Un libéralisme pour la Guinée ?

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BARRY_Haroun_Gandhi_3_01« Le défaut du capitalisme, c'est qu'il répartit inégalement la richesse. La qualité du socialisme, c'est qu'il répartit également la misère. » (Winston Churchill)

La plupart du temps, les économistes considèrent qu'ils se doivent de dire aux politiques, ce qu'ils ont à faire. Cela agace les politiques, et comme les conseils prodigués sont rarement suivis d'effet, le grand public a tendance à percevoir les économistes comme de beaux parleurs, très éloignés des réalités et en fin de compte assez inutiles. En outre les Guinéens ne s'intéressent pas particulièrement au sujet. Pourtant récemment Alpha Sidoux Barry, l'un de nos compatriotes, a écrit un texte intitulé « le libéralisme, une utopie dangereuse », pour critiquer les méfaits du capitalisme.

Les mauvaises langues auront vu une manière indirecte de critiquer les leaders de l'opposition que sont Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo (ce que l'auteur confirme plus ou moins, même s'il prend des gants en nuançant les formes de libéralisme), leaders qui recevaient à la même période des distinctions, relatives à leur appartenance à cette idéologie décriée. Je n'entrerai pas dans cette polémique, mais je souhaitais apporter ma contribution à un débat – celui sur les bienfaits ou méfaits du libéralisme – qui a connu quelque succès.

J'ai légèrement retardé la publication de ce texte pour permettre aux internautes d'apprécier également le texte du Doyen Ansoumane Doré, qui a répondu également sur le texte précité.

J'ai choisi de rester plus axé sur la Guinée et moins théorique, car les Guinéens veulent des solutions et non des constructions juridiques ou idéologiques, pour montrer les bienfaits de telle ou telle doctrine. Ma critique essentielle sur la forme portera sur le fait qu'on ignore si l'auteur souhaitait rappeler les méfaits du néo-libéralisme en général (mais pas forcément à la Guinée, car les liens sont loin d'être évidents), ou s'il s'agissait d'un exercice de style destiné à profiter du contexte pour réfléchir à l'après 2015.


Le libéralisme, c'est quoi ?

Selon Schumpeter, l'entrepreneur a un rôle majeur. Il n'y a pas d'économie, s'il n'y a pas d'entrepreneurs. Selon Tocqueville, le libéralisme politique, c'est le pluralisme. Le libéralisme économique, c'est l'économie de marché, ce dernier assurant le fonctionnement de l'économie. Mais il n'y a pas de marché sans règles et sans institutions. C'est très important. Par libéralisme économique, il faut entendre le contraire du socialisme collectiviste, centralisateur et planificateur. Par libéralisme économique, il ne faut pas entendre la doctrine du « laissez faire, laissez passer », mais plutôt la gestion décentralisée d'une économie moderne, assumée par des institutions et des centres de décision privés, et comportant une intervention régulatrice de l'État.

Le libéralisme n'est pas le laisser-faire ; il faut bien réglementer, car il n'y a pas de liberté sans loi. Liberté d'entreprendre, d'échanger, de se rassembler, qui est à tort assimilée, en France (et donc en Guinée), au capitalisme alors que, dans tous les autres pays, les libéraux sont réformistes, progressistes démocrates et à gauche, et opposés aux conservateurs.

Bien sûr le capitalisme peut être débridé, mais aussi équilibré par un ensemble de règles nécessaires, si l'on veut qu'il soit accepté, qu'il n'aboutisse pas à des inégalités insupportables. Si l'on veut éviter qu'il ne suscite le rejet de toute une partie de la population.

Voyez ce qui s'est passé en Guinée en 1984 après la chute du régime d'AST. Des consultants français (mais aussi américains, via le FMI) ont conseillé aux Guinéens de passer du jour au lendemain au libéralisme, et ils y sont allés à pieds joints. Il n'y avait en Guinée, ni marché, ni règles du jeu, ni lois concernant la propriété, ni institutions, ni système bancaire. Regardez ce que cela a donné (anarchie). Il faut donc opérer une distinction très nette entre le vrai libéralisme économique et le laxisme généralisé qui favorise la loi de la jungle.

En tant qu'enseignant, la première règle vis-à-vis de l'enseigné, c'est la franchise. La population doit être traitée en adulte. Pourquoi lui raconter des histoires ? Evidemment avec une population non formée, voire non informée économiquement, il faut faire preuve de pédagogie. La presse pourrait être un relais, mais elle n'a pas le degré de formation suffisant (ou nécessaire) pour analyser la situation. En Guinée, les prises de position sont souvent dominées par les partis pris (ethniques voire virtuellement idéologiques).

