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La conférence sur la sécurité maritime de Lomé (Togo) et les véritables enjeux !
Dr Mehenou Amouzou Dimanche, 04 Septembre 2016 10:07
Depuis quelques années, les grands médias internationaux n'ont de cesse de parler de la piraterie et des problèmes causés aux bateaux, chalutiers et aux cargaisons. Parallèlement, aucune référence n'est faite aux causes de ces comportements et aux revendications de ces personnes.
Nous ne sommes pas ici pour défendre les idéaux de qui que ce soit, mais pour analyser les causes éventuelles de la résurgence de cet ancien travail qui avait été utilisé pendant des centaines d'années dans le monde et spécialement dans le monde occidental. En effet, durant la guerre révolutionnaire en Amérique, George Washington et les pères fondateurs de l'Amérique, n'ont pas hésité à payer des pirates pour protéger les eaux territoriales de l'Amérique, parce qu'ils n'avaient pas de marine ou de garde-côtes pour se protéger. En ce temps, la majorité de la population américaine a soutenu cette initiative. En quoi cette situation est-elle si différente du cas des petits pays en voie de développement ?
Les pirates ont été les premiers à se rebeller contre l'injustice et l'exploitation. Ils se sont mutinés contre leurs capitaines tyranniques et ont créé une façon différente de travailler en mer. Une fois qu'ils avaient un bateau, les pirates élisent un capitaine et toutes leurs décisions étaient prises collectivement. Au 18ème siècle, selon Marcus Rediker, les pirates partageaient leur butin et M. Rediker dira que c'est « l'un des plans les plus égalitaires pour la disposition des ressources ». Ils ont même accepté dans leur rang des esclaves africains échappés, et ont vécu avec eux d'égal à égal. Les pirates ont clairement montré qu'ils ne partageaient pas la façon brutale dont la marine marchande et la marine royale dirigeaient leurs navires. Le butin était partagé à part égale entre les membres de l'équipage. C'est pourquoi, en dépit de leur statut de voleurs, ils étaient populaires.
Ces 25 dernières années, lorsqu'on parle de piraterie, la Somalie est directement pointée du doigt. Néanmoins, les causes de ces comportements sont toujours délibérément dissimulées et peuvent facilement être classées dans les raisons d'État ou dans les complots. L'objectif de cet article n'est certes pas d'exempter les pays en développement de leurs responsabilités, mais de mettre en évidence les responsabilités des pays du nord dans la situation actuelle des pays en développement.
La Somalie, capitale Mogadiscio, a une population estimée par la Banque Mondiale à 10,5 millions d'individus. La côte de la Somalie est vaste. Elle s'étend sur 3300 km, se situe dans la corne de l'Afrique et occupe une position géostratégique très importante : c'est l'itinéraire des gros cargos pétroliers. La Somalie a été une colonie italienne et anglaise. Sous la présidence de Mohamed Syad Barre, beaucoup de programmes sociaux ont été entrepris dans le domaine de la santé, de l'éducation, de l'agriculture et des infrastructures. Des programmes d'alphabétisation ont également été mis en place dans les années 70. La Somalie, bien que considérée comme l'un des pays les plus pauvres au monde, a dans son sous-sol, des richesses minières telles que l'uranium, le fer, l'étain, la bauxite, le cuivre, le sel, du gaz naturel et du pétrole, à cause de sa proximité avec l'Arabie Saoudite et le Yémen.
Quelles sont les forces extérieures qui ont contribué à la destruction de l'État somalien ?
La Somalie était un pays prospère et auto-suffisant dans le domaine de l'agriculture dont l'économie a été sabotée au début des années 80. Cette hécatombe a été accentuée par les dix ans de présence du FMI qui, à travers son Programme d'Ajustement Structurel (PAS) a largement contribué aux problèmes socio-économiques et à la famine des années 80 et 90. C'est ainsi que la Somalie s'est disloquée dans ce chaos social général.
Selon le journal « The Times », avant le coup d'état qui a chassé du pouvoir le Président Mohamed Syad Barre en 1991, quatre grandes compagnies pétrolières américaines : Conoco, Amoco, Chevron et Phillips étaient en lice et contrôlaient les 2/3 du pétrole somalien.
