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Alpha Condé, quitte ou double (partie 2)
Haroun Gandhi Barry Vendredi, 15 Mars 2013 10:33
Comme je l'ai indiqué dans la partie 1 de ce texte, il est fort peu probable qu'Alpha Condé, hermétique au compromis, et persuadé de sa vista, accepte de transiger sur la présence de Waymark dans le processus électoral, tout juste pourrait-il concéder les primo électeurs de la diaspora, pour illustrer le fait qu'il peut faire des concessions. Mais comme nous l'avons vu, les leaders de l'opposition ne peuvent décemment pas accepter leur mise à l'écart.
Je terminais mon texte précédent en indiquant que tant que la possibilité d'obtenir un compromis subsistera, les politiciens feront certes le gros dos (des marches pacifiques notamment), mais espéreront toujours un éclair de lucidité d'Alpha Condé, permettant d'obtenir des élections crédibles. La ligne rouge est donc constituée par le décret de convocation des électeurs, 70 jours avant la date du scrutin.
La deuxième partie de ce texte indique donc ce qui se passera, si Alpha Condé n'en fait qu'à sa tête et veut forcer le passage, en maintenant Waymark envers et contre tout, soit la fameuse ligne rouge à ne pas dépasser.
J'ai longuement hésité avant d'étaler certaines informations, dont certaines pourraient éventuellement nuire à l'opposition, mais il faut montrer que la politique n'est que l'art de conduire les affaires de la Cité (qui appartiennent à tous), et qu'elle doit être transparente autant que faire se peut.
La ligne rouge à ne pas dépasser
Lorsqu'on accule quelqu'un dans ses derniers retranchements sans aucune porte de sortie, il est normal que ce dernier utilise tous les moyens possibles pour se sortir de ce mauvais pas. Dès lors l'opposition mettra toutes ses forces dans la bataille, et même davantage encore. En effet, si l'on considère que la plupart des manifestants appartenait de près ou de loin à l'UFDG, le 27 février dernier, toutefois davantage de militants sont sortis, et notamment le PEDN de Lansana Kouyaté, le GPT de Kassory Fofana et même l'UPG de Jean-Marie Doré. On imagine facilement que par la suite, de plus en plus de partis appelleront leurs militants et sympathisants à défiler, et cela risque de faire du monde dehors.
Si Alpha Condé s'imagine qu'il suffira de les laisser marcher tranquillement, mais que cela ne changera rien à son entêtement, il risque de tomber des nues face à la détermination de ses adversaires, qui iront même jusqu'à demander son départ. Et Dieu seul sait ce qui peut advenir ensuite...
On supposera donc les deux cas de figure, un départ d'Alpha Condé avant la tenue des élections qui ne se tiendraient donc pas, ou un départ à l'issue des élections, qui iraient jusqu'au bout du processus, consacrant évidemment la victoire écrasante d'Alpha Condé aux législatives. Dans les deux cas de toute façon, l'opposition restera déterminée à le chasser du pouvoir.
La question du départ d'Alpha Condé
Si vous interrogez n'importe quel diplomate sur cette question, il répondra officiellement qu'elle n'est pas à l'ordre du jour. Officieusement toutefois, la Communauté internationale a étudié la question. Elle l'a d'autant plus fait, qu'elle en a assez de la rigidité extrême d'Alpha Condé, qui avait toutes les cartes en mains pour permettre au pays d'amorcer un décollage économique, mais que, perdu dans sa volonté obsessionnelle de réduire à néant ses adversaires – comme si c'était l'objectif premier d'un chef d'État ‒, il en a oublié l'essentiel, à savoir améliorer le sort de ses compatriotes, malgré les soutiens directs et indirects de la Communauté internationale.
Pire les projets qui faisaient la fierté de ce régime (une usine d'aluminium avec Rusal, et le projet Simandou par exemple), sont suspendus, pour ne pas dire plus. Autant dire que la situation économique et sociale va être particulièrement difficile.
