Dr Ibrahima Sory Diallo, président du BOC : « si l'UFR veut la pagaille, on est prêt »

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Dr Ibrahima Sory Diallo, président du Bloc de l'Opposition Constructive (BOC) et président du comité d'organisation des manifestations de l'opposition ne va pas de main morte quand il s'agit de dénoncer les dérives du pouvoir. Dans cet entretien, il adresse également une mise en garde à l'UFR de Sidya Touré, parti politique accusé de jouer les trouble-fêtes dans la perspective des élections locales prévues en Octobre prochain.


L'Indépendant : docteur Bonjour comment se porte le BOC ?

Dr Ibrahima Sory : le BOC se porte bien. Aujourd'hui le BOC évolue avec l'opposition républicaine.


Qu'est ce qui a motivé votre départ du centre à l'UFR et de là aujourd'hui à l'opposition républicaine ?

Bon justement, il faut rappeler qu'on a jamais été du centre, on était dans l'opposition. Mais une opposition constructive. Le BOC c'est en fait le Bloc de l'Opposition Constructive. Bien sûr qu'on a aujourd'hui certains activistes politiques qui sont en train de se réclamer de l'opposition constructive, tel que Monsieur Bah Oury. Je pense que s'il doit être de l'opposition constructive, il doit me déposer sa demande d'adhésion, parce que tout le monde connaît en Guinée que je suis le fondateur de l'opposition constructive. Donc nous avons bel et bien fait alliance avec l'UFR en 2015, pour les élections présidentielles au premier tour. C'était une convention politique de l'opposition. Un bon nombre de partis politiques dont le BOC, ont souscrit à ça, d'autres n'ont pas souscrit, et ceux-là qui ont souscrit plus certains partis comme le parti FIDEL, la COEP, vous avez le parti de monsieur Sidiki, et tout ceux-ci sont venus constituer la coordination des partis alliés autour de moi-même. J'étais le coordinateur des partis alliés et nous avons accompagné le président Sidya. Malheureusement, il n'a pas gagné le premier tour. Ça été un chaos et ce chaos a envoyé tout le monde à l'écart du pouvoir exécutif. C'est Alpha Condé qui a gagné en fin. Alors de là, nous sommes restés avec Sidya Touré. N'oubliez pas que l'UFR est une formation politique, nous aussi nous sommes des formations politiques et notre alliance c'était pour un objectif. Quand un objectif n'est pas atteint, chaque parti doit se retourner dans son fief pour continuer toujours à faire la vie politique dans l'opposition. On était là, quand nous avons appris que le président Sidya a été élevé au rang de Haut Représentant du chef de l'État. Nous avons été le premier à poser pied chez lui ce jour pour le féliciter. Cela ne veut pas dire qu'il y a une guerre, il n'y a pas de guerre. Nous, nous sommes de l'opposition. Donc Alpha Condé a pris un élément de l'opposition, il pense que cet élément peut lui servir. Donc si cet élément va, il va en tant qu'élément, il ne vient pas avec tous les partis alliés. Parce qu'aucune déclaration de monsieur Sidya Touré n'a montré qu'il vient en tant que Haut Représentant avec les partis alliés.

Il n'a pas dit mais quand il dit qu'il ne reconnaît pas les élections, il se retire avec ces partis alliés. Il avait dit à l'époque c'est vrai on s'était tous retirés avec lui. Mais aujourd'hui si le débat politique n'est plus là, tout ce qu'on va vous dire c'est quoi ? Que monsieur Sidya Touré, nous sommes de cœur avec lui. Mais nous ne sommes plus du même bord parce que lui est avec le pouvoir, et nous, nous-ne sommes pas avec le pouvoir. On n'est pas prêts à accompagner le pouvoir parce que nous pensons qu'il faut une alternance. Et l'alternance là se trouve dans l'opposition. C'est l'opposition seule qui peut engager l'alternance et nous, nous voulons cette alternance. Donc il faut qu'on reste avec l'opposition, c'est pourquoi nous avons rejoint l'opposition républicaine.


Aujourd'hui, quelle lecture faites-vous de la situation sociopolitique et économique de la Guinée ?

C'est chaotique, parce que ce qui se passe avec le professeur, on a bel et bien voulu dans le BOC accompagner l'idéologie du changement. BOC a estimé comme, il n'était pas lié à la malversation, il pouvait faire quelque chose.


