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Le gouvernement et le président guinéen jouent avec le feu ‒ Appel à une prise de conscience
Lamarana Petty Diallo Vendredi, 11 Mai 2012 14:27
Depuis plusieurs mois, l’opposition guinéenne réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) mobilisent militants et sympathisants pour la tenue d’élections législatives libres et transparentes.
Le gouvernement et le président guinéen en tête semblent minimiser l’impact politique, économique et social des manifestations hebdomadaires qui sont en passe de devenir quotidiennes. Une telle attitude relève plus de l’inconscience que de l’incompétence. La question que tout observateur est en droit de se poser, c’est de savoir ce que veut l’exécutif guinéen.
Chacun pourra apporter la réponse qui lui convient. Pour ma part, je crois que le président Alpha Condé est en train de négliger quelque chose qui mérite toute son attention. La détermination des Guinéens a laissé des marques historiques que tout homme politique bien avisé ne peut ignorer. Les manifestations de mars à juin 2006, de janvier-février 2007 et du 28 septembre 2009 en font foi.
Si Alpha Condé n’a assisté, de manière directe, à aucune de ces mobilisations pour la revendication des droits du peuple à décider de son destin, il est indéniable qu’il en a vu les effets. Voudrait-il des conséquences comparables ? Ne voit-il pas que les populations guinéennes, y compris une bonne partie de celles qui le soutenaient, sont en train de le lâcher ? Personne, aucun homme politique ne peut rester indifférent à la vague de contestation qui monte actuellement en Guinée.
Ce serait une réplétion de dire que le monde a changé. Mais, c’est aussi une sorte de mise en garde. A voir l’indifférence du président guinéen face à la désagrégation du climat social et politique du pays, on se demande si c’est la même personne qui avait parlé de printemps africain. Ou bien voudrait-il avoir par son indifférence son propre printemps ?
Le climat politique qui règne dans certains pays voisins comme le Mali et la Guinée-Bissau devrait inciter les gouvernants guinéens à plus de responsabilité, de clairvoyance et de prévoyance. Il y a toujours, en cas de crise larvée, la preuve en est donnée, un petit soldat ou officier quelque part, qui soit capable de mobiliser une petite troupe. On me dira que cela n’est plus autorisé. Mais ce fut de tout le temps le cas. Et n’empêche donc.
Qu’on ne me fasse surtout pas dire que j’incite qui que ce soit à une quelconque atteinte à l’Etat. Ces propos tiennent d’une volonté d’appeler les responsables politiques guinéens, dont le premier d’entre eux, à prendre conscience que le terrain est en train de se dérober sous leurs pieds. C’est un appel à l’éveil et à la responsabilité.
Alpha Condé devrait prendre conscience du risque d’enlisement et des méfaits qui s’ensuivraient pour aller vers l’opposition, chercher ouvertement et de manière consensuelle et franche, la solution au problème de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le reste suivra tout naturellement.
Le gouvernement guinéen et le parti au pouvoir devraient savoir que des partis politiques fictifs et des responsables figuratifs, qui n’ont aucun poids électoral, ne les aideront jamais à gagner les échéances à venir. Ils doivent accepter de composer avec leurs adversaires. Cela n’étant nullement un signe de faiblesse. C’est le contraire qui relève de l’irresponsabilité.
Actuellement, et dans la situation politique qui prévaut, le pouvoir guinéen n’a aucune chance d’aboutir ou de réussir quoi que ce soit sans un apaisement social et politique. Ce qui n’est possible sans la participation des responsables et leaders de l’opposition : Sidya Touré, Lansana Kouyaté, Mohamed Soumah, Mouctar Diallo, Cellou Dalein Diallo, Aboubacar Sylla et j’en passe.
Il est vivement recommandé au président guinéen de réagir de manière responsable, urgente et efficiente pour éviter une explosion sociale dans le pays. A cela, un seul choix : s’impliquer personnellement dans la solution de la question des législatives. En tout cas, ces échéances sont l’épine à son pied. A lui de savoir comment l’en extraire.
Une manifestation, deux, trois, quatre par mois, ça passe et se gère. Mais, des manifestations quotidiennes sont incontrôlables. Les dérives les plus tragiques sont vite arrivées. Il y en déjà eu, si on en croit les images que l’on voit sur le net : des blessés par arme, des brûlés au corps, au visage, à la tête. Pire encore, sur les parties les plus sensibles et intimes. Je ne parlerai pas encore de morts en attendant une confirmation des infos dans ce sens.