Dès lors, la question qui se pose dans ce cas de figure se décline en deux aspects, comment obliger Alpha Condé à quitter le pouvoir, mais aussi, que faire ensuite ? Avant de répondre à ces deux questions, il est nécessaire d'évoquer la déclaration d'un organisme qui se fait appeler « Mouvement social guinéen », qui se réveille d'un coup – où étaient-ils auparavant ? - et qui semble prendre la mesure des changements à venir.
« Le mouvement social guinéen ‒ au nom de l'ensemble des citoyens guinéens [on conteste cette réalité] ‒, met en garde tous les acteurs politiques de quelques bords qu'ils soient, contre toutes les velléités de remise en question des acquis démocratiques encore fragiles, de la cohésion sociale, de l'unité nationale et de la paix ». Sans commentaires...
Comment Alpha Condé peut-il partir ?
Habiller « juridiquement », ce qui constituerait une sorte de coup d'État civil, avec la fin avant terme d'un mandat « démocratique » (au moins sur le plan formel), car il n'est pas question d'un coup d'État militaire, n'est a priori pas évident, même si cela perturbe davantage les légalistes que nous sommes, que la population, dont les préoccupations sont autres. Un coup d'État militaire, et chacun peut le constater, est, depuis son interdiction formelle par l'Union africaine, non viable financièrement, même s'il reste possible techniquement. En bloquant tout financement, les militaires n'ont d'autres choix que de rendre le pouvoir aux civils. On imagine donc que quand bien même les militaires interviendraient directement ou indirectement, leur objectif – parce qu'ils n'ont pas le choix – sera de remettre le pouvoir au civil (voir ci-après). Bien sûr, il reste le faux coup d'État militaire destiné à enlever Alpha Condé, dans le but que tout change... pour que rien ne change. Cette solution est écartée pour le moment, parce que le culte du chef est tel chez les RPGistes, que cela paraît improbable. En fait, en dehors du coup d'Etat militaire, il existe trois manières de faire partir un régime civil :
- Négocier avec lui directement sa démission (tout le monde comprend qu'Alpha Condé a des choses à faire oublier, et sur le plan des droits de l'Homme, et sur le plan financier) ; en général, certains acceptent en échange d'impunité pour eux et leur famille, ce que seule la Communauté internationale ou un grand pays peut garantir. C'est la raison pour laquelle la Communauté internationale doit être présente depuis le début du processus (mise en œuvre des élections législatives crédibles) jusqu'à la fin (départ d'Alpha Condé, mise en place d'un gouvernement d'Union nationale de transition avec une feuille de route transparente et acceptée par tous). Même si Alpha Condé n'acceptera vraisemblablement pas ce deal, c'est pourtant le seul où il se trouverait en position (relative) de force, puisqu'il n'est pas « demandeur ». Alpha Condé considère la négociation comme un rapport de force où l'un doit écraser l'autre, alors qu'en principe, une négociation est la rencontre d'acteurs, qui défendent leurs intérêts respectifs, et où il faut trouver un compromis entre ces intérêts divergents.
- Le menacer d'un procès devant la Haute Cour de Justice (HCJ) pour trahison, avec tous les risques de poursuite sur les plans évoqués précédemment, dans la mesure où il n'y aurait pas d'accord. La HCJ sera mise en place à l'issue des élections législatives contrôlée (voire co-organisée) par la Communauté internationale, ce qui consacrera l'existence d'une Assemblée nationale. « La HCJ est compétente pour juger les actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de leurs fonctions par le PRG en cas de haute trahison » (article 118 de la Constitution), c'est-à -dire « lorsque le PRG... est reconnu auteur, coauteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits humains... » (article 119). « En cas de condamnation, ils [les membres poursuivis] sont déchus de leurs fonctions » (article 120).
- La dernière possibilité est la plus périlleuse (mais peut-être la plus vraisemblable, car il est évident qu'Alpha Condé ne va pas lâcher facilement son rêve de toute une vie), consiste en des manifestations de rue imposantes, qui ne laissent aucune alternative possible, et qui présupposent d'avoir « retourné » éventuellement quelques militaires qui comptent. Entre temps, les nouvelles instances – à la suite des élections législatives ‒ auront été mises en place et l'opposition au sens large, bénéficiera de la légitimité populaire avec ces élections, ou à l'inverse si elles sont allées au bout du processus frauduleux, ces instances seront empêchées de fonctionner.