Par exemple, une fois par mois, le gouvernement pourrait déjeuner avec des responsables syndicaux, non pour les convaincre, mais tout au moins leur faire appréhender la situation générale, et leur faire comprendre la politique menée par le gouvernement. Il pourrait expliquer par exemple, que la politique économique guinéenne est soumise à des contraintes fortes : l'endettement (même s'il a diminué), la démographie (en hausse constante), la faiblesse de la croissance et surtout la difficulté à réformer (parce qu'on navigue à vue). Encore faut-il qu'il y ait des économistes au sein de ce gouvernement.

Il n'y a plus de grand projet pour le pays (sauf à vendre des cailloux), le RPG limitant ou étouffant les possibilités de changement, préoccupé qu'il n'est que par la conservation du pouvoir, donc les prochaines élections présidentielles.

Le libéral n'est pas contre l'État, qui a le monopole de la puissance publique, et qui reste un acteur essentiel au sein de l'économie, se chargeant notamment de toutes les responsabilités à long terme. Il reste en outre le ciment d'une nation. Même si Keynes était interventionniste, il avait bien compris qu'il y a des cas où l'État doit intervenir, et d'autres au contraire où il doit laisser les initiatives privées se déployer.

L'État doit veiller à ce que la société s'adapte, à ce que l'économie puisse jouer à plein son rôle, non seulement au service de la population, mais aussi dans le monde. Il doit également veiller à ce que des disparités trop grandes n'existent pas entre les revenus. L'État est réducteur d'inégalités, non au sens où l'on entend la distribution d'allocations à tous, mais en ce sens qu'il doit veiller à ce qu'il n'y ait pas d'inégalités intolérables à l'intérieur d'un pays, à la lutte contre l'exclusion.

Un gouvernement n'est pas là pour gagner les élections, mais pour agir dans l'intérêt national tout en expliquant ce qu'il fait. Il doit avoir le courage de dire qu'il y a des choses qui ne se feront pas (au moins dans l'immédiat), car il est difficile de gouverner une nation qui souhaite à la fois le changement et l'immobilisme.


La Guinée est-elle un pays antilibéral ?

En amont des débats de politique économique et sociale (malheureusement très rares, d'où l'intérêt du texte de Sidoux), il y a les idéologies dominantes, les mentalités collectives, et ce sont ces pesanteurs, dans les esprits comme dans les discours, qui déterminent les programmes d'action politique. Ainsi au lendemain de l'indépendance, les Guinéens étaient massivement pour l'État-providence, la sécurité sociale, les services publics, la nationalisation des secteurs de base.

Puis dans les années 70 à 80, le choc pétrolier, la stagflation, l'hyperinflation, le chômage de masse, suivis en 89 par la chute du contre-modèle soviétique et du tiers-mondisme, ont fait évoluer les mentalités.

Dans ce contexte, la Guinée demeure une exception, car son facteur commun (ce qui la réunit, notamment dans la fonction publique), c'est son quasi-unanimisme antilibéral, au moins en paroles. J'avoue avoir été désagréablement surpris des commentaires, sous le texte de Sidoux, dont la plupart reflétaient cet antilibéralisme, encore que, il y a beaucoup de confusion entre capitalisme, libéralisme, néo-libéralisme, étatisme... Il eût été intéressant de connaître l'âge des internautes qui s'exprimaient et le fait qu'ils aient voyagé ou non, pour entrevoir une éventuelle corrélation entre celui-ci et leurs avis.

Si les Guinéens se déclarent aussi radicalement antilibéraux, c'est qu'ils veulent par ce rejet, sans doute exprimer autre chose :

  • en premier lieu, la hantise du déclin de la Guinée par rapport à ses voisins, encore que la primauté supposée de la Guinée, notamment sous AST, fut surtout déclamatoire (fierté guinéenne), et non avérée dans les faits ;
  • en deuxième lieu, la passion égalitaire (ferment du caractère « révolutionnaire »), incarnée aujourd'hui dans la référence obligée au changement dans tout discours politique, le terme de changement signifiant paradoxalement dans l'esprit du régime, un retour au passé, considéré comme glorieux ;
  • en troisième lieu, la révérence à l'État, autour duquel s'est forgée (?) la nation, encore que la notion d'État, tout comme celle de nation d'ailleurs, apparaît davantage comme une construction théorique, que comme un fait concret (en dehors des espèces sonnantes et trébuchantes) ;
  • enfin l'influence de la France, à qui pourrait s'appliquer les remarques précédentes. Dans le monde africain francophone, le libéralisme est assimilé à une doctrine importée et brevetée d'origine anglo-saxonne. De même la France catholique, latine et rurale mépriserait congénitalement le commerce et l'argent.


