Oury Baldé Samedi, 23 Février 2013 18:35
Une autre tragédie est peut-être en passe de se dérouler au Fouta…
Dans un article récent de Paul Lieutaud, publié dans l’hebdomadaire français Marianne et repris par GuineeActu, il est fait mention d’une soi-disant présence de djihadistes maliens en Guinée. Je cite : « Discret sanctuaire (…) Adama Keita est le seul officiel (guinéen) qui acceptera de répondre à quelques questions. Il livre une information importante. "Nous avons dû accueillir un groupe important de Touaregs avec leurs moutons, dit-il dans un bon français, mais nous n'avons pas vu passer beaucoup d'islamistes radicaux par ici. Mais je sais qu'ils passent plutôt du côté de Labé." Située à plus de 300 km à l'ouest, dans les montagnes du Fouta-Djalon, la grande ville peule est proche à la fois des frontières malienne et sénégalaise. » !!!
Curieusement, la presse française a peu ou pas fait écho de l’info. En France, pour l’heure, mis à part le décompte des autorités du nombre de victimes islamistes dans l’opération Serval et les débats concernant la reconstruction de l’Etat malien, ce n’est qu’au Nord-Cameroun, à la frontière avec le Nigeria, qu’on évoque un activisme de groupes islamistes.
Une information à confirmer, mais aux conséquences lourdes pour le Fouta
Si des précédents de connivence avérée entre medias et politiques, ne se reproduisaient pas souvent, on aurait été en tort de ne pas prendre pour argent comptant les révélations de Marianne. Mais, fort malheureusement ou heureusement, la réalité est tout autre. Il n’est pas question ici de remettre en cause qui que se soit.
Secret de polichinelle, bien des chefs d’Etat africains, en manque de légitimité, se payent régulièrement des éditions entières de grands journaux internationaux jugés pourtant crédibles. Sans le citer nommément, AC lui-même file le parfait amour avec un grand groupe de presse panafricain bien connu.
France 24, par exemple, sous la coupe de Christine Ockrent alors directrice générale déléguée de l'Audiovisuel extérieur de la France, par ailleurs épouse de Bernard Kouchner « frère jumeau d’AC », avait ouvertement pris fait et cause pour AC à l’entre-deux tours de la présidentielle. Soutien qui a largement contribué à orienter les opinions et à faire légitimer la sanglante mascarade électorale en défaveur du candidat favori CDD.
Absorbée par une actualité sociopolitique agitée, la question du reflux supposé des djihadistes maliens en territoire guinéen, reste pour le moment peu abordée dans le débat public national.
La foulaphobie destructrice d’AC est de nouveau à redouter
La rumeur d’une présence de djihadistes maliens au Fouta est à redouter pour les populations de cette région majoritairement peules, encore sous le choc des violences de la présidentielle de novembre 2010.
Ceci d’autant plus quand on connait tout le mépris affiché d’AC pour cette région et pour le Peul, et qu’au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste, les gouvernements ont pratiquement carte blanche pour commettre, sans avoir à en répondre, toutes sortes d’exactions, au vu et au su de la communauté internationale.
Ce serait peu craindre des crimes contre l’humanité impunis au Fouta dans les jours à venir, sachant l’existence de la nébuleuse sécuritaire va-t-en-guerre d’AC, fourre-tout de nervis de tous poils (chasseurs Donzos, mercenaires, soldatesque de l’armée guinéenne).
Le Fouta-Djallon, déjà mis en quarantaine par le pouvoir central, semble loin d’être tiré d’affaire. Une angoisse de plus …
Bon Dieu sauve la Guinée et le Fouta !
Oury Baldé
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