Bien que l'Administration et le Département d'État américain n'aient eu de cesse d'affirmer que la présence des militaires américains en Somalie était strictement justifiée par des raisons humanitaires, les documents officiels et les compagnies pétrolières américaines ont largement prouvé que les contingents américains étaient là pour garantir la sécurité des exploitations américaines.
Selon Michel Chossudovsky, Professeur émérite d'économie à l'Université d'Ottawa, l'expérience de la Somalie montre que la famine à la fin du 20ème siècle n'est pas la conséquence d'un manque de nourriture, mais au contraire que les famines sont le résultat d'une surproduction mondiale de céréales de base.
Depuis les années 80, les marchés céréaliers ont été déréglés par les excédents céréaliers de la Banque mondiale et des États-Unis, qui n'hésitent pas à utiliser cet excédent, comme dans le cas de la Somalie, pour détruire la paysannerie locale et déstabiliser l'agriculture alimentaire nationale. Cette dernière devient, dans ces circonstances, vulnérable aux aléas de la sécheresse et à la dégradation de l'environnement.
Sur tout le continent africain, le modèle de « l'ajustement sectoriel » dans l'agriculture, sous la tutelle des institutions de Bretton Woods, a entraîné la destruction de la sécurité alimentaire. La dépendance vis-à -vis du marché mondial a été renforcée, « l'aide alimentaire » à l'Afrique subsaharienne a augmenté de plus de sept fois depuis 1974 et les importations de céréales commerciales plus que doublé. Ces importations sont ainsi passées de 3,72 millions de tonnes en 1974 à 8,47 millions de tonnes en 1993. L'aide alimentaire est passée de 910.000 tonnes en 1974 à 6,64 millions de tonnes en 1993 et n'a de cesse d'augmenter.
En 2009, les Nations-Unies et l'administration américaine avaient accusé le groupe Al Shabab d'imposer « une interdiction sur l'aide étrangère dans leurs territoires » mais ce qui n'a pas été dit ou mentionné dans ce rapport, est que Harakat al-Shabaab al-Mujahideen (HSM) est financé par l'Arabie Saoudite et soutenu secrètement par les services secrets de l'Occident.
Le soutien de la milice islamique par les services secrets occidentaux, fait partie d'un modèle historique de soutien clandestin plus large à Al-Qaida et à ses branches affiliées dans certains pays comme la Libye, la Syrie. On peut valablement penser que ce soutien s'étend également à Boko Haram.
Qui aurait pensé qu'en 2009, les gouvernements des États-Unis, de l'Europe et de la Chine déclareraient la guerre aux pirates ? La marine royale britannique soutenue par les navires de plus de deux douzaines de pays, naviguent dans les eaux territoriales somaliennes à la recherche des pirates somaliens, avec pour objectif de les combattre. Ils n'hésitent d'ailleurs pas à les poursuivre jusqu'à l'intérieur des terres somaliennes.
Un jeune pirate britannique appelé William Scott, a dit, juste avant d'être pendu à Charleston (Caroline du Sud) : « ce que je faisais me permettait de survivre et j'étais obligé de pirater pour vivre ».
En 1991, l'effondrement du gouvernement de la Somalie a entraîné une déstabilisation générale du pays. La famine s'est instaurée. Néanmoins, certains pays Occidentaux ont trouvé, grâce à cette situation, l'opportunité d'exploiter gratuitement les ressources naturelles du pays, tout en déversant des déchets nucléaires et autres déchets toxiques dans la mer.
La guerre civile ayant eu pour conséquence de supprimer le pouvoir central (Président, Gouvernement et différents cabinets en charge des affaires du pays), dès qu'elle a commencé, de mystérieux navires européens sont apparus au large des côtes somaliennes et ont déversé dans l'océan des barils de déchets nucléaires. La population côtière a commencé à tomber malade. Au début, c'était des éruptions cutanées étranges, des nausées et des bébés mal formés. Puis, après le tsunami de 2005, des centaines de barils ce sont retrouvés sur la côte de Mogadiscio et d'autres liquides douteux sont sortis des barils. La population a commencé par souffrir de la radiation et on a dénombré plus de 300 morts. M. Ahmedou Ould-Abdallah, l'envoyé de l'ONU pour la Somalie, disait : « quelqu'un est en train de décharger des déchets nucléaires sur la côte, il y a aussi du plomb et des métaux lourds tels que le cadmium, le mercure et d'autres encore ». Une grande partie de ces déchets peut être retracée dans les hôpitaux et les usines européennes, qui semblent avoir mis à la « disposition » de la mafia italienne ces matériaux. La question a été posée à M. Ould-Abdallah de savoir ce que les gouvernements européens faisaient à ce sujet. Il a répondu avec un soupir : « aucun nettoyage, aucune compensation, prévention et ou traitement n'a été fait ». En même temps, les médias européens n'hésitent pas à montrer des images des enfants et des femmes souffrant de maladies, dont leurs États sont responsables.