Le libéralisme peut-il devenir populaire ?

Le libéralisme ne s'imposera pas dans le débat électoral s'il ne devient pas populaire : telle est la loi de la démocratie. Alors qu'une partie du Tiers-monde est appelée émergente, que même la Chine et la Russie sont devenues libérales, il est étonnant qu'une bonne partie des Guinéens soit hostile au libéralisme.

D'ailleurs la Guinée a adopté la fin du protectionnisme, le marché commun de la CEDEAO, la globalisation, l'OMC, la privatisation de nombreuses entreprises, voire une large part de son vaste secteur public. Même si elle est entrée à reculons (ou à marche forcée du FMI), la Guinée y est allée quand même.

Alpha Condé est-il communiste (par formation), socialiste (par conviction), libéral (par réalisme) ou dilettante (à vrai dire...) ? En tous cas, il n'a renié aucun des textes signés par la Guinée.


Contresens sur l'État : de l'État libéral républicain à l'État-providence

Contrairement aux anglo-saxons, qui considèrent l'État comme oppresseur (l'État doit se limiter à l'essentiel, notamment aux fonctions régaliennes), les Français (et les Guinéens) le considèrent comme libérateur.

Or l'État-nation moderne n'est plus l'État républicain, jacobin laïc, c'est-à-dire protecteur des citoyens et de ses libertés contre les féodalités locales. L'État-providence dirigiste est devenu taxateur (même si en Guinée, cela se fait souvent de façon indirecte), tatillon et bureaucratique. Il est devenu protecteur de corporatismes (notamment de la fonction publique), défenseur de conservatismes, au nom d'un égalitarisme de façade, d'autant qu'il est doté d'une puissance considérable, lieu d'alliances entre les élites technocratiques et intellectuelles, les partenaires sociaux et tous les autres corps constitués qui se sont construits (souvent à l'initiative du gouvernement d'ailleurs) et prospèrent à son ombre. On peut y ajouter l'ethnocentrisme.

Au seuil du XXIe siècle, la Guinée entre de mauvais gré dans le libéralisme contemporain. Pourtant il faut réformer l'État, le faire maigrir et le rendre plus efficient.


Un libéralisme social ?

Un retour aux sources s'impose d'autant plus qu'un de ses principaux inspirateurs est un Français, Frédéric Bastiat (1801-1850). Il voyait dans le libéralisme la source d'efficacité économique la mieux à même d'assurer la redistribution sociale.

Bastiat faisait ainsi partie de ceux qui ne situent le libéralisme ni à droite ni à gauche, mais voient en lui, en permettant l'épanouissement de chacun, le moyen de rendre l'économie plus efficace dans l'intérêt de tous, y compris, sinon d'abord, des plus démunis. Les effets positifs de la dépense publique sont immédiatement visibles. Ses contreparties négatives sont moins perceptibles. Reprenons quelques-uns de ses propos (vieux de deux siècles) particulièrement actuels : « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde [...]. Le peuple, accoutumé à tout attendre de l'État ne l'accuse pas de trop faire, mais de ne pas faire assez. Il ne dit pas "faites moins", mais "faites plus". Et c'est ainsi que l'abîme se creuse encore. »

Le libéralisme économique est mal vu en Guinée. Ailleurs, il paraît naturel et n'est pas contradictoire avec la responsabilité sociale, l'humanisme et l'altruisme. Pourtant le meilleur moyen d'améliorer les conditions sociales est de parvenir à l'efficacité économique. Le meilleur service que l'on peut rendre à un chômeur ou à un handicapé n'est pas de le maintenir dans la dépendance de l'assistance, mais de l'accompagner dans une dynamique de projet, et même, à considérer le handicap comme une différence positive.

Même chose sur le plan économique : l'emploi dans les entreprises n'est pas un objectif de la stratégie, mais un résultat de celle-ci. Nombre de mesures visant à protéger l'emploi salarié (notamment public) finissent par tuer l'emploi tout court. Il ne faut jamais oublier que, pour un chef d'entreprise, l'idéal pour un niveau de production donné, c'est d'avoir le moins de personnel possible, car les petites équipes sont plus faciles à motiver que les grandes.

On retrouve le même dilemme en ce qui concerne la lutte contre les inégalités économiques. Il y a ceux qui se battent pour le partage du gâteau en parts plus égales quitte, du même coup, à brider sa croissance par des arrêts de temps de travail (ou plus exactement des absences de travail), une rémunération du non-travail sans contrepartie d'activité ou une augmentation de la dépense publique pour créer des emplois de fonctionnaires non justifiés par le service public.

