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Les droits de l’homme en berne en Guinée tout juste après un an de pouvoir d’Alpha Condé
Bah Oury Vendredi, 30 Décembre 2011 19:26
Un an de gouvernance d’Alpha Condé a permis à l’aune de l’épreuve du pouvoir de tirer quelques enseignements et de porter un éclairage sur les pratiques du nouveau régime sur la question relative au respect des droits de l’homme en Guinée.
C’est avec une grande amertume que nous avons enregistré pendant la première année de l’exercice du pouvoir par M. Alpha Condé une volonté systématique et délibérée d’étouffer par de violentes répressions la liberté d’opinion et d’expression des citoyens. Du 3 avril 2011 au 27 septembre 2011, plus d’une dizaine de citoyens sont abattus uniquement parce qu’ils manifestent leur opposition au pouvoir de manière pacifique. Plusieurs centaines sont incarcérées et arbitrairement traduites devant des tribunaux aux ordres. Le pouvoir s’est servi d’eux comme d’otages qu’il a fallu « gracier » au compte-goutte pour imposer des concessions à l’opposition démocratique.
Le 19 juillet 2011, un « attentat surréaliste » peu crédible, digne des émules du « complot permanent » de l’ancien régime, permet au pouvoir de faire arrêter sans aucune preuve des dizaines d’officiers de l’armée nationale ainsi que des civils, cueillis manu-militari dans leur domicile. Depuis lors, tout ce monde croupit en prison, torturé et sans aucun soutien. Le 19 juillet 2011 est devenu ainsi le prétexte pour faire arrêter tous ceux qui sont gênants pour le régime. Plusieurs généraux, comme Nouhou Thiam et Bachir Diallo et de simples citoyens comme El hadj Alpha Lafou, Hadja Fatou Badiar, Baba Alimou Barry, Alfa Saliou Wann, Thierno Sadou Diallo sont pêle-mêle associés à une action dont les tribunaux n’ont jusqu’à présent pas pu confondre les prévenus. Pour donner un semblant de crédibilité à cette mascarade, Alpha Condé lui-même, m’impute d’être l’organisateur de ce mauvais feuilleton politico-militaire.
Récemment à Labé, un jeune membre du CNT, Bah Souleymane est kidnappé en plein jour, puis jeté en prison à Conakry. C’est dans des circonstances analogues que la famille de l’ex aide de camp du Capitaine Dadis Camara, Toumba Diakité, est violement interpellée par des gendarmes. Un de ses frères, succombe sous l’effet de la torture. Pour tous ces cas, la gouvernance d’Alpha Condé se mure dans un silence coupable. Ce déni de justice et d’Etat de droit rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire sous l’ancien régime dictatorial.
De même, le Secrétaire Général de la principale centrale syndicale du pays M. Amadou Diallo, élu avec brio lors du dernier congrès de la CNTG, est agressé dans son domicile par des militaires cagoulés. Il n’eut la vie sauve que grâce à la baraka. Cette agression n’est pas encore élucidée, mais depuis lors M. Diallo et sa centrale font l’objet de menaces ouvertes et d’hostilité de la part des autorités guinéennes. Encore une nouvelle fois, une justice instrumentalisée à travers un tribunal du travail a « décrété » l’annulation du congrès du syndicat. Cette attaque contre la liberté d’organisation et d’expression des travailleurs guinéens est un pas de plus dans la dérive liberticide et anti-démocratique.
Les populations également ne sont pas à l’abri de cette vague répressive qui use de la violence de manière disproportionnée. Les ressortissants de Galapaye en Guinée Forestière en ont fait les frais. Là aussi, une justice aux ordres s’interfère dans un conflit intercommunautaire grave pour prendre un parti-pris en faveur d’une communauté, condamnant ainsi à mort plus d’une dizaine de Guerzés. Une justice injuste n’a jamais réussi à cimenter l’esprit de concorde et de repentance, mais au contraire creuse plus profondément les dissensions et accentue la haine.
Avec moins d’acuité mais aussi avec violence, les orpailleurs de Siguiri et de Kouroussa se sont vus imposer d’aller cultiver la terre, alors qu’ils sont les dépositaires d’une tradition multiséculaire de chercheurs d’or et cela depuis la naissance de l’empire mandingue de Sondât Keita et de Kankan Moussa du XIIIe siècle. Plusieurs d’entre eux, osant braver l’interdit furent manu militari emprisonnés et fouettés à sang.