Le gouvernement guinéen et son président devraient savoir que le mirage démocratique n’a pas encore eu lieu. Bien plus, c’est une désillusion qui est là . Le président Alpha Condé devrait situer les responsabilités et en tirer les conséquences. Les observateurs sont presque unanimes à dire que le système n’a pas produit l’effet attendu. Que la dérive est en marche.
Question de gouvernement ? De gestion personnelle et ethnique du pouvoir ? Méconnaissance du terrain ? Tout cela à la fois ? Une chose est sûre : ça ne marche pas en Guinée.
Dans un pays où tout va bien, il n’y a pas de manifestations populaires revendicatives. Il n’y a pas de famine. Il n’y a pas de manque d’eau et d’électricité. Il n’y a pas de forces de police et de gendarmerie qui matraquent et violentent les citoyens.
Dans un pays démocratique, on n’a pas besoin d’appeler les militaires à rester dans les casernes. Il en va de soi, car la loi leur interdit le contraire. On n’a pas besoin non plus d’une presse à dévotion. Encore moins de passer en boucle les images du président, de ses ministres et autres pour faire illusion.
Dans un pays où le minimum est assuré, les imams donnent des serments. Ils ne sermonnent pas le président et l’exécutif ! Autant dire qu’en Guinée, ça ne marche pas. Et cela ne saurait être en l’absence d’un rapprochement avec l’opposition politique.
Le gouvernement guinéen et le président Alpha Condé devraient transformer la braise qui dort sous la cendre de l’échec, en boule de cristal. Autrement dit, en un matériau solide pour resserrer les liens entre pouvoir et opposition, entre Guinéens tout simplement.
Vivement que les oreilles s’ouvrent pour entendre la voix des Guinéens qui s’expriment sur le net, à travers les journaux de la place et qui ne sont fagotées par personne. Cela, pour éviter de nouveaux drames et un retour aux tragédies passées et non lointaines que le peuple a essuyées.
Que Dieu aide ceux qui se battent pour le peuple, pour la démocratie chez nous et non pour un homme ou pour leurs intérêts égoïstes !
Lamarana Petty Diallo
Commentaires
Le FMI s'est attaché à maitriser l'inflation et à stabiliser les finances publiques. Comment ? Grâce à l'unicité de caisse (suppression des comptes parallèles), le contrôle de la création monétaire (planche à billets), la diminution des subventions aux carburants et surtout grâce aux 700 millions de Rio Tinto qui ont reconstitué les réserves de change et ont permis au gouvernement cette politique restrictive. Rio Tinto n'a pas payé par plaisir, mais par intérêt (même si je trouve ça normal), mais malheureusement l'État s'est fait roulé dans la farine pour l'avenir (si vous n'avez rien compris à mon texte sur la question, seul l'avenir vous permettra de comprendre).
Le reste des pseudo réalisations (car ce ne sont que des déclarations gouvernementales) dont vous parlez, provient des dons et des prêts affectés des États et des institutions internationales. C'est bien qu'elles aillent sur le terrain et non dans des comptes bancaires à l'étranger, mais cela ne vient pas du travail des Guinéens, donc n'est pas pérenne et si les résultats ne suivent pas (ils ne suivront pas), ce n'est que poudre aux yeux.
Si cela peut vous rassurer aucun des hommes politiques guinéens ne me satisfait, pas plus les Anciens qu'AC. Je m'intéresse à la Guinée (et notamment ses réalisations, et non ses reportages télé ciblés), pas à ceux qui conduisent le pays.
Oury Baldé, on éduquerait les mauvais pour qu'ils deviennent bons. Il n'y a pas de poubelles où jeter les mauvaises personnes.
Courage ,"Patriote" , pour l'alchimie bonificatrice -...humaine-
Comolam, comme le ridicule ne tue pas (pour vous pastichez), parlez-nous du bilan de votre oncle, le seul qui compte, puisqu'il est en charge du pays. Si CDD et Sidya sont des criminels économiques, qu'attendez-vous pour les poursuivre pénalement ?