À côté de ceux qui veulent partager, il y a les entrepreneurs et les porteurs de projets qui ne comptent pas leur temps et pensent d'abord à créer de la valeur et à augmenter la richesse, quitte à la répartir de manière inégale en fonction des efforts et des talents des uns et des autres. Pourtant iI est plus facile de répartir inégalement un grand gâteau agrandi, que de diviser en parts égales un gâteau plus petit. Le message à transmettre à ceux qu'ils veulent partager est qu'ils doivent se battre d'abord pour augmenter la richesse, le reste sera plus facile.

On peut se revendiquer d'un libéralisme social avec un slogan simple : autant de marché que possible, autant d'Etat que nécessaire. Il faut plus d'économie de marché dans certains monopoles de services publics, comme les transports par exemple. En corollaire, il faut plus d'Etat et d'intervention publique, là où le marché fait défaut.

C'est généralement le cas dans tous les domaines où la prise en compte des intérêts à long terme ne doit pas être sacrifiée à la rentabilité à court terme. C'est le cas pour l'éducation, l'environnement naturel, l'urbanisme, la santé et la famille. Il faut tout simplement plus, et surtout mieux, d'Etat pour conduire des politiques publiques de réductions des inégalités de revenus issues des conditions de marché.


Pourquoi le libéralisme ?

Le libéralisme économique est une nécessité, un moteur de progrès sans équivalent, un formidable accélérateur de développement. Chaque fois que l'on a bâti un système qui bridait ou supprimait le marché et la concurrence, non seulement l'économie ne s'est pas développée mais, en plus, les libertés économiques et politiques ont disparu. Cela devrait donner à réfléchir. Cela fait 50 ans que nous subissons la loi d'un régime totalitaire, peu importe comment il se nomme lui-même, ce ne sont que des mots (maux ?).

La méritocratie doit être privilégiée. Celui qui crée de la richesse doit en recevoir une partie (pas l'intégralité, la solidarité supposant une répartition équitable), par mérite et parce que c'est souhaitable, le désir de s'enrichir étant un puissant aiguillon pour entreprendre. A l'inverse un échec (notamment dans les entreprises publiques) ne doit pas permettre d'enrichissement et mérite sanction.

Ceux qui gèrent les fonds publics (tout le monde sait dépenser) ne savent pas toujours combien l'argent est difficile à gagner, d'où leur propension à dépenser.

La politique, c'est avoir des idées avant d'agir, d'où l'existence de think tanks qui doivent assumer le dynamisme et le renouvellement de la réflexion publique. Évidemment ces structures doivent être indépendantes de l'État et des partis, pour travailler sur des sujets d'intérêt général1. Ce sont les entreprises et des particuliers qui devraient financer ce genre de projet dans un pays trop habitué à s'en remettre quasiment exclusivement à l'État et résigné à l'immobilisme. Au sein du Comité directeur d'une telle structure, des universitaires et des intellectuels de tous bords, doivent être plus nombreux que les chefs d'entreprise. Évidemment ce serait une grave erreur d'utiliser cet organisme pour faire du lobbying au profit d'entreprises, car il perdrait sa crédibilité.


Conclusion

En définitive le débat précédent était un faux débat. On ne parlait pas de libéralisme proprement dit (ou alors il faut en revenir aux principes classiques), mais à l'image que le néo-libéralisme a dans l'esprit des gens. S'il n'y a pas de libéralisme, que propose t-on ? Un socialisme à la Sékou Touré ? Soyons clairs, même si Sidoux ne tranche pas la question et ne dit pas qu'il prône le socialisme. N'existe t-il que ces deux voies d'ailleurs ?

Au printemps 1933, à l'heure où un nouveau président s'apprêtait à entrer en fonction, les États-Unis étaient plongés depuis trois ans et demi dans une crise économique sans précédent. Les républicains ayant manifestement échoué à la résorber, les Américains décidèrent d'accorder leur confiance aux démocrates et au changement promis par leur candidat, Franklin Roosevelt. Sous le nom de New Deal, celui-ci leur a proposé une manière différente d'appréhender et de gérer les questions socio-économiques, en alliant libéralisme et intervention mesurée de l'État. C'est à mon sens l'exemple que la Guinée doit suivre, pour s'en sortir.

En effet, on pourrait très schématiquement situer la fin du communisme à la chute du mur de Berlin en 1989, mais aussi la fin du néo-libéralisme à la chute de Lehman Brothers en 2008. Il faut s'inspirer de ce qu'il y a de meilleur dans telle ou telle doctrine, sans en faire de dogme (par définition intangible) et agir pragmatiquement en fonction des seuls intérêts de la Guinée et des Guinéens.

