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Guinée : un SOS pour un peuple en péril et un pays au bord de l’implosion
Lamarana Petty Diallo Dimanche, 03 Mars 2013 15:23
On attendait Alpha Condé pour la paix. Il est venu faire la guerre. Que ceux qui doutent encore du péril qui guette la Guinée se rendent à l’évidence. La Guinée est plus que jamais menacée d’implosion et de guerre civile généralisée.
Il y a quelques semaines, c’était à Siguiri et à Kankan qu’on attaquait les militants et sympathisants de l’opposition guinéenne. Il y a quelques mois, c’est un peu partout, en Guinée Forestière, (Galapagaye, Zogota), en Basse Guinée (Conakry, Fria), en Moyenne Guinée (Labé, Pita, Mamou) qu’éclataient des violences de toutes natures. Depuis le 27 février, c’est à Conakry, à nouveau, que les militants de cette même opposition sont attaqués, persécutés et violentés jusque dans leurs propres domiciles. Mais, cette fois-ci, comme en 2010 dans l’entre-deux tours de la présidentielle, le pouvoir guinéen attaque de manière très ciblée la communauté peule qu’il déloge, brutalise et tue, dont il pille les biens. J’ai expliqué quel en était le but visé dans une dépêche de ce samedi.
Personne ne sait le nombre de victimes de ces derniers jours car les familles n’osent pas sortir chercher ceux des leurs qui manquent à l’appel. L’opposition n’a de bilan que ce qu’elle parvient à récolter péniblement avec l’aide de personnes qui se sacrifient sur le terrain pour relayer le peu d’informations disponibles. Le gouvernement ne dit que ce qui l’arrange et s’entête comme d’habitude dans le déni et le mensonge. Cacher ou falsifier le nombre de blessés, de morts et de disparus demeure sa stratégie la mieux rôdée.
Il faut que les choses soient dites clairement ! Dans les conditions actuelles, la principale cible d’Alpha Condé, ce sont les Peuls. Mais cette cible n’est prioritaire qu’en façade car ce sont les Guinéens dans leur ensemble qui sont visés et qui payeront, si rien n’est fait, le prix d’un pouvoir qui préfère l’affrontement au dialogue et la division à l’unité.
Que les hommes politiques de l’opposition évitent de dire qu’il s’agit, pour Conakry, d’une purge anti Peuls est certes politiquement adroit mais cela est paradoxal à l’examen des faits.
Quoi qu’il en soit, il faut que la presse avise. Qu’elle explique que c’est un pogrom anti-peul qui est en cours. Lequel risque de conduire à court ou long terme à une guerre civile aux conséquences imprévisibles. Qui peut dire que, dans un, deux, trois jours ou quelques semaines tout au plus, ce qui se passe actuellement à Conakry ne se produira pas à Kankan, Mamou, Kindia, N’Zérékoré, Boké, Yomou, etc.?
Si l’on sait que les offenses, les humiliations, les indexations, les brimades arbitraires et répétitives poussent les gens à l’autodéfense, on ne peut minimiser le danger qui menace la Guinée. L’ampleur de ce danger peut être d’autant plus considérable quand on sait que ce sont les forces dites de sécurité qui, le plus souvent, sont les auteurs des exactions ou complices d’hommes à la solde du système. De surcroit, tout laisse penser qu’il y a derrière ces violences, le pouvoir qui se sent affaibli.
Au vu de ce qui se joue en Guinée, la communauté internationale, devrait agir très vite. Au cas contraire, elle doit s’attendre à « une syrianisation » de la Guinée à côté d’un Mali qui a failli être un nouvel Afghanistan.
Cette communauté internationale doit également savoir qu’Alpha Condé a raté la bonne gouvernance et, en même temps l’instauration d’un pouvoir démocratique, le jour où il a dit, je cite : « Je suis venu prendre la Guinée là où Sékou Touré l’a laissée ». Depuis, son comportement d’homme politique, son mode vestimentaire (boubou et mouchoir blanc), sa gestuelle, son discours et son mode de gouvernance traduisent une nostalgie pathologique du Parti démocratique de Guinée (PDG).
Les différentes alliances de l’opposition guinéenne, le Collectif, l’ADP et le CDR, ont lancé un appel à cette communauté internationale pour qu’elle intervienne afin d’éviter l’aggravation de la situation déjà très dramatique de notre pays. Devrait-elle se rappeler qu’il a fallu qu’un pays s’engage au Mali pour que les autres suivent ? Il en faudrait autant pour la Guinée peut-être.
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union africaine (UA), l’Organisation des Nations-unies devraient prendre les devants en intimant au pouvoir guinéen de mettre fin aux violences. Cet appel (ou mise en garde) mettant un accent tout particulier sur la fin des agressions ciblées contre l’ethnie peule.
Aux Guinéens de l’extérieur, il est temps que nous nous remobilisions de notre côté pour sensibiliser les chefs d’Etat et de gouvernement, la communauté internationale dans ses différents organismes et toutes les organisations de défense des droits de l’homme et des citoyens.
Les médias et les représentants des partis politiques de l’opposition et de la mouvance (pour ce qu’elle compte de patriotes et non de nostalgiques), les organisations de la société civile doivent se donner la main pour assister les populations en souffrance à Conakry. En même temps nous devons commencer les manifestations pour dénoncer la dictature d’Alpha Condé et son système ethnocentrique.
Enfin, en ces moments de douleurs et de souffrances, nous devons tous apporter notre soutien à l’opposition guinéenne dans sa lutte difficile contre un système qui détruit ce qu’il devrait préserver : les biens privés et la vie des citoyens. Notre engagement doit être également pour les familles des victimes : celles du passé et d’aujourd’hui. Ce sont ces martyrs de la liberté qui doivent plus que tout nous rappeler à notre devoir patriotique.
Que chaque Guinéen fasse tout ce qu’il peut de mieux pour sauver la Guinée, préserver la paix et l’unité de notre pays.
Unissons-nous, comme par le passé, pour débarrasser la Guinée de toute dictature.
Lamarana Petty Diallo
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