La Justice guinéenne : le bras armé du système de mal-gouvernance du parti-État : P.D.G-R.D.A. ; P.U.P. ; R.P.G-ACE !

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DIAKITE_Bakary_2_01« La société humaine a besoin de règles, s'il fallait citer Balzac et « la comédie humaine », de règles du jeu pourrait-on ajouter et, par là même, elle a besoin d'un arbitre qui ne peut être, en aucun cas, le pouvoir lui-même, l'histoire ayant démontré qu'il est le plus souvent un acteur plus maléfique que bénéfique » Roland Sanviti.


Dans un système politique opaque, autoritaire, injuste qui se donne des airs de démocratie mais qui en est loin, comme celui de notre pays : « la justice domestiquée, est le bras armé du gouvernent et du président de la République pour violenter les populations », alors que « dans une démocratie le juge est le bras armé du citoyen » Roland Santivi.


Aujourd'hui personne de bonne foi et crédible, ne peut nier la crise politique aiguë que traverse la Guinée. Laquelle crise plonge ses racines dans une mal-gouvernance qui sévit en Guinée depuis 1958 !


Depuis l'accession de notre pays à la souveraineté, il n'a jamais connu la séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire, pour la simple raison qu'il y a toujours eu en Guinée une fusion entre l'État et le parti majoritaire au pouvoir appelé parti-État.


Il est important de rappeler, surtout aux jeunes générations que le retard que connaît la Guinée est dû à ce système de gouvernance du parti-État qui a été institutionnalisé dans notre pays dès les premières années du premier régime !


Voici l'acte de naissance de ce système de parti-État, ainsi que l'a écrit le Pr Jean Suret-Canale, historien et géographe : « en 1967, le 8ème congrès du P.D.G.-R.D.A. a consacré la fusion du parti-État au niveau de la base PRL (Pouvoir Révolutionnaire Local). Le 11ème congrès en 1978 a affirmé que l'État doit cesser de constituer une entité séparée de la réalité sociale et politique du peuple ».


Dans ce système de parti-État la fusion du parti au pouvoir et de l'État est consacrée avec une prééminence des élus sur l'administration. Ainsi le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, les droits de l'homme sont verrouillés et sous la coupe du pouvoir exécutif et du président de la république.

Dans ce système de parti-État, l'État est juge et partie, donc il est partial, partisan. La justice est aux ordres, domestiquée, elle demeure le bras armé du pouvoir exécutif et du président de la république.


Si le pouvoir est le plus souvent un acteur plus maléfique que bénéfique, le pouvoir du système du parti-État dans notre pays a souvent été et demeure un système injuste et criminel. Le système de parti-État en Guinée a toujours été cet acteur maléfique contre les Guinéens. C'est lui qui tue par son armée, qui divise les populations pour se perpétuer.


Ce pouvoir du parti-État est une véritable machine à torturer et à tuer ! Ce sont les agents de l'État, ou soit disant « forces de l'ordre » qui tuent les Guinéens. Ce sont les agents de l'État qui torturent les citoyens dans les sordides prisons de ce même État ! C'est un pouvoir malveillant et malfaisant, qui est le principal problème de l'ensemble de la Guinée !


L'amorce d'une véritable réconciliation nationale viendra le jour où le pouvoir d'État arrêtera de torturer, d'assassiner les Guinéens et demandera PARDON au peuple de Guinée pour tous les crimes qu'il a perpétrés sur ce même peuple, par abus de pouvoir.


La justice guinéenne étant toujours inféodée au pouvoir exécutif, elle ne pas être impartiale. Cette justice sera toujours injuste, parce que partiale. Cette injustice d'État est la cause principale, de l'impunité, et de l'insécurité des violences ! L'immense majorité des citoyens guinéens n'a aucune confiance dans la justice de son pays. C'est pour cela qu'ils ont tendance à se faire justice eux-mêmes !


Le véritable enjeu du processus de démocratisation de notre pays passe par le démantèlement de cette forteresse du système du parti-État, la dépolitisation de l'administration et une vraie séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. Il n'y aura jamais de justice tant que le pouvoir judiciaire restera inféodé et aux ordres du pouvoir exécutif ! Et il n'y aura ni réconciliation, ni démocratie, ni paix sociale, ni concorde nationale, ni développement économique et social sans une véritable justice équitable !


