Avec 112 000 tonnes de potentiel halieutique, nos eaux s'appauvrissent au fil des jours

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Il est important de savoir que la notion d'économie maritime est transversale. En ce qui concerne ce Ministère, 82 licences accordées à 47 bateaux pour 2 trimestres. Les ports de Conakry et de Kamsar ont-ils bénéficié de travaux et manutentions portuaires ou d'avitaillements divers pour le compte de ces bateaux ?


Les pétroliers Guinéens ont-ils reçu un bon de commande d'un seul litre de la part de ces bateaux ?


Quel est le nombre d'emplois directs créé par ces bateaux ?


Quel est le nombre de tonnes de produits péchés qui a été livré pour la consommation locale ou pour les unités industrielles locales de valorisation ?


L'économie maritime, secteur pêche, ce n'est pas exploiter des gisements de pétrole découverts en mer, ni prendre la tutelle du port autonome de Conakry. Comme me l'affirmaient certains cadres. Le Ministère actuel de la pêche Guinéenne, en économie maritime, doit se gêner de présenter seulement le volet recettes issues de cette troublante vente de cartons de licences à la place de cartons de poissons. Pour 3,5 millions de dollars (32 milliards de GNF) en 2 trimestres, avec plus de 50 espèces pêchées.


Le comble de tout ceci, le Ministère d'à côté celui de l'Agriculture, avec une humilité de toute noblesse, ne dit pas mot du montant minimum perçu par l'économie nationale à travers les sociétés exportatrices de la noix de cajou (l'anacarde). En moins de 2 trimestres, du 1er Janvier au 17 Mai 2016, avec ce seul produit agricole la Guinée a exporté 19 136 tonnes pour une valeur de 21 049 651 dollars, au prix moyen de 1100$/tonne. Un seul produit voyez-vous : l'anacarde.


En moins de 3 ans, le Ministère de l'Agriculture a doublé la production de riz et de fonio, triplé celle du manioc et du maïs. Ceci sans parler des autres produits à devises par l'export : coton, hévéa, huile de palmes, sésame, café et autres fruits et légumes. Ce Ministère vient de doter la Guinée d'une usine de production d'engrais, après 58 ans de souveraineté. À travers médias, l'État ou la Banque Mondiale n'a pas vu Mme la Ministre de l'Agriculture ou ses cadres.


Alors maintenant ça suffit, faisons la pêche autrement ou simplement comme elle aurait dû l'être. À savoir les investissements dans les infrastructures portuaires et les industries de transformation et de valorisation des produits de pêche. Que ceci soit bien noté par ailleurs, ce n'est pas le Ministre sénégalais de la pêche qui va dans les médias affirmer avoir versé au trésor les 200 millions de dollars annuels. Ce n'est pas le rôle principal d'un Ministère de la pêche.


Créer un environnement économique favorable avec des instruments incitatifs pour les capitaux privés, bâtisseurs d'industries. Ne surtout pas répéter que la pêche guinéenne va surclasser les mines en matière de recettes dans deux ans. Le budget 2016 du Gouvernement voté à l'Assemblée prévoit en son volet recettes pour le secteur des mines 240 Millions de dollars. Je vous souhaite du plaisir avec vos 3,5 millions en 6 mois déjà.


Même en exportant la totalité du potentiel halieutique Guinéen, à savoir 112 000 tonnes au prix du marché que nous connaissons tous, vous n'atteindrez pas les mines ou l'agriculture. Et cela, même dans 10 ans, avec votre stratégie actuelle. Venez à l'économie maritime telle qu'ébauchée plus haut.


Chérif Diallo, Consultant pêches,

ex-directeur général de la société mixte guinéo-française Nouvelle Soguipêche

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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