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La malgouvernance mène à la rébellion
Oury Baldé Jeudi, 28 Mars 2013 10:50
Les rebelles du Séléka viennent de prendre le pouvoir en Centrafrique, après avoir marché sur Bangui sans quasiment rencontrer de résistance. Francis Bozizé, putschiste autoproclamé président, qui martyrisait son peuple depuis 10 ans sous une démocratie de façade, s’est enfui comme un voleur. Rituel en Afrique et au pays de Bokassa qui change une énième fois de maitre dans le tumulte.
On pourrait remonter un peu plus en arrière et prendre des exemples plus larges de soulèvement contre des dictatures : rébellion touarègue au Mali, le M23 aux trousses de Kabila fils en RDC, le Mouvement patriotique rebelle de Côte d’Ivoire (MPCI), insurrections populaires en Tunisie et en Egypte contre les régimes trentenaires de Ben Ali et de Hosni Moubarak, etc.
Et en l’espèce le scenario des révolutions de palais africaines est le même : fumisterie politique plus ou moins durable de l’autocrate en place, mutinerie, fuite du dictateur dans le meilleur des cas ou sa mise à mort au pire. Puis s’ensuit une période de disgrâce diplomatique, et, en dernier, l’accommodation des insurgés par la communauté internationale.
Cette malheureuse issue de la politique africaine n’est que répétition et balbutiements de l’histoire qui perdurent depuis les années1970. La théorie de la complotite y voit, toutefois, une mainmise occidentale afin de se débarrasser de régimes indésirables.
Quoi qu’on en dise, les insurrections, qu’elles soient armées ou populaires, bonnes ou mauvaises, indépendantes ou téléguidées, constituent une réalité de la géopolitique africaine, dont on connait les causes.
Du Mali en passant par la RDC, la Tunisie, l’Egypte, via la Lybie, la CI, la RCA, les subversions prennent toutes naissance dans la malgouvernance…
C’est cette dernière avec son corollaire de pauvreté criante, de gestion patrimoniale exubérante et éhontée de l’Etat, d’arbitraire béant, de corruption désastreuse, d‘ethnicisme forcené, d’élections truquées, d’inculture démocratique viscérale doublée de violence tous azimuts et de la barbarie de l’armée à la solde du despote ‒ ce qui n’est pas sans rappeler la Guinée ‒, qui est la cause première qui propulse brutalement ex-nihilo des quidams au-devant des Etats.
Le dictateur burkinabé, Blaise Compaoré, l’a lui même reconnu : « (…) les rébellions se mettent en place contre des systèmes décadents, qui ont échoué ».
Si l’Afrique connait des épisodes d’élections pluralistes, c’est par la force souvent que s’effectue l’alternance politique, du fait du déficit de démocratie et la malgouvernance caractéristiques du règne africain.
Inéluctablement, les chefs d’Etats africains qui s’obstinent dans la malgouvernance, réfractaires à tout épanouissement du peuple dans leur gestion despotique du pouvoir, ne seront jamais à l’abri d’un putsch ou d’une insurrection armée ou populaire.
A bon entendeur, salut !
Oury Baldé
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Commentaires
Il est vrai que la communauté internationale se réduit souvent au 5 du Conseil de Sécu, et selon les affaires même moins.
Il n'empêche en Guinée, nous allons tout droit vers un affrontement (AC est hermétique et l'opposition ne se fera pas hara kiri), donc la communauté internationale doit être présente pour empêcher les exactions, autant que faire se peut. Elle seule est capable de donner des gages à ceux qui en auront besoin, pour laisser le pouvoir (AC) et/ou laisser les choses se faire (certains militaires).
Loin de moi l'idée que la démocratie est en marche en Afrique. D'ailleurs, on a l'impression qu'elle s'éloigne parfois dans certains pays. Mais c'est le passage obligé. Elle finira un jour par être une réalité et à s'imposera à tous. Le but de mon post est que je veux que les armes se taisent. The pen is mightier than the sword. Les militaires ont pour rôle de protéger les personnes et les biens.
