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La coordination de la forêt exige le retour en Guinée de Dadis Camara

Zenab Bangoura  Vendredi, 09 Décembre 2011 00:55

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Le ton commence à monter au sein de la puissante coordination de la Forêt. Des voix de plus en plus discordantes manifestent leur impatience sur le retard pris dans la concrétisation du protocole d’accord électoral conclu entre la coordination de la Forêt et le candidat Alpha Condé. A rappeler qu’en échange de son soutien à la candidature d’Alpha Condé, la coordination avait demandé et obtenu qu’en cas de victoire de ce dernier, Dadis Camara reviendrait en Guinée tout en lui épargnant tout transfèrement à la CPI (Cour Pénale Internationale). L’autre promesse faite par Alpha Condé est l’occupation du perchoir de l’Assemblée nationale par un ressortissant de la Forêt.

Mais depuis l’intronisation de l’ancien fugitif de Pinet, Alpha Condé, à la magistrature suprême à la suite d’une mascarade électorale de grande ampleur, aucune de ces promesses électorales n’a pour l’instant été tenue. Pis, les leaders ressortissants de la Forêt sont régulièrement persécutés et sont victimes d’accusations vrais ou fausses de tout genre.


Les ministres originaires de la Forêt accusés de détournements de derniers publics

L’on se rappelle que lors d’une réunion publique tenue au palais du peuple, le nouveau dictateur subsaharien Alpha Condé avait pointé du doigt deux poids lourds du gouvernement pour détournement de fonds publics et comme par hasard, tous les deux étaient originaires de la Forêt. « Je ne comprends pas qu’après la mise à disposition des moyens financiers colossaux au ministère de l’Energie et de l’Hydraulique le fait que Conakry n’ait toujours pas de courant et que les robinets soient toujours secs » avait déclaré Alpha Condé. Un peu plus loin dans son intervention, il avait déclaré « certains ministres ont procédé à des surfacturations des engrais de la campagne agricole et ont commandé des engrais périmés ». Dans les deux cas Alpha Condé avait promis des sanctions dans les jours qui suivaient. La réplique des ministres concernés ne s’était pas fait attendre. Papa Koly Kourouma avait balayé ces accusations d’un revers de la main tout en pointant du doigt Kerfalla Yansané pour sa lenteur dans le décaissement des fonds. Quant à Jean Marc Telliano, il avait fait une conférence de presse dans son ministère pour apporter un cinglant démenti aux accusations portées contre lui. Il avait déclaré n’avoir rien détourné et que ce sont des accusations mensongères infondées qui lui avaient été portées et que c’est le ministre du Plan Souleymane Cissé qui était impliqué dans la surfacturation. 

L’on comprend que dans les deux cas, ce sont des ministres originaires de la Forêt qui étaient pointés du doigt par Alpha Condé alors que ce sont des Malinkés qui sont les vrais commanditaires de ces deux échecs.


Persécutions des leaders politiques originaires de la Forêt

L’arrestation et la condamnation arbitraire du vice-président des NFD Etienne Soropogui, en compagnie de ses autres camarades politiques lors de la marche pacifique du 27 septembre dernier réprimée à sang par le pouvoir, n’est pas passée inaperçue aux yeux de la coordination de la Forêt. Pourquoi avoir arrêté et condamné Etienne Soropogui tout en épargnant les autres ? S’interrogent certains membres du bureau de la coordination de la Forêt.

Etienne Soropogui n’est pas le seul leader de la Forêt qui paierait les frais de la répression des cadres originaires de la Forêt. JM Doré ne nous dira pas le contraire. JM Doré qui avait commencé à battre le pavé pour la course à la présidence de l’Assemblée nationale mais sommé d’y mettre fin tout en étant menacé d’être traduit devant la justice pour malversation financière et de détournements de deniers publics, en sait quelque chose sur la volteface d’Alpha Condé. A rappeler que lors de son séjour médical à Paris, JM Doré avait reçu deux émissaires d’Alpha Condé qui lui avaient dit qu’il a le choix entre soutenir Alpha Condé pour les législatives ou se retrouver en prison avec la confiscation de ses biens.

Là aussi, on ne comprend pas comment on peut accuser JM Doré de détournement de fonds publics sans faire de même sur le président de la transition Sékouba Konaté, pourquoi pas sur le grand argentier de la transition Kerfalla Yansané ?


Les officiers militaires originaires de la Forêt menacés d’être traduits devant la CPI

Depuis des mois, des bruits de couloirs au sein du palais Sékouthoureya nous font état de la volonté d’Alpha Condé de traduire certains officiers militaires de la Forêt à la CPI. L’on nous affirme dur comme fer qu’Alpha Condé aurait dans sa ligne de mire le lieutenant-colonel Tiégboro Camara, le commandant Claude Pivi alias Coplan, et l’ancien chef de la junte Dadis Camara. L’objectif est double, il faut se débarrasser du poids militaire des militaires originaires de la Forêt tout en cédant aux sirènes de la communauté internationale. 

Dans cet épineux dossier aussi, si on peut applaudir le fait que justice soit faite, l’on a du mal à comprendre le fait que Sékouba Konaté, qui était ministre de la défense lors des tueries du 28 septembre 2009, ne soit pas inquiété. Sans oublier tous les autres officiers militaires malinkés, du colonel Moussa Keïta qui était le secrétaire général du CNDD et de l’actuel Directeur de Cabinet du ministère de la Défense le général de brigade Aboubacar Sidikhi Camara, qui dirigeait à l’époque les bérets rouges de la présidence qui sont les premiers visés par ces répressions sanglantes et viols des femmes en plein air.

Quoi qu’il en soit, l’on comprend que le musellement des hauts cadres, leaders et officiers militaires est devenu monnaie courante pour le pouvoir d’Alpha Condé. Tous les observateurs politiques avertis s’étonnent de la politique de deux poids deux mesures qui est à chaque fois appliquée. Politique qui consiste à pointer du doigt les ressortissants de la Forêt tout en protégeant les siens. Ce qui fait d’ailleurs bondir plusieurs voix au sein de la coordination de la Forêt pour exiger non seulement que ces pratiques de boucs émissaires cessent mais aussi que les promesses électorales soient suivies d’effet dans les brefs délais. Seront-elles entendues ?

C’est cela toute la question.


Zenab Bangoura
www.guinee58.com,partenaire de GuineeActu.com 


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