A Lola et à Djécké en Guinée Forestière et aussi à Bambeto et Cosa à Conakry, toute manifestation des jeunes pour réclamer du travail ou la liberté, est noyée dans le sang. La gouvernance d’Alpha Condé a instauré une partition du pays en créant des « bantoustans » où le non-droit prime comme en Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Dans ces zones l’utilisation de la violence contre les populations civiles est sans limite. Une milice privée, armée, entièrement à la dévotion du régime du RPG, les « donzos », écume les quartiers et les zones favorables à l’opposition. L’existence de cette force supplétive aux forces de défense officielles est sans précédent et rend très peu crédible les déclarations publiques favorables à une réforme du secteur des forces armées nationales avec la coopération de la communauté internationale. Pour conforter plus encore son système politique, il encourage les attitudes tendant à creuser le fossé entre les différentes communautés nationales du pays. La déclaration du Général Facinet Touré, médiateur de la République, déniant à la communauté peule ses droits politiques de citoyens guinéens, l’encouragement tacite des activités d’une organisation dénommée « manding-djallon » pour susciter la division des populations foutankées, l’extermination du bétail des éleveurs de Beyla et l’ethnicisassion en outrance de l’administration publique du pays au profit exclusif de l’ethnie à laquelle appartient M. Alpha Condé, ruinent les fondements de la République et sèment pour longtemps la méfiance et la haine entre les Guinéens.
Alpha Condé suit avec constance une stratégie politique que lui-même a déclinée au lendemain de son investiture, « ramener la Guinée, là où Sékou Touré l’a laissée ». Donc ce qui serait surprenant de sa part, serait l’application d’une politique autre que celle-là . En excellent tacticien politique, il use d’un semblant de dialogue politique et de la rhétorique de la réconciliation nationale comme un os à donner aux partis politiques et à la communauté internationale, tout en faisant avancer tranquillement et sereinement son ambition d’obtenir un pouvoir totalitaire en Guinée. Comme Enver Hodja, qu’il rêve d’imiter, la Guinée doit être l’« Albanie » d’Afrique, bastion inexpugnable d’un communisme archaïque et tropicalisé.
Mais ce qui est surprenant, est l’attitude de la classe politique guinéenne. Elle reste atone devant l’enfoncement du pays dans une gouvernance totalement hors la loi. Elle se tait alors que des dizaines de citoyens sont injustement privés de leur liberté et que d’autres meurent sous la torture qui leur est infligée. Les libertés sont bafouées et des principes essentiels de la constitution sont violés, comme l’égalité des citoyens, la liberté d’expression, l’indépendance de la justice et le caractère républicain de l’Etat. Rivés sur l’organisation d’élection législative dans un contexte d’illégalité et d’anti-constitutionnalité, l’opposition démocratique déserte ce pourquoi il vaut la peine de se battre, à savoir sauver le pays pendant qu’il est encore temps.
Oubliant les leçons de notre histoire, chacun se vautre dans une indifférence coupable devant la souffrance de ceux qui sont embastillés en se disant qu’ils doivent être nécessairement coupables jusqu’au jour où ce sera à son tour d’être pris. La Guinée a perdu beaucoup de ses illustres enfants ainsi, à cause d’un aveuglement collectif. Nous ne devons pas permettre que cela se répète.
Après chaque nième tragédie collective, nous crions plus jamais ça ! Mais il suffit que l’émotion s’estompe pour que nous oubliions nos résolutions et que nous sombrions dans l’indifférence et le cynisme. Cette attitude atavique est le frein à l’émergence d’une société civile forte, exigeante et responsable. Toutefois, il n’est pas tard car l’engagement des individus peut venir à bout d’un totalitarisme rampant. Les prisonniers politiques en Guinée ont besoin de la solidarité nationale et internationale. Défendre leur liberté et leur droit, c’est également défendre notre liberté et nos droits. La Guinée a été tellement traumatisée, violentée et souillée, qu’il est inacceptable que cela puisse se poursuivre.
Chacun d’entre nous a une responsabilité dans la construction d’un système politique, alors que la Guinée a besoin de se libérer, de se réconcilier, de se construire et de s’épanouir pour l’intérêt de tous ses enfants. C’est un devoir et une obligation morale d’y contribuer.
2012 sera une année cruciale pour savoir si la Guinée s’oriente vers un changement démocratique réel ou comme par fatalité vers la descente aux enfers.
Mais ayons confiance en l’avenir. Ne baissons pas les bras ! N’oublions pas les prisonniers politiques en Guinée.
