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Une Nouvelle Voie (octobre 2013) : Matoto, un résumé en miniature du processus post-électoral guinéen
Alpha Oumar Telli Diallo Vendredi, 01 Novembre 2013 17:13
Bienvenue à mon bilan du 10e mois de l’an 03 de la Condécratie, un modèle de démocratie stalinienne avec très peu de travail, justice et solidarité ; un subtil mélange de communisme à la FEANF et d’affairisme sans scrupules. Je continue donc mon exploration mensuelle des méandres des décisions importantes pour la nation prises par nos nouveaux chefs en proposant des pistes de réflexions et d’actions qui pourraient être envisagées pour que le « vrai changement » soit effectif.
1- Echantillon de paroles et pensées présidentielles du mois : « J’invite les responsables des partis politiques à emboiter le pas du peuple, et de prendre en compte eux aussi avec maturité les résultats qui seront issus de ces élections législatives qui seules confèrent la légitimité à tout dirigeant dans un régime démocratique…Nos frères et sœurs de la Guinée forestière ont su conférer à cet anniversaire une dimension particulière à travers une parfaite organisation des festivités (le 01, discours à la nation pour la fête d’indépendance) ; « Désormais, le débat politique va quitter la rue pour se retrouver au Parlement. La pagaille est terminée. Quiconque veut semer la pagaille va trouver l’Etat en face de lui. L’Etat va prendre ses responsabilités. Il n’y aura pas des autorités » (le 02, à l’occasion du discours de fête nationale à N’Zérékoré) ; « La capitale de la région forestière a été déplacée de Diécké pour N’Zérékoré en 1911, par conséquent, personne ne peut se prévaloir être le fondateur de la ville » (le 04, devant la jeunesse de N’Zérékoré) ; « Je ne suis ni impressionné, ni gêné. Je ne fais pas attention à toutes ces histoires-là (les contestations des élections). Ceux qui pensent déstabiliser la Guinée se trompent. La Guinée ne sera pas déstabilisée (le 08, devant l’Agence France Presse (AFP) en parlant des demandes d’annulation du scrutin de l’opposition) ; « Nous n’accepterons plus qu’on porte atteinte aux personnes et à leurs biens ou qu’on casse des voitures. Désormais celui qui violera la loi, qu’il soit de la mouvance ou de l’opposition, sera poursuivi par le Procureur et saura qu’il y a maintenant un Etat en Guinée » (le 15, à l’occasion de la fête du mouton) ; « Si je n’étais pas démocrate croyez-vous qu’ils (les opposants) pourraient avoir ce qu’ils ont eu ? Ils ne pourront même pas avoir les deux tiers (?). L’argent a peur du bruit. C’est pourquoi notre souhait c’est de maintenir la paix et la tranquillité de ce pays. Mais quand ceux qui ont passé des années dans ce pouvoir sans rien faire, continuent toujours à faire descendre des enfants dans la rue pour empêcher…(?) et créer des troubles contre toujours le bon travail pour ce pays, mais cela crée l’instabilité…D’abord avant même que je ne commence réellement à diriger ce pays j’ai fait une déclaration en disant que j’ai hérité d’un pays, pas un État. C’est pour vous dire combien de fois ce pays a été pillé par ceux qui se réclament de tout bord aujourd’hui et qui font toute qualité (?) de propagande. » (le 26 à Dakar après la clôture du sommet de la CEDEAO) ;
• Pour : il a parlé « bon français » pour les fêtes de l’indépendance et du mouton. Bravo à celui qui a écrit ces discours. Les belles paroles sont devenues tellement irréelles dans le vécu journalier actuel que je ne sais plus vraiment quoi en penser et en dire.
• Contre : Sacré PPAC, il parle de parfaite organisation des festivités de N’Zérékoré alors qu’un seul des chantiers prévus est achevé : la tribune où il était assis, accolée au monument des martyrs où il devait déposer une gerbe de fleurs. Et même, il semble que certains beaux boubous 5 étoiles ont été tâchés par la peinture encore fraiche sur les murs. Le succès est tel qu’il y a fait une visite-TGV pour lire un discours, en improviser un autre, poser une gerbe de fleurs et faire le tour des 1e pierres qui embellissent la cité. Pour le discours du 02, il a déliré une heure sans prononcer un seul mot sur les victimes des massacres ethniques des mois passés – il les a oublié comme il l’avait fait en allant à Abuja pendant cette grave crise nationale. Son message est donc clair : je suis venu fêter l’indépendance en région forestière, mais je n’en ai rien à faire des habitants de cette région. Il s’est rattrapé sur le sujet le 04 à la maison des jeunes de la ville mais de la pire des manières, avec des insultes et une ignorance coupable de l’histoire de cette région : il a confondu Diéké et Gouéké (la porte d’entrée des colons en Guinée Forestière) et il a nié aux Kpélés leur statut effectif d’autochtones de cette ville. Pour un agrégé d’histoire de la Sorbonne c’est vraiment abracadabresque comme dirait Chirac. Un président qui dit qu’il s’en fout des accusations de fraudes électorales organisées par lui et qui traite ceux qui s’en plaignent de déstabilisateurs. Pas étonnant que même son pote en affaires Jacob Zuma, Président de l’Afrique du Sud se soit rendu en visite au Sénégal en l’ignorant royalement alors qu’il se trouvait à moins d’une heure de vol de Conakry. Quand aux belles paroles distillées sur la fin de l’impunité en Guinée, les organisateurs et exécutants des enlèvements de 33 jeunes dans la caserne militaire de Kankan (avec 1 mort) et du Doyen Sy Savané ont dû rire aux larmes.