La ritournelle de la Communauté internationale, lorsqu'une société civile lutte pour remplacer un dictateur, est de dire qu'il n'existe personne pour prendre la suite, et elle a souvent elle-même personnellement participé à cet état de fait. Cet argument était plus difficile à mettre en avant en Guinée, dans la mesure où il était malvenu d'évoquer l'expérience du titulaire actuel du poste (qui n'a jamais travaillé), face à celle des anciens Premiers ministres (PM) par exemple. Des hurluberlus s'y sont quand même essayés. C'est la raison pour laquelle, l'opposition s'est efforcée de maintenir une unité – envers et contre tout ‒, amenant certains d'entre eux d'ailleurs, à avaler des couleuvres parfois, face à certains événements où des divergences de vues s'étaient exprimé en comité restreint. L'important était – est toujours ‒ de montrer une unité de tous, ne serait-ce que pour illustrer que toutes les régions peuvent collaborer ensemble, au contraire de la volonté d'exclusion d'Alpha Condé.
Pour quoi faire ?
Le temps d'obtenir le départ d'Alpha Condé n'est pas forcément le plus difficile, et la longueur entre la décision de départ et le départ effectif dépend de deux facteurs : il faut retourner quelques militaires pour obtenir leur passivité éventuelle dans les moments critiques (il faut toujours envisager le pire, mais la Communauté internationale a suffisamment d'arguments), et surtout il s'agit de mettre en place une feuille de route, ce qui suppose la résolution de 3 questions primordiales :
- quel programme mettre en œuvre pendant la transition ?
- avec qui ?
- pour combien de temps ?
La première et troisième question posent moins de problèmes que la seconde, même si elles doivent être résolues avant. La deuxième pose problème, parce que l'unité entre les opposants pour bouter Alpha Condé dehors est réelle, mais risque de s'effriter lorsque le principe en sera acquis, chacun faisant valoir ensuite ses ambitions personnelles avant l'intérêt collectif. C'est bien le problème des politiciens en général, mais particulièrement exacerbé en Afrique (donc en Guinée), où l'on conçoit le pouvoir comme un moyen personnel de s'enrichir, et non comme un moyen d'améliorer la situation du pays, et de ses ressortissants. Il faut donc bien insister sur le projet commun, sachant qu'en principe la personne chargée de le mettre en œuvre avec les autres, ne devrait pas avoir d'importance. L'expérience de Jean-Marie Doré toutefois, nous incline à la plus grande prudence. On sait qu'en Afrique en général, en Guinée en particulier, avec le culte du chef, il en va malheureusement autrement. Et personne n'a suffisamment d'expérience démocratique pour que cette question soit simple.
La transition, combien de temps ?
J'aborde la question qui soulève le moins de difficultés a priori, et si l'on postule que d'une manière ou d'une autre Alpha Condé s'est retiré, disons en Juin 2013, avec une fin de mandat en juin ou décembre 2015, la transition durerait donc au minimum 2 ans.
Devra t-on faire des élections présidentielles à l'issue de cette transition, sachant qu'elle a fonctionné sans ? Devra t-on la poursuivre pour continuer le travail de redressement entamé ? Chacun devra s'exprimer et apporter sa contribution en sachant qu'en théorie – sous réserve des remarques précédentes ‒ le plus important n'est pas tant le titulaire du poste, que le contenu du projet réalisé.
Quel programme mettre en œuvre pendant la transition ?
Obliger les partis à définir tous ensemble la politique du pays dans de nombreux domaines, de sorte que quel que soit le parti, au moins la politique économique par exemple, soit la même pour tous. Continuons à dénoncer, mais apprenons aussi à construire, car c'est ce qu'on attend d'un gouvernement, et s'ils n'ont aucun projet, ils n'iront nulle part, ou s'en remettront aux conseillers étrangers, voire se rempliront les poches.
