La Cour constitutionnelle, la Cour suprême simplement relookée

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BARRY_Haroun_Gandhi_5_01Certes la Cour constitutionnelle n'est pas responsable des fraudes électorales en amont, pendant et en aval des scrutins, d'abord parce qu'elle inaugurait ses premières élections, ensuite parce qu'elle n'est là que pour corriger les dysfonctionnements ayant cours. Malheureusement à l'image de la Cour suprême, elle a montré par sa décision du 31 octobre 2015, qu'elle se situait dans la droite ligne de ce qui s'est toujours fait en Guinée, à savoir justifier les violations favorables au pouvoir en place, ainsi qu'en témoigne les quelques lignes qui vont suivre.

Il n'est pas question de commenter ici tous les arguments avancés par les 3 requérants car la plupart ont été rejetés soit par manque de preuves, soit parce que ce sont les tribunaux de l'ordre judiciaire qui sont compétents pour juger les voies de faits reprochées.

De toute façon, si on veut se rappeler les points qui ne posent pas de problèmes juridiques (même s'ils en posent au niveau électoral, donc politique), on pourra se reporter à un papier du 5 novembre, dont l'objet était de justifier les arguments de la Cour, et qui ne fait malheureusement que cela, oubliant d'en critiquer certains aspects.

Il conviendra également d'évoquer les points qui nécessitent de modifier les procédures en vue de prévenir, et donc d'éviter les conflits post-électoraux, avant d'aborder les violations proprement dites de la Cour constitutionnelle.


I - Les points qui ne posent pas de problèmes…  juridiques

A) Pour l'absence de preuves, il en va ainsi :

  • du vote des mineurs,
  • de l'absence de représentants des candidats dans certains bureaux de vote (BV),
  • de leur renvoi - parfois musclé - dans d'autres BV,
  • du transport des urnes dans un camp militaire,
  • du manque de bulletins de vote dans certains BV, empêchant certains électeurs de voter,
  • de la distribution de procurations par les représentants de la CENI, ou par un membre du gouvernement au profit du candidat sortant,
  • du contrôle « au corps » des électeurs, qui ne sont pas libres de voter pour qui ils veulent, puisqu'ils possèdent un bulletin pré-coché (qu'ils doivent mettre dans l'urne et rapporter un bulletin vierge),
  • de l'omission sur les procès-verbaux (PV) de la mention de la rupture d'enveloppes dans les différents BV,
  • de l'absence de listes d'émargement dans la plupart des BV,
  • de la falsification de certains PV.

Toutefois ce n'est pas parce que la Cour a rejeté ces arguments qu'ils sont fantaisistes - on sait en effet ce qu'il en est -, mais parce que les requérants n'ont pas suffisamment étayé la matérialité et surtout la preuve des faits. Ils étaient pourtant prévenus depuis 2010 et 2013, mais n'en ont pas tenu compte, en ne s'organisant pas pour faire face à ces fraudes pourtant classiques.


B) Pour la compétence des tribunaux judiciaires
(et donc l'incompétence de la Cour constitutionnelle), il en est ainsi :

  • des irrégularités dans les inscriptions sur les listes électorales,
  • des irrégularités commises dans l'impression et la distribution des cartes d'électeurs,
  • de différentes violations (expulsion de délégués, enlèvement des urnes, falsification de PV et enfouissement des bulletins de vote), car soumises aux dispositions des articles 200 à 223 du Code électoral.

Le juge des référés (TPI) conserve en effet une part résiduelle du contentieux électoral, notamment celle qui touche aux atteintes à la vie privée et à la commission de délits sanctionnés pénalement par le code pénal, le code électoral ou encore les lois sur la presse. Il a la capacité de prendre des mesures conservatoires, si on le saisit, mais manifestement les partis politiques ne sont pas formés et/ou outillés pour y faire face...

Avant d'aborder les deux points qui posent problème pour la Cour, il convient d'examiner trois éléments qui posent problème au niveau électoral, donc politique.


II - Les points qui posent des problèmes juridiques

A) Lorsqu'il est allégué la création de BV fictifs dans les circonscriptions électorales de Siguiri et de Kankan, et l'arrestation de délégués, qui avaient repéré ces BV fictifs, empêchant ainsi de signer les PV (d'où la demande d'annulation desdits PV), la Cour se contente d'indiquer que le candidat ne produit aucune preuve…  de ces BV fictifs. Toutefois elle se montre bien légère en ne vérifiant même pas si les personnes arrêtées étaient bien membres des BV, et pourquoi elles n'ont donc pas signé les PV. Est-ce utile de signer un PV ou pas ? Voilà une question qui n'effleure même pas la sagacité de nos soi-disant Sages.

