La question peuhle

Facebook Imprimer    

 

BALDE_Amadou_Oury_6_01Pour l’Etat guinéen, la foulaphobie représente sa mauvaise conscience, sa « moitié amère Â», outre ses nombreuses fumisteries sociopolitiques (violence de l’armée, malgouvernance, etc.) qu’il traine en boulet indéchargeable depuis l’indépendance.

L’inimitié d’Etat du Peuhl, qui a fini par affecter toutes les strates sociales au point d’en faire un idéal – type largement répandu de mauvais citoyen doublé de souffre-douleur de la patrie, fut à l’origine « judaïsée Â» par le tyran sanguinaire AST, inventeur de la foulaphobie (« le complot peuhl Â» de 1976 qui vit l’assassinat de Diallo Telli), avant d’être « somalisée Â» sous AC.

On se souvient encore que c’est le Â« tous contre le Peuhl Â» d’AC qui ouvrit la boîte de pandore, lors de la satanée présidentielle de 2010, pour finir par tout empester et générer une crispation communautariste malsaine.

Il n’est pas question de se faire le héraut d’une communauté qui regorge de tant de voix bien plus fortes que celle de l’auteur de cette réflexion, au simple motif qu’on en serait issu ; ou de sasser et ressasser les démons de la division, encore moins de verser dans la victimisation caricaturale et misérabiliste comme on est enclin à l’évoquer le plus souvent en Guinée.

Cette infamie d’Etat a été par ailleurs moult fois dénoncée. Ce serait donc faire fausse route que de susciter des extrapolations tendant à poser le problème de la stigmatisation des Peuhls en termes binaires, antagoniques. Il ne faudrait y voir avant tout que les conséquences de la dérive d’un Etat irresponsable et improductif.

Ce débat a bien le mérite de mentionner un des défis sociaux majeurs qui se pose à la Guinée dans l’édification de la nation. Il pourrait faire jurisprudence.

En partie, on ne se départira de la foulaphobie que lorsque le Peuhl en personne songera à s’assumer en tant que citoyen plein.

L’ethnicité a été un credo politique rentable, mais dont on a constaté les effets néfastes à travers la mise en lambeaux complète du tissu social. Elle risque de resurgir à l’avenir avec la férocité d’un ressac déchaîné pour tout pourrir de nouveau, au seul profit d’une poignée de politicards machiavéliques.

La question peuhle, ainsi que celle du rapport de nos différentes composantes nationales, est une question urgente qui devrait être abordée dans le cadre d’un processus de réconciliation nationale dont on ne parle plus et de l’instauration d’un véritable Etat de droit.

Mais la fuite en avant étant une seconde nature en Guinée, il ya fort à parier que l’histoire se répète dans le mauvais sens. Comme d’habitude…


Oury Baldé


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+2 #9 Cisko 26-08-2013 14:21

@ Oury,
Je souhaite que tu comprennes le bien fondé du premier commentaire de Gandhi. Pose plutôt la question Guinéenne au lieu de la question Peulh. Chacun de nous soit aller à l'essentiel et arrêter de remuer le couteau dans cette grande plaie de communautarisme.
Dans la construction des nations, il peut y avoir des périodes de frustration de certaines composantes, mais nous devons tous garder l'objectif principal à l'esprit
Citer
 
 
+7 #8 Gandhi 26-08-2013 08:22

Oury, en citant Faya je n'ai donné qu'un exemple de possible nouvelle génération.
Mais le BL m'a déçu profondément dans son refus de participer aux législatives.
Le BL est un parti politique, pas une association de démocrates qui réfléchissent sur l'avenir du pays.
La vocation d'un parti est de conquérir le pouvoir et de former ses militants.
La meilleure et la SEULE façon d'y parvenir est de se confronter aux joutes électorales. J'espère que Faya n'espère pas devenir PRG en 2015. Il faut au moins une dizaine d'années d'implantation et de réalisations pour espérer y parvenir. Dans ce laps de temps, rien de mieux que de se confronter au terrain :
- pour permettre à des militants d'apprendre en se confrontant aux réalités, ce qui permet par ailleurs de découvrir des personnalités,
- pour tester la justesse ou pas de leurs arguments (voir ce qui fonctionne ou pas),
- voir la réaction de la population face à un nouveau parti transversal et "différent" en apparence,
-aller à la rencontre des gens pour comprendre leurs besoins et leurs motivations,
- etc...
bref faire le boulot normal d'un parti politique.
Peu importe les résultats. Même en obtenant 1% cela aurait montré, qu'il y a du chemin à parcourir et que ce qui compte, ce ne sont pas les déclarations, mais les actes concrets en faveur de l'intérêt général.
Enfin c'est le pédagogue qui parle : l'apprentissage ce n'est pas seulement l'acquisition de connaissances, mais surtout de pratiques, et il est permis (même souhaitable) de faire des erreurs.
Ceci étant il n'est pas question de faire le procès du BL, mais de rappeler que le chemin sera long et difficile pour nous, si nous continuons à disserter (à la AST) pour refaire le monde, sans être capable de changer même la clôture de sa maison.
Citer
 
