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Kassory Fofana : usurpateur ou père de l’électrification de Conakry sous la primature de Sidya Touré ?

Ibrahima Sory Makanera  Vendredi, 06 Janvier 2012 17:06

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MAKARENA_Ibrahima_Sory_01« Un constat s’impose: Sidya Touré est arrivé, l’électricité est arrivée, Sidya Touré est parti, l’électricité est partie, alors que Kassory Fofana était l’homme fort du gouvernement Conté d’alors ».

Reconnaître les qualités des autres est une qualité qui manque cruellement à Kassory Fofana. Rien de plus normal car les médiocres sont hautement allergiques à la compétence, d’où la haine incommensurable qu’il voue à Sidya Touré dont le seul tort a été de réussir là où ils ont lamentablement échoué par incompétence et par la mal-gouvernance.

M. Kassory Fofana a toujours revendiqué directement et indirectement la paternité de l’électrification de la capitale guinéenne sous la primature de M. Sidya Touré. La dernière remonte à deux semaines dans un article publié par www.guineelive.com. Dans ses multiples revendications, des incohérences multiples persistent. Avant l’arrivée de Sidya Touré aux affaires, le pouvoir du président Conté avait 12 ans d’âge et Conakry était toujours dans l’obscurité. Sidya Touré est arrivé à la primature en juillet 1996 avec pour objectif entre autres le rétablissement de l’électricité dans la capitale guinéenne au plus tard fin décembre 1996 (en seulement six mois) et cette promesse fut tenue. Conakry se retrouva illuminé dans la nuit du 22 décembre 1996 après vingt-deux longues années d’obscurité. Quinze ans plus tard, M. Kassory Fofana n’a toujours pas pardonné à celui qui, par sa compétence et par son patriotisme, avait démontré non seulement que la Guinée n’était pas totalement perdue, mais aussi que l’extrême pauvreté de sa population n’était que le résultat de gestions égoïstes et folkloriques des deniers publics par les gouvernants.

Pour mieux situer ceux qui ne savent pas comment M. Touré s’y est pris pour résoudre ce problème, voici le résumé du déroulement de cette affaire. Mais avant tout, vous comprendrez que c’est contre une résistance acharnée de certains proches du président Conté tels que M. Kassory Fofana et d’autres, que Sidya Touré avait pu réaliser ce projet, car ils ne voulaient pas que les Guinéens comprennent que la mauvaise gestion était la cause de leurs souffrances.


Comment M. Sidya Touré a-t-il donc fait pour rétablir l’électricité à Conakry après 22 ans d’obscurité ?

M. Sidya Touré a été nommé à la primature en juillet 1996 après deux mois de discussions avec le feu président Lansana Conté. Avant même sa nomination, disent ses collaborateurs, il était très affecté du fait que l’obscurité était presque totale du centre-ville de Conakry jusqu’au km 36 et cela depuis 22 ans. Raison pour laquelle le rétablissement de l’électricité a été l’un de ses objectifs prioritaires. Dès son arrivée à la primature, il a promis l’électricité pour le mois de décembre 1996. Pour y parvenir, il avait souhaité commander des moteurs neufs. Mais, leur livraison n’aurait été possible que 18 mois après la commande, de nature à prolonger l’obscurité et autres conséquences économiques de juillet 1996 à avril 1998. Ce qui était trop long pour M. Sidya Touré.

C’est à ce moment qu’il a pris connaissance de la disponibilité de trois moteurs au Nigéria qui n’avaient que quelques centaines d’heures de fonctionnement avec un prix largement inférieure à leur valeur marchande à savoir 5 millions de dollars. A souligner qu’à l’état neuf, leur valeur était de 20 millions de dollars. Contrairement aux dires des jaloux et haineux qui disent que les moteurs ont été achetés dans la mer comme si des boutiques et autres supermarchés de vente de moteurs étaient désormais installés dans l’Atlantique ! Il faut mentir intelligemment au moins.

Après consultation et avis favorable d’EDF (Electricité de France) et Hydro Québec qui étaient les partenaires de la Guinée en matière d’énergie électrique, M. Touré avait décidé d’acquérir les trois moteurs.