On notera quand même les contradictions, indiquant que comme rien n'est consigné sur les PV, tout va bien, même si les représentants de l'opposition ont été évincés. Pourtant la CENI possède la liste initiale des assesseurs des BV, or si celle-ci a été modifiée, cela doit figurer sur les PV, ce qui paraît difficile pour les raisons ci-dessus évoquées !!!

Or ce n'est pas parce qu'il n'y a rien sur les PV que tout s'est bien passé. En effet, la mention du manque d'enveloppes par exemple (voir ci-après) doit également figurer sur les PV (article 67 du Code électoral). Or une chose est claire, les enveloppes ont bien manqué, puisque même la Cour justifie le Communiqué n°2 de la CENI, permettant de s'en passer. Or les PV n'en font pas cas. On tourne donc en rond, tout en permettant là ce, qu'on ne permet pas ailleurs.


B)
De même lorsque les résultats de certains BV ne sont pas pris en compte, la Cour se défausse sur les procédures électorales en indiquant que c'est dû à l'annulation de certains PV par les Commissions administratives de centralisation et de validation (CACV), sans examen du bien-fondé de ces annulations. On sait que les BV peuvent annuler des votes en vertu des dispositions de l'article 81 du Code électoral (voir ci-après), mais on ignore pourquoi les CACV, dans lesquelles ne siègent que des représentants du pouvoir et/ou de l'administration, sont fondées à rejeter arbitrairement certains votes. Ces procédures nous laissent imaginer que la CENI pourrait prononcer à titre provisoire certains résultats, puis les remettre en cause par des annulations de PV, si ceux-ci ne convenaient pas au pouvoir, le tout combiné avec des horaires de vote différenciés (voir ci-après). Cette faculté d'annulation - sans justifications ? - octroyée aux CACV, est proprement scandaleuse, et prouve par ce fait que les élections ne sont pas transparentes. La modification de l'ancien article 162 du Code électoral, qui aurait dû transférer le pouvoir d'annulation du seul président de la CENI à 2/3 des membres de la CENI, a été de fait, transféré aux CACV, ce qui favorise de fait le pouvoir en place. Sauf à croire qu'il est éternel, tout parti politique en général, et le RPG en particulier, a intérêt à changer ces règles, sous peine d'en profiter aujourd'hui, mais d'en subir les effets demain.

Ainsi lors des élections législatives du 28 septembre 2013, les partis UGDD et UFR par exemple, s'étaient plaint de l'annulation de certains BV où l'opposition avait gagné (Samoë près de N'Zérékoré, Matam), au motif que les enveloppes contenant les PV n'étaient pas fermées, donc non sécurisées, et alors que celles favorables au RPG, auraient été prises en compte. Parfois on les a annulés pour « déperdition » (Boffa, Dubréka, Macenta) sans qu'on connaisse la définition de ce terme passe-partout. D'autres fois la CENI a autorisé l'utilisation d'enveloppes ordinaires au format A4 dans certaines zones (Kaloum), avant de les rejeter ensuite.

Malheureusement les partis politiques de l'opposition n'ont à s'en prendre qu'à eux-mêmes, puisqu'ils n'ont rien fait depuis pour en changer. 


C) Un point qui n'a pas été soulevé

Par le communiqué n°1 du 11 octobre 2015, « la CENI informe les présidents des CEPI, CECI, CESPI et membres des bureaux de vote, que les électeurs disposant des cartes d'électeurs de 2015 sur lesquelles figure le numéro du BV concerné sont autorisés à voter même s'ils n'ont pas leurs noms sur la liste d'émargement du bureau de vote ».