Il est quand même scandaleux qu'Alpha Condé, qui revendique une vie d'opposant pendant 40 ans, soit arrivé les mains dans les poches, en toute improvisation, avec un projet publié 10 jours avant le premier tour des présidentielles, des nominations ministérielles pléthoriques qui se sont étalées sur près de 6 mois, et des revirements, qui dénotent une navigation à vue, impardonnable pour quelqu'un qui prétendait posséder une vision. On se rend donc compte qu'à 75 ans, la vue baisse inéluctablement !!! Lorsqu'on ne sait pas où on veut aller, on ne va nulle part. Même si les compétences et l'expérience de certains membres de l'opposition sont indéniables, je ne leur fais pas une confiance, au point d'imaginer qu'ils ont la même vision sur ce que sont les intérêts du pays et la manière de les défendre. C'est la raison pour laquelle, chacun doit pouvoir contribuer – comme je le fais ici – afin de partager son expérience, de sorte qu'un futur gouvernement ait au moins des objectifs cohérents et réalistes.
Je publierai un autre papier ultérieurement pour ouvrir des pistes sur le contenu de cette nouvelle transition (je l'ai déjà fait ici néanmoins pour partie : http://guineeactu.info/debats-discussions/tribunes-libres/1003-ce-qualpha-conde-pourrait-faire-en-2012-pour-enfin-lancer-le-pays-sur-de-bons-rails.html). On doit néanmoins évoquer ici l'obligation de former une équipe de jeunes cadres compétents et formatés pour l'intérêt général (honnêtes ne se décrète pas), appelés à prendre la relève... de manière collective, ce qui apparaît comme l'une des réformes les plus importantes. Cela nécessite la création d'une École nationale d'administration et de la magistrature, et d'une École de commerce (où on formera des créateurs d'entreprise, mais aussi des gestionnaires).
Qui pour faire la transition ?
D'aucun doivent se demander quel serait l'intérêt de remplacer un Alpha Condé, qui certes n'est pas la solution pour la Guinée, par des opposants qu'ont a vu à l’œuvre et qui sont loin d'avoir donné satisfaction. J'y répondrai par 4 remarques :
- Premièrement on pourrait qualifier – certains l'ont fait ‒ de criminels économiques tous les ex PM, encore faut-il le prouver, et l'on s'étonne qu'Alpha Condé, juriste prétendu (il se fait même appeler Professeur) n'ait pas utilisé les procédures juridiques pour les confondre (c'est-à -dire les éliminer définitivement politiquement, encore qu'en Guinée !!!), mais ait cherché à les évincer par de viles manœuvres, voire physiquement (en septembre 2012). Mais même en admettant qu'il y ait eu vol ou détournement, il est toujours possible de récupérer certaines sommes, alors qu'on ne peut pas faire revenir les morts. Certains pourraient dire, que des meurtres et/ou des assassinats ont eu lieu sous Conté, ils en sont donc complices. En d'autres lieux que la Guinée, je dirais oui, encore que cette complicité – qu'elle soit active ou passive ‒ doit se prouver également (car elle peut entraîner les mêmes peines que l'auteur direct des faits). Mais en Guinée pour un PM, en l'absence de responsabilité complète de sa politique (il n'est que l'instrument volontaire ou pas du PRG), les seules alternatives sont de démissionner ou de profiter du système. Il est vrai que les démissionnaires se comptent sur les doigts d'une main, mais ce n'est pas le lieu ici de disserter sur ces considérations (cela peut-être fait en d'autres occasions), l'essentiel étant de vous montrer la différence de nature avec le régime d'Alpha Condé, qui est toujours militarisé, et qui tue alors que son régime n'est même pas remis en cause.
- Deuxièmement dans l'hypothèse d'une reddition plus difficile, la rue est-elle prête à se battre pour des opposants dont la crédibilité n'est pas forcément élevée, tout en sachant que l'obstacle militaire, dont les dirigeants sont nuisibles et improductifs, est toujours là . Ces derniers ne sont malgré tout pas prêts à laisser la place, qu'ils avaient négocié au mieux de leur intérêts avec Alpha Condé (toujours 30 à 50% du budget pour 0,5% de la population). Paradoxalement la plus grande difficulté n'est plus de convaincre la population du choix qui lui est offert, n'ayant plus aucune perspective avec ce régime, car chacun se bat pour son propre avenir. Un travail, le mariage et un logement sont les 3 critères qui définissent l'adulte, mais sont hors de portée pour la quasi totalité de la jeunesse.
