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Immersion éclair en « enfer » : je reviens de Guinée…
Oury Baldé Jeudi, 08 Mars 2012 17:17
Janvier entamait à peine sa deuxième quinzaine quand j’embarquai pour la Guinée via Freetown après 7 ans d’absence. Non pas que je ne trouvasse point un vol direct pour Conakry, mais la tête de gondole que j’étais devenu à cause de mes récurrents articles politiques sur le net m’incita à ce détour autour de mon paradis. Cela ne s'avèrera pas une précaution superflue puisqu’il aura suffi moins de deux (2) semaines de séjour pour que mes craintes se confirment.
Freetown - Conakry : 314 km d’une odyssée terrestre bigarrée et onéreuse
L’escale de Freetown ne dura que le temps de reprendre, sitôt mon arrivée, la route le lendemain. Freetown me surprit par ses allures joyeuses de perpétuelle fêtarde, sa sérénité apparente, ses omniprésents commerces ouverts tard le soir. Les stigmates de la guerre civile naguère, l'une des plus horribles de l’histoire africaine, restent visibles par endroit. La Sierra-Leone, quoique joviale, me parut quelque peu fébrile encore. Mais elle pourrait toutefois démontrer au monde entier qu'elle a définitivement exorcisé ses démons, en réussissant une présidentielle apaisée en novembre prochain.
Le décor animé de Freetown laissé d’un trait derrière nous, la Peugeot 504 s’enfonçait, insoucieuse, gambadant telle une hirondelle dans le pays profond, vers l’est, en direction de la Guinée que je j’avais hâte de retrouver comme une terre promise.
Aussitôt, la Sierra-Leone offrit un pan entier de son relief et de son histoire que j’explorai sans retenue de mes yeux avides. Une procession hétéroclite sur fond de décor haché s’imposa tout au long de la route : petits étals jusqu’au moindre objet insolite au bord de la route qui implorent presqu’on s’y intéresse, vendeurs ambulants de fruits et produits en tout genre qui vous assaillent au moindre stationnement, brûlis de feux de brousse, début de sècheresse ou énormes taillis dans le vert qui écornent l’exotisme du paysage.
Tout au long, la nature et l’homme semblaient se livrer à une lutte farouche. Dame nature s’était montrée étonnamment resplendissante et résignée aux quelques endroits où elle avait ressurgi, en dépit de la violence que lui infligeait l’homme.
La végétation côtière de la Mangrove et ses champs de palétuviers, de cocotiers, de palmiers qui dominent des bois rabougris, s’épaississait ou disparaissait au profit de clairières, de bosquets, d’habitations ou parfois de véritables forêts.
Les interminables paiements d’argent à la frontière guinéo-léonaise, à Pamalap, venaient gâcher sans concession la mirifique contemplation de cette exotique carte postale. Je fus sidéré par le nombre de fois où je devais payer soit 5.000 ou 10.000 GNF ou Leone à la douane et à l'immigration léonaise et guinéenne, même avec tous mes papiers en règle.
A Pamalap, je changeai d’embarcation pour la Guinée. Un autre type de paysage semblait prendre le relais, l’ancien persistant par endroit. Les habitations devenaient de plus en plus denses, plus nous nous enfoncions dans la Guinée. La bonne piste cédant aussi progressivement la place à la moins bonne. A Wourrissindè, j'entrevis quelques entrepôts du projet Rio-Tinto.
Patiemment, à travers les moult pérégrinations de la nationale Forécariah - Conakry, nous ralliâmes Conakry au crépuscule, après une halte aux alentours du Km 36. Conakry ! J’y étais enfin…
Conakry en rabat-joie
L'euphorie du retour de l'enfant prodigue fut brève, trop brève. Désillusion et frustration ravalèrent sans tarder l’émotion, au contact de l'âpre réalité. Dans mon quartier, on broyait le noir depuis 5 mois. Et il fallait que chaque famille payât 30.000 GNF aux agents d'EDG le jour auquel la Guinée se fît battre par le Mali à la CAN, pour nous rétablir l’électricité.
La déréliction dans laquelle je retrouvais la Guinée m'indigna obstinément. En ville, au cœur même de la capitale guinéenne, on ressent tout ce vide d'Etat et toute l'inanité abyssale des 54 ans d'indépendance. Le manque cruel d'infrastructures publiques, les interminables embouteillages, les fréquents délestages, la défectuosité des routes, l’insécurité, le manque de sérénité sociale, les voies publiques qui interfèrent avec la vie, l'atmosphère empourprée de poussière, le patrimoine immobilier vétuste, le tout se tenant dans un attelage disparate ayant l'air de supplier prestement qu'on le change.
Je n'ai vu aucun signe de changement. Expectatives, conjectures et optimisme sont de mise cependant comme à l'accoutumée. Les interactions communautaires semblent dépasser l'état sauvage de naguère pour laisser libre cours à une sorte de train-train monotone. Dans les medias d’Etat, on loue constamment l'action du "Professeur-Président". En face, la presse privée tâche de livrer une certaine concurrence.
Plus tard, je mettrai le cap sur Dubréka pour un colloque de la Jeune Chambre Infernale (JCI). Au pied du Mont Gangan, une jeunesse active s’évertuait d’égailler l’humeur endimanchée de ce jour-là . Le km 5 se complaisait dans une sieste tranquille. A bonne distance de là , on mesure toute la frénésie de construction des dernières années, en apercevant les maisons qui ont pris d’assaut l’immense chaine du Mont Gangan.