Bizarrement cela a permis aux 600 000 nouveaux électeurs fantômes de Haute-Guinée créés en 2015, et tous nés un 1er janvier ou un 1er juillet de la même année, de pouvoir voter sans contrôle, puisqu'on leur a probablement fourni une carte d'électeur, pour qu'ils puissent voter, quand bien même ils n'existeraient pas. En l'absence de liste d'émargement, il sera impossible de vérifier leur signature originale. Les résultats montrent que ce sont justement ces électeurs fantômes, et qui ont tous voté évidemment, qui sont responsables de l'élection d'Alpha Condé en octobre 2015. Ainsi les résultats des seules 7 préfectures de Haute-Guinée (auxquelles on ajoute Matoto et Beyla), suffisent à dépasser ceux de Cellou Dalein Diallo dans les 38 préfectures et à l'étranger. Il est donc primordial de contester le fichier électoral à l'avenir, sinon cela reviendra à dire que la Haute-Guinée est quasiment la seule habilitée à choisir le PRG de toute la Guinée. C'est d'ailleurs dans ces villes que plus de la moitié – parfois 64% – des nouveaux électeurs de 2015 ont été enregistrés. Il y a évidemment un lien de cause à effet.

Enfin, il est question ici de revenir sur les deux points qui posent sérieusement problème pour la Cour constitutionnelle, et qui entachent sérieusement sa crédibilité.


III - Les violations de la Cour constitutionnelle

A) Sur l'autorisation du vote sans enveloppes

Par le communiqué n°2 de la CENI du 11 octobre 2015, la CENI a autorisé le vote sans enveloppe, ayant constaté que par endroit, il y avait eu insuffisance d'enveloppes due à une défaillance notoire dans la distribution au niveau des BV – c'est pourtant elle qui en est responsable –, au motif que cela n'avantage ni ne défavorise aucun candidat.

Pourtant l'un des candidats (Faya Millimouno) a soutenu de ce fait, la violation de l'article 81 du Code électoral, qui dispose que : « les votes nuls ne sont pas considérés comme suffrages exprimés lors du dépouillement. Sont considérés comme votes nuls :

1. l'enveloppe sans bulletin ou le bulletin sans enveloppe,

2. une enveloppe contenant plus d'un bulletin,

3. l'enveloppe ou le bulletin comportant des mentions ou des signes,

4. le bulletin ou enveloppe non réglementaire.

Ces bulletins sont annexés au procès-verbal. Le nombre de votes nuls est retranché du nombre d'électeurs ayant voté pour déterminer le nombre des suffrages exprimés ».

La Cour a validé l'initiative de la CENI en vertu de l'article 67 alinéa 6 du Code électoral selon lequel « … l'utilisation des enveloppes est facultative pour le bulletin unique...».

Or l'article 67 dispose que : « le vote a lieu avec des bulletins et des enveloppes fournis par la CENI. Avant l'ouverture du scrutin, le Bureau doit constater que le nombre de bulletins de chaque candidat ou liste de candidats correspond exactement à celui des électeurs inscrits augmenté de 10%. De même le nombre des enveloppes doit correspondre aux nombres des électeurs inscrits augmenté de 10%. Si, par suite d'un cas de force majeur, des bulletins et des enveloppes venaient à manquer, le Président du Bureau de vote est tenu de s'en procurer auprès du démembrement de la CENI concerné. Mention doit être faite au procès – verbal établi par le bureau de vote ».

Cet article 67 précise pourtant bien qu'il faut ABSOLUMENT se procurer des enveloppes. C'est même une condition essentielle de la loi, que la CENI n'est pas habilitée à modifier à sa convenance, car seule l'Assemblée Nationale est habilitée à voter la loi.

Il est donc scandaleux, mais surtout juridiquement illégal, que la CENI, qui est une institution dont la finalité est de faire respecter le droit par les partis politiques, s'en dispense elle-même.

En outre, l'article 67 ne dispose pas d'alinéa 6 (sic !!!). On a donc du mal à comprendre sur quel fondement le juge justifie sa décision, d'autant que l'état de nécessité, qui est curieusement employé pour motiver sa décision, l'est évidemment mal à propos. En effet, sans entrer dans des détails inutiles, il faut rappeler que l'utilisation de l'état de nécessité est surtout mis en œuvre pour justifier la commission d'une infraction (la violation de l'article 81). Mais cela suppose non seulement l'existence d'un danger, mais également le fait que cette violation doit être le seul moyen d'éviter ce danger (il n'y aurait pas de meilleure solution) et enfin, elle ne doit pas être disproportionnée à la gravité de la menace. On pourrait discuter longuement de l'applicabilité de ce cas à la situation qui nous préoccupe, mais il convient également de rappeler un principe, selon lequel le danger ne doit pas être la conséquence d'une faute préalable. Or le manque d'enveloppes est de la responsabilité exclusive de la CENI, qui ne peut donc s'en prévaloir ensuite pour violer la loi.