Bonne et heureuse année. Que Dieu vous garde et protège notre pays !
Bah Oury
Ancien Ministre de la Réconciliation Nationale et de la Solidarité
Vice-Président de l’UFDG, chargé des Relations Extérieures et de la Communication
Commentaires
Gandhi, Sarko fait son discours en ce moment même
-5 pour cette affirmation, c'est à croire qu'il n'y a que des gens de la gauche sur ce forum. Hein le voyant...
Mick Mack, Gandhi a parfaitement raison, je defends Alpha (rire ), mais un an est suffisant pour trouver deux grands groupes eletrogènes pour nos deux Hopitaux Donka et Ballay . On peut tenir pour responsables de la mort de ces bebés, Alpha et son gouvernement .
Ceci a l'air d'une campagne electorale bravo a notre Mick national qui dit mieux? pour les legislatives moi je vote pour mon candidat Mick. Qui l'eut cru!
Tu es d'accord avec moi que ces problèmes ponctuels peuvent etre des corrolaires ou la conséquence de la mauvaise gestion des années passées.
Le directeur de l'hopital et le chef de service doivent passée devant les tribunaux pour etre condamner pour homicide.
Ce problème ne serait survenu si l'on avait fait le travail qu'il fallait avec les prets et dons que l'on a eu depuis 1984 pour règler définitivement la question de l'énergie en Guinée.
Encore une fois je ne suis pas un supporteur d’AC. Quand je pose la question à qui la faute ? J’attend de vous une analyse objective et citoyenne.
Ce que je considère comme étant des faits :
1. Depuis 1984 ce sont des milliards qui ont été prêtés à la Guinée pour résoudre son problème d’énergie. Vu les résultats obtenus il est évident que ces sommes ont pris une autre direction (détournements)
2. Depuis 1984 ce sont des milliards qui ont été prêtés à la Guinée pour se doter d’infrastructures hospitalières décentes. Vu le résultat, il est évident que ces sommes ont été dirigées ailleurs (dans les poches)
3. Depuis 1984 on assiste à la floraison d’une bourgeoisie de la fonction publique riche comme crésus. D’où provient cette richesse ?
4. Depuis 1984 la Guinée est dans le noir, sans eau et avec des infrastructures hospitalières lamentables
5. AC est arrivé il y a 1 an
6. En 1 an il y a le démarrage de la construction du barrage de kaléta
7. La finition de l’hôpital ultra moderne de Kipé
8. L’arrivée des groupes thermiques
9. Une baisse significative des détournements de fonds de la part des cadres de l’administration.
10. La rareté des prêts en faveur de la Guinée
Ça ce sont des faits.
Préférer dépenser 30 à 50% pour l'armée qui ne sert à rien et sacrifier la vie des autres est un choix que ce régime a fait en connaissance de cause. On peut toujours rogner certaines dépenses quand on le veut.Ça ce ne sont pas des discours, ce sont des choix qu'on fait et c'est d'ailleurs le rôle d'un gouvernement.
Il y a quelques jours 6 bb sont morts a la maternité de donka dans leur couveuse par faute d'électricité . Lorsqu'il y a eu coupure de courant, les gars n'ont pas pu faire démarrer le groupe faute de gasoil. Ces enfants avaient un droit: le droit de vivre et on leur prive de ce droit. A qui la faute?
Si l'on a pas ' performants, d'électricité, c'est par ce que ceux qui ont dirigé ce pays ont détourne des sommes astronomiques destinées au développement de ces secteurs. Ces gars, sont des criminels et doivent être considérés comme tel.
6 bb sont mort faute d'électricité, A qui la faute ? Le directeur de l'hôpital , le responsable du service? Les différents gouvernants qui se sont suivis depuis 82 ?
Mic Mac, j'aimerais bien que tu répondes à ta question.
Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Mic Mac, j'aimerais bien que tu répondes à ta question.
