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La Guinée entre le nécessaire et impossible dialogue : Le pire peut-il encore être évité ?
Lamarana Petty Diallo Mercredi, 23 Mai 2012 15:35
C’est peu dire d’affirmer que la situation politique et sociale guinéenne est de plus en plus tendue. Pourtant, tout le monde connaît et feint d’ignorer l’unique et incontournable solution : le dialogue.
Un dialogue nécessaire. Plus encore, indispensable. Mais cette voie s’avère être impossible. Du moins, depuis l’élection en novembre 2010 d’un certain Alpha Condé comme Président de la République. Les causes du refus sont diverses et mon propos n’est point de les aborder.
Je m’appesantirai sur les conséquences que chacun voit venir sans y prendre garde. D’un côté, on fait la sourde oreille. De l’autre, on se bat sans résultat pour détrôner l’homme par qui tout peut arriver.
En effet, Lousény Camara, le président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est l’épine dorsale de la question qui oppose pouvoir et partis politiques : ADP et Collectif. Il apparaît comme la seule personne qui pourrait faire gagner ou perdre les élections législatives. Autant dire qu’en Guinée, comme dans beaucoup de pays africains, les urnes ne font ni les élections ni la victoire méritée.
Pouvoir et opposition se regardent en chiens de faïence. Au centre de leurs préoccupations, et en méconnaissance totale du sort du peuple, un seul un homme : Lousény Camara. C’est à ce niveau qu’il va falloir trancher, car la Guinée vacille à vue d’œil. De jour en jour, l’obstination du pouvoir expose le pays à un cataclysme social et politique que rien ne semble empêcher.
Face à la situation actuelle, le problème est moins de savoir qui se braque et campe sur ses positions, que celui par qui tout pourrait arriver. L’évidence est là : dans le contexte qui prévaut, le pouvoir en place est l’unique comptable. Pour la simple raison qu’il est le garant de la sécurité du peuple. Par conséquent, il lui revient de prendre toute initiative constructive pouvant assurer la paix sociale. Laquelle est conditionnée par des « élections législatives libres et transparentes ». Une chose qui semble de plus en plus éloignée. Et pour cause ?
Beaucoup de voix se sont élevées en faveur d’un dialogue politique. Hélas, aucune ne semble avoir été entendue. Tactique ou stratégique, ce refus d’écoute, de concertation et de dialogue, est insensé. Simplement idiot, pour dire les choses comme telles. Mais, il y a pire.
Des informations, très fraîches, en provenance de certaines instances et organisations de partis politiques de l’opposition font craindre le pire. Elles sont relayées, tant par la presse réputée être proche du pouvoir que par celle de l’opposition. Toutes font état de la présence des « Donzos » en Guinée-Forestière.
Ces chasseurs dits traditionnels sont assimilés à une milice ethnique. Ils apparaissent aux yeux de plus d’un Guinéen comme des semeurs de morts. Des mercenaires qui sont au-dessus de l’armée nationale et des institutions paramilitaires. Des défenseurs de la cause ethnique et au détriment de l’unité nationale.
Ce sont ces gens qui auraient fait leur réapparition à N’Zérékoré. L’un des sites internet qui est à l’origine de la nouvelle indique que le préfet en personne aurait affirmé les avoir chassés de son territoire. M. Hassan Sanoussy Camara, pour ne pas le nommer, a précisé dans son interview que les Donzos viendraient de Dabola, à plus de 500km, mais aussi « de toutes les régions du pays et ailleurs ». Qu’ils terrorisaient la ville et avaient érigé des barrages.
On se demande bien pourquoi ces hommes illégalement armés se donnent le droit d’assurer la sécurité. Et quelle sécurité ? Au nom de qui agissent-ils ? C’est comme s’ils étaient dépositaires d’un quelconque pouvoir légitime. Comme si ces recrues avaient des prérogatives légales ou institutionnelles.
Malheureusement, les faits ne se limitent pas à la simple présence de ces chasseurs de gibiers humains. D’après des jeunes leaders de l’ADP et du Collectif, ces Donzos ont rejoint Conakry. On les aurait vus dans des endroits stratégiques de la capitale. Leur présence aurait un double but : orchestrer des troubles lors de la manifestation préalablement fixée le 24 mai 2012 et reportée depuis, et attenter à l’intégrité physique des responsables de l’alliance.
Tout semble montrer que la Guinée est en danger. Que le pouvoir dispose d’une force parallèle. Qu’il y a une armée de recours et de connivence qui est au-dessus de l’armée guinéenne. Que ces Donzos qui ont fait régner la terreur lors de la manifestation de l’opposition du 27 septembre 2011 à Conakry sont à la solde du système en place. Une seule preuve suffit pour confirmer cet état de fait. Le préfet de N’Zérékoré, un représentant de l’Etat, affirme lui-même ne rien savoir des Donzos. Cela veut dire qu’il y a quelque part, quelqu’un qui sait quelque chose à leur propos. Celui-ci ne pouvant être que le pouvoir central ou l’exécutif. Le cas échéant, il les aurait fait arrêter par l’armée guinéenne.