Mais aujourd'hui des gabegies qui ont été enregistrées durant les premiers cinq ans du professeur Alpha Condé dépassent tout ce que les gens ont fait pendant 24 ans. Donc, c'est pour dire quoi ?

C'est pour dire que, on ne peut pas continuer à accompagner une personne qui ne peut pas faire une prise de conscience. Il prend les mêmes éléments qui ont foutu le pays dans la merde. Les mêmes éléments qui ont rendu la Guinée ingouvernable. Il les met autour de lui pour dire qu'il veut préserver son fauteuil. On ne le comprend pas. Si on ne comprend pas une personne pourquoi l'accompagner ? Qui n'a pas appris ce que le BOC a dit ici dans le temps. Certains nous ont traités de sous-marins de la mouvance. Nous avons été traités de tout parce que, nous étions de la mouvance, parce qu'on avait confiance en sa personne. On avait cru que ce monsieur pouvait apporter des changements. Mais monsieur Alpha Condé a foutu le pays dans l'enfer.


Son éventuel troisième mandat, continue d'alimenter les débats. Quelle est votre réaction ?

Oui, vous savez que monsieur Alpha Condé a traité des gens comme étant des cadres malhonnêtes. Je pense que l'expression de monsieur Alpha Condé peut être ne peut pas être fortuit. Pourquoi ? S'ils ont manigancé les élections, bloqué le pays pendant au temps de Conté, les cadres qui avaient la voix au chapitre, ce sont les mêmes qu'on retrouve autour d'Alpha. Et qui sont en train de révéler ce qu'ils ont fait au temps de Conté. Empêcher le pays-là d'avoir des subventions.

Les mêmes personnes ont bourré les urnes pour lui, les mêmes personnes ont accepté une personne qui ne pouvait pas venir au deuxième tour. Aujourd'hui, s'il les traite de malhonnêtes, ça peut se justifier.

Donc nous, on pense que le débat-là ne nous intéresse pas. On ne va pas se mêler dans ça. En ce qui nous concerne, on ne va pas se laisser distraire avec ses propos. Nous, on a des objectifs : la baisse du prix du carburant, la destitution de la CENI, l'assainissement du fichier électoral, le dialogue social. Si tel n'est pas le cas, d'ici la fin du mois de ramadan, monsieur Alpha Condé va voir la réaction de l'opposition. Actuellement, je suis en train de mettre en place toutes les stratégies nécessaires pour contraindre le pouvoir. Nous avons déjà commencé à faire des démarches auprès de la communauté internationale.

Nous sommes allés rencontrer le premier conseiller de l'ambassade de France. Nous sommes partis les informer pour ne pas qu'ils disent demain ah ! Non, acceptez le dialogue non ! C'est ceci, c'est cela. Nous allons rencontrer l'Union Européenne, la Cedeao, toutes les institutions. Notre équipe est en train de tourner, pour aller partout. Avant d'engager les manifestations.


Justement comme vous parlez d'élection, d'aucuns estiment que les élections locales qui sont prévues par la CENI au mois d'Octobre ne seront pas tenables. Quelles sont vos impressions, d'ailleurs vous-mêmes vous dites que la CENI veut coûte que coûte installer les délégués de l'UFR au niveau des démembrements dans les quotas réservés à l'opposition ?

Le débat-là n'est plus à l'ordre du jour, l'UFR est de la mouvance présidentielle. Dans n'importe quel démembrement, on trouvera un représentant de l'UFR, on empêchera le processus. Donc c'est pour vous dire que l'opposition a déjà fini de prendre sa décision. L'UFR est de la mouvance présidentielle partout où on trouvera un élément de l'UFR au compte de l'opposition, nous allons l'empêcher, et nous allons informer tous nos militants d'empêcher que les activités de la CENI marchent dans ce domaine-là. Si c'est la pagaille qu'ils veulent, nous allons nous organiser. Celui qui a un mandat à gérer, s'il ne veut pas qu'il y ait de la transparence, nous, nous allons l'aider pour ne pas qu'il y ait de la transparence. Moi je pense que la meilleure façon pour lui est d'accepter d'installer toutes les institutions, et gérer le pays légalement, sans problème.


À suivre…

Entretien réalisé par Alpha Amadou et Sadjo Diallo

L'indépendant, partenaire de Guinéeactu


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