Il faut souligner que ces moteurs ont été financés par l’AFD (Agence Française de Développement). Pourtant, les choses n’étaient pas aussi simples que cela car, le financement de ce projet ne pouvait être soumis à l’approbation du conseil d’administration de l’AFD qu’au mois d’avril 1997. Ce qui était encore trop long pour M. Touré, surtout que les moteurs pouvaient être vendus à d’autres acquéreurs qui disposeraient de liquidités. C’est à ce moment précis que l’envergure internationale de Sidya Touré a fait la différence grâce à son carnet d’adresses que Kassory Fofana, qui se croit naïvement être le centre de la Guinée, est loin d’avoir. Pour trouver les 5 millions de dollars, M. Touré avait téléphoné à l’un des grands patrons français en la personne de M. Martin Bouygues afin que ce dernier accepte de se porter caution auprès de la Banque BICIGUI en attendant que le conseil d’administration de l’AFD statue sur le financement des moteurs. Grâce à sa crédibilité, M. Touré a obtenu l’accord définitif de M. Martin Bouygues dans les 24 heures qui ont suivi sa sollicitation et la BICIGUI a accepté de débloquer les 5 millions de dollars qui ont servi à acheter les trois moteurs. Ce que M. Touré a fait est très simple. Il suffisait d’investir l’argent public dans l’intérêt général au lieu de garnir son propre compte bancaire.

Il faut dire à Kassory qu’un lièvre qui se respecte ne se mesure pas à la culotte d’un éléphant. Qu’il comprenne définitivement qu’il ne peut pas jouer dans même cour que M. Sidya Touré.

Il est facile de comprendre que notre fanfaron national (Kassory Fofana) n’a joué aucun rôle dans l’électrification de la capitale guinéenne. Sinon qu’il nous explique pourquoi, après avoir obtenu le départ de Sidya Touré, il n’a pas pu maintenir la fourniture d’électricité. Il faut retenir que Kassory comme il le dit lui-même, a été directeur des grands projets. Mais, ce n’est pas le directeur des grands projets qui détermine ou qui conduit la politique du gouvernement à la place du premier ministre. A un moment donné, la défense de la dignité doit prévaloir sur la soif du pouvoir et de l’argent. Kassory ne revendique que la réussite à savoir l’électrification de la capitale sous Sidya Touré. Pourquoi ne revendique-t-il pas les échecs voire la faillite de l’Etat guinéen sur fond de pillages à l’échelle industrielle des deniers publics du fait que le bilan d’un gouvernant est fait de réussites mais aussi d’échecs sous sa gestion ? Pourtant, il paraitrait que la Guinée n’avait jamais été aussi pillée que lorsqu’il était ministre de l’économie et des finances, exception faite de la période de transition sous le CNDD. On parle de disparition entre autres de plusieurs tonnes d’or de la Banque centrale. Que peut-il nous dire sur la gestion catastrophique du projet de barrage hydroélectrique de Garafiri qui avait englouti des milliards de nos francs ? Sur ces questions, notre fanfaron national est très discret.


Les coups tordus de M. Kassory Fofana contre M. Sidya Touré

Quinze ans après avoir sorti la capitale guinéenne de l’obscurité, assaini les finances publiques en passant par la protection des deniers publics contre les prédateurs habituels, les Guinéens se souviennent encore de l’immense popularité qui en avait résulté pour M. Sidya Touré. Effectivement c’est le début de la haine incommensurable que M. Kassory Fofana a toujours nourrie pour le plus populaire de tous les premiers ministres que la Guinée ait connus. Furieux contre la popularité de plus en plus importante de M. Touré, celui qui dit aux Guinéens que son insolente fortune était tombée du ciel et non des caisses de l’Etat (directement ou indirectement), de la même manière que son titre de docteur qu’il vient de sortir de son chapeau de magicien, en l’occurrence Kassory Fofana, ne dormait plus parce que rongé de jalousie. Sidya Touré a réussi en un temps record là où ils ont lamentablement échoué. Il faut le détruire par tous les moyens, même les plus sournois tels que les mensonges et autres diffamations auprès du feu président Conté. C’est ainsi que Kassory et ses complices ont dit au président Conté que les moteurs achetés par Sidya Touré, bien que fonctionnant à merveille, étaient des moteurs pourris.

