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Pourquoi Cellou Dalein Diallo a eu raison de refuser une rencontre avec Alpha Condé
Haroun Gandhi Barry Dimanche, 10 Mai 2015 20:48
Je ne reviens pas sur les raisons officielles avancées par l'UFDG. Certains les approuvent, d'autres les dénient, d'autres encore ajoutent des arguments complémentaires.
Je faisais partie des gens qui soutenaient ce refus, d'abord sur la forme, persuadé qu'Alpha Condé ne visait qu'une opération de communication. Pourquoi publier en effet son courrier adressé au chef de l'opposition dans Jeune Afrique, mais jamais la liste des Guinéens assassinés – parfois assimilés à tort à des manifestants – lors des marches pacifiques depuis 2011 ?
Ensuite sur le fond, persuadé que cela n'apporterait rien du tout. Les différentes réactions à ce refus confortent mon opinion, que le régime ne veut rien lâcher. C'est pourquoi, nous allons rapidement analyser après coup, les réactions de certains membres de la mouvance et du gouvernement, à savoir Albert Damantang Camara, Mohamed Diané et Nantou Chérif Konaté.
Ce qui transpire du compte-rendu d'Albert Damantang Camara
Dans une réplique tant acerbe que scandaleuse, Albert Damantang Camara ose exprimer le fond de sa pensée, qui dénote un individu qui se regarde le nombril : « Vous remarquerez que depuis le début des dernières manifestations, jamais l'opposition n'a appelé ses militants au calme et à la retenue. Jamais elle n'a appelé ses militants à cesser de jeter des pierres ; que ce soit sur les forces de sécurité ou les véhicules privés, d'endommager la chaussée, de barricader les rues avec des pneus brûlés, de déverser de l'huile de moteur sur la route (ce qui a déjà causé de multiples carambolages de véhicules privés). Jamais, que ce soit avant, pendant ou après. Ceci s'ajoutant au fait que ce sont des manifestations qui ne font l'objet d'aucune déclaration aux autorités administratives. »
Ce qu'il condamne est vraisemblable (on peut le constater sans pouvoir affirmer qu'il ne s'agit pas d'éléments infiltrés, une spécialité du RPG), mais on pourrait lui rétorquer : « Vous remarquerez que depuis le début des manifestations, jamais le gouvernement n'a appelé ses forces de sécurité à la retenue. Jamais elle n'a appelé ses agents à cesser de tirer à balles réelles ; que ce soit sur les manifestants, les citoyens – qu'ils soient hommes ou enfants –, ou sur les journalistes. Jamais, que ce soit avant, pendant ou après. Ceci s'ajoutant au fait que les meurtres et/ou assassinats n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires. »
Ne dit-on pas qu'il ne faut pas reprocher aux autres, ce que l'on fait soi-même ?
Ce qui transpire de l'entretien de Mohamed Diané
Quant à Mohamed Diané, il est plus radical, mais tout aussi malhonnête intellectuellement parlant, puisqu'il affirme que l'opposition est responsable de la crise actuelle : « Nous avions des doutes quant à la volonté réelle de l'opposition de trouver une solution consensuelle à cette crise qu'elle a elle-même cherché à créer par tous les moyens ». Il fait semblant d'ignorer que c'est l'inversion du calendrier électoral, à l'initiative d'Alpha Condé et consacrée par la CENI, qui pose problème et rien d'autre.
Mohamed Diané n'hésite pas à mentir, alors que le contenu de son entretien prouve à tous les sceptiques, quels en étaient les tenants et aboutissants.
D'abord il indique que cette invitation visait à faire annuler par l'opposition la manifestation du 7 mai : « Nous avons la ferme conviction que l'opposition aurait pu faire l'économie d'une nouvelle manifestation non autorisée... ».
Ensuite, il rappelle que : « Désormais, tout le monde sait qui veut le dialogue et qui ne le veut pas ». Chacun sait toutefois que dans le domaine syndical ou politique, le dialogue est une discussion, une négociation menée avec la volonté commune d'aboutir à une solution acceptable par les deux parties en présence. Pour Alpha Condé, le dialogue n'est qu'une simple conversation entre deux parties, pour parler de la pluie ou du beau temps, voire même un monologue, en témoigne les « dialogues » précédents. Comme Mohamed Diané le dit lui-même, le but de la rencontre est de « démontrer par cette démarche qu'il [Alpha Condé] est non seulement à l'écoute de tous les Guinéens mais aussi et surtout, contrairement aux affirmations de l'opposition, il n'est pas la source du blocage politique dans le pays ».
Traduction : peu importe d'aboutir, l'important est de montrer l'image d'un président qui est à l'écoute, même s'il n'entend rien. En effet, Mohamed Diané précise qu’Alpha Condé « est convaincu que c'est en se parlant qu'on peut faire avancer les idées des uns et des autres ». En fait il veut surtout parler des siennes.
La preuve, il laisse entendre qu'il existe des éléments non négociables, à savoir la date des présidentielles : « Bien évidemment, comme chacun le sait, conformément à la Constitution, il y a ce qui est faisable et ce qui ne l'est pas. La Constitution nous impose d'organiser les élections présidentielles à une date précise ». Autrement dit tout est discutable sauf la date des présidentielles, et comme le temps passe, mettre les communales avant les présidentielles paraît impossible, si l'on s'en tient à ce seul argument. Comme la requête de l'opposition est essentiellement liée à l'inversion du calendrier électoral, on ne voit pas bien ce qu'on pourrait discuter.