 
+1 #7 TOOLA 26-08-2013 07:09

Je suis convaincu que beaucoup de guinéens éprouvent de la gêne à parler du tribalisme pour des raisons évidentes : nos alliances et nos convictions.
Ce dont je ne suis pas sûr, c'est si ce sont les peuls qui en font trop sur une réalité palpable, ou si ce sont leurs concitoyens qui sont en MAJORITÉ silencieux.
Un exemple recent: la sortie de Mansour Kaba. Que des peuls pour lui répondre, était-ce une fatalité?
Citer
 
 
-3 #6 Oury Baldé 26-08-2013 03:09

Citation en provenance du commentaire précédent de amaduslamba:
Fatalisme ou mauvaise apréciation de l'évolution de l'actuelle situation sociopolitique guinéenne. M. Baldé,je vous donne l'assurance que les peuls ont pris leur destin en main, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de ce PD élu. Les peuls ont été clairement situés sur leur sort. Ils ont compris qu'ils n'ont plus le choix. C'est soit lutter pour survivre et appartenir à leur propre patrie dont on tente à tord de les denier ou se laisser dessimer par petit groupe. Les rares peuls qui ne l'ont pas encore compris finiront par comprendre. Surtout que l'antifoulanisme ou la foulafobie n'est plus caché.Les victimes de la foulafobie ne se comptent plus. L'arrivée de ce régime a fait déborder une vase qui était déjà pleine. Même après les élections législatives, avec ces exclusions massives des peuls dans la gestion de la chose publique,je vois mal comment le développement va être possible en Guinée. Car la lutte va continuer tant que l'exclusion continuera. Enfin de compte le pays sera toujours bloqué et le peuple sera obligé de rester dans la logique de reclamer ses droits.

Merci pour votre reaction ,M Amaduslamba.
La stigmatisation des Hal Pulaars a surtout provoquer le repli identitaire chez les autres ethnies du pays. C'est la raison principale de la flamboyance des coordinations régionales. Comme quoi les brimades des uns , à défaut d'y compatir , poussent à l'introversion en reflexe d'autodefense (plausible) si chacun comprenait Cela est dit dans le post.
Le but du papier c'est de denoncer cet ethnicisme D'Etat qui met en peril la nation et qui perdure depuis 1958,et non à appeler à une action violente quelconque ou à aiguiser le sentiment identitaire dans lequel nous sommes tous perdants ,comme c'est le cas actuellement.
On ne peut pas s'en sortir sans les autres , en vase clos.
Avec tous mes égards.
Citer
 
 
+1 #5 Oury Baldé 26-08-2013 02:50

Merci Gandhi.
Soit dit comme ça en passant , le reproche ( ou la vision gagnante ? L’avenir nous le dira) qu’on ferait au BL,c’est de se retirer de la course aux législatives , arguant un accord politique mal négocié qui l’aurait exclue. Ça pourrait desservir (ou pas ?) Faya à l’avenir , à qui certains prêtent un discours radical voire violent , tout en ayant, à mon avis , la bonne posture ( de rassembleur) qui sied en ce moment à l'émergence de la Guinée du guêpier ethnique surtout .Pour la bonne gouvernance , on verra .Et reste à savoir si c'est un poulain gagnant ( si Faya est un winner).Parce que c'est aussi la démocratie sous les tropiques , la belle gueule ou le beau discours ça fait pas toujours rendement.Faut avoir du(son) monde (son ethnie , à vrai dire.Du moins chez nous en Guinée.) derrière soi.
J’estime en tant que democrate il fallait à Faya aller à ces legislatives quelqu'en soit l’issue ( Siradiou Diallo n’a jamais joué à la politique de la chaise vide , quand bien même il avait à faire à un dictateur.C’est peut-être pas une solution , bouder en politique) , d’autant plus qu’il(Faya) a bataillé ferme pour se faire agréer son parti .C’est comme si on s’était donné un mal de chien pour avoir un truc et puis quand c’est sur le point d’être obtenu , on jette l’éponge.
Mouctar Diallo par exemple était du même camp que Faya Millimono lors des pourparlers sous l’égide de Said Djinnit au palais, mais il ne s’est pas mis en marge des législatives après.Son choix lui et Aboubacar Sylla pourrait lui coûter des choses dans le futur .
Faut d’ailleurs rappeler que l’opposition republicaine s’est disloquée tout d’un quoi à l’annonce de la date de la tenue des legislatives .
C’est dire que cette union Lansana Kouyaté , JMD (qui se sont regroupés en centristes) , Sidya (qui louvoie depuis la violente repression de fevrier) , Mouctar Diallo, Boubacar barry , CDD , etc., n'en n’était pas une .Chacun n’est guidé que par ses intérêts, encore plus en politique.Cela s’est encore verifié . L’émiettement de l'opposition fait l’affaire d’AC, à coup sur.
Ces memes politiciens seront capables de se reunir , à l’avenir , dans des fusions ou regroupements bruyants au nom d’une lutte contre les dérives du pouvoir .
La défaite de l’opposition est prévisible aux législatives.Secret de polichinelle , peut-être.
Et pire , les ex-alliés ont tendance à se clasher ( vous avez suivi la dernière sortie de Fodé Mohamed Soumah de la Geci !)
A mon avis , beaucoup de leaders de l’opposition acceptent mal le leadership de CDD, c'est peut-être pas le cas de Faya dont je suis admiratif et lequel (le BL symboliquement) j'ai pensé être un bon choix , lorsque le grand -frere Paul Théa a annoncé son intention d'entrer en politique.
Mais bon, les résultats des urnes (si et seulement si Bacary Fofanah & Way mark passaient pas par là)au lendemain du 24 septembre nous permettront de jauger de la valeur intrinsèque de toutes ses formations politiques .
Citer
 