Pour ma part, je préfère corriger les inégalités que le libéralisme ne manquera pas de susciter dans son fonctionnement, que de couper toutes les têtes qui dépassent au nom d'une égalité formelle, impossible à réaliser sans contrainte. On a déjà payé pour voir, même la majorité des Guinéens (50% ont moins de 20 ans) n'étaient pas là pour le constater.


Gandhi
Citoyen guinéen


« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).

__________________________

1Des études sur la recherche, l'éducation, la sécurité, le sport, la défense, le rôle de l'assemblée nationale...


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Commentaires  

 
-2 #13 Maladho Diallo 01-06-2014 21:41

Webmaster
Veuillez publier mon texte a moins d'une sensure.
Merci
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+2 #12 Sylla democrate 28-05-2014 22:28

1)Le liberalisme suivant un certain point de vu, notamment celui des classiques est le "laisser Aller", le "laisser faire" ce qui base sur des observations a prouve ses qualites avant la crise financiere de 1929. Aux USA, il y a eu differents qui se sont regules d'eux meme sans l'intervention de l'Etat. Donc bien que ce n'est pas la meilleure option de notre temps moderne, le "laisser Aller" et le "laisser Faire" restent une option du liberalisme ou/et capitalisme.
2) On doit faire tres attention pour ne pas confondre conseillers economiques du FMI et americains. Le FMI applique une politique essentiellement neo liberale c'est vrais, mais il ne faut pas pour autant croire que cela est l'ouvre des americains plus que tout autre citoyen travaillant dans cette institution. En plus, estimer que le FMI aurait du se soucier du niveau de comprehension et de mise en place des politiques par la Guinee en 1984 ou on sortait d'un systeme "fabricateur de dictateur" signifie tout simplement qu'on a toujours une mauvaise comprehension du liberalisme et/ou capitalisme. C'est de bonne guerre que l'institution "abuse" des gens dont elle peut prifiter. Elle a fait des propositions, c'etait au guineen de discerner ce qui est bon de ce qui ne l'est pas pour eux. De toute les facons, meme le meilleur sentiment des advisors de ces organisations ne peut pas beacoup profiter a la Guinee telle qu'on la connait depuis 1958 gangrene par une malformation generalisee ne laissant a la place qu'a la mediocrite et au culte de personnalite. Pour preuve, j'ai suivis hier l'interview de "Makanera" actuel ministre de l'information et lors de la presentation de son CV, on dit "il a fait l'Universite des postes et telecommunication " de Kipe. Il semblait si content par cela alors que certainement tous ceux qui etaient dans cette sale et lui meme savent qu'en Guinee, on a jamais eu d'universite pareille jusqu'ici. C'est juste une faculte qu'on a a Gamal de telecomm non de poste. Alors comment voulez vous qu'un conseiller international cherche a faire comprendre a un inintelligent ou a des inintelligents comme on devait en avoir en quantite en 1984 qu'il faille travailler comme Maynard et non comme Putin.
3)En ce qui concerne notre pays, il est difficile de connaitre quel est le courant economique utilise. Je suis certains que c'est le "liberalisme regiono economique" que nous utilisons contrairement au liberalisme economique. Celui qui a un pan du pouvoir pense d'abord a aider son parent de la meme region a profiter des avantages de creation et d'obtention de pret pour lancer le business et bloque systematquement tous les autres ressortissants des autres regions a entreprendre.
A travers Ce paragraphe dans le texte de Mr Gandhi, je mets fin a ce comment-ci. "Le libéralisme économique est une nécessité, un moteur de progrès sans équivalent, un formidable accélérateur de développement. Chaque fois que l'on a bâti un système qui bridait ou supprimait le marché et la concurrence, non seulement l'économie ne s'est pas développée mais, en plus, les libertés économiques et politiques ont disparu. Cela devrait donner à réfléchir. Cela fait 50 ans que nous subissons la loi d'un régime totalitaire, peu importe comment il se nomme lui-même, ce ne sont que des mots (maux ?)".
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+11 #11 Fatoumata 27-05-2014 20:01

