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Réponse à l’intervention de Monsieur Kanté Moussa.

Dioubate Mamadi   Mercredi, 14 Décembre 2011 18:17

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En lisant l’intervention de Monsieur Kanté j’ai cru qu’il ne s’agissait plus de la Guinée née en 1958, république démocratique englobant tous les groupes partant de Pinè jusqu’à Yemberè, de Siguiri à Tinkörö, de Macenta à Labé, etc...

Dans la constitution guinéenne une disposition stipule que la Guinée est une et indivisible.

Lorsqu’un problème politique se pose cela ne peut se régler que sur le plan politique et non sur le prisme de l’ethnocentrisme qui est d’ailleurs nauséabond.

Ce qui s’est passé à Kankan est inadmissible dans une République et surtout en Guinée où nous sortons d’une crise profonde frôlant la guerre civile comme la Côte d’Ivoire, le Libéria, le Rwanda etc...

Le problème entre l’actuel président de notre pays et le président du parti de l’espoir du développement national (PEDN) se situe au niveau de l’accord entre le RPG et le PEDN. Une partie n’a pas respecté l’accord qu’elle a signé devant la presse internationale et nationale, aussi devant le peuple, c’est ce que le président Kouyaté dénonce avec vigueur.

Lorsque l’actuel président de la Guinée était dans l’opposition contre le président Conté qui était son aîné, il n’a pas pris de gants pour dénoncer les tares du système, il s’agissait d’attirer l’attention des démocrates du monde sur un régime autocrate et dictatorial. Il en avait le droit car cette attitude avait pour objectif de défendre les générations futures contre toutes sortes d’exactions pouvant détruire notre tissu national.

Lorsque le gouverneur de Kankan et le Maire chargent les militants du PEDN de la ville c’est une action ignoble et indigne de tous les combats que nous avons menés pour sortir du système rétrograde militaire et même du combat que l’actuel locataire de Sékoutouréya a semblé mener pour le pays, les personnes de ma génération imprégnées des idées de démocratie ne peuvent accepter que ces personnes demeurent à leur poste après de telles barbaries. Il faudrait qu’elles soient renvoyées le plus rapidement possible.

Nawa Damey est un ancien du système Conté, il n’a pas l’habitude de la contradiction. Quant au maire de la ville il est simplement zélé. Le pouvoir à Conakry doit tirer des leçons de cette situation en les remplaçant pour ne pas paraître complice sinon il se discréditera également.

La politique c’est l’histoire, l’histoire de la Guinée dans son ensemble qui fait qu’aujourd’hui je suis plus proche de Dialikatou que de mon cousin qui se trouverait ailleurs, il ne s’agit pas du Manding qui n’est d’ailleurs pas homogène et monolithique comme le Fouta, la Basse Côte, la Forêt, et ailleurs en Guinée.

Je voudrais dissocier la politique de l’ethno-stratégie qui consiste à faire croire à une partie de notre pays que c’est parce que je suis issu de vous qu’on ne m’accepte pas. Ce que nous demandons désormais aux tenants du pouvoir dans notre pays c’est de respecter les droits élémentaires du peuple. Lansana Kouyaté a le droit de tenir un meeting à Kankan et fustiger le gouvernement actuel et son président. C’est à eux de se défendre par la force de l’argument et non par l’argument de la force qui est l’apanage des faibles en manque d’idées.

Je suis devenu militant pour réaliser les exigences de ma foi sur le respect des Droits de l’homme, cette foi ne consiste pas à adhérer à un catalogue de vérités toutes faites, mais à s’ouvrir à une création, à engager son existence sur un style de vie.

La foi, c’est ce qui nous met en marche.

De quelle foi s’agit-il ? Foi en Dieu ? Foi en l’homme ?

C’est un faux problème: une foi en Dieu qui n’impliquerait pas la foi en l’homme serait une évasion; une foi en l’homme qui ne s’ouvrirait pas sur ce qui, en l’homme, déborde l’homme, mutilerait l’homme de sa dimension spécifiquement humaine: la transcendance.

Cette transcendance émerge de l’histoire.

Lorsque le problème des alliances s’est posé j’avais longuement discuté avec le président Kouyaté au téléphone pour l’encourager vers l’Arc-en-ciel afin d’arriver à un véritable changement avec quelqu’un de neuf, des nouvelles têtes, autres que ceux qui ont pillé ce pays. Je fus déçu et profondément déçu pour mon pays et non pour le Mandé, car il s’agit de la Guinée que nous aimons tant.


Dioubate Mamadi


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