La réconciliation nationale d'Alpha Condé, une nouvelle escroquerie ?

Facebook Imprimer    

 


BARRY_Haroun_Gandhi_7_01J'ai lu sur certains sites l'hypocrisie chronique de certains PDGistes et/ou RPGistes qui prônent verbalement la réconciliation nationale. Dans leur esprit, il faut être clair, cela signifie qu'il faut pardonner – donc oublier - leurs crimes passés et présents.

Pour justifier leur démarche ils osent réaffirmer ce qu'ils nous serinent depuis des lustres, à savoir que les bourreaux sont devenus victimes et réciproquement. Autrement dit, puisqu'on peut mettre tout le monde dans le même sac, inutile de faire une fixation sur les crimes passés et passons à autre chose. 

Certains osent même prétendre qu'Alpha Condé est un homme de paix puisqu'il est l'initiateur de cette idée de réconciliation nationale. C'est oublier un peu vite qu'il n'est lui-même qu'un vulgaire criminel, en tant que Ministre de la Défense, et que ce tour de passe-passe n'amuse que les simples d'esprit.

Je rappelle à ces écervelés qu'il n'y a pas eu, fort heureusement, de génocide en Guinée, et que les crimes collectifs n'ont de ce fait pas existé. Par conséquent en droit pénal, les crimes sont individuels, un crime étant au moins associé à un criminel. On ne peut donc pas affirmer que les bourreaux (de manière impersonnelle) sont devenus victimes et inversement. Un individu peut avoir été bourreau avant de devenir victime ou inversement, mais le cas de cet individu ne peut être généralisé à tout un groupe d'individus indifférenciés, voire même éventuellement à une communauté.

Il faut étudier chaque crime pour recenser et les victimes et les criminels de manière individuelle. Et si dans une famille, un père était bourreau sous la première république, et son enfant devenu victime sous la deuxième, il suffira de traiter les problèmes au cas par cas : sanction pour le criminel, réparation pour la victime. Car si un enfant n'est pas responsable des agissements de son père, son statut éventuel de victime - par un retournement de l'histoire – ne peut à l'inverse en aucun cas excuser les crimes du père. 

En effet à force de tout mélanger volontairement, on veut masquer le fait que dans certaines familles il n'y a eu que des bourreaux, et dans d'autres que des victimes. Seule la justice peut permettre de réparer les crimes, avant ensuite d'évoquer la réconciliation.

Par ailleurs lorsque pour masquer des mots (meurtres, massacres, assassinats, viols…), on utilise des pirouettes de sémantique en évoquant de simples « problèmes », on se dit que le chemin est encore long.

Non aujourd'hui les victimes ne demandent pas seulement que la restitution du corps de leurs parents – ça c'est un minimum -, mais ils réclament la vérité (que s'est-il passé ?) et la justice (des sanctions contre les criminels et/ou des réparations morales, financières ou symboliques pour les victimes), afin que cela ne se reproduise plus. Tant que des individus s'imaginent qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent parce qu'ils l'ont décidé, la société ne pourra pas avancer.

Enfin lorsque les membres de la Commission ne sont même pas capables de comprendre que la réconciliation n'est pas liée à la personnalité d'Alpha Condé (qu'il apprécie les peuls ou pas importe peu), mais est un processus de reconstruction de la société, indépendant de la vision de ses dirigeants, on voit que le chemin est encore long.

En effet, au-delà de la possibilité d'apaiser les consciences, le processus de réconciliation nationale vise à écrire un avenir commun, en refondant un pacte de société entre toutes les communautés.

Quant à ceux qui mélangent tout, à propos du 28 Septembre, osant parler de fait divers pour les massacres du stade du même nom en 2009, ils illustrent parfaitement le fait que la réconciliation a encore beaucoup de chemin à faire. Ce n'est que lorsque des révisionnistes de cet acabit seront « rééduqués » de la même façon qu'eux envisagent de le faire de nos esprits, qu'on pourra devenir sereins quant à la réussite d'un tel processus.

Les travaux de la Commission ont accouché d'une souris (un rapport de 300 pages), car ce gouvernement n'est expert qu'en paroles, et contrairement à ses supporters intéressés, ces recommandations ne déboucheront sur rien de concret...


Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).

AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+12 #4 BAM 12-07-2016 09:23

Cette « commission de réconciliation » est une fiction. Lorsqu’on voit des religieux participés à cette commission on ne peut être qu’outré. Nous savons TOUS que ces « religieux » ne sont rien d’autre que des voyous qui sont prêts à s’allier à TOUS les pouvoirs. En effet, qui est ce qui faisait lire la Fatiha dans les mosquées en faveur du sanguinaire Sékou Touré ? Qui dans les églises appelait en permanence de se mettre à la disposition du sanguinaire Sékou Touré ? Il s’agit des religieux qui ont fait la même chose pour Lansana Conté, Dadis/Konaté et aujourd’hui Alifa Koné. L’objectif de cette « commission » c’est de dire aux Guinéens, il faut se réconcilier car, nous avons tous été des victimes. Non, tous les Guinéens ne sont pas des victimes ; il y a des bourreaux parmi nous. Et, beaucoup des participants à cette « commission » sont des bourreaux qui veulent cacher leur comportement dans ce magma qu’ils ont inventé « TOUS VICTIMES ». Ce qui est certain, les bourreaux doivent être jugés pour que l’on pense à une réconciliation. C’est pourquoi, les Guinéens ne pourront pas faire une réconciliation sans le triptyque : Vérité-Justice-Réhabilitation des victimes. De plus, certains Guinéens parlent de PARDONNER ; je dis que personne ne pourra pardonner dans la mesure où, c’est à chaque victime individuellement que revient le DROIT de pardonner. Malheureusement la quasi-totalité des victimes ne sont plus de ce monde. C’est pour cela, la réconciliation est possible après la mise en place du triptyque (Vérité-Justice-Réhabilitation des victimes), mais le PARDON est impossible car, ceux qui pouvaient l’accorder sont morts !
Citer
 
 
+10 #3 amadudialamba 11-07-2016 17:42

Depuis des décennies des familles entières de victimes se débattent, sans succès, pour obtenir rétablissement et réparation suite à la longue barbarie des fous régimes qui se sont succédées en Guinée. Sans aucune considération pour ces nombreuses familles, des pécheurs dans l’eau trouble veulent sauter sur une seule occasion pour enclencher directement un processus de réconciliation, sans aucune forme de justice. De surcroit chacun sait que cette occasion est offerte par un homme figurant en bonne place dans le lot des supposés bourreaux du pays. N’est-ce pas une autre manière de commettre un crime impardonnable ? Ces dits réconciliateurs veulent profiter de leur position dominante pour fouler tout le monde en vue de passer l’éponge sur des blessures nombreuses, encore fraiches et béantes (la famille de Sama Panival B et tant d’autres restent toujours sans nouvelle de leurs proches). Ces fameux réconciliateurs veulent banaliser des faits impardonnables sans au préalable vérité et réparation. Plus grave, certains de ces héritiers/acteurs continuent de lutter pour l’implantation d’une nouvelle dictature dans le même pays qui en est victime. Une dictature plus dangereuse, puisque plus féroce que toutes les précédentes. Une dictature fondée sur des pratiques plus cruelles et moins regardantes des droits humains. Alors je dis aux fameux producteurs de ce document de 300 pages que leur bouquin certes commandité par des bourreaux/leur familles, ne servira que pour les besoins des usagers des toilettes publics.
Citer
 
 
+11 #2 A.O.T. Diallo 11-07-2016 17:36

" Tant que des individus s'imaginent qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent parce qu'ils l'ont décidé, la société ne pourra pas avancer."
C'est tout le fond de tout ce processus actuel en Guinée, vouloir imposer, en plus avec arrogance et culot, de mettre tous ces crimes sous le tapis et la bamboula continue.
Ils pourront chanter tant qu'ils voudront "tous bourreaux - tous victimes " mais cela ne deviendra jamais bourreaux = victimes et le "faites ce que vous voulez mais vous ne pourrez RIEN pour que la vérité soit dite".
Ces bourreaux-dinosaures et leurs héritiers révisionnistes cyniques prouvent ainsi leur ignorance de la réalité de l'histoire de l’Humanité: ses faits reconnus par sa majorité et la Vérité historique ne seront écrites ni par les bourreaux ni par les victimes.
Ce sont des spécialistes universitaires neutres qui l’écriront demain et nous savons tous ce qu'ils décriront et démontreront...
Citer
 
 
+9 #1 Celloumbah 11-07-2016 13:17

Un bon texte qui déshabille les manigances d'AC et son ensemble instrumental, ce qui est dommage en Guinée, il y a toujours des tarés sans dignité, ni foi qui soutient ce pyromane, il à finis de détruire le pays dans tous les domaines (c'est un pays qui est dans le coma), comme il est incompétent, mytho, haineux et rancunier, il gouverne dans le mensonge, il divise et opprime les Guinéens.
Citer