• Une Nouvelle Voie : les paroles d’un chef sont le reflet de ses pensées, de sa vision de l’avenir et de ses objectifs pour son pays. Pour le PPAC, elles permettent donc clairement à tous de se rendre compte de l’erreur de l’avoir choisi et d’un besoin urgent de s’en débarrasser. Il n’est soutenu aujourd’hui que par un petit conglomérat mafieux de civils et militaires qui harcellent et achètent leur entourage miséreux qui n’a d’autre choix que d’accepter cette aumône pour pouvoir survivre un peu plus longtemps. L’histoire n’a jamais retenu parmi ses Grands Hommes des personnages mesquins, menteurs et haineux….
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2- Les décisions et actions « positives » du mois : le 02, la fête nationale a bien eu lieu à N’Zérékoré et le PPAC y était – pas de report, pourtant craint cette fois-ci encore ; le 07, 31 des 33 jeunes arrêtés en fin septembre pour « troubles préélectoraux » à Conakry et ensuite transférés pour punition dans un camp militaire à Kankan (700 Km de Conakry) sont enfin ramenés dans la capitale et remis à leurs familles. Merci encore une fois les Big Brothers ; le 13, dans un communiqué officiel les Big Brothers qui dirigent le processus électoral donnent 24 heures à la CENI (donc au PPAC) pour sortir la totalité des résultats partiels. Les magouilles présidentielles bloquent la publication depuis deux semaines de Matoto juste parce qu’il ne veut pas reconnaitre sa défaite dans la plus grande commune du pays (qui représente 7 députés) et donc dans toutes les communes de la capitale. Le Boss a tout perdu avec ces élections –même la considération et le respect des grands de ce monde ; le 16, nos « bandits-saleté » en treillis fichent pour un court moment la paix aux civils pour organiser (et rater comme d’hab.) l’enlèvement d’un colonel de l’armée. Et oui, il n’y a plus que nos hauts-gradés qui ont beaucoup d’argent dans le pays et l’argent appelle l’argent ; le 17, les résultats connus depuis le 30 septembre de Matoto sont déclarés : le RPG a perdu à l’uninominale et à la proportionnelle face au couple UFDG-UFR ; le 19, le Président du PGRP Ibrahima Sila Bah, un des particules créés pour et par le PPAC annonce qu’il rejoindra l’opposition dans la prochaine Assemblée Nationale ; le 24, l’U.E. annonce qu’elle va surveiller la Cour Suprême à la culotte pour toutes ses opérations de validation des résultats qui doivent prendre fin au plus tard le 11 novembre ;
• Pour : la mise sous tutelle de la plus haute juridiction nationale est une gifle suprême à notre souveraineté mais très bonne chose pour la crédibilité et l’impartialité de ce processus électoral primitif. Excédé par cette « insulte » à sa moralité le Président de cette Cour en a même perdu son sang-froid et il a chassé un matin les surveillants de sa classe de corrompus mais je doute que cela les aient fait renoncer. Qui paie gagne…
• Contre : les récits de la captivité dans un camp de bérets rouges à Kankan des 31 jeunes (dont plusieurs mineurs) de Conakry et leurs états de délabrement avancé donnent froid dans le dos. L’un d’entre eux, évacué immédiatement par sa famille sur un hôpital de Dakar en raison de son état critique est décédé le 08. Ceci indique clairement que le PPAC est prêt à utiliser tous les moyens y compris les plus extrêmes pour mater toute critique de sa gouvernance. L’opposant historique s’est progressivement transformé en autocrate hystérique et s’il n’est pas arrêté rapidement il deviendra notre 2e Ahmed Satan Touré. Par ailleurs les deux derniers malheureux toujours en prison (tiens, un Diallo et un Bah) ont été placés sous mandat de dépôt le 10 mais aucun responsable de l’Etat n’est aujourd’hui capable de dire précisément pour quel motif. La décision du PGRP de quitter la mouvance présidentielle est un nouvel exemple du traitement que le PPAC a accordé à ses alliés des élections présidentielles de 2010. Mr Bah a reconnu qu’il n’a pas pu le rencontrer une seule fois depuis que ce dernier est assis sur le trône. La majorité du PPAC continue à fondre comme beurre au soleil mais l’épouse de Mr Bah qui est ministre risque d’en payer le prix. A moins qu’elle ait déjà reçu des signaux de son éviction imminente.
• Une Nouvelle Voie : la tradition macabre de venir remercier son bourreau d’avoir survécu à ses prisons crée par Ahmed Satan Touré est l’une des pires preuves de la continuité de la même dictature en Guinée depuis 1958. Voila ce que nous ne voulons plus jamais voir demain dans notre pays.