- Troisième point : parce que le but d'une transition qui pourrait durer 2 à 7 ans, c'est de mettre la Guinée sur les rails, il ne faut pas se le cacher en jouant la démagogie. De nombreuses personnes – que je qualifierais de lucides – avaient estimé qu'à la suite des expériences de Dadis Camara et de Konaté, il fallait un gouvernement d'union nationale pour relever les défis du pays, qui sont les mêmes pour tous. Certes les moyens diffèrent entre l'étatisation plus ou moins présente, que voudraient ou pas certains, mais pour l'essentiel les objectifs sont les mêmes. Aujourd'hui le Collectif des partis politiques ADP a non seulement la particularité de regrouper toutes les composantes ethniques de la Guinée, mais surtout il a montré que les opposants de toutes régions pouvaient travailler ensemble, alors qu'Alpha Condé s'évertuait à essayer de montrer le contraire. Nos ex PM ont de l'expérience, ils n'ont jamais été en charge directe de tous les leviers du pouvoir, chose qu'on oublie un peu trop facilement à mon goût. Ils le seraient sous la double supervision de la Communauté internationale (en termes de contrôle financier par exemple), mais aussi d'une société civile rénovée, que j'appelle de mes vœux. Une société civile qui se suffit à elle-même et qui n'a pas besoin des moyens financiers du gouvernement pour défendre les intérêts... du gouvernement. Elle doit être indépendante. On pourrait même lui demander de ne pointer que ce qui ne fonctionne pas dans ce régime de transition, en vue de chercher à l'améliorer.
La nécessaire présence de la Communauté internationale
La Communauté internationale ne veut pas s'imposer – la Guinée est un État souverain ‒, mais tente par des missions ponctuelles de redevenir acteur d'une médiation. Si les événements se précipite, elle n'aura pas d'autre choix, et ce d'autant qu'elle doit intervenir à deux niveaux :
Assurer le respect des accords entre les différentes parties
Si Alpha Condé acceptait de partir de son plein gré (même si je n'y crois pas, il faut envisager cette possibilité), il lui faudrait être sûr que ce « gentlemen's agreement » puisse être respecté, d'où la présence obligatoire de la Communauté internationale.
De même avec des militaires qui seraient plus ou moins parties prenantes, la nécessité de garanties (notamment d'impunités) s'avère indispensable pour les convaincre de leur neutralité et/ou actions, en cas de manifestations. Certains militaires sont tellement conscients de leurs exactions, qu'ils craignent une « revanche » de leurs adversaires, alors que l'opposition est diverse.
Accompagner le début de la transition sur de nombreux plans
On pense bien sûr au niveau financier lorsqu'on parle d'accompagnement, mais j'entends par là également, épauler la nouvelle société civile pour qu'elle continue sa vigilance, vis-à -vis d'un nouveau régime, qui n'emportera pas les suffrages de toute la population.
Conclusion
En conclusion, certains pourront dire que tout cela est intéressant, mais qu'ils ne sont pas d'accord avec ce schéma. Le but n'est pas de compter le nombre de partisans ou d'adversaires. Le but est d'ouvrir les yeux à tous ; on a assez dit que les cadres de Guinée avaient fermé les yeux, pour ne pas se le voir reprocher ensuite. Accessoirement il faut susciter le débat, j'ai bien dit débat. Pour ébaucher ce scénario, je suis parti de ce que je connais des réalités politiques africaines (études comparatives, je n'ai rien inventé). Cela ne correspond pas forcément à mon souhait le plus profond, mais à ce qu'il est possible de faire, au vu des réalités politiques guinéennes actuelles. Chacun peut et doit apporter sa pierre à l'édifice, non sur les moyens d'y parvenir (car ils ne sont pas extensibles à l'infini), mais sur le bien fondé. Il y a forcément des lacunes, mais c'est au moins un point de départ concret, à partir duquel il est possible de travailler.