En conclusion la CENI a violé la loi, et la Cour, non seulement ne l'a pas sanctionné (ce qui aurait abouti à l'annulation des élections), mais elle a au contraire justifié cette décision.


B) Sur l'autorisation de prolonger les heures de fermeture du scrutin dans certains BV

Par le communiqué n°21 de la CENI du 11 octobre 2015, et afin de faire face à l'engouement au niveau des BV et au retard pris par certains BV, la CENI a pris la décision d'autoriser la prolongation de la durée des opérations de vote, la durée légale du temps de vote étant, selon elle, de 11 heures.

L'un des candidats (Faya Millimouno) soutient que ni la CENI, ni son président, ne sont habilités à prendre la décision d'autoriser la prolongation des heures de fermeture du scrutin dans certains BV, ce qui relève du pouvoir exclusif du président du démembrement de la CENI sur saisine du président du BV, le communiqué ne précisant pas par ailleurs les BV concernés.

En effet selon l'article 65 du Code électoral : « le scrutin est ouvert à sept (7) heures et clos à dix-huit (18) heures sur toute l'étendue du territoire national. Toutefois, pour permettre l'exercice normal du droit de vote aux électeurs, le président du Bureau de vote peut, dans des cas exceptionnels, notamment en cas de retard du matériel électoral, saisir le Président du démembrement de la CENI dont il dépend. Après appréciation des informations qui lui sont fournies, le Président du démembrement de la CENI peut décider de retarder ou non, l'heure d'ouverture et de clôture du scrutin dans le bureau de vote concerné. Il tient immédiatement informés de la mesure qu'il décide et de ses motifs l'autorité administrative compétente et le président de la CENI. »

Selon la Cour, l'article 65 alinéa 2 du Code électoral qui dispose que le scrutin est ouvert à 7 heures et clos à 18 heures sur toute l'étendue du territoire national, signifierait que la durée du scrutin est de 11 heures (par simple soustraction entre les 2 horaires), la CENI n'ayant fait qu'inviter les BV ayant accusé un retard à l'ouverture, de respecter les 11 heures prévues par la loi.

Elle ajoute, sans fonder son argumentation sur un texte, que la CENI est habilitée à prendre des dispositions pour tous les BV qui seraient en retard. Or il n'est écrit nulle part que la CENI est habilitée à changer les règles pourtant très claires, en cours de scrutin. De la même façon, la Cour doit vérifier la conformité de la décision de la CENI par rapport à la loi, et non chercher à justifier par tous moyens ladite décision.

Ainsi lorsque la CENI n'a pas livré à temps les kits dans les circonscriptions supposées être favorables à l'opposition, certains électeurs ayant commencé à voter à 10 heures (au lieu de 7 heures), 10 heures 30, voire 11 heures, la Cour ose invoquer la correction de ces erreurs par le communiqué n°21 de la CENI, sans vérifier si les différents BV en question, ont bien appliqué ce communiqué, par ailleurs illégal.

Certes il est possible à la marge (dans des cas exceptionnels) et non par convenance, de modifier localement les horaires de fermeture, mais pas à l'échelle d'un pays, en outre par une personne habilitée à le faire. De toute façon, l'article 65 alinéa 4 précise que le président du BV peut ne pas retarder l'heure de fermeture (c'est à son appréciation), ce qui infirme – s'il était nécessaire de le faire – la prétendue durée légale de 11 heures.

En raisonnant par l'absurde, on pourrait imaginer qu'à l'heure des technologies de l'information, la faculté de transmettre des résultats très serrés en temps réel sur toute l'étendue du territoire, pourrait permettre à un camp qui aurait volontairement retardé le début du scrutin dans sa circonscription, de pouvoir bénéficier de cette « nouvelle règle non écrite », et faire gagner son candidat en « ajustant » les résultats.

On pourrait imaginer la légalité de cette règle de modification des horaires d'ouverture ou de fermeture des BV, seulement avec l'accord unanime de l'ensemble des partis politiques participant, dès lors que cette modification n'empêcherait pas certains électeurs de participer aux votes et n'aurait pas d'influence sur les résultats du scrutin.

Contrairement à ce qu'affirme la Cour, l'uniformisation de l'heure de fermeture des BV vise à  limiter le risque d'une divulgation anticipée des résultats partiels à partir des informations recueillies dans les BV fermant à 18 heures. Ces indications sont susceptibles de porter atteinte au principe de sincérité du scrutin. En effet, la diffusion de résultats partiels résultant des dépouillements correspondant à des régions où le vote se terminerait avant la fermeture des derniers BV, pourrait pour l'élection présidentielle, prendre une résonance particulière qui ne s'observe pas pour les autres scrutins.