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3- Les décisions et actions « négatives » du mois : le 02, les faits marquants de la fête de l’indépendance étaient qu’aucun chef de l’opposition n’était invité et que les officiels avaient presque tous des foulards jaunes du RPG autour du cou : la fête n’était manifestement pas prévue pour tous les guinéens ; le 04, le ministre secrétaire général de la présidence « docteur » Kiridi Bangoura nous confirme une fois encore sa réputation de 1er mégalomane et menteur du pays : il affirme devant la presse : « aux élections de 1993, je venais d'achever mon Bac en France. J'étais assistant à la Fac à Paris. Je suis rentré en Guinée en 1993. J'ai travaillé à l'Union européenne, (donc) je n'ai pas organisé les élections de 1993 » ; le 04, un journal d’investigation réputé (Mediapart) donne des détails croustillants après avoir écouté la totalité de la bande sonore de la discussion entre l’ancien ministre Mahmoud Thiam et Samuel Mébiane, l’intermédiaire officieux du PPAC en Afrique du Sud. Le journal a aussi interviewé directement Thiam sur ces révélations. Ils détiennent une véritable bombe sur toutes les premières magouilles du Boss de 2009 à 2011 - plus pourris que le PPAC et Junior Palladino « tu meurs-cadeau » ; le 08, Mr Mamadou Billo Sy Savané, un enseignant à la retraite vivant en France et venu en vacances est mis aux arrêts pour diffamation du PPAC. Il aurait dit des choses pas très gentilles mais réelles sur les origines familiales du Boss lors d’une émission sur une chaine de radio privée. Ce dernier a donc mis sa menace du mois dernier en œuvre : « quiconque me critiquera sera traîné devant la justice ». Mr Sy Savané a finalement été libéré le 14 (mais soumis à un contrôle judiciaire deux fois par semaine) grâce (encore une fois) aux Big Brothers ; le porte-parole du gouvernement s’est présenté tout au long du mois sur les chaines de télévision et de radio comme le défenseur acharné de la victoire du RPG – tant pis pour la neutralité de l’administration dans le processus électoral écrite en noir sur blanc dans notre Constitution (article 26) ; le 13, malgré les menaces de l’U.E. le décompte de la commune de Matoto recommence à zéro – pour moins de 400,000 électeurs ; le 16, le recompte du vote de Matoto est finalisé dans la soirée soit après 18 jours de magouilles finalement inutiles ; le choléra fait son retour ce mois-ci dans la préfecture de Dubréka. Dire que sans la Guinée on ne parlerait même plus de cette maladie préhistorique ; le 17, le groupe hôtelier ACCOR qui gère le Novotel de Conakry depuis 17 ans annonce qu’il jette lui aussi l’éponge sur ses affaires en Guinée. Le prochain gestionnaire désigné ? Le RPG-Arc En Ciel ; le 17, les 31 rescapés du goulag de Kankan (camp militaire de Soronkoni) obtiennent pour compensation de l’Etat une visite guidée du palais Alifacondéa , de belles paroles du PPAC et de son ministre des DDH et une petite enveloppe financière pour soigner leurs bobos. L’essentiel a été oublié : la mise immédiate sous les verrous des commanditaires et exécutants. Ils ont dû appliquer les solutions nationales habituelles pour tous les cas : une minute de silence pour le jeune qui est mort dans cette triste aventure et des bravades d’invincibilité dans les camps militaires; le 25, le PPAC se rend au sommet de la CEDEAO à Dakar. L’accueil a été à la hauteur de sa popularité régionale actuelle qui hélas déteint sur tous les guinéens : bien qu’étant le doyen d’âge du gang il est reçu par la 1e ministre alors que les autres ont été reçus par le Président sénégalais. Il a en plus été hué par une partie de l’assistance à sa sortie de l’aéroport – sûrement une première pour les autorités sénégalaises puisqu’elles ont arrêté (et vite relâché) quelques jeunes manifestants pour cela. Elles devront s’y habituer désormais dans la région quand le PPAC voyagera ;
• Pour : comme chaque mois : R.A.S. (Rien A Signaler)…
• Contre : pour le processus et les résultats de ces foutues législatives mon analyse est la suivante : le pouvoir a certes triché autant qu’il l’a pu mais cela tout le monde le savait et l’attendait. L’opposition a elle été stratégiquement faible malgré le coup de massue sur son crane lors des présidentielles de 2010. la fraude a été faite à 80% en amont des législatives car il suffisait d’environ 40,000 électeurs pour avoir un député à la proportionnelle. Rajoutez à cela toutes les autres finesses introduites le jour du vote et les 2 suivants (aménagement de bureaux fictifs, mauvaise distribution des cartes d’électeur, éloignement à dessein des bureaux de vote dans des zones ciblées, trafic d’influence, corruption et intimidation par de hauts cadres de l’État) et vous avez là les principaux éléments mis en place pour garantir une victoire à la proportionnelle.
Néanmoins vu l’impopularité actuelle du RPG l’opposition avait encore une chance de l’emporter plus largement à certaines conditions :
- Regardez les nouveaux chiffres de population en Haute Guinée et dans les autres régions ainsi que le taux de distribution des nouvelles cartes. L’opposition savait qu'en signant les accords du 3 juillet avec ce fichier sa défaite était inévitable et qu’il fallait donc la contrer de manière efficace. La seule manière pour cela était d’exiger de faire voter tous ceux qui avaient des récépissés 2013 et des cartes 2010 car ils devaient forcement être dans le fichier 2013 mais n’avaient pas reçus (par calcul) leurs carte pour ces élections. Je ne peux pas comprendre qu’elle ait laissé voter dans les bureaux où ceux-ci se sont présentés ce jour-là sans rien faire pour exiger leur vote surtout que le RPG l’a fait en Haute Guinée. L’opposition savait qu’elle perdait la proportionnelle avant même le 28 septembre 2013 mais elle n’a rien fait pour l’empêcher.
- Après il ne restait que 20% de fraudes à mener après les élections : voler les petits partis (PEDN et les particules) sans toucher à l’UFDG et à l’UFR pour le vote à l’uninominale. Les partisans des « petits » pouvaient ensuite crier mais pas comme ceux de l’UFDG donc les troubles éventuels seraient beaucoup plus facilement contrôlables.
- Pourquoi l’opposition n’a-t-elle pas fait circuler les résultats par cellulaire, faire photographier les PV finaux signés dans chaque bureau de vote à la fin du décompte et les publier sur le Web ? Etait-ce trop demander dans ce contexte de triche évidente ?
