Oury Baldé Mercredi, 20 Juillet 2011 18:22
Le « coup de force contre AC » consécutif à l’état catastrophique du pays (inflation galopante, cherté exacerbée de la vie, pauvreté grandissante, insécurité, malaise politique et social) aurait pu être prévisible. Dans un contexte de foulaphobie ambiante, c’est désormais le sort de millions d’hommes et de femmes qui inquiète en Guinée. Les coups d’état manqués, réels ou montés de toute pièce, donnent de fait le droit de tuer aux chefs d’Etat africains, dont la mal-gestion est à l’origine de tous les maux, pour se livrer à de véritables purges.
Réel ou imaginaire, les Guinéens n’avaient certainement pas besoin d’un ce couac de trop qui impactera forcément dès maintenant leur destin, meurtris par un âpre quotidien.
… La hantise du regain de l’Etat policier plane à nouveau sur la Guinée
La Guinée risque très certainement de renouer avec les démons de la terreur au lendemain de cet « incident ». Tout pourrait dorénavant y être assimilé encore au crime de lèse-majesté. Comme naguère du temps de la fameuse révolution et de sa litanie de complots permanents, sa horde incessante de 5e colonne, ses goulags de sinistre mémoire (le camp Boiro !!!), son système infernal et machiavélique de délation et d’espionnage, d’arrestations et d’assassinats politiques, de chasse aux sorcières sanglante.
La méprise fatale qui pourrait coûter à la longue serait de s’emmurer dans une répression aveugle à tout va au lieu de s’interroger sur les causes réelles de « l’attentat manqué », s’il en est un. Et les mêmes causes continueront à produire les mêmes effets.
L’autre enseignement à tirer de « l’attentat manqué contre le Président guinéen » est que l’on n’est, en tous les cas, pas encore en démocratie en Guinée. En admettant que la démocratie reste fondamentalement incompatible avec les coups d’état.
Au final une certitude demeure : Aussi longtemps que le pouvoir continuera d’être un outil d’oppression et d’enrichissement matériel au profit de la seule classe dirigeante et non un moyen d’ascension du peuple sans discrimination, il en résultera toujours des frustrations puis des velléités de contestations insurrectionnelles qui chercheront à le remettre en cause d’une manière ou d’une autre.
Oury Baldé
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