Plusieurs navires européens, mais aussi asiatiques, ont pillé la plus grande ressource des mers somaliennes : les fruits de mer. Ainsi, l'Europe, après avoir détruit ses propres stocks de poissons par la surexploitation, s'est à présent tournée vers l'Afrique, spécialement vers les pays qui n'ont plus de souveraineté comme la Somalie. Dans les médias occidentaux, la Somalie « est l'un des pays les plus pauvres au monde mais aussi l'un des pays les plus barbares ». Seulement, ce pays fournit plus de 500 millions de $ de thons, crevettes, homards et autres fruits de mer chaque année. Ces richesses naturelles sont prélevées par de grands chalutiers naviguant illégalement dans les mers non protégées de la Somalie. Depuis que la guerre civile a été déclarée en 1991, la Somalie subit une perte de revenus annuels de 500 millions de $, seulement au niveau de la pêche. Donc pendant 24 ans, la Somalie a perdu un minimum de 12 milliards de $. On comprend donc pourquoi la Somalie est toujours dans cette situation désastreuse. Est-ce que la Somalie a réellement besoin d'aide ? Est-ce que l'Afrique a besoin d'aide ? Qu'est-ce-qui se cache derrière cette aide ? Ce qui entraîne que les pêcheurs locaux ont soudainement perdu leurs moyens de subsistance et ils sont affamés. Mohammed Hussein, un pêcheur vivant dans une ville située à 100 km au sud de Mogadiscio, a déclaré à Reuters : « si on ne fait rien, il n'y aura bientôt plus grand chose dans nos eaux côtières ».
Mars 2016 - Conférence sur la sécurité maritime au Togo
Organiser une conférence sur la sécurité maritime est évidemment une excellente initiative. Toutefois, quelles décisions doivent y être prises ?
La première des choses est de ne pas laisser les pays occidentaux imposer leurs lois et vision au reste du monde, en essayant de se donner carte blanche pour venir pêcher et polluer les eaux maritimes des pays pauvres.
La deuxième conduirait à aller aux sources du vrai problème qui a forcé certaines populations à réagir et à tenter de protéger leurs eaux territoriales avec leurs moyens du bord.
La troisième possibilité de discussion de ce sommet peut être l'insécurité grandissante qui est due à la guerre d'Afghanistan, d'Irak, de Somalie, de Libye, de Syrie, etc. Et les conflits dans des zones plus ou moins instables comme le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Mali, etc. Il y a également le problème des mercenaires qui sont de véritables hors la loi, qui constituent les vrais dangers pour la sécurité maritime car le Mali bien que n'étant pas un État côtier a été déstabilisé par des hommes armés, qui ont réussi à compromettre jusqu'à présent son intégrité territoriale.
Il est très souhaitable d'inviter à ce sommet un ou plusieurs représentants somaliens, qui peuvent parler de ce qui s'est passé et de ce qui se passe réellement chez eux, pour qu'une solution appropriée soit trouvée à ce problème.
Le problème est le même pour la Libye, car en dépit de la personnalité de son ancien dirigeant, la Libye était un État stable. Cette stabilité a permis à la Libye d'empêcher l'hécatombe actuelle causée par la migration de milliers d'Africains, qui essayent de traverser la Méditerranée. Cette stabilité a également empêché la zone nord-africaine de servir de base aux terroristes. On remarquera utilement que ce n'est qu'après la mort du « Guide libyen », que la Libye est devenue un bastion des terroristes, des radicaux et des mercenaires en tous genres, qui étendent peu à peu leur emprise sur le Moyen–Orient (Irak), le Tchad, le Nigeria, le Cameroun, la RCA, etc.
