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Turbulences post-législatives : Mamadou Sylla rallonge la liste des victimes du RPG-Arc-en-ciel

Lamarana Petty Diallo  Mardi, 07 Janvier 2014 01:31

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DIALLO_Lamarana__Petty_8_01Le patron de Futurelec a sûrement minimisé la puissance nuisible et destructrice du RPG-Arc-en ciel qui réduit en miettes tout allié qui se montrerait ambitieux. Le rêve de M. Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée (UDG) d’occuper la vice-présidence de l’Assemblée nationale grâce au soutien de son allié est en voie de disparaitre comme une aiguille dans le désert.

Jusque-là fidèle serviteur du président guinéen et de son parti, se montrant en agneau docile ne manifestant aucune ambition, Mamadou Sylla était presque considéré comme un porte-parole auprès d’une certaine communauté basse-côtière bien utile au RPG. Dès lors qu’il crut que le temps de la récompense avait sonné, il est perçu par son allié comme un élément perturbateur, un empêcheur de tourner en rond. Tout simplement un intrus venu d’une autre planète qu’il faut traiter comme tel.

En effet, s’il y a des élus qui n’ont pas caché leur ambition de briguer un poste au sein de la future Assemblée, M. Sylla fait partie de ceux-là. Il a clairement, et dès les premières heures, exprimé sa volonté d’occuper le poste de premier vice-président au sein de l’hémicycle qui porte bien son nom. N’en déplaise à certains faux lexicologues qui tentent par leurs diverses acrobaties de nier la disposition géométrique de l’Assemblée nationale guinéenne qui en fait bel et bien un hémicycle !

Digression mise de côté, d’autres caressaient le même rêve que le président de l’UDG. Ce qui est en soit légitime. Là où il y a injustice, c’est que l’entente se soit faite au sein de la famille RPG au détriment de son allié de toujours. Ainsi, Mme Nantou Chérif s’est effacée au profit, dit-on, de Saloum Cissé. On ne dit pas trop sur la manière dont Ousmane Kaba a cédé et surtout sur quel critère ou promesse. Les jours et semaines à venir éclaireront les lanternes des uns et des autres.

Dans tous les cas, c’est Mamadou Sylla qui a laissé ses plumes dans la course à la vice-présidence de l’Assemblée nationale. On pourrait certes avancer qu’il ne remplit pas toutes les qualités requises pour ledit poste. Mais qui dans ce pays de lèches-bottes est à sa vraie place ? N’y a-t-il pas de moins qualifiés que lui qui occupent de hauts postes de responsabilité ?

A l’injustice d’être écarté de la course s’ajoute la manière. L’intéressé lui-même semble ignorer les raisons de son éviction. Qu’il se montre sans amertume, comme il tente de le faire, n’enlève en rien au fait qu’il a été humilié. Il peut se vanter d’avoir rencontré qui il veut, cela ne change en rien la manière dont il a été traité face à ses militants et concurrents pour le poste tant convoité.

En outre, comme si le fait d’être évincé pour la première candidature ne suffisait pas, le poste de deuxième vice-président a également été refusé au patron de Futurelec au profit d’un autre membre du RPG. Un autre allié d’un allié à la porte de sortie si toutefois les choses se confirmaient.

L’affront que le RPG a fait à Mamadou Sylla ne se limite pas à ce que je viens de relater. Ecarté des deux postes de responsabilité, renvoyé à son rêve comme un malpropre qui ne dit pas son nom, son allié a également débauché certains de ses militants et surtout responsables de haut rang. Parmi eux, le secrétaire général de son parti. M. Sylla a beau minimiser cet acte qu’il qualifie de « non-évènement », la démission de la deuxième personnalité d’un parti politique n’est en aucun cas anodine.

Si les deux têtes de l’UDG avaient parlé de la même voix, le RPG aurait-il traité Mamadou Sylla comme il l’a fait ? Il a bien fallu l’affaiblir en le privant d’un soutien de taille pour le réduire en simple complément d’effectif. En allié sans aucun poids, sans aucune influence au sein du parti au pouvoir, étant sous la menace de démissions en cascades qui seraient provoquées à nouveau, M. Sylla se retrouve en prisonnier. La question qui se pose désormais, c’est celle de savoir jusqu’où, comme on le dit en langage populaire, « il peut montrer qu’il est culotté ».

Il est indéniable qu’à rester au RPG-Arc-en-ciel, l’UDG ne sera plus, comme bien d’autres partis politiques qui y figurent, qu’une simple caisse de résonnance du pouvoir. S’étant distingué avec 3 députés, ce parti bien que minoritaire, avait réussi à se hisser au second rang au sein de l’alliance. Du coup, il était en voie de se doter d’une certaine influence qu’il fallait stopper au moment où il était encore temps.

Tel a été le cas de tous les anciens alliés du RPG. Dès que Lansana Kouyaté s’est cru être la seconde personnalité au sein du RPG-Arc-en-ciel, on lui a montré les limites de l’alliance. Il a été méprisé dans un premier temps avant d’être poussé dehors. Blessé dans ses convictions et dans son honneur, il a claqué la porte pour ne pas perdre sa dignité. Il en sera de même pour tous les autres : Kassory Fofana, Jean-Marc Telliano, etc.

Le jour où un autre se montrera ambitieux, comme ce fut le cas de M. Sylla, il se retrouvera également dehors. Au mieux, réduit au silence comme le cas présent pour garder sa carapace d’allié et chef de parti sans aucun pouvoir.

Le vil traitement qu’a subi le président de l’UDG montre que le RPG est un parti arc-en-ciel à sa manière. Le rapprocher de l’ANC, le parti de Madiba, le vrai parti du mélange des races et des ethnies, c’est porter atteinte à la mémoire de Mandela. La gérontocratie qui règne au sommet de ce parti politique guinéen n’entrouvrira aucune porte à d’autres partis politiques, à quelque cadre, intellectuel, hommes d’affaires ou entrepreneurs que ce soit au risque de dévoiler ses faiblesses.

Caresser le rêve de parvenir à un statut d’homme politique de grande envergure ne saurait se réaliser avec une quelconque alliance avec le RPG.

En clair, Mamadou Sylla rallonge aujourd’hui, en tout cas il est en voie de le faire, la liste des déchus du RPG. Un parti qui se sert du symbole qu’il a volé à l’ANC pour faire croire qu’il est un parti démocratique. La démocratie dans ce parti a un sens tant que vous taisez vos ambitions, fermez vos bouches et acceptez de subir la loi des dinosaures ethnocentriques qui l’ont fondé.

Enfin, que M. Sylla parte maintenant ou qu’il reste, il doit être sûr d’une chose : il n’a aucun avenir politique avec le RPG-Arc-en-ciel. Les exemples des anciens alliés qui, comme lui, étaient enthousiastes de compter parmi les victorieux, devraient lui servir de source d’inspiration.

N’est-ce pas que la plupart d’entre eux ont réalisé, trop tard certes, qu’ils s’étaient nourris de chimère ? Que le RPG les a utilisés à ses fins politiques et stratégiques basées sur l’ethnie pour s’en défaire une fois sa toute-puissance assurée ? La mouche tsé-tsé qui pique le troupeau de ton voisin se posera tôt ou tard sur le tien, dit-on !

Le message donné au président de l’UDG est on ne peut plus clair : tu t’effaces ou on t’écrase. Lui fermer les portes de la vice-présidence et lui ravir certains de ses cadres n’est-il pas le signe annonciateur de ce qui l’attend ?

A lui, à celles et à ceux qui lui sont restés fidèles, de méditer là-dessus !


Lamarana Petty Diallo


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