"C'est l'enfer pour nous jeunes ici. Ou c'est l'enseignement, ou c'est le chemin périlleux de l'aventure pour nous" m'a confessé un jeune en marge du colloque. Fodé et Yaguine nous avaient eux aussi prévenus.
Je me familiarisais au fil des jours à cette atmosphère jusqu'à ce fameux soir de la deuxième semaine de mon séjour où on me fit âprement comprendre que je n'étais pas arrivé comme une fleur chez moi. Je quittai sur la pointe des pieds mon pays, essoufflé, extenué, assoiffé de changement ; la tête pleine de mille et une inquiétudes sur l'avenir.
Oury Baldé
Commentaires
Les jugements hatifs et inconsequents exprimés dans un français au taquet , que vous etes prompts à assener flirtent avec l'outrecuidance et voire la diffamation.
Diantre! Ce philtre qui vous rendra moins parano si possible .Ya de quoi se trucider si ça rend humain.De mon lit de mort , je mourrais zen , raide, sans couiner le moindre mot, comme la douleur de l'autre est supportable.
http://www.guineenews.org/articles/detail_article.asp?num=201238213719
Feu Ibrahima Sow n'a été ni plumitif d'"un site web" lui, ni porte-parole (voix? Voie? Ou la Voix ) des sans voix.
C'était aussi de votre bonne et chere "paranoia " qaund il prevenait sa Tante qu'ils allaient le tuer et qu'on l'ait retrouvé "inconnu" petant la vie à fond les ballons à la morgue de Donka .
Une fois , j'ai employé l'indicatif après que dans un de mes posts, et quelqu'un a crié au scandale."Mefiez-vous des gens d'un seul livre".Sais plus c'est de ki.
J'avoue kan meme ke la langue de molière n'est pas facile.Je n'ai jamais su qu'éclair était invariable.D'autres surprises sont surement à venir.
Pas plus que pour cette autre trouvaille Peuhl :" Mafè wèlo wo on ouraye toun andho "
Focalisons-nous sur la gouvernance AC qui n'est en rien tributaire des regimes precedents ,rien que ça.Ce serait deja nous prepaper autrement à accepter l'echec (inévitable alors) d'AC par l'echec de ses predecesseurs.
AC a voulu le pouvoir , il l'a eu .La seule question qui vaille est de savoir peut-il oui ou non changer la Guinée comme il l'avait promis? Basta.
Je savais pas par exemple qu'éclair était invariable.(Merci WEBMASTER). Le saviez-vous vous "CT"?
"Sans rancune" ce sera.
Un truc tout de meme : parceque suis jeune on me croit moins aguerris .C'est pourquoi je signe plus etudiant au bas de mes posts.
"what has been hiden from the wise and the prudent been revealed to the baby in the suckling" Bob Marley (forever loving jah) .
Je reprends la clef des champs.
Merci.
Les critiques sur la veracite du recit me rappellent ceux qui ont critique le cineaste Oliver Stone apres chacun de ses films sur la guerre du Vietnam (Platoon, Born on the Fourth of July et Heaven & Earth). Oliver Stone, veteran de la guerre du Vietnam lui meme, ne fait que decrire ce qu'il a vu et vecu. C'est peut etre different de la perception d'un autre soldat a la meme epoque et meme au meme endroit.
Par contre ce qui est vraiment irritant est la reaction de tous ces "francais" qui croient que l'intellingence et le talent sont directement proportionnels a la maitrise de l'imparfait du subjonctif. Le malheur de l'Afrique vient tres largement de ces "fonctionnaires intellectuels" que la France a modele a son image: sans imagination, vieillissant pompeux et superflu.
Jusqu'a preuve du contraire.
Barenka SOUMAH
Memphism Tennessee
USA
C'est parce que j'aime beaucoup Oury Baldé que je ne le chatie qu'un peu.
Kylé
ta visite en Guinee.Je ne l`ai pas crue!!!.
Mais ce matin en lisant Guineenews sur le kidnapping du jeune Ibrahima Sow le 15Fev. et
son corps retrouve a la morgue de Donka le 16Fev.
Jeune plombier qui vivait a COZA ,j`ai eu larme
aux yeux.
RIP Ibrahima.
Comme "La paille et la poutre" Ã laquelle je me heurte constamment a la vie dure!!!
"C'est la critique qui est facile , pas l'art."
Facile de jouer aux experts du net sous sa planque hein! Je parle français et je roule les r aussi.
"Que celui qui n'a pas peché lui jette la première pierre"
Sans rancune,
CT, le Jeun'guinéen errant!
Pas de " rigueur " pour Mr BALDE ! Kaa , mussidho JOWLOL ?
Bien a Vous !
Donc, mon cher Oury, le Mont Gangan s'est déplacé de Kindia pour venir bousculer et remplacer le Mont Kakoulima à Dubréka... ?!!!
C'est vrai que tu aimes tellement ce pays de tes ancêtres que tu ne le reconnais même plus, après sept ans d'absence seulement. Trop grave de toujours vouloir voir négatif partout. Libère ton esprit mon cher et tu verras plus clair. Sinon...
Apparamment, certains guinéens qui raffolent de commentaires et autres discours ne connaissent pas la Guinée. Car dire que le mont Loura se trouve à Mamou, est éagl au mont Gangan à Dubreka !!!
Ils sont tellement obsédés par Alpha Condé qu'ils perdent leur sens de discernement !!!
C'est vrai que tu aimes tellement ce pays de tes ancêtres que tu ne le reconnais même plus, après sept ans d'absence seulement. Trop grave de toujours vouloir voir négatif partout. Libère ton esprit mon cher et tu verras plus clair. Sinon...








