Mohamed Sadibou Camara Mardi, 20 Décembre 2011 22:01
Deux jeunes Guinéens résidant en Allemagne, parlent du fédéralisme en Guinée. Bafodé un jeune de la Basse Côte et Madiou, un du Fouta, qui sont pourtant des amis.
Bafodé : Regarde Madiou, je viens d’envoyer encore de l’argent à ma maman. Ma petite sœur et gravement malade.
Madiou : Mais c’est ça la Guinée. Il faut toujours envoyer. Ne te fatigue pas !
Bafodé : Mais je viens tout juste d’envoyer la dépense. Même moi je n’ai maintenant rien. Vraiment ce pays, rien ne va. Je veux jeter mon téléphone. Je ne veux plus être joint par qui que ce soit.
Madiou : Là, je ne suis pas d’accord. On ne fuit pas les parents. Ce que nous devons faire, c’est de tout faire pour instaurer la démocratie dans notre pays. Là, nous aurons un peu de paix ici. Ceux qui sont restés au pays, pourront au moins travailler pour combler certains trous.
Bafodé : Moi, démocratie, là je suis fatigué. Je ne veux même plus en parler. Je sais qu’elle ne viendra jamais. En Guinée, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Si j’ai quelque chose, je pense d’abord à ma famille, mon ethnie et après les autres.
Madiou : Avec une bonne gouvernance, cela va disparaitre. C’est pourquoi je te parle de la démocratie. Là le bien commun serait bien partagé. Par exemple, nous avons quatre régions naturelles. On pouvait même adopter le fédéralisme.
Bafodé : Moi, je ne serai pas d’accord. Qu’est-ce que tu entends par fédéralisme ?
Madiou : Fédéralisme veut dire comme ici : Chacun gère sa région. La Basse Côte aux Soussous, le Fouta aux Peuls, etc.… Là personne ne va accuser l’autre.
Bafodé : Mais si c’est comme ça, je suis d’accord. Nous les Basse-Côtiers, nous serons les gagnants. C’est chez nous, où il y a tout. Là je suis content. Les autres qui ne seront pas d’accord avec nous, nous leur dirons allez chez vous. Vraiment c’est la meilleure solution.
Madiou : Eh ! Attends ! Je t’explique.
Bafodé : Je n’ai pas besoin d’explications. C’est chez nous que tout le monde vient et après c’est des foutaises. Séparons-nous !
Madiou : Mais toi qui n’étais pas d’accord, tu l’es maintenant ? Et encore n’oublie pas que Conakry serait autonome. Donc pas dans la Basse-Côte, car tout le monde y habite et surtout les grandes réalisations ne sont pas de vous.
Bafodé : Toi tu es malade ! Conakry restera soussou. Si vous voulez, arrachez vos maisons et partez avec. Wouri bou ye boun ma kiyo ki, a mou findima sonyè ra. Tu as compris ! Vive le fédéralisme !
Madiou : Bon je veux plus discuter avec toi. Tu ne veux rien comprendre. Tu es vraiment un cancre ! Et tu parles de chasser les autres de la Basse-Côte. Ne sais-tu pas que d’autres Basse-Côtiers vivent dans d’autres régions aussi ?
Bafodé : Nous, nous ne sommes chez personne. On a quoi à cirer là-bas ?
Madiou : Vraiment ce pays a encore à faire. Comment on peut évoluer avec des mentalités pareilles ? Mais petit, comprends quelque chose ! Si tu changes ton numéro de portable, j’appellerai moi-même la vieille pour le lui donner.
Bafodé : Même toi tu ne l’auras pas !
Chers compatriotes qui vous battez pour le fédéralisme, voici comment une majorité écrasante de vos concitoyens comprend le fédéralisme. Cette majorité a besoin de vous. Aidez s’il vous plait !
Comment le fédéralisme guinéen doit fonctionner sans remettre la nation en cause ?
Certains diront que la nation est déjà remise en cause. Mais ils ne doivent pas oublier que ceux qui proposent le fédéralisme veulent apporter une solution.
Mohamed Sadibou Camara
Hagen, Allemagne