Je vais aussi apporter mon grain de sel à ce débat. Les idéologies politiques expliquées clairement (tiré d'internet, ce n'est pas de moi):
- SOCIALISME: Vous êtes propriétaire de deux vaches. Le gouvernement les prend et les met dans une étable avec les vaches de tous les autres propriétaires. Vous devez vous occuper de toutes les vaches. Le gouvernement vous donne un verre de lait.
- COMMUNISME: Vous partagez deux vaches avec vos voisins. Vous et vos voisins pinaillez sur qui est le plus « capable » et qui a le plus « besoin ». Pendant ce temps, personne ne travaille, personne n'a de lait, et les vaches sont mortes de faim.
- CAPITALISME: Vous n'avez pas de vaches. La banque ne vous prête pas d'argent pour acheter des vaches parce que vous n'avez aucune vache à hypothéquer.
-DICTATURE: Vous êtes propriétaire de deux vaches. Le gouvernement les prend et il vous met sous les drapeaux.
- DÉMOCRATIE : Vous êtes propriétaire de deux vaches. Vos voisins choisissent la personne qui vous dira qui doit avoir le lait.
- LIBÉRALISME: Vous avez deux vaches. Vous achetez toutes les étables appartenant à l’État grâce à des lobbys payés avec du lait.
Quel système politique est appliqué actuellement en Guinée???
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+3 #10 M S Diallo/Londres 27-05-2014 17:08

Citation en provenance du commentaire précédent de A Aziz BAH:
Après avoir lu les articles de messieurs Barry Sidoux, Doré Ansoumane, et Barry Gandhi, et les commentaires de mes compatriotes, il me semble qu’il y’avait une confusion totale entre deux notions qui sont loin d’être synonymes. Au-delà des caractères philosophique et théorique des différents articles, les auteurs et les commentateurs semblaient ignorer la différence entre capitalisme et libéralisme. Je vais essayer de nuancer la différence entre les deux. En effet, le capitalisme indique un régime économique où les moyens de production n’appartiennent pas aux travailleurs mais à des propriétaires privés, détenteurs d’un capital. Ces propriétaires dominent eux-mêmes la direction de leur entreprise ou se contentent de posséder des parts de celle-ci. La bourse est un instrument indispensable de ce système économique. Ainsi, le capitalisme est avant tout un mécanisme économique, associable avec des régimes politiques très différents : démocratie libérale (comme aux USA, Canada, Japon), autoritarisme ou dictature (comme au Chili de Pinochet, Arabie Saoudite, Russie), ou communisme socio-politique (comme en Chine). Au contraire, le libéralisme est d’abord un mouvement politique, qui vise à garantir les libertés individuelles face au pouvoir et à la collectivité. Ainsi, les droits de l’Homme sont une émanation de la pensée libérale. Le libéralisme se traduit en économie par une opposition à l’intervention de l’Etat et à la constitution de monopoles privés. D’où la différence entre ces deux notions. Ainsi, aucun pays de l’Afrique ne peut se réclamer du libéralisme proprement dit. D’ailleurs, même en Europe, rare sont les pays qu’on peut classer dans la catégorie de libéralisme. Les USA, la Grande Bretagne, le Japon, et le Canada sont parmi les rares pays qui peuvent êtres classés dans cette catégorie de libéralisme.

Spot on Aziz...Tu viens d'etablir une distinction fondamentale dans la comprehension du concept "Liberalisme". Have you read John Rawls'book on Political Liberalism? It's a masterpeice and I strongly recommend it!
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0 #9 Mamadou S Diallo 27-05-2014 14:57

Citation en provenance du commentaire précédent de Féla Barry:
Il n’est de richesses que d’hommes, capables de faire croitre la richesse des nations par leur génie entrepreneurial et industrie. Le problème de l’Afrique ce n’est ni le libéralisme encore moins le communisme, c’est son impuissance à autofinancer son développement, à se doter d’une industrie et technologie moderne à bas coût, et surtout à produire du savoir !!! Le libéralisme n’est qu’une façon d’organiser les hommes au travail, un outil de production de biens de masses.

Excellente réflexion qui pose les questions pertinentes "Pourquoi", "comment".
Nous avons réellement besoin d'observer notre environnement, entourage et nous demander nous même, pourquoi cela fait des siècles que nous faisons le même diagnostic sans jamais avoir pu développer les solutions a nos problèmes qui sont si évidents.
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+8 #8 Ansoumane Doré 27-05-2014 08:53

Mon cher A. Aziz Bah , dans les articles que vous citez il n'y a aucune confusion de notions comme capitalisme et libéralisme. Il n' ya pas encore longtemps, dans le contexte de l'affrontement des idéologies, on utilisait volontiers les termes de capitalisme et de socialisme (voire Capitalisme/Marxisme ), tous deux employés dans un cadre de rapports sociaux de production. Il faut savoir que les mots vieillissent et le mot libéralisme a tendance, de nos jours à se substituer au mot capitalisme , cela ne change rien au rôle du capital (facteur) dans le proscessus proprement dit de production et les rapports sociaux caipital/travail sont toujours là. Quand on parle de libéralisme aujourd'hui, chacun pense au capitalisme non seulement économique mais politique .C'est pour nuancer ce raccourci que j'avais tenté dans mon article d'observations,de distinguer les notions précises de libéralisme politique, et de libéralisme économique, tout en ayant conscience que quand les gens disent libéralisme , ils pensent généralement à libéralisme économique.C'est vous donc mon cher A. Aziz Bah, qui êtes en retard en terme linguistique.
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-1 #7 Mamadou S Diallo 27-05-2014 04:45