Par ailleurs, l'efficacité de ce qu'on appelle communauté internationale est très discutable. D'ailleurs c'est quoi exactement ? Les USA et l'Angleterre et quelques alliés s'occupent de l'Irak sous prétexte que Sadam Hussein cachait des armes nucléaires. On tue Sadam et on ne trouve rien. Aujourd'hui le pays est ingouvernable. On tue Kadafi sous prétexte de dictature et on est incapable de faire partir Hassad chez qui on compte par milliers les morts. La CPI accuse Hururu Kenyata de crime contre l'humanité mais les Kenyan le choisissent comme leur président. Et quoi encore ... Où est l'efficacité de cette soi-disante communauté internationale ? Où est sa justice ?
Règlons tant qu'on peut nos problèmes en interne sans armes et sans communauté internationale. Ça me semble plus efficace. Peut-être que je me trompe.
Tout à fait d’accord avec vous, l’ami Thierno Bah. Les prises de force du pouvoir sont illégitimes et condamnables.Quand bien même parfois elles débloquent des situations politiques putrescentes.
Le problème cependant reste le rôle (efficace) de la communauté internationale par rapport aux cas de dictature, au-dela des déclarations alarmistes et condamnatoires , si ce n’est son indifférence ou son laxisme qui sont pointés du doigt.
Le droit ingérence international demeure pour le moment confiné à des cas gravissimes de violation des droits de l’homme.Ou disons –le clairement quand cela arrange les interets des puissances qui n’en font alors qu’à leu tête ( La France au Mali , les USA en Irak sans l’aval du conseil de securité de l’ONU .Pour ne citer que ces 2 exemples là ).
La souveraineté nationale peut être à double tranchant . Et il existe à l’echelle internationale une sorte de deux poids deux mesures .
L’avènement d’une soicieté des nations libres ,egalitaires et independantes , reste un ideal .
Sur ce point M. Baldé nous sommes sur la meme longueur d'ordre...je le signale dans un petit article publié hier. Il faut continuer à se battre pour la restauration de la démocratie en Afrique.
Parfois les putschs interviennent comme la manifestation d’un ras-le-bol des méthodes autocratiques de gouvernance. La légalité et la légitimité du recours à la force armée ne sont cependant inscrites nulle part dans les annales du droit. Toutefois, elles devraient faire cas de jurisprudence lorsque les droits fondamentaux des citoyens sont bafoués. Pour ma part, rétablir l’ordre constitutionnel, c’est-à -dire remettre de l’ordre dans la cité, nécessite des solutions autre que le recours à la révolution armée qui abime les valeurs d’une nation. Dans le contexte sociopolitique actuel de notre pays, une issue favorable consisterait à renforcer la primauté des conventions internationales sur lois machiavéliques internes et, ainsi, demander le départ de l’exécutif sur la base de l’incompétence et de l’abus de droit. Auquel cas, un gouvernement de transition sera mis en place en vue d’organiser des élections crédibles.
Tout à fait d’accord avec vous, l’ami Thierno Bah. Les prises de force du pouvoir sont illégitimes et condamnables.Quand bien même parfois elles débloquent des situations politiques putrescentes.
Le problème cependant reste le rôle (efficace) de la communauté internationale par rapport aux cas de dictature, au-dela des déclarations alarmistes et condamnatoires , si ce n’est son indifférence ou son laxisme qui sont pointés du doigt.
Le droit ingérence international demeure pour le moment confiné à des cas gravissimes de violation des droits de l’homme.Ou disons –le clairement quand cela arrange les interets des puissances qui n’en font alors qu’à leu tête ( La France au Mali , les USA en Irak sans l’aval du conseil de securité de l’ONU .Pour ne citer que ces 2 exemples là ).
La souveraineté nationale peut être à double tranchant . Et il existe à l’echelle internationale une sorte de deux poids deux mesures .
L’avènement d’une soicieté des nations libres ,egalitaires et independantes , reste un ideal .
Mon cher Oury Baldé,
Nous sommes au 21è Siècle, siècle de l'avènement ou du renforcement de la démocratie en Afrique. La meilleure façon de mettre fin à la malgouvernance reste la voie des urnes. Alors, battons-nous afin que cette voie s'impose à tous et satisfasse tout le monde. L'usage de la force est la solution extrême. La place des militaires c'est au camp.
