Les élections en Afrique, une solution internationale

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Il y a peu de pays en Afrique où des élections sont annoncées, préparées et organisées, des résultats démocratiques proclamés sans qu’il n’y ait de la violence, des fractures du tissu social, des morts d’hommes et ou de femmes, bref une issue non démocratique non souhaitée.

Dans un article posté sur ce site, intitulé : les outils de la démocratie, je disais que les élections libres et transparentes sont une étape majeure de la démocratie. Toutes les jeunes démocraties passent par là. Cependant, l’expérience montre que c’est aussi, et malheureusement, la première source de conflits dans ces pays. Le présent article examine plus sérieusement la question des élections et tente de proposer une solution globale pour résoudre le problème.

Il y a un besoin universel de l’homme qu’il convient de satisfaire, c’est le besoin du bien-être. C’est la lutte pour le bien-être qui fait se mouvoir l’humanité. Ce besoin est celui du pauvre, du riche, du blanc, du jaune, du noir, du rouge, du nord, du sud, du petit ou du grand pays, de l’ingénieur, du chanteur, de l’artisan, du cultivateur-éleveur, du commerçant, du chercheur, du chauffeur, de l’astronaute, citez-en.

Mais qu’est ce que cela veut dire, avoir le bien-être? Après une réflexion qui a débuté en février 2008, je suis arrivé à la conclusion qu’il faut satisfaire dix-sept (17) besoins 1 de l’homme pour espérer qu’il ou elle a le bien-être. Ces dix-sept besoins listés dans un ordre moins important, sont les suivants :

  1. Manger bien Ã  sa faim;
  2. Etre bien habillé ;
  3. Vivre sous son toit ou être bien logé ;
  4. Etre bien soigné ou avoir accès aux soins ;
  5. Etre en paix et en sécurité ;
  6. Avoir accès à l’éducation et pouvoir s’éduquer et éduquer ses enfants ;
  7. Pouvoir communiquer librement à l’intérieur comme à l’extérieur ;
  8. Avoir un revenu et des réserves ;
  9. Ne pas être trop endetté ;
  10. Avoir un bel environnement physique ;
  11. Pouvoir se déplacer partout ;
  12. Pouvoir se divertir ;
  13. Avoir accès à la justice et est libre de toute contrainte illégale ;
  14. Pouvoir garder ses relations sociales ;
  15. Jouir pleinement de ses droits humains & constitutionnels et pouvoir accomplir ses devoirs civiques ;
  16. Jouir librement du fruit de son travail et de la solidarité d’autrui ;
  17. Et pouvoir pratiquer sa foi religieuse.

Celui qui a ces 17 besoins satisfaits, dis-je, peut à mon avis considérer avoir le bien-être. Voilà pourquoi on se meut, on travaille, on négocie, on fait des guerres et que sais-je encore !

L’objet de ce papier n’étant pas de traiter ici de tous ces besoins, nous y reviendrons une autre fois. Mais, notez bien les points 5 et 15 où il est question de vivre en paix, en sécurité, de jouir pleinement de ses droits humains & constitutionnels et de pouvoir accomplir ses devoirs civiques. Ceci ne peut arriver sans des élections libres et transparentes. C’est cela l’intérêt pour cet article.

Dans le même article cité plus haut 2, j’avais décrit le processus et les conditions de sa mise en œuvre. Voyons à présent le constat actuel en Afrique et tentons de proposer une solution internationale.

Certes des pays comme l’Afrique du Sud, le Ghana, la Tanzanie, la Zambie ont réussi une alternance plus ou moins paisible ; mais dans les autres pays, particulièrement en Afrique francophone, c’est souvent la catastrophe. Même dans des pays où les élections ont abouti tant bien que mal, la période post-électorale a été malheureuse, comme en Côte d’Ivoire. Dans d’autres pays comme la Guinée, le processus a été entaché de fraudes et de violations des droits des citoyens, des textes de lois au point que le résultat n’est point reluisant. Il est peu honorable.

Le niveau de développement des infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, la faiblesse des moyens et voies de communications, l’absence d’une industrie d’impression des matériels électoraux, le caractère biaisé des textes de lois électorales, l’absence de volonté de transparence, le climat trop pluvieux, les contraintes de calendrier électoral tenant compte de la réalité du terrain, l’absence de volonté politique, la pauvreté qui facilite la corruption, le déchirement des partis d’opposition, le non-respect des textes par le parti au pouvoir, le recours illégal aux biens de l’Etat y compris de ses médias par les partis politiques au pouvoir, la violence des forces de l’ordre, la lâcheté des observateurs qui cherchent la paix immédiate et non des résultats reflétant la volonté des peuples, l’absence de dialogue, de consensus et de compromis, la volonté des présidents sortants à garder le pouvoir à tout prix, la lenteur des financements, l’immixtion des puissances extérieures dont l’ex-colonisateur, la faiblesse des ensembles sous régionaux, le non-respect du peuple et encore, conduisent à la non-tenue d’élections libres et transparentes en Afrique.