- Pourquoi ne pas créer des incidents sur le terrain pendant et juste après les triches locales au lieu de risquer de faire tuer des jeunes innocents toujours sur la même route de Conakry ? Tous le monde doit mouiller le maillot pour combattre ce tyran, pas seulement les jeunes de l’Axe de la Liberté. Il fallait tenter d’empêcher la triche le jour du vote et sinon foutre la pagaille dans les bureaux (comme au Sénégal), pas crier après car rares sont ceux qui te soutiendront pour tes propres lâchetés.
- Quant au rôle de la Communauté Internationale (C.I.) dans ce processus, elle a fait en Guinée ce qu'elle n'avait jamais fait ailleurs : 1) observer des législatives (elle ne le fait que pour des présidentielles). 2) dénoncer sans langue de bois les triches du pouvoir. 3) passer de 2 à 4 observateurs dans la commune de la triche finale (Matoto) et ils y ont même passé la nuit. Que pouvait-elle faire de plus ? Faire le travail de protestation des Guinéens qui ne comprennent pas qu'ils sont entrain d'hypothéquer leur avenir s'ils permettent au RPG de dominer l’Assemblée Nationale ? Sans elle le RPG aurait clos en 3 jours ces élections avec 80 sièges dans cette assemblée. Pour une fois soyons donc reconnaissants et cessons de tirer sur elle. Disons-lui plutôt « Merci » pour avoir fait plus que nous-mêmes pour effrayer le PPAC. Plus spécifiquement pour la Communauté Africaine (CEDEAO et l’U.A.) il est clair avant même ces élections qu’elle fera tout son possible pour empêcher le feu en Guinée car celui-ci va rapidement relancer ceux récemment éteints des pays limitrophes (Liberia, Sierra Leone, Côte d’Ivoire et Mali). Elle a entièrement raison de tout faire pour éviter des combats en Guinée, même si c’est pour se débarrasser d’un dictateur qui les met manifestement mal à l’aise dans le contexte actuel de développement mondialisé.
- Le démenti est cinglant pour le PPAC et pour ses rares partisans dans la C.I. : l’opposition à Conakry ce n’est plus l’axe Bambeto-Hamdalaye-Cosa. Toute la capitale (les cinq communes) a voté contre le RPG et ses tonton-macoutes de quartiers Au plan national il est battu à l’uninominale (18 sièges contre 20 à l’opposition) et il gagne légèrement à la proportionnelle uniquement par la grâce de sa triche en amont sur le fichier électoral. Le Boss avait finalement raison le moi dernier : « mes militants sont tellement ignorants qu’ils ne peuvent pas prononcer le nom de leur parti ». Ils sont encore plus couillons que ça : ils ont confondu les photos sur les bulletins. Le RPG a ramassé en fait une raclée : avec 53 députés il n’a que 46% des sièges. Si on lui rajoute « ses » 6 particules cela fait 59 sièges soit un siège de plus pour avoir la majorité simple minimale (58). Mais les particules sont comme des poules mouillées : dès qu’il y a moins de graines de maïs dans la cour elles vont picorer ailleurs - n’est-ce pas J.M. Doré, Kouyaté, Kassory et Teliano ? Il ne faut pas oublier que ces particules avaient refusé de se fondre dans le RPG en 2011 car ils voulaient continuer à exister politiquement pour vendre cher leurs soutiens. Le PGRP a d’ailleurs ouvert le bal des transhumants le lendemain des résultats. L’opposition regroupée compte déjà 55 sièges - encore un de plus que le PGRP et la majorité simple de la mouvance présidentielle vole en éclat. Pour être sûr de l’avoir le PPAC devra donc pour chaque vote mettre la main à la poche – et même puisque les votes seront secrets. Malgré l’appui de son expert national Docteur Kiridi Iznogoud Bangoura, PHD en sociologie électorale de la Sorbonne, le PPAC a oublié les fondamentaux de leur module de 1ère année « Triche 101 » : quand on veut voler (par exemple de la viande) on ne commence pas par se jeter sur les petits morceaux sinon à la fin tous les autres surveillent davantage, on perd plusieurs gros morceaux et finalement on a moins de viande que les autres !
Le plus gros malin dans cette pagaille : l’UFR par ses alliances intelligentes avec l’UFDG qui lui ont permis de gagner des sièges à l’uninominale partout où elles ont été signées. Le voilà confirmé encore une fois le « faiseur de Roi » de la politique guinéenne.
Le plus gros perdant : Le PEDN qui a été grugé au maximum particulièrement dans son fief communautaire, la Haute-Guinée. S’il avait été plus visionnaire, malgré la triche du RPG il aurait eu un peu plus de sièges en faisant front commun avec les deux précédents.
Les dindons de cette farce de mauvais goût : les centaines de particules (partis cabine téléphonique), les seules pour lesquelles ce scrutin a été juste. Elles ne représentaient que leurs dirigeants et leurs coquins - elles retournent donc là d’où elles n’auraient jamais dû quitter : la poubelle politique.
