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Souapiti: ambition revue à la baisse

Boubacar Doumba Diallo  Dimanche, 01 Mai 2016 18:07

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DIALLO_Boubacar_Doumba_01Récemment, le ministre en charge de l’Energie et de l’Hydraulique en Guinée a indiqué la revue à la baisse de la puissance du barrage de Souapiti en raison des problèmes liés à l’environnement mais surtout du dédommagement des familles à déguerpir. Explications du ministre du 14 avril 2016 :

« Si on construit le barrage à la cote de 230 m de hauteur (comme initialement prévu), nous allons déguerpir 65.000 habitations. Donc, l’impact environnemental va être très lourd. C’est pourquoi nous avons pensé réduire la cote à 210 m de hauteur. La puissance va alors baisser en même temps. Ainsi de 515 MW, on va descendre à 450 MW. Et ce sont seulement 15.000 foyers qui vont être déplacés. »

C’est une baisse drastique de la puissance du barrage. L’explication  ne me convainc pas, bien que je sois  opposé à la construction des gros barrages. Mais une fois la chose décidée, mieux vaut aller jusqu’au bout .Le dédommagement se fait une seule fois. Mais le barrage reste. Donc il est préférable de débloquer les sous une bonne et une seule fois et conserver la puissance initiale. D’ailleurs la puissance initiale de Souapiti n’était pas de 515 MW mais de 55O MW… Par ailleurs, le ministre avoue que la route Kindia-Télimélé sera inondée et préconise la nécessité d’ouvrir une contournante.

« Malgré tout, le pont de Konkouré qui relie Télimélé à Kindia va être submergé et la route de Télimélé va être inondée sur une distance de 50 km.  A cet effet, il faudra construire une contournante pour ne pas que Kindia et Télimélé soient séparées. Cette route passera par Sèguèya, Siraforè, Fôfôta, Dalonfaré, Sokhily, Sinta, Gougoudjé, pour remonter à Loubha. »

Concernant Kaléta, le ministre reconnait à demi-mots que Kaléta ne peut pas donner son plein régime en saison sèche. Kaléta aura  donc bel et bien besoin  de l’eau turbinée de Souapiti pour fonctionner correctement. C’est l’explication la plus logique des délestages actuels. Nous parlerons plus loin d’autres facteurs de délestage.

« Je précise que le barrage de Kaléta est un barrage au fil de l’eau. Ce qui veut dire que pendant la saison sèche, on ne peut pas avoir la même fourniture d’électricité que pendant la saison des pluies. C’est pour cela que nous avons aménagé des centrales thermiques à Kipé et Hamdallaye et que nous avons renouvelé celles de Kaloum 1 et 2, en plus de K-Energie qui est un fournisseur d’énergie indépendant, pour prendre la relève lors de la saison sèche »

Un problème important et pas des moindres est l’entretien et la maintenance de ce qui existe déjà. La plupart des barrages existants  ont besoin d’être rénovés. Concernant la maintenance du matériel, il y aurait également beaucoup à dire car soit par ignorance, soit par cupidité, là où 50 000 Euros auraient suffi pour l’entretien annuel, on néglige et par suite, il faudra débourser des millions d’euros pour importer des pièces de rechange.

Un dernier point est le coût exorbitant de Kaléta et Souapiti. Récemment sur Facebook, j’ai lu une comparaison entre les coûts des barrages réalisés par la même société chinoise en Guinée et le barrage pharaonique sur le Nil en Ethiopie. Le calcul  était simple, voire simpliste et un peu réducteur. Néanmoins il apparait que chez nous cela revient deux ou trois fois plus cher.


Boubacar Doumba Diallo


   

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