D'ailleurs il enfonce le clou, en affirmant qu'il n'existe pas d'échappatoire à leur argument. « Nos adversaires savent très bien qu'il est pratiquement impossible d'organiser deux élections cette année ! Nous avons énormément de contraintes, budgétaires notamment, sans compter les autres et très nombreux problèmes liés à l'organisation d'une élection. »
La suite est discutable et laisse filtrer les penchants revanchards de Mohamed Diané, indignes d'un dirigeant, lorsqu'il ose prétendre qu'« il est important que les jeunes d'aujourd'hui sachent que depuis les élections communales et communautaires de 1991, les gouvernements successifs de Sidya Touré et de Cellou Dalein ont inversé 5 fois l'ordre des élections, pour organiser 3 présidentielles et 2 législatives sans organiser une seule fois les élections communales et communautaires jusqu'en 2005. Ce sont les élections présidentielles de 1993, 1998 et 2003 et celles des législatives de 1995 et de 2000. »
Autrement dit, il laisse sous-entendre que puisque d'ex-PM ont violé la loi par le passé, c'est au tour d'Alpha Condé d'en faire de même, et ces ex-PM – donc 12 millions de Guinéens – n'auraient rien à dire.
Il est vrai, comme il le rappelle qu'« en 1998, Alpha Condé, candidat du RPG, a été arrêté en plein processus électoral avant même la proclamation des résultats provisoires du vote et condamné à 5 ans de prison ferme, en violation flagrante de sa double immunité en tant que candidat et député, par le gouvernement de Sidya Touré, auquel appartenait Cellou Dalein Diallo ».
Mais si cette page sombre de l'histoire de la Guinée est réelle, on ne comprend pas trop pourquoi Mohamed Diané voudrait la remettre à l’ordre du jour, ce qui est d'autant plus ignoble, qu'il ne se préoccupe absolument pas des nombreux Guinéens nés dans les années 90 – qui représentent plus de la moitié de la population d'aujourd'hui –, et qui se moquent éperdument du passé qu’ils n’ont pas connu, ne se préoccupant que de leur avenir. Est-ce à cause d'individus pareils, préoccupés par de vils sentiments, que 12 millions de Guinéens devraient en subir les conséquences ?
Au regard de ces basses considérations, qui n'honorent pas Mohamed Diané et qui n'ont rien à voir avec la question électorale, quelles sont au final, les concessions que pourrait faire le gouvernement ?
Ce que le compte-rendu de Nantou Chérif Konaté apporte comme information
Les rares concessions – si on peut les considérer comme telles – sont de deux ordres, ainsi qu'on les perçoit à travers l'entretien précédent et le compte-rendu de Nantou Chérif Konaté.
Lorsqu'on demande à Mohamed Diané si on pourrait envisager le couplage des élections communales et présidentielles, ce dernier laisse entendre que cela dépend de la CENI… et que c'est donc possible. L'ennui c'est que cela ne changerait absolument rien aux revendications de l'opposition, qui souhaite que ce soient des gens élus – et non nommés par Alpha Condé – qui « participent » même indirectement aux élections présidentielles.
Nantou Chérif Konaté quant à elle, laisse entendre que le gouvernement pourrait faire quelques concessions sur les délégations spéciales. Le gouvernement indique qu'il pourrait peut-être – mais rien n'est moins sûr –, simplement appliquer la loi. Quelle fumisterie !!!
En conclusion
Voilà pourquoi il ne sert à rien de discuter avec un gouvernement, qui veut une photo présentant Alpha Condé comme un homme ouvert aux discussions (les monologues notamment), et dont l'autre objectif est de montrer à son interlocuteur, que l'opposition ne peut absolument pas violer la loi pour l'inversion du calendrier, mais en même temps, si le gouvernement viole la loi (sur les délégations spéciales), cela n'a pas beaucoup d'importance, même si on peut essayer d'y remédier un peu.
Enfin Lucien Guilao, dont on ignore le département où il exerce, tellement son bilan frise l'encéphalogramme plat, ne connaît pas l'histoire de la Guinée, ce qui le rend ridicule, lui qui ose affirmer « ne rien comprendre [ce n'est d'ailleurs pas ce qu'on lui demande], parce que quand on est chef de file de l’opposition avec la prétention d’être le futur chef d’Etat guinéen, on doit pouvoir supporter la pression et accepter le dialogue direct avec le président de la République ». Sans doute ignore-t-il que son boss, n'a jamais accepté de discuter avec Lansana Conté. Mais comme le dit Mohamed Diané, il faut parfois évoquer le passé !!!
Néanmoins pour rester positif, car on ne gagne rien à l'intransigeance stérile, maintenant que la rencontre a été hyper médiatisée – on en attend donc des résultats probants –, le chef de l'opposition en tant que tel, doit quand même rencontrer Alpha Condé pour lui faire des propositions concrètes, car il existe des solutions de sortie de crise qui respectent les desiderata de tous, et la Guinée a besoin de sortir de ce cycle violent.
Je vais me charger d’en présenter une parmi d’autres, dans mon prochain texte (d’ici 24 heures), mais cela suppose qu'Alpha Condé, soit de bonne foi… et là , rien n’est moins sûr.
