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M. Kaba et le nouvel empoisonnement en perspective en Guinée ‒ Réponse aux élucubrations d’un révisionniste

Lamarana Petty Diallo  Mercredi, 07 Août 2013 09:59

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DIALLO_Lamarana__Petty_7_01Un pseudo-politicien aux oubliettes depuis plusieurs décennies vient de se farcir d’une pétition pour mettre fin à un soi-disant esclavagisme au Fouta Djallon.

Les propos qu’il tient relèvent d’une logorrhée mentale et d’une tentative de déformation de l’histoire dont le seul but est de manipuler les populations guinéennes à la veille des législatives de septembre prochain. Une échéance à haut risque dans un mois qui n’a pas toujours porté bonheur et liberté à la Guinée

En effet, après le montage du scénario tragi-comique d’empoisonnement à l’eau minérale d’octobre 2011, le RPG est en train de préparer un autre scénario. Cette fois-ci, il s’agit d’un empoisonnement de type social.

Pour rééditer son exploit ethno-stratégique, le parti au pouvoir avance, contrairement au passé, à visage découvert. Comme dans tout sale boulot, il faut trouver un besogneux sans vergogne, c’est M. Kaba Mansour qui se charge du montage.

Mais qui est cet homme ? Mansour Kaba, est un ethnocentrique fieffé qui avait tenté de s’imposer comme leader naturel de la Haute Guinée. A cet effet, il avait fondé un parti politique dénommé Dyama. Entendez « le peuple, la population, la masse ». C’est selon.

En menteur éhonté, ce monsieur veut opposer les autochtones, les Peuls du Fouta, et les originaires de la Haute Guinée qui vivent dans la région depuis des siècles. Ces derniers étant vendus aux notabilités du Fouta et d’ailleurs par l’Almamy Samory Touré au XIXe siècle. Le but étant se procurer des produits alimentaires et des fusils pour combattre les Français.

Réduits en esclaves, sous une forme locale qu’on appelait « esclavage de case », ces personnes ont recouvré leur liberté bien avant l’indépendance de la Guinée. Cette libération étant liée à la fin de la chefferie traditionnelle qu’on désigne par analogie à la féodalité.

Mais avant de revenir, je continuerai à dépeindre ce M. Kaba pour démonter son mensonge et dénoncer son projet macabre.

« Le nouveau Mansour » pense que le moment de renaître de ses cendres de politicard est venu. En effet, son parti Dyama n’a jamais mobilisé un nombre de militants équivalent aux membres de sa propre famille. Comme un lézard en mue, cet homme semble spontanément découvrir que l’esclavage perdure au Fouta Djallon.

Son projet est fondé sur une affabulation pathologique qui consiste à lancer une pétition pour mettre fin à cet esclavagisme.

Mais un autre projet qui ne dit pas son nom se cache derrière ce montage : voler la vedette à tout prétendant à la succession de l’homme à l’eau empoisonnée, maître de l’obscurité et des robinets secs, le gladiateur de Zogota, N’Zérékoré, des banlieues de Conakry et d’ailleurs. Vous aurez compris de qui il s’agit.

A mon sens, dans un cas comme dans l’autre M. Kaba s’y est mal pris. Et son rêve, croyez-moi ou pas, se transformera en cauchemar.

Une question M. le revenant. Où étiez-vous depuis l’indépendance ? Vous étiez sûrement en hibernation depuis plus d’un demi-siècle. Alors je vous mets au courant de l’actualité en vous dispensant un petit cours d’histoire. Une leçon qui tranche nettement avec vos arguments ne reposant uniquement sur vos cogitations, vos inepties et votre fausse prétention d’altruiste qui voudrait sauver les esclaves du Fouta.

L’esclavage, sous toutes ses formes, a disparu en Guinée et dans toutes les autres colonies d’AOF et d’AEF depuis la loi cadre de Gaston Defferre de 1956. M. Alpha Sidoux Barry l’a évoqué dans son article-réponse : « Vous mentez, M. Kaba ! »

Je jouerai mon rôle de professeur d’histoire en étayant scientifiquement les faits. Je ne le fais pas pour vous. Mais pour les jeunes générations que vous voudriez manipuler à nouveau.

C’est le 31 janvier 1956, que Guy Mollet, président du Conseil, nomme le député socialiste des Bouches du Rhône et maire de Marseille, Gaston Defferre, ministre de la France d’outre-mer. Félix Houphouët Boigny devient ministre délégué à la Présidence du Conseil. Cette double nomination a pour but de faciliter la mise en place de la politique du nouveau gouvernement qui entend « amener les territoires d’outre-mer à gérer démocratiquement leurs propres affaires ».

C’est dans cette optique que Gaston Defferre et Félix Houphouët Boigny prennent l’initiative d’une loi de décentralisation administrative et politique, la loi-cadre. Cette loi adoptée le 19 juin 1956 par l’Assemblée nationale et promulguée le 23 juin, décline en 23 articles les nouveaux rapports devant prévaloir entre la métropole et ses colonies devenues « des territoires d’outre-mer », TOM (se référer à Georgette Elgey, journaliste et historienne pour tout approfondissement sur la loi G. Defferre).

Quel accueil la Guinée réserva-t-elle à la loi cadre, M. Kaba ? Eh bien, étant donné que le Parti démocratique de Guinée (PDG) était une section territoriale du RDA, que Sékou Touré était l'un des fidèles de Félix Houphouët Boigny, la loi-cadre fut accueillie avec satisfaction. A cet effet, La Liberté, un organe du PDG, écrivait dans un article du 17 avril 1956 intitulé « Le parlement et l'avenir des TOM » : « Nous sommes (…) pleins d'espoir de voir s'assouplir bientôt nos rapports avec la métropole » (à ce propos, consulter, Abdenbi Temeniati : « L'Afrique noire et la loi-cadre de 1956 », mars 2006).