J’ai une satisfaction particulière pour la déculottée tant prévisible du PDG-RDA, le machin politique d’Ahmed Satan Touré : il avait eu la lâcheté mais l’intelligence de se retirer à la dernière minute de l’élection présidentielle de 2010 ce qui lui a permis d’entretenir un peu plus longtemps les lubies de ses révisionnistes. Cette fois-ci il a eu le courage d’affronter le jugement des guinéens d’aujourd’hui et la réponse est cinglante : 0,33 % soit 20e sur 22 candidats. Quel bonheur que de constater que le fils de Satan a eu moins de voix au plan national que les fils de deux de ses victimes : Dr Fodé Marega (fils de feu Dr Bocar Marega) dans la seule préfecture de Dinguiraye et Baidy Aribot (fils de feu El Hadj Aribot Soda) dans la seule commune de Kaloum, par ailleurs la plus petite du pays. Même dans son prétendu fief électoral, Faranah il est arrivé en 5e position à l’uninominale ! Quelle meilleure revanche sur le Mal. Il ne reste plus aux dinosaures du « bureau politique révolutionnaire » que de continuer leurs commémorations et symposiums sur la RT-PPAC : ils ne parlent plus qu’à eux-mêmes maintenant. Le PDG ne fera plus jamais peur aux guinéens – il inspirera désormais rires étouffés et pitié…
• Une Nouvelle Voie : la tragicomédie de Matoto n’est qu’un aperçu miniature de la gabegie qui a eu lieu dans toutes les préfectures du pays pendant la période postélectorale. Le malheur pour le PPAC c’est qu’à Conakry il était beaucoup plus difficile de tricher surtout en fin de processus. Certains pensent et disent que le fait que ni le RPG ni l’opposition n’aient eu une majorité claire dans la nouvelle Assemblée Nationale est une bonne chose pour les guinéens et pour la paix dans le pays. Je dis Non : si le RPG ne représente que 20% des guinéens parce qu’il n’est composé que de militants fanatisés, de magouilleurs débrouillards et de fonctionnaires apeurés alors tant pis pour lui et il ne doit rien partager avec les vainqueurs. Dans une nouvelle voie seule la parole de la majorité sera ce qui est de meilleur pour tous les Guinéens. Il n’y aura pas de paix en Guinée avec la triche, les mensonges et l’impunité – jamais !
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4- Formations, séminaires, ateliers, colloques et autres « rendez-vous du donner et du recevoir » du mois : table-rondes (2) des femmes et des jeunes des cinq communes de Conakry sur leur prise en charge face aux violences post-électorales ; consultations régionales (Boké, Kindia, Mamou, Labé et Conakry) pour la définition de la politique nationale de défense et de sécurité dans le cadre de la reforme du secteur de la sécurité (RSS) ; forum sur les ressources humaines sur le thème : outil stratégique pour les Etats et les entreprises ; formation des magistrats, des douaniers et des policiers guinéens sur le thème « la place et le rôle du Procureur dans l’enquête » ; formation de renforcement des capacités de 53 cadres du CNT venus des directions Service Législatif, Transcription, Rédaction et l’Information/ Communication ; atelier d’évaluation de la qualité de la démocratie et de la gouvernance en Guinée ; atelier de présentation du projet de code de douane révisé (!) ; atelier sur la problématique des Armes Légères et le rôle des Agence Nationales de Lutte contre la prolifération et la circulation illicite des Armes Légères et de Petit Calibre (ALPC) ; séminaire sur le thème : justice pour tous et accès à la justice !
• Pour : le séminaire-bizness (14) est en deuil ce mois-ci. Pas de temps à perdre dans des salles non climatisées, les fonctionnaires sont postés par le PPAC en chiens de faïence du matin au soir devant les bureaux de dépouillement des communes de Conakry.
• Contre : il y a quand eu même deux formations pour les législatives après les élections et une formation pour le personnel parlementaire alors que le parlement n’est même pas constitué ! Le CNT sortant cherche sûrement à vider les caisses avant de partir.
• Une Nouvelle Voie : mêmes problèmes dans ce domaine depuis des décennies – mêmes solutions drastiques déjà décrites plusieures fois à appliquer pour entrer sérieusement et durablement dans une nouvelle voie
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Mr le PPAC, l’un de vos plus remarquables échecs aura été d’avoir trahi tous ceux qui ont combattu en votre nom pour la démocratie et la fin des dictatures en Guinée et sur notre continent. Tous ceux qui vous ont valu la légende d’opposant historique au même titre que Mandela. Ces étudiants, cadres moyens et supérieurs de tous les pays africains qui ont bravé les forces de l’ordre dans toutes les grandes démocraties et les voyous armés du pouvoir en Guinée pour que vos mensonges sur la démocratie, le multipartisme, la justice et des droits égaux pour tous deviennent réalité. Des icones de la jeunesse africaine comme Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly vous ont dédié des hymnes dans les années 1990. Nous avons fredonné, chanté et dansé aux rythmes de « Libérez Alpha Condé » pour que le monde entier se mobilise et obtienne votre libération des prisons de Lansana Conté - si nous savions, vous y seriez encore, Walahi ! Vous nous aviez juré que vous pouviez diriger la Guinée et la mener vers un développement harmonieux, la fin de la dictature et de l’impunité des « puissants ». Que dire de tous ces compatriotes du pays profond, illettrés en majorité qui voyaient en vous un messie qui pouvait enfin offrir leur offrir un chef qui serait différent de tous ceux qui concourraient contre lui à la présidentielle de 2010. Vous êtes malheureusement revenu chez nous avec un plan bien monté pour « mélanger » les guinéens et vous remplir les poches sans aucune contradiction acceptée pendant au moins cinq années et dix si possible. Il y en a marre – après vous nous voulons en priorité des institutions fortes et des hommes et femmes pour les faire fonctionner adéquatement. Plus jamais d’homme-messie populiste qui aime beaucoup plus ses affaires personnelles et sa famille que la Guinée…
Tic-tac, Tic-tac, la montre tourne ; aujourd’hui est le 1045e jour du « changement radical » et du « Guinea is back » - déjà 2 ans, 10 mois et 10 jours ! J’ai bien rigolé ce mois-ci avec cette blague : un européen, un américain et un guinéen se retrouvent pour parler des élections chez eux. L’européen dit : nous sommes les meilleurs car les résultats sortent à 19 heures directement après la clôture des bureaux de vote. L’américain répond : nous sommes encore meilleurs car nos résultats sortent au fur et à mesure de la fermeture des bureaux dans chaque Etat. Le guinéen éclate de rire et dit : vous êtes des petits, chez nous ils sortent plusieurs mois avant les élections ! Aujourd’hui vous êtes devenu un poison régional et vous faites peur à tous nos voisins et à la C.I. car ils craignent que vous meniez la Guinée vers des révoltes sanglantes, une guerre civile, la déstabilisation de toute la sous-région et le retour en force des mercenaires. Ils savent d’où ils viennent et voient bien le risque que vous les y rameniez. Il n’y a plus de fierté et de souveraineté nationales qui tiennent : le « New World Order » du XXIe siècle doit nous aider à nous débarrasser de vous car vous êtes devenu un danger international.
