Oury Baldé Mardi, 12 Juillet 2011 09:03
Comble du cynisme qu’après Sékou Touré et le pogrom peuhl de la présidentielle de novembre dernier la foulaphobie d’Etat batte à nouveau son plein en Guinée. En plus d’être tolérée, la haine du peuhl est désormais encouragée, voire rentable... Assassinats (Dr Bah de l’université de Conakry, dernier en date d’une longue liste), arbitraire au quotidien, délits de faciès, stigmatisation et mise en faillite délibérée des commerçants peuhls, exclusion de la gestion de l’administration, vindicte publique, séquestration (notamment au port de Conakry et à l’aéroport international de Gbessia). La communauté peuhle est victime de toutes les exactions de la part du nouveau régime guinéen. Minorer à l’absolu voire exclure l’électorat peuhl est la cause majeure de la reprise du fichier électoral national. La haine du peuhl d’AC est manifeste et semble sans limite.
Les récentes sorties publiques anti-peuhles du médiateur national M. Facinet Touré et de M. Mohamed Baba Keita secrétaire général du RPDIG s’inscrivent en droite ligne de la veine foulaphobe édictée par le « Président Guinéen ».
Cyniquement échafaudée et appliquée de bout en bout par le tyran sanguinaire AST, dont AC revendique l’héritage, la foulaphobie a trouvé son nouveau champion en la personne du premier responsable guinéen.
Paradoxe d’un Etat stérile à ambition nationale mais dont le substrat est cimenté de discriminations, de tragédies et de gâchis.
«Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes: tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur […]» et qu’aucune ethnie, fût-elle majoritaire, n’est supérieure à une autre ethnie en Guinée. Tout préjudice à une quelconque des composantes ethniques du pays est une atteinte à l’unité et à la cohésion sociale de la nation guinéenne.
Nous condamnons fermement les propos haineux de M. Facinet Touré et de M. Mohamed Baba Keita. Exigeons excuses publiques et démission de leur part.
Nous réaffirmons l’appartenance exclusive de l’ethnie peuhle à la Guinée, sa patrie. Reconnaissons son droit, comme à l’ensemble de toutes les ethnies guinéennes, de solliciter, d’exercer, de mandater librement dans les règles de l’art des fonctions politiques en Guinée.
Nous lançons un appel solennel aux hommes et aux femmes épris de paix, de liberté, d’égalité et de justice, à la Communauté internationale (ONU, USA, France, UA) à prendre acte de l’attitude déplorable du gouvernement d’AC à l’encontre de l’ethnie peuhle composante indissociable de la nation guinéenne.
Nous martelons au gouvernement guinéen de prestement condamner, arrêter et sanctionner tout acte anti-peuhl. Nous le mettons face à l’histoire : les conséquences qui résulteraient de ses agissements racistes mettraient en péril les fondements de la nation. Nous rappelons également à AC, à l’ensemble de son gouvernement, leur responsabilité constitutionnelle de protéger et défendre les citoyens guinéens sans discrimination. Il ne devrait pas leur échapper que les horreurs au Rwanda, les récentes guerres civiles en Côte d’Ivoire, en Sierra-Léone et au Libéria voisins sont parties sur des aberrations ethnico-politiques.
A l’heure où notre pays sort d’une longue phase d’instabilité politique et où nous traversons une conjoncture socio-économique des plus difficiles, les défis réels auxquels nous sommes confrontés ne devraient pas être détournés à de sordides fins de politique politicienne.
Oury Baldé
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