Citation en provenance du commentaire précédent de A Aziz BAH:
Au contraire, le libéralisme est d’abord un mouvement politique, qui vise à garantir les libertés individuelles face au pouvoir et à la collectivité. Ainsi, les droits de l’Homme sont une émanation de la pensée libérale. Le libéralisme se traduit en économie par une opposition à l’intervention de l’Etat et à la constitution de monopoles privés.

A moins que vous ne soyez l'auteur de ce qui est publie sur le lien suivant "http://actualite-debats.lalibre.be/_opinions/prets-liberalisme.html", je dirais que votre commentaire est un plagiat pur et simple. Ayez un peu de respect pour l'auteur en le citant correctement au lieu de s'approprier littéralement ses idées.
Beaucoup de politiciens Allemands ont perdu leurs titres académiques et leurs jobs pour de tels actes.
Encore une fois, notre problème, ce n'est pas la connaissance, comme beaucoup l'ont déjà souligne c'est la discipline, l’éthique de travail, la responsabilité individuelle et collective, l’honnête intellectuelle..
Vous auriez pu éviter d'amplifier la 'confusion' en faisant référence a une instruction simple et évidente: Google "capitalisme + libéralisme". Grâce a Internet, l'information est abondante, diverse et disponible a celui qui veut s’instruire. Personne n'a plus le monopole du savoir.
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+7 #6 Féla Barry 26-05-2014 20:40

Aziz, tu sais pertinemment, c'est par abus de langage que nous utilisons le mot libéralisme en lieu et place du capitalisme. Nous savons tous à quelle aire géographique ou de civilisation qu’il s sont historiquement rattachés, par opposition au communisme qui a montré ses limites dans la prédation des droits humains en plus du fiasco économique dans lequel il a précipité l’afrique indépendante avec ses dictateurs et autres illuminés d’un jour.
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-7 #5 A Aziz BAH 26-05-2014 18:36

Après avoir lu les articles de messieurs Barry Sidoux, Doré Ansoumane, et Barry Gandhi, et les commentaires de mes compatriotes, il me semble qu’il y’avait une confusion totale entre deux notions qui sont loin d’être synonymes. Au-delà des caractères philosophique et théorique des différents articles, les auteurs et les commentateurs semblaient ignorer la différence entre capitalisme et libéralisme. Je vais essayer de nuancer la différence entre les deux. En effet, le capitalisme indique un régime économique où les moyens de production n’appartiennent pas aux travailleurs mais à des propriétaires privés, détenteurs d’un capital. Ces propriétaires dominent eux-mêmes la direction de leur entreprise ou se contentent de posséder des parts de celle-ci. La bourse est un instrument indispensable de ce système économique. Ainsi, le capitalisme est avant tout un mécanisme économique, associable avec des régimes politiques très différents : démocratie libérale (comme aux USA, Canada, Japon), autoritarisme ou dictature (comme au Chili de Pinochet, Arabie Saoudite, Russie), ou communisme socio-politique (comme en Chine). Au contraire, le libéralisme est d’abord un mouvement politique, qui vise à garantir les libertés individuelles face au pouvoir et à la collectivité. Ainsi, les droits de l’Homme sont une émanation de la pensée libérale. Le libéralisme se traduit en économie par une opposition à l’intervention de l’Etat et à la constitution de monopoles privés. D’où la différence entre ces deux notions. Ainsi, aucun pays de l’Afrique ne peut se réclamer du libéralisme proprement dit. D’ailleurs, même en Europe, rare sont les pays qu’on peut classer dans la catégorie de libéralisme. Les USA, la Grande Bretagne, le Japon, et le Canada sont parmi les rares pays qui peuvent êtres classés dans cette catégorie de libéralisme.
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+3 #4 KeitaM 26-05-2014 14:59