Finalement les deux vainqueurs de ces législatives sont la bêtise communautaire et le vote alimentaire…
31 octobre 2013
A.O.T. Diallo
NB : vous pourrez suivre chronologiquement cette série et les précédentes (depuis le début du changement en Guinée en janvier 2007) sur mon nouveau blog: https://aotdiallo.wordpress.com/
Commentaires
Vous oubliez que ce bilan auquel nous sommes parvenus aujourd'hui est le fait de deux (02) choses
Quand bien même l'opposition qui ne gouverne plus depuis 5 ans (un mandat complet !!!) aurait une part de responsabilité dans le chaos actuel, que dire d'AST qui a gouverné quasiment pendant 25 ans et qui a formaté les Guinéens ?
Si un commerçant ne veut pas ouvrir sa boutique, il se tire une balle dans le pied. C'est un entrepreneur, sans supérieur hiérarchique, autre que l'argent qu'il gagne par son activité. Le PRG n'est pas un dieu ayant le droit de vie ou de mort sur ses concitoyens. On comprend votre logique totalitaire par la méconnaissance complète du libéralisme économique. Et on comprend que vous ne compreniez rien aux affaires, or la prise de commissions d'investisseurs étrangers. Quand on ne sait rien faire...
De toute façon, je répète inlassablement que le rôle d'un gouvernement, ce n'est pas de trouver des excuses ou des boucs émissaires (quand bien même il aurait raison), mais de trouver des solutions.
- Institutions et l'Etat pris au piège par une opposition vraiment, mais vraiment irresponsable;
- Le communautarisme et l'économie politisée:
Je me souviens encore que, à la demande même de leur patronat de tutelle, certains opérateurs économiques, commerçants, taxis... dont on connait bien l'appartenance politique, refusaient catégoriquement de repondre à l'appel pour réouvrir portes et boutiques. Pourquoi? Parcequ'ils attendaient la suite à donner au communiqué de l'opposition du 04 Octobre 2013 lu par M. Abdoulaye SYLLA, peut on rendre PPAC responsable des conséquences qui s'en suivent?
Alors ce sont des actes de ce genre à échelles bien étendues dans notre sociéré qui bloque l'Etat et c'est pour dire le pouvoir...
Merci Med de ces précisions.
Mais je crois qu'il est sociologue ethnologue ou anthropologue. Il a certainement appris la décentralisation quand il a intégré l'administration publique. Il faut tout de même reconnaitre qu'il a vite appris et gravi les échelons. En fait c'est son éloquence qui lui a facilité les choses surtout que les cadres sortis de l'école Guinéenne ont du avoir le complexe d'infériorité devant ce jeune diplômé venu de la Fance
"L'eloquence" de Kiridi Bangoura ! Plutot le cireur de pompe. je me souviens d'un des propos de Kiridi lors d'une de ses toutes premieres sortie à la television Nationale ou il disait que " En matiere de democratie, Lansana conté est en avance sur son temps", propos qui a d'ailleurs certainement poussé conté a le nommer les jours suivants.
Il faut que le guineen sorte de ce puits de narcissisme prononcé pour pouvoir travailler avec toutes les competences d'ou qu'elles viennent furent - elles de ses adversaires.
Les conseillers - non Guinéens - d'Alpha Condé doivent certainement lui dire : « mon cher tes hommes sont nuls, même quand le coffre est béant, ils sont incapables de se servir ». Et j'ai souvent rajouté que c'est ce cynisme d'Alpha Condé (que tu évoques à juste titre) qui lui complique l'affaire à Kaloum et Matoto : tenant absolument à gagner symboliquement, au moins une uninominale de Conakry, notamment à Kaloum. Mais aussi, si je crois qu'Alpha Condé est plus amer pour l'humiliation subie à Kankan (et plus tard à Kaloum) que pour l'issue globale des élections, je crois aussi qu'iIl se consolera vite avec le résultat global des législatives. Comme à la présidentielle - Ousmane Kaba et compagnie se sont dépensés à lui faire comprendre que l'important c'est d'aller au deuxième tour et non d'essayer de corriger ses scores et rang du 1er tour -, il faut donc parier que, cette fois aussi, ses conseillers se soient employés à lui faire remarquer "l'essentiel" : ce résultat global des législatives et ce qu'il implique. Ceci expliquerait son récent discours (à Dakar je crois) dont voici ce que j'ai retenu : «...s'il était dictateur l'opposition n'aurait pas enregistré le même résultat (parce qu'il en les "moyens") et si elle conteste ce n'est que coutume politique africaine...».