Comme on le dit souvent, qui n’a rien à cacher n’a pas peur de transparence. Dès que Sidya Touré a été informé de ces basses manœuvres, il a fait appel au mois de mars 1997 à une société d’expertise de renommée internationale, à savoir la Lloyd’s basée à Londres qui avait expertisé les moteurs. Le résultat était sans appel pour Kassory car les experts avaient conclu que les moteurs étaient en parfait état et que leur prix d’achat était largement inférieur à leur valeur. Le seul regret était que l’expertise en question avait couté 100.000 dollars, une somme qui aurait pu servir à autre chose dans un pays où tout est prioritaire. Mais c’est sans compter sur le fait que la jalousie est aveugle et méchante.

Dans l’impossibilité de trouver la moindre incompétence ou détournement de deniers publics dans la gestion de M. Sidya Touré, il n’était resté à Kassory Fofana, de l’aveu même du président Conté, que de lui dire ceci : « Président, votre premier ministre est trop mauvais. Il ne passe même pas dire bonjour à vos femmes le matin avant d’aller travailler, il faut s’en débarrasser ».

Voilà des individus mal intentionnés qui ont poussé le feu président Conté à priver les Guinéens de leur premier ministre qui était parti pour rendre aux Guinéens leur dignité en normalisant leur pays et en le mettant hors de portée de ceux-là mêmes qui l’ont mis en coupe réglée au détriment du peuple martyr de Guinée. Il n’est de secret pour aucun observateur averti que ce sont les basses manœuvres de Kassory Fofana, épaulé par certaines épouses du président Conté et d’autres complices, qui ont fait que ce dernier s’était séparé de M. Touré. Malheureusement pour la Guinée, le résultat est là. C’est de la même manière qu’ils ont provoqué le départ de nos partenaires en matière d’électricité (EDF et Hydro Québec) pour leur permettre d’engloutir la part du budget consacré à la fourniture d’électricité au détriment toujours du même peuple de Guinée plusieurs fois martyr.

Si la Guinée n’avait pas enfanté des personnes aussi égoïstes qui ont privé la Guinée de la compétence du premier ministre Sidya Touré, il est certain que les Guinéens ne se seraient pas retrouvés dans cette situation de famine généralisée sur fond d’extrême pauvreté.


Les manœuvres de désinformation de Kassory Fofana au préjudice de M. Sidya Touré

La jalousie et la volonté de Kassory de nuire à M. Touré remonte à environ 15 jours avant la nomination de ce dernier à la primature. C’est à 15 jours de la nomination de M. Touré que Kassory Fofana a été informé du projet présidentiel. Opportuniste qu’il est, il est allé se coller au président nuit et jour, des démarchages des épouses du président Conté avec des flagorneries extraordinaires bien connues des médiocres ambitieux qui pallient leur médiocrité par la bassesse et la flatterie du chef. C’est dans ces circonstances que Kassory a pu convaincre le président Conté de lui montrer la liste des ministres choisis par M. Sidya Touré. La première action de notre fanfaron national (Kassory Fofana) fut d’aller dire aux futurs ministrables qu’il a imposé leur nomination à Sidya Touré. Raison pour laquelle certains ministres de l’époque croyaient injustement qu’ils tenaient leur nomination de Kassory Fofana.

Sa deuxième action fut de demander le poste de ministre de l’Economie et des Finances à Sidya Touré. Pragmatique qu’il est, M. Touré lui aurait clairement indiqué qu’il n’a ni la qualification ni l’expérience pour occuper ce poste. Furieux de ce non poli mais catégorique, Kassory Fofana est allé attendre M. Touré chez le président Conté où il dira devant ce dernier que Sidya refuse de lui accorder le ministère de l’Economie et des Finances. Le président aurait lui-même demandé à Sidya Touré les raisons de son refus. La réponse de ce dernier fut de nouveau courte et claire en langue soussou : « président a mou a noma ». Ce qui signifie en français « président, il n’en a pas la capacité ».