Là encore au lieu d'affirmer de façon péremptoire, que la CENI est une Autorité administrative indépendante, qui peut prendre des dispositions valables pour tous les BV (violer la loi ?), la Cour aurait dû s'employer à rappeler l'interdiction législative, édictée dans le souci de garantir le libre exercice du droit de suffrage et de préserver le choix des électeurs de toute interférence extérieure. En outre, on connaît sa routine classique, maintes fois évoquée par ailleurs, selon laquelle « les éventuelles erreurs ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin ».


Conclusion

Même si nul n'est censé ignorer la loi, il serait utile de bien clarifier les compétences de chaque ordre de juridiction en matière électorale, puisque entre le juge administratif, judiciaire, et constitutionnel, il y a de quoi se perdre dans ce labyrinthe pour les partis politiques, qui devraient toutefois renforcer leur pôle juridique.

La CENI a failli par cupidité (un audit sérieux serait le bienvenu), incompétence, malhonnêteté et sans doute servilité. Il est nécessaire de la réformer immédiatement, voire même de la supprimer purement et simplement. Non contente de créer des problèmes, elle prétend même faire la loi. C'est elle qui est à l'origine des problèmes électoraux, et il est désormais urgent de s'en occuper dès à présent.

Mais la Cour constitutionnelle ne joue pas le rôle de gardien du temple, qu'elle avait pourtant l'occasion d'incarner, et s'évertue malhonnêtement à tenter de justifier – avec les mêmes conséquences que la Cour Suprême, qui ne se prononçait pas et créait un déni de justice – les violations de la CENI, par des considérations venues de nulle part.


Gandhi
Citoyen guinéen


« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).


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Commentaires  

 
+2 #19 Gandhi 04-01-2016 22:22

Citation en provenance du commentaire précédent de Amenofils:
Il y'a une telle désorganisation au sein de l'UFDG qu'on se demande si il y'a quelqu'un qui s'en occupe. Mais ceci est un long débat !

Merci pour les voeux que je vous réitère...
Oui l'UFDG n'est pas opérationnelle sur de nombreux plans et... je ne souhaite pas en dire davantage.
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0 #18 Amenofils 04-01-2016 12:59

Gandhi,
Cet article explique tout sur le plan juridique ! Mais il un factueur plus dramatique qui est la supervision des élections par l'opposition. L'opposition n'est pas arrivé a centraliser meme les résultats de Matam( située dans la capitale et qui est un fief de l'opposition). Je scandaleux qu'on veuille contester des résultats sans en apporter la preuve. Il y'a une telle désorganisation au sein de l'UFDG qu'on se demande si il y'a quelqu'un qui s'en occupe. Mais ceci est un long débat !
Je te souhaite à toi Gandhi et à tous tes proches, une très bonne année 2016. Des vœux de santé, de bonheur et de réussite !
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+4 #17 Rachid LY 30-12-2015 18:25

Merci.
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+4 #16 Gandhi 30-12-2015 14:32

Citation en provenance du commentaire précédent de Rachid LY:
Je suis Mauritanien. Est-ce possible que j'adhère au Collectif?

Absolument, c'est ouvert à tous ceux qui sont épris de libertés et qui prônent l'état de droit en Afrique. Même si la Mauritanie est sortie juridiquement de la Cedeao en 2000, elle continue de fait à en suivre toutes les réunions. On peut donc vous accepter comme observateur (lol).
Plus sérieusement le Collectif ne fait pas de discriminations, les droits humains étant l'affaire de tous. A bientôt.
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+4 #15 Rachid LY 30-12-2015 12:04

Je suis Mauritanien. Est-ce possible que j'adhère au Collectif?
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+5 #14 Gandhi 30-12-2015 10:44

Citation en provenance du commentaire précédent de Rachid LY:
Cher cousin Gandhi (les Barry étant nos esclaves, même au temps de la démocratie), rassurez-vous! N'étant pas Guinéen (mais me considérant citoyen du monde), ma seule préoccupation c'est l'émergence d'un monde juste où la loi sera... la règle, donc la force brutale l'exception. Je serais très content de voir un jour l'Afrique normale où l'alternance est partout possible. A commencer par la Guinée