La justice est le baromètre de la société. Et la vérité indéniable est que la justice guinéenne est certainement bien malade. Mais surtout la Guinée qui est malade de ses institutions et de sa mal-gouvernance politique. En effet, mis à part les affidés du pouvoir, les autres Guinéens, toutes tendances confondues doivent se poser la question simple à savoir : dans notre pays, quelles sont les institutions qui ne sont pas malades ?


Qu'il s'agisse du pouvoir exécutif. Qu'il s'agisse du pouvoir législatif. Qu'il s'agisse du pouvoir judiciaire. Qu'il s'agisse des libertés démocratiques. Qu'il s'agisse des Droits humains. Qu'il s'agisse du respect de la vie et de la dignité humaine.


Ou encore quels sont les domaines où l'État républicain exerce son véritable rôle ?

Qu'il s'agisse du service public de la santé, de l'éducation, de la sécurité des personnes et des biens. Qu'il s'agisse de l'Administration : « dans un pays où, pendant plusieurs décennies, on a cultivé l'arbitraire et le conformisme comme vertus cardinales, le parti-État fait pression sur les fonctionnaires, licenciant certains, cassant ou déplaçant d'autres, pour obtenir leurs docilité et soumission sans état d'âme » Prof Alfa Ibrahima Sow.


Sous la deuxième république, en Octobre 2010, il y a eu les états généraux de l'éducation. Sous la troisième république, il y a eu les états généraux de la justice en 2011. La même année 2011, la réforme de l'armée et de l'administration a été engagée. En Août 2011 une commission provisoire de réflexion pour la réconciliation nationale (CPRN) est créée par le président Alpha Condé. Elle a remis son rapport au président le 29 Juin 2016.


Cinq ou six ans après le début de ces réformes, nous sommes en droit maintenant de nous poser la question sur leurs résultats et leurs retombées sur la vie du citoyen guinéen ! À mon humble avis, ces résultats et autres retombées sont insignifiants.


Car l'administration est toujours gangrenée par le népotisme et la corruption. L'inflation est repartie de plus belle : un euro= 10.200FG, un dollar US = 8988 FG ! La violence et l'insécurité sont endémiques dans tout le pays, où les affrontements sont quotidiens. La pauvreté, la misère économique sont le lot quotidien de nos populations.


Dans cet imbroglio, le blocage politique est complet, mettant tout le pays dans une impasse sans précédent dans notre histoire politique !!!

La Guinée a plus besoin d'autre chose que ces réformettes de l'administration, de la justice ou une commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale, simple coquille vide.


Entre parenthèses, ce 29 Juin 2016, lors de la remise du rapport de synthèse de la CPRN au président de république : le professeur-président a ostensiblement refusé de serrer la main à Monsieur Cellou Dalein Diallo. Ce geste en disait long ce jour- là sur les intentions et la volonté du président Alpha Condé d'une vraie et sincère réconciliation nationale !


Vu l'enthousiasme du président Alpha Condé à faire des réformes, je profite de cette occasion pour lui poser la question de savoir : quand est-ce qu'il compte engager une vraie réforme de la mal-gouvernance politique qui gangrène notre pays ?


La véritable cause du retard de la Guinée étant bel et bien nichée dans la mal-gouvernance politique du système du parti-État de notre pays depuis des décennies. Car c'est cette mal-gouvernance qui est la source de tous les autres problèmes.


Que ce soit la misère économique et sociale. Que ce soient le repli identitaire et l'ethnocentrisme. Que ce soit le sous-développement matériel et moral. Que ce soient l'injustice, et l'impunité. Que ce soient l'insécurité et la violence.


Tous ces problèmes ne sont que des effets secondaires ou les conséquences de la mal-gouvernance du système du parti-État que la Guinée doit impérativement déraciner et enterrer le plutôt possible.


Pour ce faire tous les Guinéens et Guinéennes toutes tendances confondues, doivent désormais se mobiliser, au-delà de leur appartenance politique, ethnique, générationnelle, régionale, ou religieuse pour exiger du pouvoir et de l'opposition : un débat national « qui nous donnera l'occasion de nous débarrasser d'un passé de haines et d'humiliations, pour mettre notre pays sur la voie du changement, de l'unité véritable et du travail. L'enjeu de ce Débat dépasse largement le destin d'un homme ou d'un régime pour concerner le présent et l'avenir de tout un pays et de ses habitants » Pr Alfa Ibrahima Sow.