Il est aujourd'hui inadmissible de voir un « juriste » bafouer chaque jour la constitution, et se comporter comme le dernier des roitelets africains, tels qu'on en a connus dans les années 70/80 (Bokassa, Amin Dada...), et de compter le nombre de victimes pourtant pacifiques, qui sont assassinés froidement à balles réelles, en toute impunité. Il faut que cela cesse, et il n'y a pas trente six manières d'y parvenir...
Et ceux qui demandaient de fermer les yeux, compte-tenu des résultats économiques (lesquels ?), ou ceux à venir (lesquels ?) en seront pour leur frais.
Gandhi, citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).
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Commentaires
A bientôt sur votre prochain écrit.
Bien à vous,
I.B.
La communauté internationale ne remplace pas un régime civil par des novices. Quelle que soit leur moralité, les ex PM sont connus d'elle et présentent des gages d'expérience. Rien n'empêche en 2015 de voter pour qui on veut, mais au stade du développement de la Guinée, il ne faut pas rêver. Par ailleurs, il ne faut pas comparer le Brésil avec une population uniforme (noirs et/ou blancs exceptés) avec la myriade d'ethnies qui composent la Guinée.
Pour ce qui est du choix du leader, soit les 3 s'entendent, soit on choisit la solution du RPG par la nomination de CDD (je faisais allusion au fait que lorsqu'AC a viré Getma du port, on n'a pas fait de nouvel appel d'offres, mais on a choisi...le second sur la liste. Au moins ce ne sont donc pas les militants du RPG qui contesteraient ce choix.
Salut ALPHA !
Attention ! " Citoyen ouest-Africain " ne veut RIEN dire . Le Conde en est UN .
Dans la description de Mr I.B. , si chaque " sous-ensemble " ( les REGIONS ) est heureux , sois sur que tu auras un ENSEMBLE ( la GUINEE ) heureux . Quand faut-il l'essayer , je ne puis le dire . Mais le plus vite , le mieux !
Penses-y et bien a toi !
Absolument d'Accord avec vous M. Bah.
Pour moi, ca ne veut non seulement rien dire mais c'est même dangereux politiquement.
Bien à vous
Mr. Gandhi:
Si je comprends bien, vous souhaiteriez associer au nettoyage ceux qui ont "peut-être" contribué à rendre les écuries sales?
Je pense que le Président Lula était un bon "novice", on gagnerait peut-être à commencer à chercher. Considérons comme vous dites que "la population fasse partir AC", comment désignerait-on le remplaçant? Il faudra forcément une "sorte" d'élections (même si c'est au sein du "Collectif"). Qui les départagera, des GUINEENS??, dans le contexte de méfiance actuelle??? Je suis pressé de lire votre proposition de sortie de crise. En ce qui concerne votre vision sur la nécessité d'habituer nos compatriotes à penser en terme de "nation", je ne suis pas contre. Cependant, je soutiens juste qu'une Nation Forte est un ensemble de Communautés Fortes. En d'autres termes, la communauté est un préalable à la nation (peut-être que je me trompe)
Cher AOT DIALLO:
Merci pour vos critiques, je pousserai la réflexion sur la provincialisation et y reviendrai en d'autres occasions. Cependant, par rapport à votre dernière phrase, je cite: "En tout cas ma fierté serait plus d’être un citoyen ouest-africain ou africain que citoyen de la république du Fouta Djallon...", je tiens juste à dire que les SUISSES sont très fiers malgré qu'ils soient entourés par toute cette EUROPE, qui peine encore après tant d'années. C'est plutôt cette réflexion qui doit être repoussée dans 50ans, pour permettre aux pays africains de s'organiser et de décoller aux niveaux nationaux.
Merci encore à vous deux pour vos précieuses critiques.
Bien à vous.
I.B.
Attention ! " Citoyen ouest-Africain " ne veut RIEN dire . Le Conde en est UN .
