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La question peuhle

Oury Baldé  Dimanche, 25 Août 2013 13:50

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BALDE_Amadou_Oury_6_01Pour l’Etat guinéen, la foulaphobie représente sa mauvaise conscience, sa « moitié amère », outre ses nombreuses fumisteries sociopolitiques (violence de l’armée, malgouvernance, etc.) qu’il traine en boulet indéchargeable depuis l’indépendance.

L’inimitié d’Etat du Peuhl, qui a fini par affecter toutes les strates sociales au point d’en faire un idéal – type largement répandu de mauvais citoyen doublé de souffre-douleur de la patrie, fut à l’origine « judaïsée » par le tyran sanguinaire AST, inventeur de la foulaphobie (« le complot peuhl » de 1976 qui vit l’assassinat de Diallo Telli), avant d’être « somalisée » sous AC.

On se souvient encore que c’est le « tous contre le Peuhl » d’AC qui ouvrit la boîte de pandore, lors de la satanée présidentielle de 2010, pour finir par tout empester et générer une crispation communautariste malsaine.

Il n’est pas question de se faire le héraut d’une communauté qui regorge de tant de voix bien plus fortes que celle de l’auteur de cette réflexion, au simple motif qu’on en serait issu ; ou de sasser et ressasser les démons de la division, encore moins de verser dans la victimisation caricaturale et misérabiliste comme on est enclin à l’évoquer le plus souvent en Guinée.

Cette infamie d’Etat a été par ailleurs moult fois dénoncée. Ce serait donc faire fausse route que de susciter des extrapolations tendant à poser le problème de la stigmatisation des Peuhls en termes binaires, antagoniques. Il ne faudrait y voir avant tout que les conséquences de la dérive d’un Etat irresponsable et improductif.

Ce débat a bien le mérite de mentionner un des défis sociaux majeurs qui se pose à la Guinée dans l’édification de la nation. Il pourrait faire jurisprudence.

En partie, on ne se départira de la foulaphobie que lorsque le Peuhl en personne songera à s’assumer en tant que citoyen plein.

L’ethnicité a été un credo politique rentable, mais dont on a constaté les effets néfastes à travers la mise en lambeaux complète du tissu social. Elle risque de resurgir à l’avenir avec la férocité d’un ressac déchaîné pour tout pourrir de nouveau, au seul profit d’une poignée de politicards machiavéliques.

La question peuhle, ainsi que celle du rapport de nos différentes composantes nationales, est une question urgente qui devrait être abordée dans le cadre d’un processus de réconciliation nationale dont on ne parle plus et de l’instauration d’un véritable Etat de droit.

Mais la fuite en avant étant une seconde nature en Guinée, il ya fort à parier que l’histoire se répète dans le mauvais sens. Comme d’habitude…


Oury Baldé


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