Vous pourrez adhérer au Collectif, je vais relancer les adhésions sous quinzaine.
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+5 #13 Rachid LY 29-12-2015 19:38

Cher cousin Gandhi (les Barry étant nos esclaves, même au temps de la démocratie), rassurez-vous! N'étant pas Guinéen (mais me considérant citoyen du monde), ma seule préoccupation c'est l'émergence d'un monde juste où la loi sera... la règle, donc la force brutale l'exception. Je serais très content de voir un jour l'Afrique normale où l'alternance est partout possible. A commencer par la Guinée. Je ne suis donc ni un sous-marin, ni... euh... une torpille (MDR)!
Rachid LY
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+4 #12 Gandhi 29-12-2015 19:22

Citation en provenance du commentaire précédent de Rachid LY:
je suis curieux de savoir quels autres moyens l'opposition avait pour changer la donne

Comme je l'ai dit plus bas, le Collectif ne plait pas à tout le monde et...
Je vais donc limiter mes propos à son sujet pour me concentrer sur l'action (discrète si vous voyez ce que je veux dire).
Nous sommes responsables de nos actions ou de notre inaction, donc...
Pédagogie par l'exemple est mon principe. On fait, et si ça marche, cela encouragera les autres, mais j'en ai déjà trop dit.
J'espère que vous n'êtes pas de ceux qui cherchent à savoir ... pour torpiller (lol).
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+5 #11 Rachid LY 29-12-2015 18:05

Mr Gandhi,
Si tant il est vrai que ce qui compte, à la fin, c'est le résultat, je suis curieux de savoir quels autres moyens l'opposition avait pour changer la donne? Qu'elle autre pression disposait-elle pour obliger la CENI qui, tout le monde le savait, n'était pas prête; exception faite de Son Excellence l'ambassadeur des USA qui passait, si je ne m'abuse, pour le 12ème Silly du RPG Arc-en-ciel, ou de Mr Ibn Chambas, dont seuls les bons devins appréhendaient le rôle...? Oui, que pouvait faire d'autre l'opposition quand Condé Alpha refuse de signer un accord ou de respecter ceux déjà signés et décide d'organiser les élections? Je continue de croire, pour l'instant, qu'il y avait unanimité sur un point : l'opposition n'avait ni le choix, ni le moyen, encore moins la possibilité de gagner les élections - ou même de les empêcher. Je suis étonné de toutes ces volées de bois verts que l'on abat sur le pauvre baudet (Cellou et les autres opposants), lui faisant porter seul le fardeau de ses échecs. Je connaissais le bouc-émissaire, mais je ne savais pas qu'en Guinée l'opposant qui perd pouvait aussi jouer ce rôle.
Merci quand même, Mr Gandhi de nous faire garder espoir.
Rachid LY
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+4 #10 lodia 29-12-2015 14:38

Je viens d'apprendre que Sadou KEITA gouverneur de Labé veut que la constitution soit modifiée comme pour KAGAME afin de permettre à AC de rester eternellement au pouvoir. Peuple de LABE, levez vous comme un seul homme et recusez le, et bannissez le à jamais de LABE. Des personnes comme celles là nez sont pas à garder. Qu'IL QUITTE.
On peut comprendre Sekouba KONATE est un ivrogne doublé d'un voleur qui a besoin de sauver sa tête des massacres et vols du 28 09, qu'il tienne un langage de nullard pervers
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+4 #9 lodia 29-12-2015 12:52

