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Contrôle politique de la Forêt : Chantage tous azimuts

JM. Camara  Lundi, 19 Décembre 2011 18:49

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Dans le labyrinthe que constitue la politique guinéenne, tous les coups et coûts sont permis. Le machiavélisme est la meilleure recette, surtout pour les politiciens de l’ancienne génération comme le Professeur Alpha Condé et son entourage. En prélude aux élections législatives si attendues, le pouvoir Condé croit avoir trouvé la recette magique pour contrôler la région forestière, sans égard aux nombreuses promesses de développement faites aux habitants de cette région. Le chantage.

Comme les autres régions de la Guinée, la Forêt, ses fils et filles associés à la gestion du pays n’ont pas fait honneur. Beaucoup parmi eux ont trempé dans les affaires criminelles. Certains sont accusés de crimes de sang et d’autres de crimes économiques. Il y en a même qui sont accusés de crimes contre l’humanité et qui vivent sous la menace d’être traduits devant la Cour pénale internationale.

Le Professeur Alpha Condé qui a été de près ou de loin complice des crimes aujourd’hui reprochés à certains fils et filles de la Forêt, brandit la menace d’audit contre certains (Jean-Marie Doré, Papa Koly Kourouma, Jean Marc Telliano, par exemple) ou de traduction devant la Cour pénale internationale contre d’autres (Capitaine Moussa Dadis Camara, Colonel Djebobo Camara, Commandant Claude Pivi, Commandant Sââ Alphonse Touré, etc.).

Le Président Alpha Condé intègre cette menace dans sa stratégie de construire un nouveau parti unique en utilisant ces personnes qu’il contrôle pour obliger la région forestière à le suivre dans son aventure. Déjà, Claude Pivi, Sââ Alphonse Touré et Djebobo Camara sont à son service. Jean-Marie Doré qui jouait au lapin comme à son habitude a fini par rentrer dans les rangs. Il aurait déjà donné son feu vert pour dissoudre son parti UPG dans le nouveau RPG – Arc-en-ciel en émergence. De cette manière, il entend échapper définitivement à la menace d’audit qui pèse sur lui. Moussa Dadis Camara qui se voit plus proche de la Haye que de Conakry s’active à donner des ordres à ceux et celles qu’il croit lui devoir, les intimant de suivre Alpha Condé. Lui aussi cherche à échapper à la justice en déclarant sa loyauté au nouveau Président, et surtout en forçant, comme s’il en avait la capacité et le droit, la région forestière à soutenir la politique de retour à la misère d’Alpha Condé et de son gouvernement. Papa Koly Kourouma et Jean Marc Telliano ne sont-ils pas membres du gouvernement du Professeur Alpha Condé ? Un président de la République a-t-il besoin de dénoncer en public l’incompétence ou l’immoralité des membres de son gouvernement ? Si le chantage n’était pas la seule monnaie d’échange du Professeur Alpha Condé vis-à-vis de certains fils et filles de la Forêt, pourquoi aurait-il besoin de dénoncer Papa Koly Kourouma et Jean Marc Telliano au lieu de les destituer s’ils sont réellement incompétents ou corrompus comme il le fait croire ? Pourquoi les dénonciations publiques faites par le président de la République ne concernent-eles que les ministres originaires de la Forêt ? Ceux-ci sont-ils les seuls incompétents et/ou immoraux du gouvernement pléthorique du Professeur Alpha Condé ?

Professeur Alpha Condé pense-t-il que c’est vraiment si facile d’obtenir le vote des habitants de la Forêt ? Croit-il vraiment que l’impuissance de la grande majorité des habitants de la Forêt, qui se traduit pour le moment par leur silence signifie que l’immoralité est désormais la règle en région forestière au point que ses habitants seraient prêts à hypothéquer leur avenir et, par ricochet, celui des Guinéens en suivant un président sous le seul prétexte que cela protégerait leurs fils soupçonnés de crimes ? Croit-il que les Guinéens sont prêts à continuer à fermer les yeux sur les actes d’un président qui, non content de n’avoir pas résolu un seul problème en un an, est prêt à mettre le feu au pays pour conserver son pouvoir ?

Depuis cinquante-trois ans, les Guinéens de toutes les régions, de toutes les ethnies, de toutes les religions, de tous les âges et de tous les niveaux payent de leur sang et de leur vie pour une Guinée démocratique, prospère et respectueuse des droits des citoyens. Le respect de la mémoire de toutes les victimes de toutes les répressions impose à tous les Guinéens le devoir de s’opposer à une autre dictature en Guinée. Sinon, c’est tout le monde qui en souffrira.


JM Camara
Conakry


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