Dans la description de Mr I.B. , si chaque " sous-ensemble " ( les REGIONS ) est heureux , sois sur que tu auras un ENSEMBLE ( la GUINEE ) heureux . Quand faut-il l'essayer , je ne puis le dire . Mais le plus vite , le mieux !
Penses-y et bien a toi !
Sa proposition est déjà très ambitieuse mais je la crois sincèrement possible car il propose plusieurs scénarios possibles. La votre ne l'est a mon avis pas du tout : je suis loin d'un nationaliste bouché habituel en Guinée mais confier le pays a la gestion des NU est dans notre contexte impossible et ne sera (pour le moment) soutenu par personne, y compris les NU et la C.I. Notre développement est chaotique il est vrai et prendra du temps a se redresser avec en plus des décisions courageuses comme celles proposées par Gandhi mais nous ne sommes pas le Kosovo pour avoir besoin d'un pro-consul des NU.
Pour le problème de fédérations (ou provinces), ce débat est possible mais loin d’être d’actualité pour plusieures dizaines d’années. Quand notre pays marchera sur ses 2 pieds et que toutes les institutions seront effectivement fonctionnelles ce débat pourra alors avoir lieu entre les représentants du peuple qui demanderont ensuite son avis par référendum. Mais cela vaudra-t-il vraiment la peine quand on sait que dans le contexte actuel même la Guinée "souveraine" devrait progressivement disparaître pour un ensemble plus large et viable dans la mondialisation galopante...
En tout cas ma fierté serait plus d’être un citoyen ouest-africain ou africain que citoyen de la république du Fouta Djallon...
Vos manipulations marcheront à Conakry mais pas à Genève.
Ne suivez pas votre conseiller les yeux fermés. Gardez votre libre arbitre.
A mon tour de vous signaler que vous rêvez, quand vous imaginez que les Africains décident souverainement de leur sort. Je vois que vous êtes influencé par la propagande du RPG qui ose affirmer qu'AC a été élu. On verra en son temps. En Afrique francophone en tous cas, les décisions se prennent souvent à Paris, qu'on le regrette ou pas. Le lobbying intensif actuel, mais discret d'AC auprès du gouvernement français (que vous occultez, à moins que vous n'en sachiez rien) n'en constitue qu'une illustration supplémentaire.
La feuille de route (j'ai indiqué dans le texte que j'en proposerai une à discuter avec les internautes) se fera avec des Guinéens, mais on ne peut pas prendre des novices. On voit avec AC ce que cela donne. Il faut un minimum d'expériences. Bien entendu, les ex-PM ne sont pas une solution définitive (voir mon texte), mais dans un premier temps il est inévitable de les associer pour nettoyer les écuries d'Augias, et préparer l'avenir.
De même, concernant la provincialisation, l'important est de respecter les droits de chacun, d'où l'intérêt de mettre des gens à la hauteur de la tâche, et non des incultes de type Resco qui font montre d'un zèle éhonté pour plaire à celui qui l'a mis à une place qu'il est indigne d'occuper.
Il faut habituer les gens à raisonner en terme de nation et non de communautés, et même si cela prend du temps, c'est largement à notre portée, car c'est une question d'éducation et d'organisation.
Enfin petite précision : une bonne partie des peuls veulent le pouvoir, non pas pour s'en mettre plein les poches (ils n'ont pas besoin de cela), mais pour contrôler les forces de sécurité, et être sûrs de ne pas constituer une cible systématique. Ils ont un besoin de sécurité physique, mais aussi dans les affaires (éviter qu'un PRG lunatique nationalise, réquisitionne, ou envoie des loubards piller leurs biens). Évidemment ceux qui raisonnent en fonction de leur propre façon de voir, ont bien du mal à comprendre.
Comme d'habitude, c'est un plaisir de participer aux débats que vos écrits suscitent. Après ce dernier texte, il m'a fallu 3 jours (je suis sûr que je ne suis pas le seul internaute..lol) pour digérer, et comme vous l'avez dit, il est temps de proposer, donc je me lance:
A la question du départ du PRG, nul doute que beaucoup de personnes commencent à réfléchir à ce scénario. Cependant, je ne pense pas que dans l Etat actuel de notre nation, les populations aient totalement confiance en l'opposition pour effectuer un travail IMPARTIAL même après A.C. C'est pourquoi je me demandais est-ce qu'il ne serait pas mieux d'utiliser l'ONU pour gérer la transition afin:
- D'affiner le code électoral actuel(ex.: candidature libre possible, amélioration de la loi de financement des partis,droit de vote aux guinéens de l'étranger,etc.)