De notre coté donc : si gagner Conakry n'était que la cerise sur le gâteau d'Alpha Condé et son amertume plutôt liée à sa gourmandise (il voulait aussi la cerise) je crois qu'il nous reste à comprendre sa "définition du gâteau", afin de mesurer ce qu'on lui aurait réellement arraché comme part. Koto, Voici, d'autres questions que je me pose : « Le roi est nu » certes, mais la couronne a-t-elle pour autant vacillé ? Autrement dit : Alpha Condé est blessé dans son orgueil, soit, mais que gagne-t-on qu'à humilier celui qui fait de la politique sans état d'âme ? D'autant plus que s'il est aisé de parler de fraude électorale massive (le contraire m'aurait étonné), une victoire de l'opposition reste aussi à démontrer. Ainsi : L'essentiel, cette victoire (et donc le combat), c'était quoi déjà ?
Mais je crois qu'il est sociologue ethnologue ou anthropologue. Il a certainement appris la décentralisation quand il a intégré l'administration publique. Il faut tout de même reconnaitre qu'il a vite appris et gravi les échelons. En fait c'est son éloquence qui lui a facilité les choses surtout que les cadres sortis de l'école Guinéenne ont du avoir le complexe d'infériorité devant ce jeune diplômé venu de la Fance
Mr Youla ( actuel haut cadre du Ministère de la décentralisation )chez qui il logeait était très gentil avec lui quand bien même il ne payait pas dès fois sa location.D'où cette récompense à ce dernier(alors licencié de Friguia ) une fois copté par Conté pour le Ministère des fraudes électorales.
Kiridi n'est pas Docteur en ce que je sache et serait si je ne m'abuse Sociologue spécialiste en Décentralisation...
Bonjour Koto AOT, sacré boulot comme d'habitude.
J'ai quelques questions, toutefois,..pour l' exercice, "entrons dans la tête d'Alpha Condé (prudence!)" : Et s'il estimait avoir atteint son but, devrait-on penser qu'il a été vaincu ? Et si cette situation était voulue par x ou y pour n et z raisons ? Est-ce vraiment un échec de son point-de-vue à lui ?
Salut mignan et j’espère que le retour des 0 degré Celsius te rappelle tous les matins qu'il faut qu'on rentre vite chez nous...
A mon avis la chose dont le PPAC manque le plus c'est la finesse de l'esprit. Pour lui il n'y a qu'une seule option dans tout combat: la victoire absolue et le piétinement de l'ennemi.
Il est donc impossible qu'il ne soit pas malade de ces résultats - raison de son voyage pressé vers les discrets hôpitaux du Golfe ??
Un compatriote grandos (minos)résume bien ce que je pense dans un autre commentaire aujourd'hui :
" Détrompez vous Cisko. Le plan d'Alpha Condé n'a pas marché parce que lui et ses gens sont trop nuls. Ils ne savent même pas bien tricher et surtout ils sont égoïstes. Le RPG veut tout pour lui et rien pour les autres. S'il s'était servi de ses alliés comme le PTS, le GRUP, l'UPR, etc. pour grapiller quelques voix par ici et par là bas, sa fraude aurait été moins visible. Ensuite, le RPG et ses stratèges étaient si sûrs de leur coup qu'ils n'imaginaient pas que l'Union Européenne allait les démasquer et dénoncer. Peut-être que les cerveaux du RPG croient vraiment que leur Guide Suprême fait partie des grands de ce monde. Ah ces égarés! "
" « New World Order » du XXIe siècle doit nous aider à nous débarrasser de vous car vous êtes devenu un danger international"
Très bien écrit et plaisant à lire comme toujours et le seul point à redire sur cet article, c'est bien le point ci dessous, car seul le peuple de Guinée, notamment l'axe de la liberté et de la démocratie, n'en déplaise à Laskaris, peut nous aider à nous débarrasser de ce alfa condé.
Moi je crois que AC a pris conscience de sa défaite et qu’il fait peut être profil bas pour se racheter devant le peuple
Quelle défaite ? jusqu'à la décision de la CS qui ne changera rien, AC est vainqueur officiel de ces élections.
L’organisation des festivités de N’Zérékoré a été nettement meilleure à celle de Boké avec un budget organisationnel moins élevé mais surtout ces rumeurs de report. Donc relativement on peut s’en réjouir. Quant à l’achèvement des travaux, c’est une erreur d’organisation qui est inhérente à l’administration et qui risque de se repéter aussi longtemps qu’on ne prendra pas les mesures correctives. Lorsqu’on attend le mois de juin ou juillet pour payer les avances de démarrage aux entreprises, on est sûr que les travaux ne seront pas terminés avant octobre. D’ailleurs, un alibi trouvé est de dire que les projets initiés dan le cadre de ces festivités sont des projets de développement, donc pas nécessairement à achever avant le jour de la fête.
Pour les élections, je ne suis pas convaincu des accusations de bourrage en haute Guinée puisque nous savons tous qu’il s’agit de vote communautaire. Mais on aura une idée lorsque la cour rendra son verdict car on apprendra les preuves apportées par les uns et les autres. Moi je crois que AC a pris conscience de sa défaite et qu’il fait peut être profil bas pour se racheter devant le peuple. Habitué à des propos regrettables ou injurieux quand leur président fait un discours improvisé, les Guinéens ont suivi un autre son de cloche avec le banquet que AC a organisé à l’occasion de la fête de l’armée.
Pour ce qui est de Kiridi, je ne crois pas qu’il soit officiellement Docteur comme certains interprètent vos propos. On l’a vu à ces débuts ici au début du processus démocratique alors qu’il était fréquent à la fac des lettres de Donka. Comme Lamine Sidibé et un certain Kolon Diallo (un enseignant à la retraite si j’ai bonne mémoire), il faisait partie des invités réguliers d’une émission politique dont je me rappelle plus le nom. Kiridi s’était illustré par sa théorie des 4 groupes de fous en Guinée (correspondant aux 4 communautés régionales du pays) et a pu entrer dans les bonnes grâces de Fory comme un jeune intellectuel respectable. Il a vite gravi les échelons mais je ne suis pas sûr qu’il était aux manettes (haut cadre à l’administration du territoire) lors des élections de 1993.