 
-1 #4 Maïmouna Barry 25-08-2013 23:29

Monsieur Cisse, si vous êtes sincère sur ce que vous dites, dénoncez Alpha Condé, et demandez-lui de rentrer chez lui au Burkina, sinon arrêtez de nous tympaniser.
Citer
 
 
+6 #3 CISSE IBRAHIMA 25-08-2013 21:22

votre tour arrivera,vous devez tout simplement garder patience et eviter de penser que les autres ne vous aime pas.moi personnellement je n'ai rien contre mes freres guineens de tout bord,la guinée est une famille et restera toujours une famille.70 pour cent des jeunes guineens de la nouvelle generation sont nés de mariage mixte.Mais avec la politique des politiciens basée sur l'ethnie juste pour obtenir leur interet individuel cette mixité risque de decroitre.les peuls doivent savoir qu'un peul viendra un jour au pouvoir,cela est inevitable,ils doivent savoir que les malinkés ne le detestent pas,ces deux ethnies ont beaucoup de commun et sont les plus proches.aujourdui des nombreux peuls vivent en hautes guinee avec des femmes malinkés et vice versa.A LABE comme A MAMOU ils existent beaucoup des malinkés qui se sont mariés avec des femmes peules.Nous devons tous participé pour mettre cette cohesion en valeur.les malinlkés et les peulhs ne pouront jamais se separer,ils partagent tout en histoire.moi cissé, je pense que vouloir exclure les peulhs ou les malinkés dans les affaires administratifs de la guinée c'est de programer l'enterement du pays.ceux qui n'ont pas compri cela seront un jour punis.
Citer
 
 
+3 #2 amaduslamba 25-08-2013 19:07

Fatalisme ou mauvaise apréciation de l'évolution de l'actuelle situation sociopolitique guinéenne. M. Baldé,je vous donne l'assurance que les peuls ont pris leur destin en main, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de ce PD élu. Les peuls ont été clairement situés sur leur sort. Ils ont compris qu'ils n'ont plus le choix. C'est soit lutter pour survivre et appartenir à leur propre patrie dont on tente à tord de les denier ou se laisser dessimer par petit groupe. Les rares peuls qui ne l'ont pas encore compris finiront par comprendre. Surtout que l'antifoulanisme ou la foulafobie n'est plus caché.Les victimes de la foulafobie ne se comptent plus. L'arrivée de ce régime a fait déborder une vase qui était déjà pleine. Même après les élections législatives, avec ces exclusions massives des peuls dans la gestion de la chose publique,je vois mal comment le développement va être possible en Guinée. Car la lutte va continuer tant que l'exclusion continuera. Enfin de compte le pays sera toujours bloqué et le peuple sera obligé de rester dans la logique de reclamer ses droits.
Citer
 
 
+20 #1 Gandhi 25-08-2013 17:24

Oury, il faut éviter ce genre de texte pour deux raisons :
- la première est que si l'on considère que CDD a gagné les élections dans les urnes (c'est mon avis), cela signifie donc que la population n'a pas été sensible à ce genre de discours, et c'est ce qui est le plus important. Un peul finira par obtenir le pouvoir un jour, l'essentiel étant qu'il soit démocrate, je ne me battrai jamais pour un dictateur peul.
- la seconde est que si personne ne nie le caractère ciblé de la répression d'AC, la lutte contre son régime doit rassembler tous les démocrates, d'où qu'ils viennent, et ne pas ressembler à une lutte des peuls contre autrui. Or beaucoup de nos compatriotes ont l'impression, à tort ou à raison, de n'être que des supplétifs d'une lutte qui ne les concernerait pas directement (ce que s'empresse de faire croire ce régime). Certes nous ne pouvons pas nous excuser d'être nombreux (ce que les Guinéens découvrent puisque la démocratie prend en compte le critère du nombre), d'être impliqués parce que concernés ou motivés, mais il faut prendre en compte cette donnée, pour rassurer nos concitoyens, afin qu'ils puissent s'identifier à une lutte de démocrates contre un régime. Aujourd'hui de nombreux peuls (dont je fais partie) se sentent plus proches d'un Faya par exemple, que d'un Ousmane Bah.
Citer