Nous savions tous que cette CENI etait incapable d'organiser des elections credibles. dés le départ, elle s'est évertuée à brouiller les pistes , à poser des actes répréhensibles et malhonnetes. Une semaine, avant, l'opposition avait demandé le report parcque sachant son niveau d'impreparation , resultat, la chose la plus basique n'était pas faite, mettre le fichier dans un ordre alphanumerique. Ces cadres malhonnetes sont caracteristiques du RPG, et tous le savaient. La honte et l'oppobre qu'ils deversent sur la guinée rejaillit sur eux, ils n'ont aucune credibilité, c'est pourquoi la CENI du NIGER a récusé Bakary Fofana qu'AC voulait vendre à ISSOUFOU, l'opposition nigerienne a été vigilante. De toutes facons Rachid LY a parfaitement décrit la situation, et également, y'avait une désunion de l'opposition, notamment le rôle de l'UFR à torpiller cette alliance, celui lui servira peut être à avoir quelques strapotins et surement sa mort politique. Avec le NIGER qui va aller à des élections credibles et transparentes, vu la determination de leur opposition, Alpha CONDe et sa CENI seront les seuls tricheurs averes de la zone CDEAO, et ils seront bien seuls. Avec la montée de puissantes societes civiles dans l'espace CDEAO, tous les pays se mettent aux régles immuables de la bonne gouvernance: respect de la constitution, respect des populations et alternance.Seule la Guinee ou AC apres avoir été réelu par sa CENI, declare la guerre à son peuple, regardez la floraison de menaces, de déni de justice, de comportement de ROI MEGALOMANE (j'accorde droit de grâce,2 jours plus tard, je n'accorde plus, je fais ce que je veux) JE,JE,JE tout le temps moi, moi, moi, sans aucun respect pour personne. Ni wattara, encore moins macky et j'en passe, n'ose se comporter de maniere aussi arrogante et désinvolte. Je crois qu'AC s'est trompé d'époque et ce n'est pas avec lui qu'on va résorber notre retard dans la sous région. Merci GHANDI, pour cet éclairage qui nous conforte dans l'idée qu'AC et le RPG sont une catastrophe et font fausse route, le seul langage dans lequel, il excelle,c'est la fraude électorale, le déni de justice, l'ethnocentrisme, la foulaphobie et la violence. A l'UFDG, au BL et au PDEN et autres partis patriotes, la lutte continue pour l'avenement de cadres loyaux, competents, honnêtes, qui excluent de par leur discernement toute forme d'ethnicisme, pour une meilleure guinée débarrassée des stigmates de pays barbare et arriéeé
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+5 #8 Gandhi 29-12-2015 12:25

Citation en provenance du commentaire précédent de Rachid LY:
je crois savoir que l'opposition a usé de tous ses moyens pour corriger les choses : en protestant, en dénonçant, en manifestant au prix de plusieurs morts...

Bien sur que non. Elle n'a utilisé que des moyens prévisibles et comme elle ne sait pas dire non, il a été très facile de la rouler dans la farine une fois de plus. Elle n'est pas à la hauteur.
Mais je ne dis plus rien, ne voulant pas donner le bâton pour me faire battre, mais vous verrez qu'il existe d'autres moyens (soyez patient car de toute façon on a 5 ans devant nous, lol).
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+1 #7 Rachid LY 29-12-2015 11:56

Merci Mr Gandhi Barry pour ce texte plein d'enseignements.
S'agissant du commentaire de Mr Bantinguel, je crois savoir que l'opposition a usé de tous ses moyens pour corriger les choses : en protestant, en dénonçant, en manifestant au prix de plusieurs morts... Mais il faut croire que les circonstances (CENI, Cour Suprême, la communauté internationale...) se sont "liguées" contre elle. La MOE? Elle savait très bien que le fichier est corrompu; ce que l'opposition s'est évertuée à dénoncer avec toute son énergie. Et pourtant, c'est la communauté internationale, elle-même, qui a signé les "accords" avec la mouvance alors même que l'opposition était contre. Rejeter son échec sur l'opposition serait donc se débarrasser de la patate chaude à moindre frais, car si cette opposition avait la possibilité d'exercer une quelconque autre pression pour changer les choses, elle ne s'en serait certainement privée...
Rachid LY
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+6 #6 Ibrahima Bantignel 28-12-2015 19:31

En effet, l'Ufdg et l'Ufr, les principales victimes en 2010 et 2013 de la fraude institutionnelle avaient une occasion et un allié pertinent en 2013 avec le rapport de la Mission d'observation de l'UE pour remettre a plat et exiger encore une fois une refonte de la Ceni ou des reformes pour la présidentielle de 2015. La Moe-EU avait reconnu le déni de justice pour l'opposition. De façon arrogante,la Ceni a dit qu'elle s'en foutait de ce rapport; ce, d'autant plus que cela les empêcherait de frauder encore. Quelle a été la réaction des partis politiques concernés et victimes? Rien! Rien du tout! Ils n'en ont même pas parlé!
Ecoutons! Que nous le voulions ou pas, que nous l'admettions ou pas, Alpha Condé est politiquement plus fort et surtout beaucoup plus déterminé que les autres leaders politiques.
Malheureusement, certains leaders comme CDD pense a tort que les soutiens populaires suffisent pour accéder au pouvoir! Seuls MM. Sidya et CDD pouvaient perdre leur argent et énergie pour aller a une élection que tout le monde savait gagnée d'avance avec Bakary Fofana a la tête de la Ceni et pire un fichier biaisé.
Il y a avait de nombreuses alternatives. Ceux qui nous lisent régulièrement savent ce que nous suggérions depuis 2014.
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+3 #5 Pokpa Holomo Lamah dit Patriote1 28-12-2015 17:38