Gandhi, ne vous en faite pas, cela serait bientôt, tout les voleur repon
Les Guinéens n'attendent pas de pouvoir manger à leur faim, de la condamnation éventuelle de ces deux ex-PM, mais des décisions du PRG actuel (diminution du prix du carburant, limitation des prix des denrées alimentaires, hausse des salaires, etc..), les seules qu'il ne peut pas prendre. Car si vous voulez parler du passé, on peut remonter à la pomme d'Adam !!!
Gandhi, ne vous en faite pas, cela serait bientôt.....Les voleurs du bien publique seront jugé sans exception, même ceux qui pense se caché à Sekoutoureya! Tolérence zero
Je pense Mr Barry, que la critique constructive est un levier du progrès, rien n’est plus beau en démocratie que de reconnaitre les qualités de son adversaire ! Quand je vois et bcp de mes compatriotes le malheur des guinéens, qui sont dues en grande partie à la défaite de nos hommes politiques recyclé, mais peut-être aussi au fait qu'une page triste de notre histoire se tourne, je me dis que rien n'est perdu. L’optimisme, le courage et la tolérance demeurent les principes qui devraient nous guider dans nos combats démocratiques.
Decidemment, c'est le dimanche des gourances.
A force de jouer aux speedy Gonzalès, ou on finit par se lasser ou de ne pas avoir la cible à chaque fois.
L'incapacité d'Alpha Condé est dûe à limmensité des problèmes à solutionner en Guinée . Les dégats causés par Lansana Conté et ses differents ministres sont tels, qu'aucun homme au monde ne peut dire avec certitude qu'il a la solution immediate . CDD et Sydia, sont en train de se moquer des guinéens, si le ridicule tuait, ces deux compères ne seraient plus en vie .
Du temps de Konaté ,c'était la faute à Dadis. Et du temps de Dadis ,c'était la faute à Lansana Conté et du temps de ce dernier c'était AST le bouc -emissaire .Enfin si AST a echoué , c'était la faute à la colonisation.On pourrait remonter jusq'à Mathuzalem , Adan et Eve. Quand allons -nous accepter de nous rejetter la patte chaude? Cette deresponsabilité?
Youssouf Bangoura, la Guinée a besoin de tous ses fils et filles fussent-ils bons ou mauvais (...)
"Patriote" , on ferait quoi des mauvais?
En attendant, la crise cinquantenaire guinéenne fait son petit bonhomme de chemin.
En plus, on est conscient de l'immensité des problèmes guinéens et c'est la raison pour laquelle on voulait quelqu'un de capable pour les résoudre certes pas dans l'immédiat mais dans la durée. Alpha qui pendant plus de 50 ans s'est déclaré meilleur que tous ses prédécesseurs, meilleur que tous ses concurrents, lui qui criait sur tous les toîts qu'il pouvait résoudre nos problèmes, lui qui se disait le messie, voilà après plus de 16 mois de pouvoir, ne peut même pas mettre ou laisser mettre en place une assemblée nationale que les accords de Ouaga prévoyaient dans 6 mois. Depuis quand vous avez vu le temps additionnel d'un match plus long que la durée du match ? S'il ne peut pas qu'il le dise. Il n'y a pas de honte en cela.
Enfin, ne parlez pas dans l'absolu. Il y a bel et bien des guinéens qui seraient capables de résoudre dans la durée les dégâts causés par CDD, Sidya et la plupart des collaborateurs actuels de Alpha. Il suffit de faire jouer la transparence et de respecter la vérité des urnes.
Les dirigeants doivent donc être capables de gérer les finances, mais tout en élaborant un projet, car ce n'est pas seulement en serrant la ceinture que l'on développe un pays, c'est même le contraire.
Pour l'instant AC navigue à vue. Il distribue ce qu'on lui donne (dons des institutions internationales ou de pays étrangers, comme la Chine notamment). Quant aux seules réalisations de ce gouvernement (construction d'écoles, réhabilitation des groupes électrogènes), ils proviennent pour l'essentiel des prêts affectés.
En attendant de trouver des hommes propres qui puissent les écarter, respectons nos lois.
Les Guinéens n'attendent pas de pouvoir manger à leur faim, de la condamnation éventuelle de ces deux ex-PM, mais des décisions du PRG actuel (diminution du prix du carburant, limitation des prix des denrées alimentaires, hausse des salaires, etc..), les seules qu'il ne peut pas prendre. Car si vous voulez parler du passé, on peut remonter à la pomme d'Adam !!!








