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La nouvelle donne
Tibou Barry Mardi, 03 Janvier 2012 23:28
Il est de notoriété publique qu’un leader a l’unique privilège de changer le destin d’une nation. Pour le meilleur ou pour le pire. Il lui revient alors la tâche de découvrir dans une relative opacité, sa mission, la remplir ou la trahir. En Guinée les successives classes dirigeantes optèrent malheureusement pour la seconde. En effet, le dénominateur commun de tous ceux qui ont présidé au tragique destin de notre pays, c’est d’avoir délibérément signé un indélébile pacte avec la misère. Une misère matérielle mais aussi morale, démocratiquement partagé par tout un peuple, désabusé par son élite politique, martyrisé par son armée et pire floué par ses religieux. De l’orpailleur de Baranama à la mareyeuse de l’ile de Taigbé en passant par le bijoutier de Saramoussaya et du journalier de Panziazou, la précarité a été et reste toujours l’une des commodités les mieux partagées. Tous les chantiers révolutionnaires, les projets de redressement et les promesses de changement n’ont jamais franchi le stade de slogans creux, mais aussi n’ont jamais survécu à leurs initiateurs car à aucun moment le peuple n’a été associé à la prise de décisions des affaires de l’Etat.
C’est dans ce contexte de rendez-vous manqué avec l’histoire en dépit d’immenses potentialités humaines, agricoles et minières, que le « Professeur » Alpha Condé a été coopté pour inverser le sort d’un peuple qui n’en finit pas d’égrener le chapelet de ses malheurs. L’objectif de la communauté internationale était d’une part de libérer la Guinée de l’emprise meurtrière de sa junte militaire, et de l’autre, de la stabiliser pour ne pas que par effet de domino la paix fragile chèrement acquise au Liberia, en Sierra Leone et surtout en Côte d’Ivoire ne soit rompue. Cependant, la méthode, à savoir une mascarade électorale sans précédent en Afrique sub-saharienne, s’est révélée être machiavélique car tous les ingrédients anti démocratiques ont été concoctés pour introniser un homme qui n’a ni les attaches, ni la volonté, ni l’expérience, encore moins la compétence pour redonner de l’espoir à un peuple trahi par ses élites.
Certes, le travail à faire était herculéen pour n’importe qui des nombreux candidats qui aspiraient à la magistrature suprême d’un pays où tout était à refaire après plus d’un demi-siècle de mal-gouvernance, d’inepties politiques et de gâchis économiques. Pour le « Professeur » Alpha Condé, qui hélas! est le bénéficiaire de tout cet imbroglio tragi-comique, ce furent les écuries d’Augias d’autant plus qu’il n’avait aucune culture du travail, aucune expérience de leadership et peut-être n’avait jamais été associé même à la gestion d’une épicerie de banlieue !
Ainsi, après une année de pouvoir sans partage, le désenchantement et la déception sont au rendez-vous comme bien sûr l’on s’y attendait. Les maigres acquis démocratiques arrachés de haute lutte des mains de Lansana Conté se sont évaporés comme une peau de chagrin pour faire place à un Etat de non-droit où la terrible armée guinéenne a sous-traité son monopole de violences, de vols et de viols à des Donzos plus colorés et plus pragmatiques dans l’art de bousiller les « ennemis » appartenant à une « certaine communauté ». En jachère sous le pouvoir déliquescent du Paysan Président, les vieilles habitudes et les vieux démons du parti Etat reprennent du service sous l’œil bienveillant d’un « Opposant historique » pétri dans le moule de la culture occidentale de liberté, de droit, de dialogue, de contestation et aussi d’opposition.
Cependant, si la cooptation du « Professeur » Alpha Condé demeure une des nombreuses calamités qui vient s’ajouter à la longue liste de celles qui ont élu domicile en Guinée depuis le 2 octobre 1958, elle aura quand même eu un seul effet bénéfique : celui de redéfinir la dynamique de cohabitation des populations guinéennes. Désormais chaque Guinéen ou plutôt chaque habitant de l’espace territorial légué par le colon, se redécouvre une nouvelle et singulière identité, à savoir peule, soussou, guerzé, nalou, malinké, etc. Une gracieuseté du « Professeur de Droit » !
Les pogroms de Siguiri, Kankan, Kouroussa, N’Zérékoré et de Kissidougou, le nettoyage ethnique dans la fonction publique, les viols collectifs et les lynchages systématiques d’innocentes victimes à Pita, Labé et Mali, les chasses à l’homme dans les quartiers-dortoirs de Bembetto, Cosa, Hamdallaye démontrent même pour les sceptiques que l’histoire de la Guinée ou plutôt l’éléphant qui somnolait dans le placard vient d’être révélé dans toute sa splendeur : La velléité hégémonique d’une ethnie de dominer, et assujettir toutes les autres. En termes plus prosaïques, les enculeurs doivent toujours être les mêmes, et alors forcément, les enculés se mettent en rangs. Ceux appartenant à une « certaine communauté » de préférence devant !
