Mes vœux pour l’année 2012

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DIALLO_Sadou_01Comme Guinéen expatrié, je remercie tout particulièrement l’équipe de guineeactu.com de m’accueillir une fois de plus sur son site.

L’année 2011 s’est achevée dans la tristesse de la disparition tragique de nos martyrs et dans une immense déception issue des méfaits et des effets créés par la faillite de la politique générale mise en œuvre par le gouvernement guinéen.

Avant de nous quitter, ces victimes ont porté dans leur chair et leur âme des idées-forces qui ont marqué l’expression de la vie démocratique en Guinée. Aujourd’hui, si les mots que nous adressons à leur mémoire réconfortent, le temps qui court inexorablement atténue quelque peu notre vive douleur et celle de leurs proches. Pour autant, le souvenir de leur courage s’incruste comme une trace indélébile et lumineuse sur la route rude de nos combats politiques. Sous cet angle et pour toujours, ces personnes seront présentes et ancrées dans le champ national des espérances inéluctables.

Je délivre le présent message non simplement comme une déclaration bien convenue pour les circonstances du Nouvel-An 2012, mais encore comme un devoir de justice et de solidarité à l’égard des Guinéens dont les aspirations essentielles sont étouffées et qui ont mieux à faire qu’à se déchirer de toutes parts à cause d’une gouvernance étatique austère, agressive et catastrophique en termes économiques, sociaux, culturels et politiques.

J’ai la conviction profonde et permanente qu’une Bonne Année 2012 est souhaitable en Guinée à plus d’un titre.

J’adresse un appel solennel à nos gouvernants, à nos soldats, à nos gendarmes et à nos policiers pour qu’en 2012 ne soit pas franchie la ligne infernale au-delà de laquelle des personnes innocentes sont tuées ou violentées par usage des armes de la nation guinéenne dont ils sont légalement porteurs ou dépositaires. Faisons de 2012 un exceptionnel double défi : une année sans violence politique et une année dédiée à l’amélioration du niveau de vie des citoyens et de toute la société guinéenne.

Pour ma part, tout reniement est inacceptable et aucune attitude compromettante n’est ni possible, ni envisageable ; mais il existe une disponibilité assumée avec une volonté affirmée pour créer et soutenir les conditions appropriées d’une véritable réconciliation nationale. Comme tout Guinéen, expatrié ou non, je fais le constat consternant que de multiples et diverses questions d’intérêt national n’ont pas été traitées dans la période écoulée, celle-ci étant synonyme à tout jamais de « démocratie confisquée et éclaboussée ». Des millions de Guinéens, bernés hier, lucides aujourd’hui, émettent un doute critique et légitime face au naufrage « historique » de la démocratie guinéenne. Pour eux, la néfaste conduite des affaires publiques a arrimé la vie de la nation à un statu quo de marasme ambiant ou pire, à un processus de déclin vertigineux. Tout cela tend à compromettre le précieux présent et le bel avenir de la cohésion du pays. Dialoguer est honorable. A fortiori, si le prix du débat contradictoire ayant cours depuis le début de concertation inédite du 15 novembre 2011 amorce l’instauration d’une démocratie forte en Guinée, en lieu et place d’un stérile jeu politicien et institutionnel si longtemps décrié par la conscience nationale. Tel est l’enjeu réel de la phase actuelle du cours de la transition guinéenne à l’aube de la nouvelle année.

Il s’agit là d’un chantier tardif et impératif pour une ère moderne guinéenne qui offre un sens majeur et une authentique responsabilité à toute vocation politique nationale. A court et à long termes, la supervision, la souveraineté et la sanction citoyennes sauront appréhender les pirouettes, les ambivalences et la crédibilité aléatoire de certains leaders politiques lorsque les intérêts supérieurs de la nation sont de mise. Noyé dans les déficits financiers, destructeur de ressources et de patrimoine national, gavé d’injustices sociales, fait de dissimulations politiques, non fiable en droit et en relations internationales, le pilotage actuel de la Guinée doit changer. Le changement en bon ordre auquel je rêve est assorti de toutes les transformations nécessaires à la finalisation de la transition et au développement prioritaire de la Guinée. Une intense volonté d’alternance devrait être appliquée sur la base d’investissements financiers à court terme injectés dans les secteurs de l’économie réelle et la valeur « travail » de notre devise nationale ne serait pas captée et usurpée à la gloire factice d‘une « caste » officielle.