Gandhi
Citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).
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Commentaires
@ Alhousseny
Quand je fais un commentaire en réponse à quelqu'un, tu n'es pas obligé de le lire. En plus, toi et moi avons déjà mis un trait sur ce genre d'échanges et tu sais bien que je ne réponds jamais à tes posts. Alors, laisse moi échanger avec les autres stp. Je ne m'adresse pas à toi et ce site ne t'appartient pas.
Je ne m'adresse pas non plus a toi. Et comme tu t'en doutes, tu ne m'interesses pas non plus. Mais quand tu dis quelque chose sur la vie politique de la Guinee et sur cet espace public qu'est Guineeactu, je reagis si j'en ai envie. Parles de ta nouvelle coupe de cheveux ou de ta nouvelle voiture et tu verras si je reagirai.
VIVE DADIS CAMARA...LE PLUS PATRIOTE DES LEADERS POLITIQUES ACTUELS!!! L'ennemi de mon ennemi est mon ami. Dadis est mon ami.
En effet, bienvenu au JEUNE PATRIOTE prêt à en découdre avec quiconque dans la JUNGLE POLITIQUE: Hum, ça commence à se corser pour 2015 vivement!
Quand je fais un commentaire en réponse à quelqu'un, tu n'es pas obligé de le lire. En plus, toi et moi avons déjà mis un trait sur ce genre d'échanges et tu sais bien que je ne réponds jamais à tes posts. Alors, laisse moi échanger avec les autres stp. Je ne m'adresse pas à toi et ce site ne t'appartient pas.
Ac a pu se faire passer pour un professeur. Si rien n'est fait cotre ses mensonges, il réussira cet autre exploit...
En attendant ta solution de sortie de crise, je pense que le décalage de cette rencontre par CDD est l'une des erreurs monumentales de l'année. Et si dans le souci de mieux gagner du temps, AC succombait aux conseils des faucons de son camp, et ne trouvait pas de temps cette semaine pour recevoir le chef de file de l'opposition? En politique, votre point de vue ne doit pas vous paraitre la seule vérité, car comme on le dit en Guinée, ce n'est pas d la religion (pour dire qu'il n 'y a pas de vérité absolue en politique). Avant tout, il est chef de l'Etat et son agenda est réellement chargé, donc les calculs politiciens n'ont pas leur place partout.
Tu repetes la meme chose depuis une semaine. Veux-tu nous lacher avec ca STP ? A force de le repeter, on va commencer a penser que tu te soucies des "erreurs" de l'opposition.
Je n'ai pas compris la pertinence de ce "chiffon" de J.A dans cette partie. Quel est le commentaire au débat ou information qui contribue au débat? Y-a-t-il une seule vérité dans cette "ponte" publi-reportage de J.A? Alpha Condé ex Koné est Sénoufo du Burkina. Cela est connu maintenant.
Pourtant il est important de le publier sur notre forum, pour encore mieux comprendre Mr pan-pan-pan-pan.
Surtout pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent plus acheter ce torchon de pubs de dictateurs tropicaux...
En attendant ta solution de sortie de crise, je pense que le décalage de cette rencontre par CDD est l'une des erreurs monumentales de l'année.
Mes textes ne prétendent pas incarner la vérité mais mon point de vue sous mon vrai nom, à charge pour les internautes même masqués (quel courage pour certains dont le seul but n'est pas de se protéger éventuellement, mais de salir ceux qui écrivent) d'émettre des critiques, des alternatives ou des compléments.
Certains étaient pour cette rencontre, d'autres contre et systématiquement, moi je suis entre les 2, c-a-d pour un vrai dialogue, pas pour des mamayas stériles.
Mon cher si tu as suivi le discours du prof à Kankan tu comprendras son fonctionnement.
Alpha Condé ne peut faire un discours de rassemblement il est toujours dans l'attaque comme s'il se sentait traquer par quelqu'un.
Il ne sait rien de la démocratie pour lui seules les injures sur ses contradicteurs ou ceux qui ne sont pas d'accord avec lui fait foi de campagne électorale.
Le problème de Cellou c'est le refus d'analyser le comportement de ce Monsieur pour le contrer.
Il fait tout de cantonner Cellou et son parti au Fouta et dire aux guinéens voilà c'est un parti Peul et ça marche.Il faudrait écouter les gens à Conakry et même certains qui sont originaires du Fouta s'en plaignent.
Que veut dire chef de l'opposition?rien du tout si les autres partis qui se battent ne le conçoivent pas ainsi.
Qui pourrait affirmer cela je crois personne ne pourrait attester cela.
Est ce que le président lui même représente une majorité?,je crois que non il n'a fait que 18 pour cent.
Un président qui veut la paix et qui veut dialoguer avec tous ceux qui ne pensent pas comme lui doit faire un calendrier de rencontre non seulement avec les partis politiques mais aussi avec les différents syndicats et les grandes associations du pays.
Le désir de Alpha Condé est de marginaliser le parti de Cellou en le cantonnant au Fouta tout en essayant de débaucher de temps en temps quelques personnes en mal d'argent.
Il faudrait immédiatement que le président de l'UFDG sorte de cette situation en se mettant au service de ses camarades de l'opposition pour élaborer le plus rapidement un programme de gouvernement alternatif car nous vous assurons que nous mettrons fin au pouvoir de Alpha Condé cette année!