Ainsi, de la morbide « Révolution » du boucher de Faranah, en passant par l’éphémère épisode de Lansana Kouyaté, de l’embarrassante transition de Sékouba Konaté, jusqu’à l’intronisation du Chef des Donzos, la constance du leitmotiv n’a jamais dérogé d’un iota: La résurrection d’un utopique empire précolonial. Lansana Conté n’aura été en définitive que le grain de sable de trop qui a failli faire déraper la machine hégémonique. Les récents articles de Bakary Diakité, Omar Cissé de Beyla, Laye Junior Condé et surtout la perle de Moussa Kanté, nous livrent une version corrigée de cette résurrection dont les dédales demeurent un passage obligé pour le salut d’une nation en péril. La guerre des roses entre Alpha Condé et le nouveau « opposant » Lansana Kouyaté, s’inscrit alors dans le cadre d’une diversion, d’un simple habillage pour masquer la monstruosité et le cynisme de la machine hégémonique pilotée par la laborieuse Coordination Mandingue, maitresse des séants ! Même l’épopée meurtrière du tyran Sékou Touré qui sans discernement a endeuillé, ruiné et exilé des milliers de familles Kaba, Nabé, Diabaté, Touré, Condé, Magassouba, etc. n’est plus qu’un mauvais souvenir qu’il faut impérativement oublier et même pardonner au nom de la solidarité ethnique.
J’ai eu l’opportunité de vivre et d’étudier en Yougoslavie dans l’année 80 à Split (Croatie), et deux autres fois dans les années 90 à Belgrade (Serbie) et à Mostar (Bosnie). La presse n’a été en mesure de révéler que de manière très superficielle les contours de cette guerre ethnique tant son ampleur était horrible. Cependant, il y avait déjà des précédents entre Serbes, Croates et Bosniaques que Tito avait habilement gérés pour en faire une Fédération apaisée et tant soit peu viable. Mais à ma connaissance, il n’y a aucun précédent guerrier entre Peulhs et Malinkés. Mes profs d’histoire au contraire nous bassinaient à profusion sur la solidarité entre Samory Touré et Alpha Yaya Diallo pour affronter leur ennemi commun.
Le sanguinaire Sékou Touré est sans nul doute l’apôtre de la haine tapie et mise en veilleuse depuis des lustres dans le cœur de milliers de sympathisants d’Alpha Condé qui a su habilement l’extirper, la canaliser et l’instrumentaliser pour en faire une recette pour le moment gagnante, à la Pyrrhus !!!
Cependant, notre douloureuse histoire commune et notre partage des valeurs chrétiennes et islamiques ne nous condamnent-ils pas à harmoniser nos cœurs et nos efforts pour supporter le fardeau de la vie sous une république bananière qui s’est illustrée par la démission collective de ses élites ?
La division, l’exclusion et le mépris sont aux antipodes des aspirations de l’établissement d’un Etat de droit où civilité, humilité, responsabilité, et compassion doivent être gravées non pas sur des bannières mais dans le cœur de tous les citoyens.
Bonne année.
Tibou Barry
Atlanta, Georgia, USAÂ
Commentaires
Dire que le tyran a ete empecher de construire ne serait ce qu'une route bitumee par les FOCCART et autres est une simple imbecilite1 Nasser a construit ASSOUAn en chassant le colon britanique et l'imperialiste americain, NKruma a construit Akossombo sans faire appel au colon britanique; pendant ce temps Sekou lui haranguait les foules et assassinait a tour de bras tout ce qui pouvait justement faire ces grandes realisations.
pour vous la faute c'est toujours les autres..
Pour reprendre vos mots, si sékou a été sanguinaire il a été poussé à bour, cela veut dire qu'il a agi en légitime défense???
Rassurez vous, je connais bien l'histoire de mon pays et grace à vous les angbansané, mes yeux sont ouverts sur la Guinée, car vous avez fait l'apologie de la médiocrité, de l'ethnocentrisme, de la division et de la haine dans l'unique but de gouverner..
Désormais, vous êtes démasqués et nous sommes urs que vous pensez que c'est Dalein qui est à la base de votre échec et jamais vous mêmes..
Toujours a la croisée des chemins de " L'HISTOIRE " !
Il faut aussi noter , quant a la surprenante écriture de notre histoire par les autorités de l' indépendance , que ce soit " L'HYMNE a la GLOIRE " de celui qui n'a pas combattu ( en réalité ) qui devienne L'HYMNE NATIONAL . Au Foutah on dit ALPHA YAYA et non LIBERTÉ ! Ceci est bcp du au Foutah lui même . Quand on sait que la TOMBE de BOCAR BIRO est JUSTE - LA ( très impressionnante en dimension ) sans aucune marque de qui est la et qui ce fut , est significatif de " la faute " de tous les FOUTANiENS . Ne vous étonnez alors pas que le reste soit occulte . Mais un des SAGES Farbas de LABE , ( Farba HAMMDI ) me disait , " SAAYI ON HEWTAALI KA MEN HAALA " . J' ose espèrer que cela ne saurait plus tarder et surement nous retrouverons notre " VIE ENSEMBLE " !
