance du commentaire précédent de Abraham Bantignel:
Mais j'aurais souhaité lire l'alternative de ceux qui condamnent ou n'apprécient pas cette rencontre ou ne comprennent pas que nous nous réjouissons de cette "décrispation".

Personnellement je ne fais pas partie de ceux-là, j’ai dit que CDD qui représente l’UFDG et non lui-même, devait se déplacer, ne serait-ce que pour couper l’herbe sous le pied des détracteurs de la mouvance. Mais je n’attends rien de concret de cette rencontre.
Citation en provenance du commentaire précédent de Abraham Bantignel:
voici ce que nous préconisons a la place.
il faut proposer mieux; une alternative.

Dans un État moderne, on utilise des moyens jugés « civilisés » par les démocraties occidentales, celles qui dirigent encore les pays africains (voir l’analyse des recettes de l’État par le FMI par exemple) et qui imposent donc leur solution. Où sont les plaintes contre tous les assassinats et meurtres depuis 2010, contre les violations de la constitution, contre les pillages, etc...?
Si on laisse l’UFDG gérer ces dossiers avec de simples manifestations pour que la mouvance se fasse hara-kiri, tous ces dossiers ne verront jamais le jour.
La manifestation ne doit intervenir qu’en dernier recours, lorsque tous les moyens de droit auront été épuisés (notamment à Abuja) et qu’AC se moque des décisions. À ce moment, la manif visera à le balayer, parce qu’il n’existera plus de solution légale et pacifique.
Les manif actuelles ne visent qu’à tenter de lui faire entendre raison, mais c’est lui seul qui décide quelles sont les concessions qu’il veut ou ne pas faire. Lorsqu’AC dit que l’AN a voté la loi sur le chef de file de l’opposition par exemple, mais pas lui (sous-entendu la loi ne vaut rien), alors qu’elle est censée s’appliquer, même en cas de non promulgation par le PRG, de qui se moque t-il ?
Depuis quand un PRG vote t-il la loi ?
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+3 #8 Oury Diallo 08-09-2016 20:01

Puisque CDD et certains de ses collaborateurs que j'ai entendu semblent croire désormais que Aladji Professeur veut aller dans le sens de l'apaisement, pourquoi n'ont-ils pas exiger la libération des prisonniers politiques comme condition pour arrêter les manifestations avant la reprise du dialogue?
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-1 #7 Abraham Bantignel 08-09-2016 19:51

Commentaires assez intéressants et divers en termes d'appréciation de la rencontre. Mais j'aurais souhaité lire l'alternative de ceux qui condamnent ou n'apprécient pas cette rencontre ou ne comprennent pas que nous nous réjouissons de cette "décrispation". L'opposition a organisé une grande marche, AC appelle à une rencontre pour jeter une amorce de dialogue. Que fait-on? On refuse? AC se montre affable, étonnement affable et conciliant envers CDD. Que fait-on? On dit non, on repousse AC et on on boude? A rappeler que CDD est allé voir AC sous recommandation de l'opposition (de ses pairs) et après consultation. Ce n'est pas une initiative personnelle de CDD ou une affaire de l'Ufdg. Cela dit, je respecte les avis divergents, c'est bien en démocratie mais le "top" serait de dire non; mais voici ce que nous préconisons a la place. Mais juste dire, je ne suis pas d'accord ou ironiser n'est pas suffisant, il faut proposer mieux; une alternative. Ma vie m'a appris que 5 ou 10% de quelque chose valent mieux que 100% de rien du tout! Autrement dit encore pour ceux qui suivent la politique internationale, particulièrement le conflit israélo-palestinien se souviendront des premières propositions faites à Arafat à l’époque par Rabin que les palestiniens ont refusé pensant être en position de force. Par la suite, les Palestiniens ont été contraints à négocier et accepter des conditions beaucoup plus désavantageuses que celles qu'ils avaient refusées et avec des problèmes encore aujourd'hui de la part de l’État hébreux. Des civils face à une dictature, ils n'ont pas le choix de caprices et d'exiger ce qui n'est pas indispensable pour faire avancer sa cause car dans un enlisement le pouvoir peut plus facilement tenir longtemps. Poser la question a l'opposition au Burundi ou en RDC ! Commentaires assez intéressants et divers en termes d'appréciation de la rencontre. Mais j'aurais souhaité lire l'alternative de ceux qui condamnent ou n'apprécient pas cette rencontre ou ne comprennent pas que nous nous réjouissons de cette "décrispation". L'opposition a organisé une grande marche, AC appelle à une rencontre pour jeter une amorce de dialogue. Que fait-on? On refuse? AC se montre affable, étonnement affable et conciliant envers CDD. Que fait-on? On dit non, on repousse AC et on on boude? A rappeler que CDD est allé voir AC sous recommandation de l'opposition (de ses pairs) et après consultation. Ce n'est pas une initiative personnelle de CDD ou une affaire de l'Ufdg. Cela dit, je respecte les avis divergents, c'est bien en démocratie mais le "top" serait de dire non; mais voici ce que nous préconisons a la place. Mais juste dire, je ne suis pas d'accord ou ironiser n'est pas suffisant, il faut proposer mieux; une alternative. Ma vie m'a appris que 5 ou 10% de quelque chose valent mieux que 100% de rien du tout! Autrement dit encore pour ceux qui suivent la politique internationale, particulièrement le conflit israélo-palestinien se souviendront des premières propositions faites à Arafat à l’époque par Rabin que les palestiniens ont refusé pensant être en position de force. Par la suite, les Palestiniens ont été contraints à négocier et accepter des conditions beaucoup plus désavantageuses que celles qu'ils avaient refusées et avec des problèmes encore aujourd'hui de la part de l’État hébreux. Des civils face à une dictature, ils n'ont pas le choix de caprices et d'exiger ce qui n'est pas indispensable pour faire avancer sa cause car dans un enlisement le pouvoir peut plus facilement tenir longtemps. Poser la question a l'opposition au Burundi ou en RDC !
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0 #6 Gandhi 08-09-2016 17:58