C'est ce véritable enjeu pour une bonne gouvernance qui interpelle aujourd'hui tous les Guinéens, toutes tendances confondues, au-delà des questions politiciennes de positionnement ou électoralistes et par-delà nos clivages habituels.

Vive la Paix. Vive la Guinée.


Dr Bakary Diakité


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Commentaires  

 
+2 #3 amadudialamba 25-08-2016 18:27

Toujours des pertinentes remarques assorties de quelques belles pistes pour d’éventuelles solutions. Malheureusement et comme toujours ce n’est que sur papiers qu’on trouve ces belles ambitions, aussi, très loin des principaux acteurs. Il ne se passe pas un mois sans qu’un compatriote engagé n’avance des très belles idées pour sortir la Guinée de son embourbement. Mais a part ces veux pieux, rien de concret n’est en vue sur le terrain. Car le pouvoir qui tient tout le monde à la gorge ne compte pas du tout lâcher sa prise. Je reviens sur la citation suivante de Dr. B. Diakité : « Il n’y aura ni réconciliation, ni démocratie, ni paix sociale, ni concorde nationale, ni développement économique et social sans une véritable justice équitable ! » fin de citation. Il poursuit avec la question suivante : « Quand est-ce qu’il (ndlr le Président) compte engager une vraie reforme de la mauvaise gouvernance politique qui gangrène le pays ? ». Dr. B. D, fort de l’expérience du passé (1958 a ce jour), je parie que sans une solution radicale, la Guinée ne sortira jamais de son embourbement politico-économique et social. Aucune autre solution bâclée ne pourra arriver à bout de cette mauvaise méthode de gouvernance en Guinée. Car c’est une mafia érigée en système de PARTI-ETAT pour juste échapper à toute sanction internationale. Comme vous-même, venez de préciser l’année de sa création, ce système est sciemment créé et entretenu depuis pour la simple cause de ses tenants. Et ceux qui se succèdent à ce pouvoir sont tous convaincus qu’en cas de mise en place d’un bon système de gouvernance, ils perdraient automatiquement leur hégémonie et tous les somptueux avantages liés a cette mafia politique. Mais ne nous décourageons pas. Car avec la dernière sortie de presque tous les guinéens, en tout cas la majorité des Conakry-kas, sans distinction, pour dire que ça suffit, la solution radicale semble commencer à se dessiner.
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+8 #2 M. Sacko 23-08-2016 22:28

La politisation de l'administration guineenne au service du Parti-Etat reste encore l'un des obstacles majeurs qui empechent l'emergence socio-economique de la guinee. En effet, aucun programme economique ou social entrepris dans cet environnement ne pourrait donner des resultats escomptes pour le bien etre de la population guineenne. Dans ce systeme, la promotion des fonctionnaires de l'Etat est fonction de leur militantisme au service du Parti-Etat et non en fonction de leur competence. Le militant zele fonctionnaire est rapidement reconnu a travers ses slogans en faveur de l'individu au pouvoir et doit sa promotion a travers ses sorties demagogiques. Par exemple, la modification de la constitution, le pere de la nation, ce regime est mieux que les regimes de ses predecesseurs. Et derriere ces slogans, le militant zele est un veritable pilleur des ressources maigres du pays. il s'accapare les ressouces du pays avec arrogance accompagnee de toute impunite.
A moins qu'on reverse cette gestion de la machine administrative guineenne, aucune reforme soutainable ne pourrait se perenniser dans ce tatonnement demagogique. L'administration guineenne doit etre forcement depolitisee pour privilegier l'integrite et la competencee, et separer les differentes branches du pouvoir (executif, legislatif,et judiciaire) de facon independante au sommet de l'Etat pour que les individus soient tenus responsables devant leurs actions. Et c'est seules sur ces valeurs qu'on peut songer a concevoir une strategie de developpement economique et sociale pour la guinee.
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0 #1 Celloumbah 23-08-2016 19:43

Je partage cette analyse mais, la justice Guinéenne était moins inféodée au temps de LC que sous S.T et AC, les têtes-brûlées à mon avis,
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