J'ai quelques questions, toutefois,..pour l' exercice, "entrons dans la tête d'Alpha Condé (prudence!)" : Et s'il estimait avoir atteint son but, devrait-on penser qu'il a été vaincu ? Et si cette situation était voulue par x ou y pour n et z raisons ? Est-ce vraiment un échec de son point-de-vue à lui ?
C'est bien de noter qu'AC a été reçu par la PM et non par Macky Sall, ce qui en dit long sur sa popularité (Guinea is back).
J'avais entendu dire qu'il faudrait interdire le PDG-RDA de la liste des partis en Guinée. Surtout pas, ce serait lui faire de la pub, alors que ses résultats sur le terrain constituent une réponse concrète et suffisante.
Oui il n'y aura pas de paix civile, si les élections ne reflètent pas la réalité. Si AC ne veut pas l'admettre dans les urnes, il faudra bien qu'il le comprenne dans la rue, et la pression sera de plus en plus forte.
Ainsi parlait hier la présidente de la CENI de Madagascar.
Est-elle plus intelligente ou plus honnête que le notre ??
Trop de docteur dans ce pays surtout les docteurs en carton….tellement qu’il y en a certains se font appeler « professeur ». J’aurai appris que le petit « Koubou » a failli taper sur quelqu’un qui aurait oublie qu’il se fait appeler maintenant « professeur » au lieu de docteur.
Donc pour une première fois « el hadj-professeur-docteur-ministre-président » dans ses pataquès habituels n’a pas blesse Molière !!.......Humm…surement quand on lui tendait le micro il était un peu lucide (pas de Whisky-Soda).
Je vais juste relativiser la ''déculottée'' du PPAC. Je crois que c'est une erreur de penser que l'opposition a gagné quoi que ce soit. Au contraire, c'est elle qui a perdu puisqu'elle représente au moins les trois quart de l'électorat. Quant à Alpha Condé, on l'a certes déculotté mais pour le moment c'est lui le gagnant. Et au finish il le sera parce qu'il ne faut pas attendre un miracle du côté de la Cour suprême.
Ce qui se passe actuellement en Guinée est un peu comique malgré tout. Alpha Condé croit qu'il peut manipuler aussi bien ses nègres d'opposants que les blancs. Il commence par signer le fameux protocole de juillet 2013 dans lequel il obtient la participation de ses opposants aux élections en contrepartie de RIEN. Le Sénéfou devenu fils adoptif des malinkés de Guinée se dit que tout marche comme sur des roulettes et pour mieux donner l'estocade à ses apprentis les opposants, il fait venir des observateurs internationaux. Comme prévu, les observateurs africains (CEDEAO et OIF) lui donnent son ''certificat de bon organisateur d'élections libres et transparentes marquées par quelques incidents mineurs et négligeables''. Mais malheur au simbo adopté, les blancs ne sont pas devenus noirs. La mission de l'UE est venu ''foutre le bordel'' dans sa cuisine électorale et il se retrouve avec un tô rempli de sable. Alpha Condé a cru à tort que le fait d'avoir vécu 60 ans en Europe l'a rendu plus malin que l'homme blanc. Il avait oublié que le tronc d'arbre a beau séjourné dans l'eau il ne deviendra jamais caïman. Il peut tromper ses petits opposants comme Cellou et Kouyaté mais il ne peut pas tromper tout le monde et surtout pas les blancs. Je soupçonne aussi que le seul leader qui connait vraiment l'homme-caméléon c'est Sidya Touré. Je pense que si ce dernier avait des militants aussi nombreux et fidèles que les supporters de Dalein, Alpha Condé serait déjà chez lui à Kaya (Haute Volta) avec si nécessaire ceux qui l'ont adopté et qui veulent rester avec lui.
Donc, si l'opposition a pu gagner quelque siège ce n'est pas du à sa bravoure ou à son intelligence. Et contrairement à ce que laisse entendre le PPAC ce n'est pas non plus de gré qu'il a laissé quelques sièges à ses opposants. C'est l'Union Européenne qui lui a forcé la main. Elle a pris le voleur Sénoufo-malinké la main dans le sac et a menacé de la couper s'il ne la retirait pas. C'est comme ça que quelques voix sont restées dans le sac. Pris en flagrant délit, il a été obligé de s'enfuir la queue entre les pattes.
Il ne faut donc pas que l'opposition pavoise ou qu'elle nous tympanise. Les leaders actuels ont montré leurs limites et ils feraient bien de remercier l'Union Européenne. C'est à elle qu'ils doivent le peu de voix qu'ils ont obtenu. Mais malheur à eux s'ils laissent Alpha Condé obtenir une seconde victoire déméritée. S'ils laissent ce bonhomme installer un parlement dans lequel il est majoritaire, il va les démolir en commençant par casser leurs partis de l'intérieur. Un certain nombre de députés de l'opposition seront ''retournés'' à coup de fric et il va imposer sa volonté. Et l'Union Européenne ne sera pas là pour l'en empêcher. Les leaders de l'opposition ont donc le choix entre diriger la résistance populaire jusqu'à obtenir la mise en place d'une vraie démocratie ou bien perdre leurs têtes qui seront coupées soit par Alpha Condé, soit par le peuple. Rien ne sera plus comme avant.