Vive la Guinée et vive la république!
Ce discours bidon, je ne l'ai pas écouté, mais il étaité fustigé sans deétour aujoud'hui par la radio espace.
Alpha Condé ne peut faire un discours de rassemblement il est toujours dans l'attaque comme s'il se sentait traquer par quelqu'un.
Il ne sait rien de la démocratie pour lui seules les injures sur ses contradicteurs ou ceux qui ne sont pas d'accord avec lui fait foi de campagne électorale.
Le problème de Cellou c'est le refus d'analyser le comportement de ce Monsieur pour le contrer.
Il fait tout de cantonner Cellou et son parti au Fouta et dire aux guinéens voilà c'est un parti Peul et ça marche.Il faudrait écouter les gens à Conakry et même certains qui sont originaires du Fouta s'en plaignent.
Que veut dire chef de l'opposition?rien du tout si les autres partis qui se battent ne le conçoivent pas ainsi.
Qui pourrait affirmer cela je crois personne ne pourrait attester cela.
Est ce que le président lui même représente une majorité?,je crois que non il n'a fait que 18 pour cent.
Un président qui veut la paix et qui veut dialoguer avec tous ceux qui ne pensent pas comme lui doit faire un calendrier de rencontre non seulement avec les partis politiques mais aussi avec les différents syndicats et les grandes associations du pays.
Le désir de Alpha Condé est de marginaliser le parti de Cellou en le cantonnant au Fouta tout en essayant de débaucher de temps en temps quelques personnes en mal d'argent.
Il faudrait immédiatement que le président de l'UFDG sorte de cette situation en se mettant au service de ses camarades de l'opposition pour élaborer le plus rapidement un programme de gouvernement alternatif car nous vous assurons que nous mettrons fin au pouvoir de Alpha Condé cette année!
Vive la Guinée et vive la république!
Eternels enfants que ces africains !
Au Sékhoutoureya d'Alpha Condé, tout au bout de la presqu'île de Kaloum, on est longtemps entré (presque) comme dans un moulin. Il a fallu une attaque contre sa résidence et les conseils pressants de ses proches pour que le président guinéen consente enfin à ce que son palais républicain se mette aux normes sécuritaires. Aujourd'hui, on y montre patte blanche et obligatoirement désinfectée: fouilles et savon bactéricide de rigueur. L'épidémie d'Ebola, tueuse d'hommes et d'espérances dans un pays qui commençait à peine à sortir du marasme grâce à la stabilisation de son cadre macroéconomique et au retour des investisseurs, est venue anéantir les rêves de décollage à l'asiatique que nourrissait ce chef d'État de 77 ans, candidat pour un second mandat en octobre prochain. Certes, il en faut plus, beaucoup plus pour faucher l'énergie du camarade Alpha, aussi acharné à micromanager les 11 millions de Guinéens qu'à entretenir, avec l'aide d'un coach, son corps d'ascète. Mais quand on s'aperçoit qu'aux coups de boutoir d'un virus d'autant plus dangereux qu'il est en phase d'extinction s'ajoutent ceux d'une opposition politique déterminée à en découdre dans les rues d'une capitale au bord de l'infarctus, on se demande si Dieu ne prend pas un malin plaisir à maintenir les Guinéens dans son éternel purgatoire.
On le pense, et voici que surgit d'une porte dérobée notre président aux allures d'Obi-Wan Kenobi blanchi sous le harnais des sept épisodes de Star Wars. Sous le bras, une pile de dossiers. Dans la main, un petit sac contenant cinq téléphones portables: un pour la hotline Ebola, un avec les numéros des chefs d'État , un pour les ministres, un pour la sécurité, un pour la famille et les amis. Dans sa poche, une missive. Parce que, en Guinée, c'est quand toutes les portes du dialogue semblent closes que s'ouvre enfin l'issue de secours, le président vient d'adresser au leader de l'opposition Cellou Dalein Diallo une invitation à se rendre au palais pour déminer ensemble le chemin qui mène à l'élection présidentielle. Las: après avoir tergiversé, ce dernier, manifestement sous pression de sa base et de ses partenaires, finira par décliner la proposition. Atypique, disponible, torrentiel, attentif au moindre détail, aussi hâtif que réfléchi, aussi méthodique qu'impatient, Alpha Condé reste le président à part d'un pays à part. D'une fidélité absolue en amitié, impitoyable envers ceux qui le trahissent, injuste parfois envers des proches tellement proches qu'il ne paraît plus les voir, cet homme capable d'improvisations étonnantes et dont les excès ne sont qu'apparents a une qualité que personne, partisans comme adversaires, ne peut lui dénier. Sa passion jalouse, minante et dévorante pour l'une des plus belles femmes d'Afrique: la Guinée.
JEUNE AFRIQUE: Les périodes électorales se suivent et se ressemblent en Guinée et celle-ci ne déroge pas à la règle. Contestations, tensions, violences, intervention de la communauté internationale : d'où vient cette désespérante répétitivité?