Citation en provenance du commentaire précédent de SYLLA democrate:
Le ministre de la Sante aurait pour la premiere fois en Guinee rendu demissionpur l'echec de son departement. La faute incombe a tous ceux qui ont assumes des responsabilites dans le domaine. En 2000, j'ai travaille au compte d'un Programme finance par l'Union Europeenne du nom de Programme d'Appui a la Gestion Hospitaliere. Duree de vie 15 mois, Budget 1mill 300 millions. On a institue la gestion des fonds des Hopitaux (recette propre certes tres insuffisantes et subvention-fds de contrepartie UE-Guinee) par les Directeurs d'Hopitaux avec outils de gestion, mecanisme de suivi, etc. A 2 mois de la fin du programme, Cheick Camara nomme Ministre des Finances (mon ancien prof. a l'Universite) et qu'est ce qu'il fait, il bousille tt le boulot fait en centralisant a nouveau les decaissements des fonds et comme ordonnateurs des depenses les prefets. Et nous connaissons tous comment ca se passe. Quand une requete est formulee par l'hopital pour l'achat des medicaments a PCG, on envoit chez le prefet pour ordonner a travers les services prefectoraux des finances. EEEEhhh Wotan avant que ce dossier sorte de labas, soyer sur que 50% du fonds partage. Ce n'est qu'un cas. les mux de notre systeme de sante sont connus, mais on ne peut corriger car vit en guinee, les guineens..
Citation en provenance du commentaire précédent de Greeg:
Citation en provenance du commentaire précédent de Mickmack Camara:.Il y a quelques jours 6 bb sont morts a la maternité de donka dans leur couveuse par faute d'électricité . Lorsqu'il y a eu coupure de courant, les gars n'ont pas pu faire démarrer le groupe faute de gasoil. Ces enfants avaient un droit: le droit de vivre et on leur prive de ce droit. A qui la faute?
C'est la faute de alpha, s'il avait organiser les législatives
comme prévu surement on ne serait pas là , aucun investisseur
ne viendras investir son argent dans un pays incapable
d'organisé les législatives alors que la côte d'ivoire qui sort
d'une guerre meurtrière a organisé les élections législative dans
les délais prévu
Y a t-il eu violations des droits de l'enfant (de l'homme)? Ma question est simple.
Mic Mac, j'aimerais bien que tu répondes à ta question.
Gandhi, tu connais ma position sur ce genre de sujet. Y a t-il eu violation des doits de l'homme ( enfant) entrainant mort d'homme? Figures toi en 5 decenies il y a eu des centaines de cas presqu'identique. Ma question c'est a vous que je l'a pose. Et surtout ne me parlez pas de AC. Sylla démocrate aborde une partie du problème .
alpha condé n'est venu en Guinée que durant les périodes électorales au cours des 2o dernières années. Cela ne l'a pas empêché de conquérir le pouvoir. Vous voyez donc que ce n'est pas incompatible.
Il y a quelques jours 6 bb sont morts a la maternité de donka dans leur couveuse par faute d'électricité . Lorsqu'il y a eu coupure de courant, les gars n'ont pas pu faire démarrer le groupe faute de gasoil. Ces enfants avaient un droit: le droit de vivre et on leur prive de ce droit. A qui la faute?
C'est la faute de alpha, s'il avait organiser les législatives comme prévu surement on ne serait pas là , aucun investisseur ne viendras investir son argent dans un pays incapable d'organisé les législatives alors que la côte d'ivoire qui sort d'une guerre meurtrière a organisé les élections législative dans les délais prévu
Courage ,Mr Bah!
Je te reconnais Mignan .Veux tu bien détailler pour notre frère et ami Alhousseiny ton commentaire précédent ?Il le mérite et bien d'autres internautes j'en suis sûr en tireront grand profit.Il y a un autre passage "Chacun se vautre...." qui m'a choqué car c'est un manque de respect et de la part de mon vieil ami Bah Oury, cela me surprend tant il est en général mesuré et pondéré...
De quelle alliance faites-vous référence? Pouvez-vous détailler un peu? Je n'ai pas bien saisi votre propos.
A la bonne heure ce texte !
" La classe politique guinéenne reste ATONE , se TAIT, DESERTE , se VAUTRE .....devant tous les " manquements " de AC !
Mon Cher neveu , tu ne vas pas avec le dos de la cuillère .
C' est comme si tu ne fais plus parte de " cette Classe Politique " . Souviens toi que Michel Noir a qui on demandait de s ' allier a l' extreme Droite et Gagner les élections a Lyon , avait prefere les perdre que de perdre SON AME . Tu n' as tire aucune leçon de cela et d'autre chose . certaines " alliances " sont a ne jamais faire . Tu étais prévenu . A présent tu ne peux que t ' en prendre qu a toi pour ne pas pouvoir défendre CE EN QUOI TU CROYAIS et t' étais tjs battu pour .
" MO NANANALI SIROBHE THIEBHE , O NANANAY SOMPOBHE PIDE " .
Mais comme tu dis , il n' est pas tard ! Reprends toi !
bonne fête