En 2012, aucun miracle officiel ne sauvera le mieux-être de mes compatriotes intra-muros sans une protection optimale face à l’aveuglement prévisible, à l’omnipotence tracassière et aux dérives tentaculaires de l’Etat guinéen de plus en plus éloigné de toutes les variables d’ajustement et d’intégration sous régionale. Une politique alternative conséquente devra esquisser les contours d’une offensive « tout terrain » contre les racines de la pauvreté dont le seuil a ébranlé la survie de nombreuses générations, affecté l’épanouissement de la jeunesse guinéenne qui paie lourdement les conséquences du tarissement de la créativité scientifique et de la réactivité culturelle en un demi-siècle d’errements institutionnels et de quelques impostures caractérisées.

En tout état de cause, au bout de cette phase d’hibernation suprême, la Guinée du 21e siècle numérique aspire à un renouveau démocratique qui crée et élargisse l’espace-temps des libertés et des solidarités. Cette Guinée-là est solidement convaincue que le nivellement de la société vers le haut est préférable à la resocialisation de l’état de pauvreté déferlante.

J’appelle à la concertation la plus inclusive des citoyens pour opérer ce changement dans toutes ses dimensions internes et externes. L’année 2012 constitue un jalon supplémentaire pour que notre pays retrouve concrètement la paix, l’unité et la croissance économique.

A cette occasion, j’exprime ici, par la grâce de l’équipe gagnante de guineeactu.com à chacun et à chacune les meilleurs vœux de santé et de succès dans sa vie personnelle et familiale. La nouvelle année 2012 devrait confirmer d’une part, l’influence grandissante et le bond qualitatif de la coalition politique autour de Cellou Dalein Diallo et valider d’autre part, l’adhésion courageuse et massive des Guinéens au combat démocratique lors de la future échéance électorale des législatives. A cet égard, les palabres ont une limite non extensible car une exigence de vigilance particulière pèse sur les derniers atermoiements du gouvernement guinéen qui tergiverse sur la concertation des acteurs politiques, organise en amont et en aval les fraudes, joue la montre et l’artifice du délai suspensif de la CENI en vue de fixer unilatéralement la date et les modalités du scrutin au détriment des droits du Collectif des partis et de l’ADP, entités que je soutiens avec ferveur. J’invite à poursuivre les efforts nécessaires pour remonter dans le bateau insubmersible de la démocratie et tous debout contre la précarité permanente afin que l’espoir né de nos engagements respectifs soit renforcé en dépit des difficultés que l’adversaire politique déploie sur notre chemin et au-delà des doutes pernicieux qui se manifestent dans certains esprits inconstants.

Enfin, je voudrais dire que, de l’ampleur de la détermination quotidienne dans l’environnement rural, urbain, à l’étranger, partout où nous nous dévouons à la cause de la grandeur et du bonheur de la Guinée, se jouent simultanément la réussite de nos objectifs personnels et l’accomplissement harmonieux de notre destin collectif. Je demande à faire vivre chaque jour de la nouvelle année ce challenge et je revendique la continuité de mes rêves de démocratie guinéenne. Je souhaite transformer cette utopie ainsi que la diversité de sensibilités régionales et de souffrances nationales en une ferme édification d’un avenir de respect partagé dans une République de Guinée rayonnante.

Je reste à l’écoute des préoccupations exprimées et incontournables pour que 2012 soit une année fructueuse et pleine de promesses pour la nation guinéenne dans un monde contrasté.


Sadou Diallo
pour GuineeActu.com


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