ALPHA CONDÉ: Dans une large mesure, la Guinée continue d'être victime de son passé. Pendant quarante ans, hormis la courte période d'euphorie qui a suivi l'indépendance, ce pays n'a connu que la dictature et la non-gouvernance. D'un pouvoir extrêmement autoritaire sous Sékou Touré, on est passé sous Lansana Conté et les militaires qui lui ont succédé à une démission totale de l'État et à un effondrement de l'esprit civique, sur fond de repli ethnique. Le paradoxe guinéen veut que ceux-là qui ont à l'époque dirigé les gouvernements responsables de cette faillite soient les mêmes qui, aujourd'hui, font tout pour empêcher la Guinée d'avancer. Ajoutez à cela l'habitude qu'a prise la communauté internationale d'intervenir ici à la manière des proconsuls romains, encourageant de facto les chefs de l'opposition dans leur surenchère agressive et vous avez les ingrédients du mal que chacun constate.
L'opposition exige l'inversion du calendrier électoral: les locales avant la présidentielle d'octobre. Pourquoi refusez-vous?
Gouvernement et opposition ont signé en juillet 2013 un accord concernant les élections législatives et présidentielles. Nulle part il n'y est question des communales. En outre, la Commission électorale nationale indépendante [Ceni], à laquelle il revient d'établir le chronogramme, a jugé et démontré qu'il était impossible de tenir ces consultations communales avant mars 2016.Ma position est donc conforme à celle de la Ceni.
Le problème est que, le mandat des maires élus étant depuis longtemps expiré, ces derniers ont été remplacés par des délégations spéciales nommées par le pouvoir. Or ce sont elles qui distribuent les cartes d'électeur et le matér1el électoral pour la présidentielle. D'où la défiance de l'opposition.
Vous faites erreur. Le nouveau code électoral a exclu toute participation des maires ou délégations au processus électoral, et une partie de ces dernières a été nommée avant mon accession au pouvoir. Cela dit, je ne suis pas hostile à une discussion complémentaire sur ce point entre mon gouvernement, la mouvance présidentielle et les chefs de l'opposition. Tout ce qui doit être clarifié et amélioré le sera. Maison ne reviendra pas sur le chronogramme.
L'opposition se base sur une annexe de l'accord du 3 juillet 2013, laquelle recommande une inversion du calendr1er électoral. Est-ce exact ?
Non .L'annexe à laquelle vous faites allusion n'a été rédigée et signée que par les deux facilitateurs nationaux de l'accord. Ni la mouvance ni l'opposition ne l'ont paraphée. Elle n'engage qu'eux.
Si l'opposition consent à un report de l'élection présidentielle au-delà du 11octobre, afin que les communales puissent être organisées auparavant, changerez-vous de position?
Jamais. Vous me voyez accepter de devenir un chef d'État hors délais constitutionnels? Le piège est un peu grossier et je ne suis pas né d'hier.
Autre problème: la ceni. Vos opposants estiment qu'elle n'est plus paritaire et exigent sa recomposition. Qu'en dites-vous?
J'ai toujours été favorable à une Ceni technique, et ce sont eux qui ont imposé une Ceni politique. À eux d'assumer les conséquences de leur choix. La transhumance politique fait partie des risques. On ne change pas de Ceni en fonction de ses intérêts. C'est un faux débat.
Le recensement de 2014 pose problème. L'opposition estime que les statistiques ont été gonflées dans vos fiefs électoraux au détr1ment des siens. Que répondez-vous?
Ce recensement a été effectué avec l'expertise et l'accompagnement des Nations unies. Et tout le monde sait que la démographie est évolutive, en Guinée comme ailleurs. Là encore, c'est un faux procès.
«Ma porte est ouverte et on peut discuter de tout. Sauf de l'inversion du calendrier électoral.»
Le dialogue est-il toujours possible entre vous et les leaders de l'opposition?
Dès mon élection en 2010, j'ai souhaité mettre en place un gouvernement d'union nationale pour redresser la Guinée. Depuis Dakar, Cellou Dalein Diallo a aussitôt répondu qu'il n'en voyait pas l'intérêt et qu'il ne voulait pas travailler avec moi. Le dialogue, oui, mais il faut être deux pour cela. J'ai donné mandat à mon ministre de la Justice pour discuter avec l'opposition des concessions réciproques que nous devons faire pour décrisper la situation. J'attends les propositions.
Compliqué tout de même: si l'on en croit cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, vous êtes illégitime, et, au cas où vous ne céderiez pas sur la question du calendrier électoral, il conviendra de vous « dégager » avant octobre!
Oui. Et ils ont déclaré cela depuis Paris. Est-ce intelligent? Est-ce responsable de jeter des jeunes gens dans la rue en espérant qu'il y ait des morts, afin de déclencher un coup d'État militaire? Mon problème en ce moment est de tout faire pour que les forces de l'ordre, auxquelles j'ai interdit l'utilisation d'armes létales, parviennent à gérer les provocations de façon civilisée .Malgré cela, ma porte reste ouverte. Cellou Dalein Diallo est statutairement le chef de cette opposition et je n'ai aucun problème à discuter avec lui. La fois dernière, c'est même moi qui lui ai téléphoné pour le rencontrer! Eux me considèrent comme leur ennemi, et certains ne cachent pas leur haine à mon égard. Pour moi, ce sont des citoyens guinéens comme les autres, à cette différence près que je les rends responsables de l'état de désastre économique et social dans lequel j'ai trouvé ce pays en 2010. En quinze ans de gestion, aucun d'entre eux n'est parvenu à conclure un accord avec le FMI. Moi, je l'ai fait en 2012, avec le point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés [PPTE). Apparemment, ils ont juré de m'empêcher de réussir là où ils ont échoué, quitte à ramener les Guinéens à l'âge de pierre. Je ne les laisserai pas faire. Ceux qui y parviendront ne sont pas encore nés.