Gandhi,
Vous avez tout mon soutien.
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+8 #4 Gandhi 28-12-2015 14:15

Citation en provenance du commentaire précédent de Pokpa Holomo Lamah dit Patriote1:
Gandhi,Quand vous ecrivez, c'est du classique et ca fait plaisir de vous lire. Mais j'ai une seule question pour vous. Pourquoi vous ne vous etes pas reellement engage aux cotes d'un parti politique (dont vous avez toujours denonce leurs faiblesses operationnelles) ne serait-ce qu'a titre de conseil juridique pour aider a la manifestation de la verite ? C'est bien de critiquer les decisions de justice, mais je pense qu'il aurait ete encore plus utile d'aider les partis politiques, fussent-ils de la mouvance ou de l'opposition, a presenter des dossiers bien ficeles. Si nous etions en finance, je vous dirais des dossiers bancables. En tout etat de cause, je vous felicite pour ce travail bien elabore.

Un Collectif a été créé pour s'impliquer dans la société civile et faire ce que les partis politiques ne font pas ou ne veulent pas faire. La politique ne m'intéresse qu'indirectement. Les partis qui le souhaitent (et il y en a) pourront collaborer avec le Collectif. Soyez patient. Dès la première victoire devant un tribunal, les Guinéens auront un autre regard sur la justice.
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+12 #3 Gandhi 28-12-2015 11:55

Citation en provenance du commentaire précédent de A Aziz BAH:
Mr. Barry, au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin, vous vous étiez engagé de saisir l’instance sous régionale CEDEAO. Si je me permets, est-ce le fond du dossier ? Je ne vois aucun passage du texte qui pourrait inquiéter le verdict final de la Cour !

Je l'ai dit mais je ne le répèterai plus (les murs ont des oreilles), un Collectif a été créé (il est opérationnel) pour agir en justice à partir de 2016. Mais je ne décide pas seul ce que nous devons y faire (il y a tant d'institutions illégales, donc par laquelle commencer ?). Donc si vous voulez en savoir plus, vous pouvez devenir membre. Cela montrerait davantage que des discours que vous êtes attaché à l'état de droit.
Quant au texte ci-dessus, il y a 2 aspects, soit je suis brouillon et je n'ai pas su mettre en exergue les 2 errements de la Cour (et les nombreuses violations de la loi par la CENI), ce qui est possible, soit vous n'avez pas lu le texte ou ne l'avez pas compris.
La CENI a violé la loi en autorisant le vote sans enveloppe (ce qui est STRICTEMENT interdit) et en autorisant le vote au-delà de l'heure légale (ce qui ne lui est pas permis). Au lieu de sanctionner ces 2 violations (ce qui impliquait l'annulation des élections), la CC s'est couchée en essayant maladroitement de justifier ces violations.
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+5 #2 Pokpa Holomo Lamah dit Patriote1 28-12-2015 10:53

Gandhi,
Quand vous ecrivez, c'est du classique et ca fait plaisir de vous lire. Mais j'ai une seule question pour vous. Pourquoi vous ne vous etes pas reellement engage aux cotes d'un parti politique (dont vous avez toujours denonce leurs faiblesses operationnelles) ne serait-ce qu'a titre de conseil juridique pour aider a la manifestation de la verite ? C'est bien de critiquer les decisions de justice, mais je pense qu'il aurait ete encore plus utile d'aider les partis politiques, fussent-ils de la mouvance ou de l'opposition, a presenter des dossiers bien ficeles. Si nous etions en finance, je vous dirais des dossiers bancables.
En tout etat de cause, je vous felicite pour ce travail bien elabore.
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-1 #1 A Aziz BAH 28-12-2015 04:51

Mr. Barry, au lendemain de la proclamation des résultats du scrutin, vous vous étiez engagé de saisir l’instance sous régionale CEDEAO. Si je me permets, est-ce le fond du dossier ? Je ne vois aucun passage du texte qui pourrait inquiéter le verdict final de la Cour !
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