Citation en provenance du commentaire précédent de Abraham Bantignel:
Pourquoi le Grup a peur ou s’inquiète de rapports normaux Exécutif- Opposition? Bizarre!

Des relations apaisées sont toujours souhaitées, mais moi non plus je n'aime pas le terme de partenariat avec un criminel.
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+1 #5 A.O.T. Diallo 08-09-2016 15:53

Citation en provenance du commentaire précédent de Diallo75:
Il faut aller dans le sens de la décrispation, c'est bien pour le pays.

Franchement je suis d'accord avec vous, cette décrispation de l'air ambiant et la fin des crimes de jeunes innocents est une bonne chose pour les habitants de Conakry qui ont déjà mille et un autres problemes tous les jours.
Il n'y a en fait que 3 questions que je me chiffonnent :
1- Cette décrispation entre deux "demi-dieux" (selon leurs partisans) bénéficiera-t-elle au final a tous le peuple d'en bas ?
2- Pourquoi brusquement ceci est bien pour les militants alors que c’était un crime hier quand il s'agissait des autres "partenaires" ?
3- Que doivent-ils dire maintenant des tentatives de "décrispation" de Bah Ousmane, Kass, Sadakaji, Baahdico, Soumah, Abe, Sydia et BO ?
Pardon, laissons la forme de cette décrispation et parlons du fond...
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+1 #4 thiemabah 08-09-2016 14:20

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
Il sait de quoi il parle ! Car l’autre partie n’a jamais respectée sa parole d’honneur. Poulo wii, si Ngoumaawè hawiima a dogayi waa ndé''. Traduisez SVP.

Bonjour
Une tentative moins fine "chat échaudé craint l’eau froide"
bye
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0 #3 Abraham Bantignel 08-09-2016 10:48

Il faut aider ce soldat du Grup. "partenariat"? Partenariat pour apaiser les esprits! Partenariat pour l'application des accords de 2015! Partenariat pour une démocratie civilisée, pour le respect des lois et de la constitution!
Certainement que AC parlait entre autres du Grup en parlant de gens qui n'ont pas dormi après sa rencontre avec CDD. Aaah!
Il y a eu une marche dont l'une des revendications était de rencontrer AC pour qu'il garantisse l'application des accords passés et le dialogue futur. AC en tant que chef de l'Exécutif avec tous les pouvoirs régaliens est le seul capable de faire aboutir leurs revendications. AC accepte une rencontre pour décrisper la crise, certains s'accrochent a un mot, "partenariat" dont le vrai sens politique échappe au Grup. Et pourtant, il suffisait d'écouter CDD et Aboubacar Sylla, porte parole de l'Opposition pour comprendre la signification de "partenariat" donné par l'opposition. Pourquoi le Grup a peur ou s’inquiète de rapports normaux Exécutif- Opposition? Bizarre!
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-2 #2 amadudialamba 08-09-2016 07:07

Il sait de quoi il parle ! Car l’autre partie n’a jamais respectée sa parole d’honneur. Poulo wii, si Ngoumaawè hawiima a dogayi waa ndé''. Traduisez SVP.
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+2 #1 Diallo75 07-09-2016 22:02

Il faut aller dans le sens de la décrispation, c'est bien pour le pays.
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