Pourquoi le débat national est-il toujours aussi communautarisé en Guinée?
C'est un substitut à l'absence de vision politique et économique. La manipulation de l'irrationnel tient lieu de programme. Quand on n'a rien à proposer, on a recours à la religion ou à l'ethnie, parfois aux deux à la fois. Ce sont des entrepreneurs politiques malhonnêtes qui manipulent le communautarisme, ce n'est pas le peuple. En 1958, la Guinée a voté comme un seul homme en faveur de l'indépendance. C'est cette unicité que nous devons retrouver.
Pourtant, vos opposants ne cessent de répéter que vous avez un problème avec les Peuls...
Faux, évidemment. Mon ex-épouse est peule, originaire de Kankalabé, dans le Fouta-Djalon. Beaucoup de mes amis camerounais, sénégalais, mauritaniens sont peuls. Lorsque je combattais Sékou Touré, la plupart de mes proches alliés étaient peuls. Aujourd'hui, beaucoup de personnalités peules me soutiennent, mais elles n'osent pas le dire de peur de subir les représailles de la part du parti de Cellou Dalein. On casse leurs maisons, on brûle leurs voitures, on impose l'ethnocentrisme. Prenez le cas de Boubacar Barry, qui, à la veille du second tour de la présidentielle de 2010, vient me voir et me dit:« Je te soutiens, mais comme je dois protéger ma famille, je vais plutôt prôner l'abstention.» Ou ce membre actuel de la Ceni, peul, qui a dû renoncer à être le représentant de Lansana Kouyaté au sein de cette instance de peur qu'on lui détruise son domicile de Labé.
Est-il facile pour un Malinké de se revendiquer de l'opposition?
Kouyaté est malinké et opposant.
A-t-il été menacé? S'en est-on pris à sa famille? à sa mai son ? J'ai été opposant, je n'ai jamais eu recours à la violence, je n'ai jamais armé la jeunesse. Je n'ai pas changé. Le Panafricain que je suis n'a que mépris pour l'ethnicisme.
Oui, mais les réalités vous rattrapent. Votre part, le RPG, est majoritairement malinké et son fief est en Haute-Guinée.
Non. Je suis malinké, c'est vrai, mais né en pays soussou et arrivé en France à l'âge de 15 ans. J'ai combattu le régime de Sékou Touré, qui était malinké, dès 1961. Certes, les Malinkés, qui ont vécu de fortes périodes de discrimination dans les années 1980, se sont reconnus en moi à l'époque, et leur attachement m'honore. Mais je vous signale que le numéro deux du RPG est une femme sous soue. Encore une fois, le tribalisme ne fait pas partie de mon itinéraire. Contrairement à certains cadres de l'opposition, qui pensent que seuls les Peuls sont capables de diriger la Guinée, je ne me nourris pas de ce pain-là .
Tout de même, vous ne vous privez pas de jouer sur les clivages Internes à la communauté peule, en soutenant les revendications des Rundés, qui sont aux Peuls ce que les Haratins sont aux Maures. C'est de bonne guerre?
Ne mettez pas sur mon dos ce qui relève des réalités sociologiques guinéennes! Hormis chez les Soussous, les castes font partie des pesanteurs culturelles de ce pays. Elles existent chez les Peuls tout comme chez les Malinkés, et je les dénonce dans un cas comme dans l'autre avec la même énergie. Qu'ils soient descendants d'esclaves à qui l'on interdit d'égorger un mouton ou de diriger la prière dans les mosquées du Fouta, qu'ils soient forgerons ou griots discriminés de par leur ascendance en Haute-Guinée, tous sont des Guinéens avec les mêmes droits au respect et à la considération. Ce combat-là n'a rien de politicien.
Les manifestations contre vous font des blessés et parfois des morts. Vous en rejetez la responsabilité sur l'opposition. N'est-ce pas un peu facile d'exonérer ainsi les forces de l'ordre?
Je n'exonère personne. Cette police et cette gendarmerie, je ne les ai pas créées, j'en ai hérité et je suis en train de les réformer, tout comme j'ai réformé l'armée. Pour que ces fonctionnaires habitués à la répression acquièrent des réflexes démocratiques, cela prend du temps et je ne nie pas que des bavures surviennent, mais j'insiste sur un point: les forces de l'ordre ne tirent pas à balles réelles. Les fusils de chasse et les frondes, c'est l'opposition qui en fait usage.
Contrairement à la situation qui prévalait jusqu'en 2010, l'armée est invisible dans les rues de Conakry. Ce qui n’empêche pas l'opposition de vous reprocher de procéder à des nominations selon des Critères ethniques.Que répondez-vous?