Lorsqu'on regarde de près la guerre en Libye, les belligérants nationaux de ce conflit représentent seulement à peu près 10%. Et sur ces 10%, nous pouvons considérer 2% comme des mécontents. 4% sont des modérés et les 4% restant sont des radicaux. Le reste des 90% sont des mercenaires, des Djihadistes, des terroristes modérés ou des radicaux recrutés dans différents pays, et qui sont payés par des agences appartenant à des États étrangers. Ces mercenaires et autres convertis en hommes d'affaires prennent peu à peu le contrôle des gisements de pétroles et raffineries des États en conflit. Il importe de se demander qui entraîne et arme ces 90% ? Qui les informe ? Qui les conseille sur la logistique ? Qui achète les produits des puits de pétroles et de raffineries qu'ils contrôlent ? Qui tire profit de cette situation ?
Poursuivant la réflexion, il revient de se poser des questions sur comment nos gouvernements travaillent pour nous protéger contre le terrorisme et l'insécurité grandissante, qui se développent dans nos villes, nos régions et dans nos pays. Il faut retenir cependant qu'il existe des pays qui n'hésitent pas à sponsoriser le terrorisme en finançant et en armant les terroristes. Comme le Président russe l'a dit au sommet du G20 en Turquie, 40 pays financent et contribuent à équiper le terrorisme international. Au rang de ces pays, on peut dénombrer 20 pays occidentaux.
Aussi, dans la lutte contre le terrorisme, il urgent de se confronter d'abord aux pays qui financent, arment, entraînent et donnent une couverture aérienne aux terroristes. Déclarer la guerre seulement aux terroristes ne résoudra pas le problème. Il faut s'attaquer aux pays qui sponsorisent les terroristes. Et pourtant, on continue de recevoir ces pays sponsors sur tapis rouge en déclarant uniquement la guerre aux exécutants.
Il y a quelques mois, le Ministre tchadien de l'information affirmait publiquement que 40% des armes utilisées par Boko Haram étaint d'origine française. Aucune enquête n'a cependant été lancée par le gouvernement français pour déterminer l'origine réelle desdites armes. Parallèlement, le gouvernement français n'a pas non plus démenti les propos du ministre tchadien de l'information.
Dans un clip vidéo, James Corbett montre 3 cas qui démontrent clairement que la guerre contre le terrorisme est une fraude, et est en réalité une série de coups fabriquée et créée dans un but politique précis.
Le premier cas :
James Corbett commence avec ce qu'il appelle de « source improbable » du Washington Post, avec titre « l'absurdité de la guerre en Syrie », accompagné d'une vidéo, qui montre clairement un missile américain antichar guidé, utilisé par un combattant de l’Armée syrienne libre (FSA), pour faire sauter ce qui est clairement une fabrication américaine Isis Humvee ; en d'autres termes, une armée soutenue par les Américains, tire un missile américain sur une cible américaine, entraînée par probablement par un soldat américain, et qui a formé le combattant d'Isis.
Pendant plusieurs mois James Corbett avait déclaré, simultanément avec Mr. Sibel Edmonds un FBI d'origine azerbaïdjanais-turco, dénonciateur, que de nombreux combattants d’Isis ont été formés en Jordanie il y a quelques années, par le biais d'une opération secrète, « avant que les grands médias traditionnels aient finalement commencé par le rapporter » a t-il fait remarquer.
Le deuxième cas :
Dans le clip de Corbett, 5 secondes résument l'absurdité tous azimuts de la guerre en Syrie, qui a été pendant des années, officiellement représentée comme un « conflit interne, de type guerre civile, malgré le fait que tous les joueurs et tous leurs équipements, l'ensemble de l'action militaire, des armes, des fonds, de la logistique et tout ce qui se passe, aient été fournis par des pays étrangers, supportés et financés par des pays étrangers, et est considéré dans les médias, comme un conflit interne syrien. Ils veulent montrer à la population et aux pays étrangers d’y croire ».
Corbett continue ensuite avec une histoire peu réconfortante sur la façon dont « PBS Newshour » a utilisé l'image de la frappe aérienne de la Russie, comme des images des succès de la frappe aérienne sur les infrastructures pétrolières de l'État islamique. C'est du trucage et il est de plus en plus difficile de tromper les gens ».