Au fait, penses-tu que les tunisiens, libyens et algériens soient libérés et bien gouvernés aujourd'hui après le printemps arabe ? Penses-tu que la RCA soit libérée. En tout cas pas moi. La rebellion appelle la rebellion. Sauf si le personnage derrière le coup est un vrai patriote. Jerry Rawlings et ATT ont donné de bons exemples, mais ce sont des cas isolés.
Ami Patriote , ne nous refugions pas dans le siècle pour croire avec le temps au renforcement de la démocratie en Afrique.
L’humanité évolue certes , mais en Afrique encore presque ralenti sur le plan des libertés politiques .Au point qu’il ne serait pas soutenable d'y voir un net progrès de la democratie en au 21 ème siecle.Les mascarades electorales teintées de violence , les guerres civiles et coups d’etat font legion encore sur le continent.
La transparence des scrutins en Afrique reste un ideal loin d’être atteint .Il ny a pas équivoque , la baillonette n’est pas faite pour exercer le pouvoir. Celui-ci reste trop important pourqu’elle s’en occupe.
Les Tunisiens , libyens ,Algeriens et autres Centros ,sont loin d’etre liberés, après leurs revolutions .
Le sens de mon papier n’est pas de juger l’échec ou la reussite des soulevements populaires ou armés, mais plutôt de chercher à identifier la raison profonde de leur émanation (le pourquoi) : la malgouvernance. C’est un appel indicidieux à la bonne gouvernance , je lance ici en quelque sorte , Patriote. Il eut fallu une autre analyse pour evaluer les insurrections de masse ou armées en Afrique .
Une rebellion ne peut pas forcement etre mauvaise ( cas de JJ Rawlings et ATT dont tu cites ) .
Une subversion de quelque nature qu’elle soit peut-elle etre evitée ? A mon avis oui .Comment ? Par la bonne gouvernance ? Est-on à l’abri de rebellions , de coups d’etat , de mutinerie en Afrique ? Pour moi , non , tant que perdurera la fumisterie des dirigeants.
Battons-nous plutôt avant tout pour un bon leadership (responsable , citoyen, compétent ) ,et/ou en meme temps que le combat pour la democratie. .
Tous les peuples du monde souhaitent une alternance au pouvoir de maniere pacifique et convenue comme c'est le cas en democratie. La plupart du temps, les coups de force interviennent lorsqu'il n'y a plus d'autres recours. S'il faut blamer quelqu'un, c'est bien l'autocrate qui ne respecte pas les moyens convenus d'accession, d'exercice et de passage du pouvoir.
En passant, chapeau bas pour cet article, Oury. Un de tes meilleurs. Tu resumes en quelques lignes l'histoire recente des coups de force en Afrique.
Grand merci pour tout , Alhousseny . Vos critiques , observations , suggestions , toi et bien d’AUTRES ici sont le carburant qui entretient les posts et la flamme aussi .
Sans commentaire , un billet ne vaut pas grand-chose .
J’ai promis depuis une dédicace à M Mamadou Saliou Bah .J’ai pensé aussi au vénérable M B.Doumba Diallo . Le papier sur le fronton duquel sera marquée la dedicace est immiment !!! Je le dis clairement , Ce sera pour ce week-end finalement , inchallah. Rien de politique cette fois-ci. Juste une leçon de la vie .
Je prie pour qu’il plaise .
Bien cordialement .J'ai envie parfois que c'est beaux moments que nous avons eus ensemble ici ne finissent jamais. Je le dis avec une si forte émotion...
Du fond du coeur merci .
En passant, chapeau bas pour cet article, Oury. Un de tes meilleurs. Tu resumes en quelques lignes l'histoire recente des coups de force en Afrique.
Nous sommes au 21è Siècle, siècle de l'avènement ou du renforcement de la démocratie en Afrique. La meilleure façon de mettre fin à la malgouvernance reste la voie des urnes. Alors, battons-nous afin que cette voie s'impose à tous et satisfasse tout le monde. L'usage de la force est la solution extrême. La place des militaires c'est au camp.
Au fait, penses-tu que les tunisiens, libyens et algériens soient libérés et bien gouvernés aujourd'hui après le printemps arabe ? Penses-tu que la RCA soit libérée. En tout cas pas moi. La rebellion appelle la rebellion. Sauf si le personnage derrière le coup est un vrai patriote. Jerry Rawlings et ATT ont donné de bons exemples, mais ce sont des cas isolés.