La réalité est exactement inverse .C'est justement pour éviter le favoritisme que je fais procéder à des enquêtes chaque fois qu'un avancement significatif m'est soumis par les chefs de l'armée. Autrefois, on pouvait passer du grade de sous-lieutenant à celui de colonel en dix mois, alors que d'autres végétaient pendant dix ans au même niveau parce qu'ils n'étaient pas de la bonne ethnie. J'ai mis fin à ces tares. Le chef de ma propre garde présidentielle n'est pas malinké, il est soussou, et l'un de ses parents a même été impliqué dans l'attaque contre ma résidence en juillet 2011.Et pourtant, il a toute ma confiance.
Vous semblez ménager l'ex-chef de la Junte Dadis Camara, qui vit à Ouagadougou, en dépit de son implication dans le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Le vote de la Guinée forestière est-il à ce prix ?
Le drame du 28septembre relève de la justice, et elle est indépendante. J'ai donné tous les moyens au collectif des juges d'exercer leur mission. C'est ma garde qui assure leur sécurité, et j'ai invité la CPI à venir voir ici comment les choses se passent. Pour le reste, ce n'est pas à moi de définir les responsabilités de tel ou tel, même si j'ai mon propre avis sur cette affaire bien plus complexe qu'on le dit généralement.
Idem pour votre prédécesseur, Le général Sékouba Konaté, vous n'en dites rien, même si lui ne se gêne pas pour vous critiquer.
Écoutez, le président Sékou Touré m'a fait condamner à mort. Cela ne m'a pas empêché d'organiser des lectures du Coran pour le repos de sa mémoire, ni d'apporter ma contribution pour l'anniversaire de son décès. Le président Lansana Conté m'a fait emprisonner, cela ne m'empêche pas d'aller prier sur sa tombe. La rancune m'est étrangère et je veux montrer que l'on peut gouverner autrement. Je n'ai donc aucun commentaire à faire sur M. Sékouba Konaté.
L'épidémie d'Ebola a fait perdre à la Guinée quatre points de croissance et un demi-milliard de dollars de recettes. Vous considérez-vous toujours en état de guerre contre ce fléau?
Oui. Par rapport à cela, les élections sont pour moi une préoccupation secondaire. Je sais qu'il est très difficile d'atteindre le niveau Ebola zéro, mais c'est une priorité absolue.
L'argent de la communauté internationale n'est pas versé aux États concernés, mais aux ONG et aux Institutions spécialisées de l'ONU. Est-ce pour cela que vous avez eu la dent dure contre ces dernières?
Je n'ai rien dit de nouveau. Chacun sait qu'après le tremblement de terre en Haïti 10 % seulement des sommes débloquées ont directement bénéficié aux victimes. Le reste est parti en frais de fonctionnement. Soit dit en passant, il y a là de quoi rendre ridicules ceux qui accusent le gouvernement guinéen de détourner une aide qu'il ne reçoit pas!
On vous a reproché d'avoir sou estimé l'ampleur de l'épidémie. Qu'en dites-vous?
Je suis chef d'État, je ne suis pas médecin. Pour savoir qu'Ebola existait en Guinée, il a fallu attendre la réponse d'un laboratoire de Dakar, alors que l'épidémie avait déjà atteint Conakry. C'est le décès suspect de deux médecins guinéens à l'hôpital de Kipé qui nous a alertés. Si l'Institut Pasteur de Kindia fonctionnait toujours et si nous avions nos propres laboratoires, nous aurions sans doute réagi plus vite, isolé les populations touchées et cantonné le mal aux dimensions d'une sous-préfecture. Pour le reste, comme vous le savez, nous sommes en année électorale et tous les arguments sont bons. On a même dit que Bernard Kouchner et moi avions introduit Ebola en Guinée !
« On a même dit que Bernard Kouchner et moi avions introduit le virus Ebola en Guinée ! »
Eau, électricité, éducation, santé, chômage, formation: sur tous ces chantiers, la Guinée est à la traîne en Afrique de l'Ouest. Et ce constat impacte forcément votre bilan...
Vous n'avez manifestement pas idée de l'état dans lequel j'ai trouvé ce pays en arrivant: un désastre. Et vous n'avez pas idée de ce que nous avons réalisé depuis dans tous ces domaines. Ce que j'ai fait en quatre ans, mes adversaires politiques ne l'ont pas fait en quarante ans.
«Alpha Condé avait promis de vendre le sac de riz à 25000 francs guinéens », a dit cellou Dalein Diallo lors d'un meeting en janvier à Conakry,
«aujourd'hui, beaucoup de Guinéens ne mangent pas deux repas par jour ».Exact?
Faux! Je n'ai jamais dit cela. Il faudrait être fou pour avancer pareille promesse. Le même Cellou a d'ailleurs prétendu que j'utilisais l'argent d'Ebola pour ma campagne. Tout cela relève de la malhonnêteté. Lorsque je suis arrivé au pouvoir, le sac de riz était à 300 000 francs. Grâce au travail accompli en faveur des paysans producteurs et à la lutte contre les commerçants spéculateurs, il est aujourd'hui à 180000. La vérité est là . Le reste n'est que démagogie.
La constitution guinéenne en vigueur a été adopÂtée en mal 2010,avant votre accession à la préÂsidence.vous convient-elle?
Elle est améliorable sous certains aspects, dans le cadre évidemment d'un débat national et d'un consensus populaire.
Le président est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Cela vous parait-il suffisant?