M. Mansour, rien de plus grave et dangereux que l’ignorance, l’ignominie, la courbette, le mensonge, le révisionnisme. Ne vous en faites pas. Je sais que vous ignorez ces mots tant vous méprisez la morale et le savoir.

M. Kaba, s’il y a des esclaves au Fouta Djallon, allez avec vos camions et autres Donzos les rapatrier en Haute Guinée pour les émanciper. Avant tout, dites-leur qui les a vendus. Dites-leur si une seule caravane a quitté le Fouta pour aller acheter des esclaves en Haute Guinée.

La vérité, M. le pseudo-philanthrope est celle-ci : il y a de cela 2 siècles, vous avez vendus les ancêtres de ceux dont vous semblez plaindre le sort aujourd’hui. Vous devriez tout simplement indemniser les descendants qui se trouvent justement en terre foutanienne.

S’il y a eu esclavage, cela est indéniable du temps de Samory et autres rois mandings. D’autres, peuls ou non, les ont achetés. L’évolution historique à laquelle j’ai fait allusion, leur a permis de recouvrer la liberté que vous leur aviez confisquée.

Le PDG-RDA joua un rôle dans l’émancipation des anciens esclaves car la Guinée appliqua les dispositions sur l’égalité des citoyens (voir la loi cadre, projet, adoption ou promulgation). L’esclavage de case » disparut alors avec toutes les autres formes de discrimination.

Depuis, parfois avant cela, le Fouta a donné hospitalité, terre, femme et dignité à ceux que vous taxez d’esclaves aujourd’hui. Ils sont de nos jours : Thierno, Alpha, pas comme le vôtre, El hadj et couverts de tous les titres honorifiques. Ils comptent en leur sein de vrais connaisseurs des Ecritures qui officient dans toutes les villes et villages du Fouta. Parmi eux, il y a également des cadres, docteurs, ingénieurs, officiers, enseignants à tous les niveaux, etc.

Ces gens que vos ancêtres ont vendus souffrent, comme tout ressortissant du Fouta, de la discrimination ethnocentrique mise en place par le RPG depuis 2011. La preuve ?

Dans le fameux attentat de Kipé contre votre « professeur-président », la majeure partie des Camara, Sidibé, Keïta sont tous assimilés aux Peuls. Mais pour faire croire à un semblant d’équité, on les présente comme des Malinkés. L’opinion internationale qui ne maîtrise pas forcément le brassage de populations et la différence spatiale des patronymes vous croient. Ainsi, considère-t-elle tout Camara, Sidibé, Keïta, Diaouné, Diaby, Doumbouya comme malinké.

Sachez M. Kaba que les Doumbouya, Sidibé, Keïta, Camara, j’en passe, originaires du Fouta, sont des Peuls. Sinon des haal pular qui ne souffrent d’aucun complexe. Il est vrai que ceux qui ont les mêmes patronymes et qui sont réellement de la Haute Guinée sont au pouvoir alors que ceux du Fouta vous servent d’alibi.

M. Kaba, il m’était inimaginable de penser qu’il existe encore des personnes aussi aigries et viscéralement ethnocentriques comme vous. A l’évidence, vous causez une fois de plus du tort aux Malinkés. Votre sortie au lendemain des évènements tragiques de N’Zérékoré montre clairement que vous voulez jouer les uns contre les autres pour embraser le Fouta.

Votre sortie m’a rappelé qu’il y a toujours des pseudo-politiciens de la fameuse « association Manden-Djallon ».

Un conseil Monsieur. Cherchez plutôt à faire de votre parti un mouvement républicain. Pour ce faire, cherchez des militants par une démarche démocratique, républicaine et honnête. En tout cas, je crains que M. Alpha Condé ne veuille plus vous suivre dans votre aventure empoisonnée. Tout simplement parce que le peuple de Guinée a déjà l’antidote : les 2 ans et demi de pouvoir du RPG.

M. Kaba, sachez encore et une fois pour toutes, que plus personne ne fera son pouvoir sur le dos des Peuls. A plus forte raison sur leur sang. Que l’opposition actuelle, peule ou non, que les leaders peuls qu’on accuse d’ethnocentrisme alors qu’ils font partie des vrais démocrates en Guinée, l’assument ou pas, d’autres le feront à leur place s’il le faut.

Y en a marre « les Peuls par ci, les Peuls par-là » ! Y en marre que dès qu’on dit Peul, on voit l’homme résigné, le militant à abattre, le leader démocrate qu’on taxe d’être trop sage face à un pouvoir sanguinaire !

M. Kaba les Guinéens se souviennent du scénario d’octobre 2011. La stratégie avait marché face à une opposition qui se montrait déjà très conformiste et des populations manipulées qui se laissèrent tomber dans la nasse de l’ethno-stratégie.

Comme j’aime à le dire « tant que la terre tourne l’homme change ». Alors sachez que les temps ont changé et les hommes avec. Par conséquent ne comptez pas sur les stratégies du passé pour réussir cet autre empoisonnement des mentalités. C’est déjà un flop !

Enfin, j’appelle, comme bien d’autres, la Coordination de la Moyenne Guinée à porter plainte contre M. Mansour Kaba pour atteinte à l’intégrité morale du Fouta et incitation à la haine.

A continuer de défendre, comme elle l’a fait pour les accusés de l’attaque de Kipé et à l’image de la Coordination de la Basse Guinée, tous ses ressortissants face à un pouvoir clairement et viscéralement anti-Fouta.


Lamarana Petty Diallo


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