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A notre avis; Les fils du Mandèn s’entre déchirent…

Laye Junior Condé  Mercredi, 07 Décembre 2011 14:50

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CONDE_Laye_Junior_01C’était, à notre avis, sans compter sur le démon qu’un quart de siècle du long règne sans fin du régime de Conté a conçu et qui, aujourd’hui, fait son éclosion sans que personne, hormis quelques éclairés comme nous autres, l’ait vu venir hélas.

Cette image du Pr Alpha Condé et de Lansana Kouyaté, côte à côte dans le même véhicule, de l’aéroport de Conakry Gbessia au centre-ville de Kaloum, quatre heures d’horloge durant pour la traversée d’une nuée de leurs partisans ‒ nous étions témoins ‒ a été le moment le plus pathétique de cette campagne électorale d’entre-deux tours de la présidentielle, des plus poignants, des plus percutants de la conquête d’un pouvoir que rien ne donnait pour acquis. Tant les enjeux étaient énormes.

Moins d’un an après cette image qui parle d’elle-même, c’est la déception, la désolation et l’heure est, sans langue de bois, aux interrogations chez tous les Mandenkas. Dans la mesure où, on le voit, chaque jour qui passe, à mesure que les échéances des législatives se rapprochent, toutes les communautés du pays, sans exception, se regroupent pour regarder dans la même direction tandis que les deux fils du Mandèn, Alpha Condé et Lansana Kouyaté, dont les partisans ont espéré un duo gagnant pour la prospérité de la Guinée, choisissent de se livrer une bataille sans merci aux conséquences dévastatrices et pour les « Mandenkas Â» et pour les Guinéens.

A notre avis, en notre qualité d’acteur du changement contre la mauvaise gouvernance qui a caractérisé les régimes passés, d’observateur aguerri de l’évolution sociopolitique de la Guinée martyre, il ne sert à rien de se cacher derrière des faux-fuyants qui ne peuvent convaincre personne. Cette déchirure entre le Président de la République élu démocratiquement, le Pr Alpha Condé, et l’ancien Premier Ministre du gouvernement de consensus, le meilleur de la gouvernance Conté de l’avis de tous les observateurs, Lansana Kouyaté, déchirure que nous estimons entretenue par des officines des « démons Â», est un énorme gâchis que l’on croyait derrière nous. Même s’il est constant que la Guinée est championne dans la destruction de ses ressources humaines au profit des médiocres.

Qui a raison, qui a tort des deux protagonistes du moment ? Peu importe ! Et, à notre avis, l’heure est extrêmement grave, le tournant est décisif, pour que l’on se permette le luxe de chercher une aiguille dans une botte de foin. Puisque ces deux icônes portent la responsabilité de la situation actuelle pour cause : l’orgueil démesuré de l’un et la boulimie trop peu prononcée de l’autre. Le tout doublé du manque du dialogue que devraient initier, mais ne l’ont pas fait, les « autorités morales Â» du Mandèn et l’attisement du feu de la discorde par les thuriféraires des deux personnages.

Ce qui vient de se produire à Kankan, capitale de la savane guinéenne, du Mandèn, à "Sheriffoula", un lieu de symbole, a été la limite à ne pas franchir et l’occasion pour tous ces sages du mandèn et de toutes les bonnes volontés de ce bled guinéen de réunir rapidement ces deux qui veulent perpétuer le « fadénya Â», concept désuet et rétrograde auxquels nous n’adhérerons jamais, les réunir pour leur parler la langue du terroir qui s’articule exclusivement sur l’union de tous les fils du Mandèn autour de l’essentiel. C’est un impérieux devoir !

A notre avis, qui est celui de nombreux autres, nous sommes sans voix au regard de ce spectacle peu reluisant un an seulement après cette victoire du changement dont, il faut le reconnaitre, nous sommes en train d’assister à l’effritement. Une éventualité que l’on redoute plus que tout !

A notre avis, nous faisons fi de nos propres frustrations pour avoir, sans fausse modestie contribué à idéaliser ce changement voulu de tous, pour privilégier l’intérêt général mais dont certains acteurs, alliés de la 25e heure ne sont pas à leurs places sur l’échiquier du changement. En clair, au-dessus du communautarisme, il est préférable pour aider l’élu du peuple que ce soit des personnalités fortes qui soient à ses côtés. Et, sans langue de bois, Lansana Kouyaté ne peut pas être laissé de côté, relégué au second plan, au profit des médiocres, des recyclés d’un régime cloué au pilori. Surtout que, ces derniers s’organisent pour contrôler un pouvoir dont ils sont loin d’avoir contribué à conquérir. Aussi, les extrémistes partisans du Président se doivent à présent de percevoir le danger qui guette ce pourquoi, plusieurs décennies durant, ils se sont battus.

Mandenkas, levez-vous avant qu’il ne soit trop tard, et pour que le passé qui nous colle tant à la peau, qui dit que nous préférons autrui à nous-mêmes, nous rattrape à nouveau.

Pour notre part, rien, absolument rien ne pourra nous détourner de notre devoir sacré pour que la guerre « fratricide Â» provoquée entre ces deux fils valeureux du Mandèn par les démons de la division, dont l’union, l’entente sont nécessaires pour cette Guinée martyrisée par tant d’années de mal gouvernance ne puisse s’envenimer d’avantage. D’où notre avis dans le Consensuel sur cet évènement qui fait le bonheur de certains.

Et si tel n’était pas le cas, le moment venu, nous aviserons, bardé de notre manteau politique, l’opinion guinéenne de notre futur immédiat dans cette eau trouble.

Si cela peut encore nous couter un strapontin de portefeuille que nous pensons mériter, nous en assumons l’entière responsabilité. L’essentiel est que vaille que vaille, Alpha Condé et Lansana Kouyaté fument ensemble, à nouveau le calumet de la paix et de l’entente. Surtout que les autres s’offrent le luxe de désigner leurs futurs candidats aux prochaines législatives non pas sur la base du programme de l’Arc-en-ciel mais plutôt sur les tribus et les communautés.


Laye Junior Condé

Administrateur général du journal le Consensuel


Source : Gbassikolo.com
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