La question est complexe. Les pays asiatiques ont fait des progrès économiques et sociaux considérables avec des dictatures. Aux pays africains, on demande de réaliser la même chose, mais avec des démocraties exemplaires, si possible par faites. L'ancien Premier ministre Mahathir, le père du miracle malaisien, qui est resté vingt-deux ans au pouvoir, ne m'a pas caché qu'il était hostile aux limitations de mandats: s'il avait dû partir au bout de dix ans, m'a-t-il dit, son pays ne serait jamais parvenu à de tels résultats. Il a raison. Mais son raisonnement ne tient que si l'on a affaire à un bon président. Conclusion: le débat est ouvert.
En Guinée aussi?
L’humanité ne se pose que les problèmes qu'elle est capable de résoudre, disait Karl Marx. Mon problème, aujourd'hui, c'est Ebola.
vous en avez voulu au président sénégalais, Macky Sall, d'avoir fermé votre frontière commune au plus fort de l'épidémie. La crise est passée?
Je considère le président Macky Sall comme un jeune frère, et ce qui unit nos deux peuples dépasse largement les divergences ponctuelles entre leurs dirigeants. Je comprends que l'apparition d'Ebola ait pu susciter de l'affolement. Les erreurs sont humaines.
L'invitation de vos deux principaux opposants, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, à la convention d'investiture d'Alassane Ouattara comme candidat à la présidentielle, fin avril à Abidjan, n'a pas pu se faire sans l'accord de ce dernier. Comment l’interprétez-vous?
Cela ne m'offusque en aucune manière. Quand j'étais opposant, j'ai moi aussi été invité aux congrès de partis au pouvoir, ainsi que par des chefs d'État.
Inviterez-vous les dirigeants du parti de Laurent Gbagbo à votre propre convention d'investiture?
Non. Pour une raison très simple: les rapports entre mon parti et celui de Gbagbo n'ont jamais été bons, contrairement à ceux qui nous lient avec les partis frères du Sénégal, du Mali ou du Niger. Le Front populaire ivoirien a plutôt soutenu mes adversaires, je ne l'oublie pas. Je ne recevrai ni Pascal Affi N'Guessan ni un autre.
François Hollande vous reçoit à chacun de vos passages à Paris, même Impromptus. Que vous vaut ce traitement de faveur?
François Hollande est un camarade sincère et un homme de principes. Nous nous connaissons depuis longtemps. Ni lui ni moi ne relevons de la Françafrique. Il sait que je suis un patriote, un militant et un panafricaniste.
Hollande vote Alpha condé?
Il n'est pas Guinéen et la France ne fait pas les élections en Guinée.
Tout de même: c'est votre ami. Et Cellou Dalein Diallo est celui de Claude Guéant et de Nicolas Sarkozy.
Ne soyez pas aussi simpliste! J'ai de bons rapports avec Nicolas Sarkozy. Nous nous sommes parlé au téléphone lors de mon dernier séjour à Paris fin avril. Il m'a invité à venir le rejoindre dans le Midi, où il se trouvait, ce que je n'ai pas pu faire faute de temps. Et il m'a promis de se rendre à Conakry. Je n'ai aucun tropisme de ce genre.
Où en êtes-vous de votre conflit avec le milliardaire Beny Stelnmetz à propos du gisement de fer de Simandou?
Nous avons récupéré les concessions de Simandou 1et 2 dans les conditions que vous connaissez. Nous sommes en train d'élaborer les appels d'offres internationaux les concernant.
Steinmetz et sa société BSGR ont mené une longue guérilla contre vous. Ont-ils renoncé?
Vous êtes mieux placé que moi pour le savoir. Je ne répondrai donc pas à votre question.
La Guinée est l'un des rares pays d'Afrique de l'Ouest à ne pas avoir aboli la peine de mort. Comptez-vous le faire bientôt?
Personnellement, je suis contre la peine de mort et je ne l'applique pas. À moi de convaincre les Guinéens de la nécessité de son abolition. C'est un processus qui viendra en son temps. Pour l'instant, la population est préoccupée par Ebola et par ses conditions de vie. Je ne gouverne pas sous le diktat des ONG.
Depuis votre arrivée au pouvoir, les urgences et les crises se succèdent. Vous n'en avez pas assez de gouverner sous stress permanent?
La Guinée est un pays à part et personne ne m'a obligé à en devenir le chef. Je savais ce qui m'attendait, et il serait inacceptable de ma part de ne pas assumer ma tâche. Le président béninois Boni Yayi m'a dit un jour : « Tu es président, mais tu te comportes toujours comme un opposant. » Dans un sens, il n'a pas tort : je ne cesserai jamais de m'opposer à ceux qui veulent du mal à la Guinée
Par ailleurs, ce que je trouve non negociable, c'est l'ordre des elections. les mediateurs Somparé et Sylla ont reconnu que c'est un accord engageant pouvoir et opposition. Alors c'est non negociable, meme si le mandat de AC serait prolongé , le temps de faire les communales.
Gandhi ti ma tié Walahi - you made my sunday !
Cet état mental correspond parfaitement a nos trolls masqués comme celui ci-dessous et les autres qui viendront surement dès qu'ils auront fini de se faire expliquer ce post...
De quel refus parle notre Gandhi National? Cellou souhaite avoir une audience avec PRG a une date qui convient ce dernier.
Voilà encore le tordu de Guinean qui nous fait croire que c'est CDD qui sollicite un RdV.








