« Remaniement partiel » : qu’est-ce qu’AC a donné à ses ex ?

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BALDE_Amadou_Oury_5_01Plus qu’un scandale, la Guinée continue à étonner par les bizarreries et les absurdités de sa vie politique moribonde. Dernière illustration : la réaction bizarre, du moins paradoxale, des ministres Mathurin Bangoura, Jean Marc Telliano et Korka Diallo, limogés.

En effet, ces trois (3) ministres démis à la suite d’autres, sans aucune forme d’explication, se sont empressés, à peine leur révocation, avec un zèle emphatique significatif, d’entonner louanges et remerciements à leur ex-employeur, AC.

Successivement, Jean Marc Telliano, ancien ministre de l’Agriculture, a déclaré : « Je n’en veux pas au chef de l’État. Il pense que je ne peux plus le servir »‏. Tandis que le général Mathurin Bangoura ; rescapé à la fois de la dictature de Lansana Conté et de la terreur de CND ; ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, n’a pas trouvé mieux que de psalmodier un concert de remerciements dont seul il a le secret, à l’adresse d’AC. Pour un ministre qui venait d’être empêché manu-militari d’accéder à son bureau pour risque de vol, c’était tout à fait logique !

Le général Korka Diallo, ministre sortant de l’Elevage, s’est, quant à lui, fendu d’un aphorisme sans ambiguïté: « Le président m’a dit qu’il est très content de notre collaboration »‏ ! Après avoir cherché en vain à noyer le poisson, en faisant croire encore à l’existence du strapontin supprimé qu’il occupait. Change ridicule, sauf pour lui.

Du reste, le général Korka est un habitué des salamalecs : lorsque le bouffon écervelé Dadis Camara l’avait publiquement humilié à cause d’un prétendu favoritisme filial, tout le monde avait cru que le général Korka Diallo se suiciderait, ou, au moins, démissionnerait en désapprobation de l’affront public qu’il venait d’essuyer. Il n’en a rien été. Korka Diallo a continué de voir la vie en rose, indifférent.

Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ?

On pourrait douter de la sincérité de ces propos dans un pays où il faut raser les murs, même pour l’Etat, pour être en sécurité. Mais ils révèlent toutefois la mentalité servile du Guinéen qui ne démêle toujours pas servir un individu et servir l’Etat. A moins de croire qu’AC ait usé d’un sortilège pour faire l’unanimité. Quel tocsin dans ce cas ? Connaissant la boulimie du « prof » pour le pouvoir, et son goût aigu de la mysticité (les Donzos, sa garde prétorienne, sont avant tout des féticheurs), rien n’est moins sûr.

Faire profil-bas n’aurait pas été plus déshonorant pour ces ministres, à défaut de faire leur mea-culpa sur la nullité de leur bilan. D’autant plus qu’en Guinée, les dinosaures politiques se recyclent à chaque régime…

Les Guinéens, dans leur majorité, ne se doutent guère que le grand toilettage de l’appareil d’Etat annoncé n’est que partiel et fort partial ‒ d’autres limogeages et nominations sont sûrement en train de mitonner en fonction des desideratas et des caprices politiques machiavéliques du « prof-président ». On est certain que le piètre jeu de chaises musicales où les remplacé(e)s choisissent leurs successeurs, n’a pas livré tous ses secrets.

Il faudra façonner d’abord un Guinéen nouveau débarrassé de l’esprit d’aliénation, du culte de la personne initié par AST, de l’ethnocentrisme, de l’incivisme, pour une Guinée nouvelle. Cela prendra le temps que ça prendra, mais ce sera indispensable pour l’émergence d’une Guinée nouvelle et progressiste.


Oury Baldé 
 

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Commentaires  

 
+4 #4 Gandhi 16-10-2012 07:00

Traoré, vous êtes incroyable, si les leaders de l'opposition ont des millions chez eux - qui viennent de nulle part -, on s'étonne que le PRG laisse faire... à moins qu'il ne soit dans la même situation. Pour reprocher des malversations aux autres, encore faut-il être soi-même exemplaire, et dans ce domaine l'affaire Palladino est venu jeter un froid.
Mais j'imagine que dans votre logique, il n'y a que les autres qui puissent se compromettre.
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-6 #3 Diocunda Traore 15-10-2012 23:44

Mon Cher AOT, avec un peu de bonnes foi, il faut reconnaitre qu'on peut bel et bien sortir vivant du "lot de 200 voleurs". Les ex premiers ministres (Cellou, Sydia et kouyaté) en sont la demonstration la plus indiscutable. Cependant si on peut s'en sortir en guinée avec un ticket de politicien, sous d'autres cieux c'est la prison qui sera leur avant derniere demeure (avant leur tombeau). La maire du XIIIeme arrondissement de Paris est la plus recente illustration. Cette femme avait dans sa maison la somme de 400 milles euro. En guinee nos ex premiers ministres on au moins 100 fois ces sommes dans leur maison!
Avec autant de vol, on ne peut que pourfendre ceux qui place l'interet de la nation au dessus des billets de banques (je veux parler de AST)
Trankylement
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+3 #2 AOT Diallo 14-10-2012 19:43

Mignan Oury ceci ne devrait pas choquer toute personne qui connait comment fonctionne le pouvoir en Guinée : une fois qu'on est rentré dans le groupe des "200 voleurs de l’état" on n'en sort plus - sauf par la mort!
Ces 3 généraux savent qu'ils ont perdu leurs postes mais pas leurs accès a la mangeoire nationale - sans bruit ils seront redéployés comme ambassadeurs ou ils conserveront leurs postes de présidents de C.A. des sociétés mixtes du pays...
Tu me diras en France et dans toutes ses (ex) colonies c'est partout la même chanson.
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+5 #1 alphonse 14-10-2012 17:43

Rien d'etonnant de la part d'un gouvernement dont le president avait promit de reprendre la Guinee ou AST l'avait laissee. Au temps de la revolution on obligeait les prisonniers politique une fois liberes de venir remercier le " n'fama". Que des ministres viennent remercier le president pour etre limoges du gouvernement n'est qu'une suite logique.
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