"Il faut s'inspirer de ce qu'il y a de meilleur dans telle ou telle doctrine, sans en faire de dogme (par définition intangible) et agir pragmatiquement en fonction des seuls intérêts de la Guinée et des Guinéens" Gandhi
Je suis tout a fait d'accord avec cette conclusion. Cela est d'autant plus vrai quand on sait que la société humaine est en mutation permanente donc les besoins aussi evoluent en fonction du temps et de l'espace. Cependant pour tout systeme je pense qu'il y a deux choses qui sont necessaires: 1- la connaissance pour pouvoir anticiper et rectifier vite les erreures et puis la justice (s'il y a l'equité entre pauvres et riches, hommes et femmes, vieux et jeunes, bref entre toutes les couches sociales, il y aura de l'espoir et la méritocratie fonctionnera et ça donne envie de mieux faire). Et c'est à ce niveau (justice) que l'Etat doit avoir toute sa place, en tant que bon arbitre.
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+1 #3 Féla Barry 26-05-2014 04:33

Bref, la valeur ajouté c’est ce que l’homme ajoute à la nature par un savoir-faire culturel différenciateur, qui lui est propre, distinct d’une civilisation à une autre : « homo economicus » ! La domination de l’Europe/Amérique sur le reste du monde fut primo un fait militaire, secondo une domination du savoir sur l’ignorance, et l’ignorance à un coût qui hypothèque notre développement, que nous payons en bradant nos ressources naturelles. Sinon comment expliquez-vous que les capitaines d’industries délocalisent partout leurs productions sauf en Afrique Noire, et que l’Afrique n’est même pas capable de capter 30% des flux financiers mondiaux malgré son potentiel naturel ??? En caricaturant certes à l’extrême, le savoir-faire et capital technologique africain, a peu ou prou, nullement évolué- tam-tam et dada- ce qui explique l’état d’arriération de nos économies en plus de l’incompétence des politiques. Il n’est de richesses que d’hommes, capables de faire croitre la richesse des nations par leur génie entrepreneurial et industrie. Le problème de l’Afrique ce n’est ni le libéralisme encore moins le communisme, c’est son impuissance à autofinancer son développement, à se doter d’une industrie et technologie moderne à bas coût, et surtout à produire du savoir !!! Le libéralisme n’est qu’une façon d’organiser les hommes au travail, un outil de production de biens de masses.
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0 #2 Diallo Thierno Aliou. G 26-05-2014 02:09

Pour moi, la vraie question pour sortir la Guinée de cette situation d'incertitude, ne se pose pas en termes de choix ou " de doctrine" économique. Quel que soit le choix économique que l'on adoptera, si la démocratie est absente les résultats "du ou des choix économiques" seront peu visibles.
Plusieurs sociologues économistes (Karl Polanyi, Mark Granovetter) ont montré que les réalités économiques sont "encastrées" dans les activités sociales, institutionnelles et culturelles. D'où l'importance d'une bonne démocratie pour organiser et gérer le cadre institutionnel dans lequel s’opère le système pré-choisi. Cela va de la politique monétaire, aux cadres législatifs définissant les régles marchandes etc…
Peut-être que ces textes existent et que nous sommes dans un Etat où l’économie de marché fait office de système économique, mais tant que les régles des échanges marchands seront définis par une minorité d’invidus qui feront fi de textes au gré de leurs humeurs ou de leurs intérêts singuliers, aucun système économique ne fonctionnera en Guinée. Le plus important ce n’est pas le système mais plutôt ce qui garantit son bon fonctionnement. Nous sommes certes reconnus par la communauté internationale comme étant « un Etat démocratique » mais en réalité sommes-nous vraiment une « nation » démocratique en Guinée ?
Toujours enthousiastes pour codifier des conventions, voter des textes mais très nonchalants pour appliquer les mêmes textes une fois qu’ils sont ratifiés. Notre pays restera une nation qui vit dans les génériques : démocratie, république, social-démocrate, libéral progressiste, ultra libéral. Des simples génériques car au fond sans application, ces concepts demeureront des idéaux économiques qui n’existeront que par leur invocation et leur existence dans la langue française.
Enfin, le système le plus efficace à mon avis, est celui qui permet de redistribuer de façon intelligente et équitable les retombées issues de l’exploitation des ressources nationales. Le libéralisme et le capitalisme permettent-ils la redistribution des biens collectifs
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+2 #1 mamadou saliou bah 25-05-2014 23:29

Si le ( Neo) LIBERALISIME a pris fin avec la chute de LEHMAN , et qu'on ait " RENFLOUER " DETROIT , WALL STREET ( bail out ) et autres , je suis de l'avis de " MAWDHO " SIDOUX .
Malgre mon attachement au LIBERALISME , c' est une UTOPIE :
_Tant que " les affaires " sont bonnes ( NASDAQ,DOW, CAC40 ...), " CES " gens -la ,sont pour la Loi du MARCHE . Des que ca periclite , ILS deviennent " SOCIALISTES " : Au secours l'ETAT , disent-ils .
LA LOI DU MARCHE , elle est dure !
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