-D'établir les termes de références pour le choix d'un opérateur neutre
-D'effectuer l'audit REEL du fichier électoral et procéder à sa révision.
-De FINALEMENT effectuer l'audit des anciens PM avec obligation de PUBLICATION des résultats aux niveaux des médias nationaux (ceci permettra de réellement savoir qui se présente aux élections présidentielles pour se protéger d'éventuelles poursuites, et SURTOUT renseigner la population sur la VERITE à propos de la gestion de leurs fonds publics depuis CONTE).
Basé sur les quelques points ci-dessus, je suis d'avis que la transition durera plus de deux ans, mais seulement parce que basée sur des régles de gestion PROJET concrètes. A partir du moment, où on déciderait que l'ONU contrôlerait le processus, je pense qu'on devrait les laisser choisir LEUR équipe. La question de "Avec Qui" ne se poserait plus vraiment.
Je pense qu'à la suite de ce processus, tous les partis seront plus à l'aise d'aller à la bataille pour tout d'abord élire soit les députés d'abord, ou les députés et le nouveau Président en même temps. Je remettais en cause la notion de Président dans les lignes qui suivent.
En effet, nos derniers échanges dans l'article "L'adresse à Minima de Alpha Condé", ont abouti sur une question qui je pense sera cruciale pour le 21e siècle en Guinée, et qui nécessitera peut-être un REFERENDUM dans notre pays à savoir:
-Doit-on considérer l'option de la PROVINCIALISATION (pas balkanisation) de la Guinée?
Je pense que l'endroit idéak pour débattre serait la VRAIE Assemblée Nationale élue grâce à la collaboration des UNs. Le résultat de ce référendum, seul pourra donner ue indication sur les prochaines voies à suivre. Si cela doit prendre 7ans, so be it, au moins on sera que nous sommes dans un processus LOGIQUE et JUSTE.
En réponse à votre question dans nos derniers échanges (cités ci-dessus), je vous copie ma réponse que vous n'avez jamais lu du fait de l'ancienneté de l'article.
"Cher Mr. Gandhi:
J'ai dû revérifier la définition de "balkanisation" (morcellement en plusieurs petits "etats") avant de répondre. Loin de moi cette idée pour la Guinée. Cependant, je maintiens qu'on ne perdrait rien à analyser la possibilité de "provincialisation" tout en gardant à la tête de la Guinée un parlement représentatif des 4 Provinces avec une Présidence tournante (entre les provinces)tous les 5 ans. La contribution financière de chaque province serait faite au sein d'une Banque Centrale. Une armée aussi commune au pays avec le même quota d'hommes par province, lesquels seront financés par une quote-part/province au niveau du "Fédéral". Chaque province pourra élire son "executif" afin de mettre à profit leurs avantages compétitifs. Je réalise que ça n'est pas dans le Fouta qu'il y a le plus de matières premières, cependant des activités comme l'agriculture ou les services (tourisme, santé, etc.) pourrait bien permettre à cette région de s'en sortir.
Pour répondre à la question de savoir si les Malinkés doivent repartir en Haute-Guinée: Je dis ça que serait bien qu'ils le fassent, pour développer leur propre région. On créerait ainsi une émulation entre les provinces, où un projet réussi dans une région peut servir de "benchmark" dans une autre.
La solution que je propose pourrait être mise en place pendant 50ans, le temps de panser les plaies de chaque culture, et aussi permettre à la vérité historique de reprendre sa place. Peut-être que les futures générations décideront que la population est assez mûre poure revenir à une République SANS provinces. Pour l'instant, les divisions sociales sont trop grandes, d'où la méfiance générale entre Guinéens.
Bien à vous.
I.B."








