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Il est temps que cesse la pagaille ? Il est tout aussi temps que cesse la dictature !

Lamarana Petty Diallo  Lundi, 07 Octobre 2013 10:14

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DIALLO_Lamarana__Petty_7_01Dans une déclaration faite à N’Zérékoré, le 2 octobre, le président guinéen par intérim depuis 2010, laissait entendre qu’il allait mettre fin à la pagaille. Si c’était plutôt mettre fin à la dictature qui s’imposait ?

Les Guinéens sont fatigués des fuites en avant. S’il y a une chose qui doit cesser et qui mérite qu’on y mette fin, c’est bien la dictature d’Alpha Condé. Pour cela, l’opposition devrait décider entre mettre fin à la carrière politique des différents leaders actuels, à commencer par celle de son chef de file, ou mettre fin à la dictature que le RPG et son chef ont instaurée en Guinée depuis2010.

Deux alternatives s’imposent dès lors. Accepter le tripatouillage électoral qui est en voie d’être orchestré par le pouvoir ou le récuser jusqu’au bout. J’allais dire jusqu’à la dernière goutte de sang du dernier combattant pour la paix, la liberté et la justice.

Rappelons que le capitaine Moussa Dadis Camara est parti en ayant montré moins d’entêtement et moins de penchant au pouvoir personnel que M. Condé. Il a été chassé pour les mêmes faits que ceux commis par le président guinéen actuel. Le massacre en masse le 28 septembre 2009 en moins.

Mais des deux hommes, c’est le second qui a tué plus que le premier. Si l’on peut dénombrer le nombre de morts de Dadis et du CNDD, on ne peut le faire pour celui qui a choisi d’être le président du RPG au lieu de président de la Guinée.

Depuis le lendemain du deuxième tour des présidentielles de 2010, ce sont plusieurs centaines de milliers de Guinéens qui ont été tués par le pouvoir RPG-Arc-en-ciel. Des centaines d’autres croupissent arbitrairement en prison sans oublier ceux qui ont pris la voie de l’exil politique ou financier. S’y ajoutent les responsables politiques à divers niveaux, les militants et sympathisants de l’opposition qui sont arrêtés et incarcérés depuis le scrutin législatif du 28 septembre 2013. Qui disait « Et vint la liberté » ?

Le monde entier croyait que les législatives de cet autre 28 septembre allaient mettre fin à la paranoïa politique, au pouvoir clanique et ethnocentrique qui sévit en Guinée. Force est de constater que c’est le pire qui se dessine au lendemain de la proclamation des résultats du vote de cet autre 28 septembre.

Le souffle que les Guinéens ont retenu depuis samedi dernier, pour sauver le pays, risque, hélas, de se transformer en brasier. Le système RPG fait tout pour que ce soit ainsi.

Les citoyens qui ont voté dans la sérénité à l’appel de leurs représentants, ne se doutaient pas que le RPG allait vouloir rééditer sa mascarade électorale de 2010. C’est pour cela qu’en dépit des bureaux de vote placés à plus de cinquante kilomètres ou éliminés de la carte électorale, des cartes d’électeurs falsifiées et dupliquées par dizaines pour un seul inscrit, des noms d’inscrits volontairement omis ou rayés, ils se sont mobilisés. Ils n’ont pas voté pour que leurs suffrages soient confisqués et détournés au profit d’un seul parti ou d’un conglomérat de chenapans politiques. Pourtant tel semble être le scénario qui se dessine.

Face à cette situation, l’opposition guinéenne est attendue au tournant. Je le dis haut et fort. Cette opposition qui a habitué les Guinéens à les mobiliser pour une cause pour laquelle elle jure par tous les dieux qu’elle ne cédera pas et qui recule au moment même de sa victoire n’a pas intérêt à rejouer son scénario ! Cette fois-ci, elle va à la victoire ou à la mort : car dans tous les cas elle mourra si elle trahit les espoirs du peuple ! Elle disparaitra, soit de l’œuvre du pouvoir en place en acceptant le hold-up électoral qui s’annonce. Soit de l’action du peuple qui se dira « y en marre de gens qui n’ont ni parole d’honneur, ni conviction politique» !