Je vous épargne d’innombrables autres accusations et sabotages des actions de Sidya par Kassory qui n’avait aucune autre préoccupation que de diffamer M. Touré auprès du Président Conté.

Kassory Fofana est un véritable nuisible pour notre pays. Sa dernière trouvaille consiste à dire qu’il est choisi pour être le leader politique de la Basse Côte. Ce monsieur a pourtant vécu aux Etats-Unis, mais il semble ignorer la signification du mot anglais leader ! Le leadership ne se décrète pas, c’est un constat. Il faut dire à notre fanfaron national qu’il ne peut pas obtenir de son oncle Facinet Touré (qui ne représente rien sur le terrain politique) le leadership que les électeurs lui ont clairement refusé lors de la présidentielle de 2010. Sur quoi fonde-t-il sa volonté d’être considéré comme le leader politique de la Basse Côte avec ses 0,74% (à savoir, 19 713 voix) alors que d’autres leaders politiques de la Basse Côte avaient recueilli des suffrages incomparables aux siens. Il en est ainsi de M. Sydia Touré (UFR) avec 417 261 voix (près de 400 000 voix de différence malgré les fraudes), Abe Sylla (NGR) 90 117 voix (près de 70 000 voix de différence), Aboubacar Somparé (PUP) 27 699 voix (plus de 7.000 voix de différence).

Sur quels critères politiques Kassory Fofana veut-il que les leaders politiques cités ci-dessus se mettent derrière lui ? C’est cette question qui trahit la démarche tribale et méprisante de Kassory Fofana et de son oncle Facinet Touré. Pour ces deux personnes, tout ce qui n’est pas Fofana de Moriah en Basse Côte est à jeter aux chiens ! Il n’y a que leur famille qui compte, les autres étant là pour leur obéir et les servir. Quelle foutaise !!! Vous faites honte aux Soussous connus pour être au-dessus des considérations ethniques. Par vos actions, ils (les Soussous) sont injustement vus comme des compléments d’effectifs pour les autres ethnies, ce qui n’est qu’une vision erronée de la réalité qu’offrent vos actions opportunistes aux Guinéens, alors que la majorité de cette ethnie désapprouve vos agissements comme en témoigne votre médiocre score électoral de la présidentielle de 2010.

Petite précision. Pour se défendre contre les accusations de pillages à outrance des deniers publics, M. Kassory Fofana a toujours défié les Guinéens de prouver qu’il a tapé dans les caisses de l’Etat. Mais, il n’est pas sans savoir que la pire manière de piller un Etat n’est pas de taper dans la caisse, mais de taper avant la caisse, c’est-à-dire de profiter de sa position pour céder les actifs de l’Etat au dixième de leur valeur tout en empochant des sommes faramineuses en pots de vin. Dans de telles situations, on peut dire qu’on n’a pas tapé dans la caisse de l’Etat, ce qui ne veut pas dire qu’on n’est pas un prédateur redoutable responsable des malheurs de ses compatriotes. Pour exemple, l’usine de Fria qui valait 250 millions de dollars, avait été cédée à 19 millions de dollars ! Ou sont passée les 231 millions de dollars qui ne sont pas entrés dans la caisse de l’Etat ? Ceux qui ont cédé l’usine ne peuvent pas nous convaincre qu’ils n’ont pas encaissé les 231 millions de dollars. C’est ce qu’on appelle taper avant la caisse de l’Etat.

Les Guinéens doivent savoir que, sans enfreindre le principe de la présomption d’innocence, l’Etat peut renverser la charge de la preuve et demander à un fonctionnaire ou ancien fonctionnaire de prouver l’origine de sa fortune qui serait disproportionnée eu égard à ses sources de revenus connues. Alors attention !!!

M. Kassory Fofana, les Guinéens savent qui vous êtes, c’est ce qui explique votre médiocre score de 0,74% lors de la présidentielle de 2010. Même votre ville natale ne vous avait pas fait confiance.

De ce fait, arrêtez de manquer des bonnes occasions de vous taire.


Makanera Ibrahima Sory

Juriste
Fondateur du site « leguepard.net »


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