Bien a vous !
"La guinée n'avait aucun cadre..." en ce moment, c'est archi-faux, je préfère ne pas communiquer sur ce point très obscur mais je sais que si sékou touré a été sanguinaire il a été poussé à bout. Tout le monde ce qui s'est passé avec les indépendances.
la Cote d'Ivoire est plus developpée que la Guinée à cause des mauvais choix du tyran Sékou Touré, parler de patriotisme, c'est noyer le poisson comme vous savez bien le faire.
Un chef doit avoir une vision, celle de feu sékou touré, c'était de faire le vide autour de et chez lui afin de mieux berner le monde. Il y est parvenu, à sa mort, la Guinée n'avait aucun cadre, il a fallu qu'un groupe de militaires prenne le pouvoir.
Je suis bel et bien un fils d'expatrié guinéen né en Côte d'Ivoire, un pays où mon père a quelques réalisations dans l'immobilier. Mais nous avons de la famille en guinée et, crois-moi, je suis parfaitement au parfum de ce qui s'y passe chaque jour en guinée, j'ai également internet en permanence soit à mon bureau ou à mon domicile et aussi je demeure fier de mes origines guinéennes contrairement à certains de mes frères et sœurs qui ne s'en réclament même pas. Donc pour cette passion pour la guinée que j'ai toujours connu pendant mes moments de vacances depuis l'école primaire parce que mon père y tenait, je fais toujours des recherches personnelles sur la guinée, son histoire et sa société...je bouquine énormément sur ce pays et j'en ai plein de doc sur la guinée chez moi, je lis par passion don souffrez que je sois au parfum de tout dans ce pays qui est potentiellement riche que la côte d'Ivoire mais qui n'en fait rien faute du manque de patriotisme de ses fils et filles. OOOhhh , J'en sais quelque chose ! ! ! On y reviendra
Où avez-vous vu qu'il était là pour 10 ans et non jusqu'en 2012 ?
Depuis quand ceux qui sont élus se reposent et demandent à l'opposition des idées pour faire décoller le pays ?
Enfin, vous dites que vous êtes en CI, donc vous n'avez pas vu ce qui s'est passé en Guinée pour permettre à AC de tripler son score, mais vous prétendez quand même nous l'expliquer. Il y en a qui ne manquent pas d'air, et on s'étonne que la Guinée ne décolle pas. Nous n'avons que des rêveurs qui fantasment la Guinée, mais sont incapables de prendre les mesures idoines pour passer du rêve à la réalité.
j'oubliais, la page des élections de 2010 est tournée, ne voyez vous pas? Nous sommes en 2012, ça se voit que vous mêmes n'en revenez pas et que vous doutez de votre "victoire"???
je comprends, pour vous, le problème de la Guinée c'est Dalein, avant lui tout allait bien, depuis qu'il a été limogé en avril 2006, la Guinée marche à nouveau....
Vous ferrez mieux d'affronter la réalité du pouvoir plutôt que de chercher vaille que vaille un bouc émissaire de votre échec cuisant...
Ah j'oubliais, lorsque Lansana Conté était là , Dalein n'était pas le problème, c'était le soussou la grangène de la Guinée... A force de changer d'adversaires selon les circonstances, vous risquez de vous tirer une balle dans le pied...
ça, j'en doute. à moins que ce soit encore sekouba et JMD qui organisent encore les élections. Là évidemment ...
il ne reste que de donner aux femmes qui cultivent l´igname des postes ministeriels .
et abandonner la savanne poussiereuse avec son soleil ardent et rejoindre conakry sous forme des donzos
la haine et les crimes que vous avez semés dans ce pays vous couteront chers.
qu'aurez vous fait si Cellou Dalein n'existait pas?
Merci de répondre en toute sincérité et en toute sereinité...
Voilà un bel article qui décrit très bien le parcours de notre pays. Vous avez raison. Historiquement, rien ne prédisposait notre pays à cette haine ethnique permanente. Elle est le fait de petits leaders incultes qui nourrissent l'ambition irréaliste de mettre en place une hégémonie ethnique qui n'a jamais existé. D'ailleurs les 26 ans de règne de Sekou Touré ont fait de sa région, la haute Guinée, la plus pauvre de Guinée. à vrai dire, cette idéologie dépassée ne sert qu'à permettre à des leaders incompétents d'exister parce que s'il n'y avait pas cette haine artificielle, le peuple, constatant leur incompétence, penserait vite à les déloger. et que personne ne vienne me dire que c'est la seule manière d'exister pour un dictateur; Lansana Conté était un autocrate notoire, mais il n'a pas pensé qu'il fallait installer une division ethnique permanente.