Il reste donc une seule alternative à l’opposition guinéenne : accepter de mourir en laissant filer entre ses doigts les suffrages populaires exprimés en sa faveur ou rester intransigeant face au détournement et à la confiscation du suffrage universel que le pouvoir prépare.

Une chose est claire et sans ambiguïté. C’est l’opposition guinéenne qui est sortie victorieuse des urnes et le pouvoir en place est en pleine panique. Mais ce pouvoir se dit, « on connait ses soi-disant opposants. La communauté internationale les fera accepter tout ce qu’elle voudra. Elle va plier comme d’habitude. Mettons un peu de pression comme en 2010 et nous arriverons à nos fins. Imposer des résultats ».

En cela, le système-RPG et Alpha Condé savent compter sur certains diplomates, devenus des militants actifs du parti. Ceux-là ont déjà contactés certains notables de la Moyenne-Guinée, par exemple, pour les prier d’accepter les résultats tels qu’ils seront proclamés. Ces ambassadeurs-militants n’hésitent ni à amadouer, ni à vouloir monnayer des consciences au compte du pouvoir en place. Je reviendrai là-dessus !

Habitude est seconde nature dit-on. Si tel était le cas, l’opposition a tout intérêt de fausser cet adage ! Si cette fois-ci un seul leader prononce cette liturgie : « compte-tenu de ceci ou de cela, pour la paix sociale, après avoir entendu …, après les discussions et l’engagement de nos partenaires techniques et financiers, nous acceptons… ». Je n’ose imaginer la suite ! Que ce leader sache qu’il s’est fait enterré de lui-même.

Que ce responsable politique-là sache que le peuple en colère ne marchera pas vers Sékhoutouréya pour y déloger quiconque, mais vers chez lui. Non pour le glorifier pour avoir sauvé une paix sociale qui n’a jamais existé, mais pour l’extirper de son chemin et récupérer sa victoire. Une victoire qu’il a chèrement acquise lors des différents 28 septembre.

Cette fois-ci, plus que par le passé, les Guinéens épris de paix et de justice sont prêts à montrer au monde entier qu’ils n’ont peur ni de Donzos, ni de mercenaires déguisés en FOSSEPEL (fausses-pèles peut-on dire vu le nombre de morts amputables à cette fausse structure de sécurité), ni d’autres hommes en armes.

Le peuple de Guinée veut enfin bénéficier du fruit de son combat et de son engagement pour la démocratie. Il n’acceptera pas qu’on lui vole la victoire !

L’opposition guinéenne n’a pas le choix. Elle doit rendre au peuple sa victoire. Au cas contraire, elle se sera fait immoler d’elle-même en cédant à l’intimidation, au chantage et à la mascarade. Si elle pliait en acceptant le vol des suffrages populaires, symbole de la confiance que les Guinéens dans leur majorité lui ont attribuée, elle aura signé son propre arrêt de mort.

Il n’y a pas qu’une seule alternative qui vaille ! Honorer sa parole en rendant au peuple sa victoire. Dégager la dictature qui sévit dans notre pays pour que le peuple de Guinée dise enfin, « il a fallu ses législatives et l’entêtement d’un homme ! »

Au cas où l’opposition opterait pour une autre voie, il lui faudra dégager le palier pour une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques. Aux différents leaders de l’échiquier politique guinéen de prendre conscience que le pouvoir dictatorial du RPG et d’Alpha Condé est moribond. Qu’ils peuvent survivre ou partir avec. Donc, à eux de jouer leur carte ! La dernière ? Ou celle que le peuple de Guinée attendait depuis tant d’années qu’elle abatte ?

Les prochains jours nous instruiront !


Lamarana Petty Diallo


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