Le troisième cas :
Corbett continue de montrer comment un présumé complot terroriste à Victoria (en Colombie britannique au Canada), a récemment été jugé par un juge de la Cour suprême de cette province, Catherine Bruce, qu'il semblait qu'il y avait un lien suffisamment étroit entre les actes illégaux commis par la Gendarmerie royale du Canada (alias « la GRC ») et la poursuite de l'accusé de soutenir un « abus de procédure ».
Les gendarmes en civil, se présentant comme des guerriers djihadistes, ont fourni l'accusé non seulement avec l'épicerie, des cigarettes, des cartes d'autobus, des téléphones cellulaires, cartes de téléphone, des vêtements, de la trésorerie et un disque dur portable ; ils ont aussi fourni un endroit pour travailler sur leur complot terroriste et un emplacement pour construire l'explosif et un « chauffeur » pour les conduire aux différents magasins, pour acheter du matériel de fabrication des bombes, et les ont conduit vers Victoria et ses environs, au cours de ces 4 mois de montage de cette opération. En d'autres termes, la « GRC » a aidé absolument, à chaque différente étape, le processus de ce complot « ignoble » terroriste, qui ne pouvait exister sans la complicité active de la GRC. En aidant à le mener à bien, « le Canada n'est pas le seul pays à utiliser ces actions malheureuses de lutte contre le terrorisme, mais cette procédure semble être utilisée un peu partout dans le monde ».
La conférence sur la sécurité Maritime aurait été, au temps du Colonel Kadhafi, financée à 70% par la Lybie. Seulement, il est très difficile, voire impossible d'organiser une conférence internationale quand on n'a pas les moyens financiers et que les infrastructures de base comme les hôpitaux, manquent dans le pays. Tout comme il est difficile d'organiser un tel évènement, lorsqu'on ne peut assurer la sécurité physique de la population et des invités. Mais le pire est que cette conférence sera un évènement purement formel, dont les apports pour le pays organisateur et l'Afrique sont plus qu'incertains. Très souvent, quand on organise une conférence et qu'on obtient des financements extérieurs, il est très difficile d'évoquer et de résoudre les vrais problèmes.
Dans le cas somalien, ceux que l'étranger appelle « pirates » ne se reconnaissent pas dans cette appellation. Tous les Somaliens sont d'accord qu'ils étaient des pêcheurs somaliens ordinaires, qui ont pris des vedettes rapides pour essayer de dissuader les bateaux et les chalutiers étrangers ou au moins les taxer. Ils se font appeler les garde-côtes bénévoles de la Somalie - et il n'est pas difficile de comprendre pourquoi. Dans un entretien téléphonique surréaliste, l'un des chefs pirates, Sugule Ali, a déclaré que leur motif était « d'arrêter la pêche illégale et le déversement dans nos eaux ... Nous ne nous considérons pas comme des bandits de la mer. Nous considérons comme des bandits de la mer ceux qui pêchent illégalement et déversent dans nos mers, des déchets nucléaires et portent des armes dans nos mers ».
La guerre contre la piraterie a été parfaitement résumée par un autre pirate, qui vécut et mourut au IVème siècle avant Jesus-Christ. Capturé et amené devant Alexandre le Grand, qui a exigé de savoir « ce qu'il voulait dire en parlant de posséder la mer ». Le pirate a souri et répondu : « Qu'est-ce que vous voulez dire en vous emparant de toute la terre ; mais parce que je le fais avec un petit bateau, je suis appelé un voleur, alors que vous, qui le faites avec une grande flotte, vous êtes appelés empereur ». Les grandes flottes impériales continuent de naviguer aujourd'hui.
Est-ce que vous pouvez pêcher illégalement dans les eaux marseillaises en France, sur les côtes italiennes, allemandes, etc. ? Est-ce que vous pouvez déverser des déchets nucléaires dans les eaux russes, américaines ou françaises ? Soyez certains d'avance que ce jour-là , la terre tremblera ! Mais qu'en est-il pour les pays comme la Somalie ?
Par Dr Mehenou Amouzou
Il a obtenu son MBA à l'« European Advanced Institute of Management » ainsi qu'un Certificat en finance et investissement à Paris (France). Il a complété ses études en Relations internationales, stratégies politique et de défense et a obtenu son Doctorat en finance internationale.
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