Si l’existence de ces personnes auxquelles on a donné ce sobriquet « Donzos », pour masquer leur vraie identité, se vérifiait, il est du devoir de tout citoyen, de toute entité villageoise, régionale ou préfectorale de les chasser. Surtout, de se prémunir par tous les moyens contre leurs actions meurtrières.
Il faut dire qu’il est fort étonnant que ce soit des organisations de jeunesse de l’opposition qui révèlent la présence de cette milice ethnique à Conakry. Une fois de plus, les leaders de l’opposition donnent l’impression de se cacher derrière une voix moins autorisée. Cela les décrédibilise et risque de remettre en cause leur courage politique. Cela d’autant plus que rien ne justifie qu’une force armée (et c’est le cas) se substitue à l’armée nationale et aux forces de l’ordre. Le risque est on ne peut plus grand que les Donzos noyautent et contrôlent l’armée guinéenne.
On voit bien que la situation est suffisamment grave. L’accusation de présence de Donzos, si c’en était une, est très sérieuse pour ne pas que l’opposition laisse la parole à la seule base. Il lui appartient de dénoncer, avec la plus grande gravité et la véhémence nécessaire, la menace qui pèse sur la Guinée. Au cas contraire, elle aura banalisé le danger et hypothéquer la sécurité des citoyens.
Il est indispensable que les leaders politiques de l’opposition s’expriment au plus vite sur la question des donzos. Qu’ils confirment ou infirment l’information. Dans le premier cas, il serait de leur droit de porter plainte contre l’Etat pour infiltration de mercenaires, tentative d’atteinte aux institutions républicaines et mise en danger du peuple. Ces faits, sans être spécialiste du droit, pourraient bien être qualifiés de haute trahison et punissables comme tels.
L’opposition républicaine doit, toute réserve faite, appeler les Guinéens à combattre par tous les moyens les gens qui constituent une double menace : menace sur la vie des citoyens, leurs biens, menace sur la paix sociale. Que cette opposition ne perde pas de vue que les vrais Donzos, c’est-à -dire les chasseurs traditionnels de certaines contrées de la Haute-Guinée ont déjà fait savoir qu’ils n’avaient aucun lien d’appartenance avec ces coupeurs de têtes.
Cette actualité qui vient alourdir un climat social et politique déjà très tendu et à la limite du supportable, n’augure rien de bon. Il est grand temps que les responsabilités soient situées. Le Président guinéen est à la fois celui qui peut le faire et par qui tout pourrait arriver.
Souhaitons que ce soit la paix. En tout cas, l’échec de celui qui occupe la magistrature suprême n’est point collectif. Moussa Dadis Camara ne l’a-t-il pas appris à ses dépens ?
Que Dieu protège notre Guinée !
Lamarana Petty Diallo
Commentaires
avant l independance, il y a eu des guerres fratricides entre mi;itants du PDG(Peuls Saifoulaye, sousous Mafori Bangoura Nfamara Keita forestiers Lansana Beavogui malinkes oSekou toure ) et ceux du BAG parti multi ethniue Karim Bangoura soussou, Framoi Berete malinkes Barry Diawadou Peul et bien d autres.
Arretez d abreuver les gens de mensonges
Il faut aussi noter que Sekou Touré avait aussi fait appel aux Donzo pour combattre les peuls quand Barry Diawadou l'avait battu aux legislatives en 1957. Alpha a fait de meme en 2010 a l'entre deux tours sur le territoire de la haute Guinée. Aux autres de savoir se premunir contre les donzos en ayant de la lumiere dans sa maison. Je vous salue
Avec tout le respect que j ai pour vous, je ne crois pas a cette histoire de Donzo qui me semble plus relever de l affabulation que de la réalité. Pourtant, j avoue que vous êtes l un des rares leader d opinion que j apprécie a cause de l objectivité de la plupart de vos écrits. Mais cette fois, je désavoue vos propos sur les donzo, comme tu as si bien explique sont des chasseurs de gibier. Pourquoi créer cette psychose qui ne fait qu exacerber les tensions qui sont déjà a un niveau très élevé. Je vous classe dans les rangs des journalistes d investigation. Pour l amour du ciel, allez y a la source de l information et venez nous en dire plus. Les Donzos dont vous parlez ne sont nullement des lutins, mais des êtres humains comme nous. Par consequent, vous avez la possibilité de les voir et de les interviewer pour en savoir plus sur leurs activites.