Au vu de ce qui précède, il me revient de penser que peut-être, il vaut mieux que naisse une structure mondiale à l’échelle des Nations Unies, de l’Union Africaine ou des sous-régions ; structure qui aura comme mandat d’organiser des élections dans tous les pays membres qui en ont besoin. La spécialisation d’une structure onusienne à l’organisation des élections comme les autres structures serait sans doute souhaitable. Des critères d’intervention de cette structure dans un pays seraient définis en fonction d’un certain nombre d’indicateurs SMART 3 bien connus.

Cette structure comme le PAM, la FAO, le HCR, etc. interviendrait dès qu’un seuil de tolérance serait dépassé dans un pays ayant signé et ratifié la convention onusienne. Il s’agit de gérer tout le processus électoral jusqu’à la proclamation des résultats qui va au-delà de la certification.

Peut-être qu’il serait mieux de commencer à l’échelle sous régionale et continentale avant de passer au stade onusien. Mais je crois que cela résoudrait une bonne partie des causes de la tenue des mauvaises élections, comme évoqué plus haut.

Par ailleurs, en ce moment, il y a un grand besoin de fixer les règles et critères de choix des représentants du peuple à la prochaine Assemblée Nationale guinéenne. Vous les internautes pourriez valablement donner vos contributions en proposant des critères que je serai prêt à compiler et partager avec tout le monde à la fin. Il suffit de m’écrire à mon adresse email ci-dessous.

Voilà une matière à débat.

A vos plumes chers internautes.

Je vous considère.


Dr Maladho Diallo
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Notes :

  1. Si vous avez d’autres, je serai heureux de le savoir et de revoir ma copie.
  2. Les outils de la démocratie
  3. Simple, mesurable, atteignables, réalisables dans le temps.


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Commentaires  

 
+2 #7 Boubacar Diallo, Washington 05-12-2011 00:45

Le Dr Maladho Diallo nous donne ici une bonne contribution pour l’échange des idées. Dans sa recherche de ce qu’il faudrait à la Guinée, il utilise un mot très approprié : SMART (Simple, mesurable, atteignables, réalisables dans le temps) mais il n’en tient pas compte, par sa citation excessive (tous les problèmes). La citation devrait se limiter à ceux qu’une élection idéale peut résoudre. Quant à son énumération (de 17 points différents) la longueur de la liste n’a pas d’importance, mais ce qui est requis pour satisfaire cette liste l’est. En fait, sa liste donne une finalité, des FAITS, des résultats ou des conséquences. Ce qu’il faudrait préconiser, ce sont les FAISEURS, les bâtisseurs, les réalisateurs qui mènent aux résultats raisonnablement souhaités. D’où, il faut citer des profils académiques et professionnels ou les qualifications souhaitables. Par exemple :
1) Avoir une formation universitaire,
2) Avoir acquis une expérience professionnelle (à spécifier)
3) Avoir les capacités de mobilisation des ressources et de leur gestion
4) Avoir une vision pour le développement requis
5) Avoir le respect de l’application des règles de la compétition politique
6) Etre contre les tricheries ou les méthodes machiavéliques pour arriver au pouvoir
7) Etre un citoyen unificateur qui a la vertu du partage et l’anti-tribalisme,
8) Avoir une ouverture d’esprit et acceptant les contradictions
9) Favorisant la formation sur mesure et le transfert des connaissances
10) Etre celui qui place l’intérêt du pays au-dessus de l’intérêt ethnique
Il y a un candidat déclaré que je ne connais qu’à travers ses interventions. Je serais en Guinée dans sa région, je voterais volontiers pour lui. Il s’agit de Mr Mohamed Sampil.
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+1 #6 SYLLA democrate 04-12-2011 03:14

Mr Bangoura, je crois que c'est trop etre pessimiste que de dire que L'Africain a un predisposition mentale a conserver le pouvoir. Sans vouloir te donner une liste exhaustive, je pense que des personnes comme Nelson Mandela, ceux du Ghana recent, ATT et tant d'autres font exception. En realite, moi je comprends le sujet de Mr Diallo autrement. Quelle democratie pour le dveloppement de l'Afrique? Tu ne me diras pas que les pays du Continent Asiatiqu sont autant mieux lotis que nous en democratie et dans le cadre du respect des Droits de l'Homme. Cependant, comment ont-ils reussit a amorcer un developpement durable alors qu'on sait a titre d'exemple que le Nigeria dans les annees 60 depassait la plupart des pays Sud Asiatique qui donnent es lecons aujourd'hui au monde entier dans plusieurs domaines. MSS from Texas. We keep in touch. Je puis parier que quelqu'un comme Ouattara de la Cote d'Ivoire, ne changera jamais de constitution pour ramasser a terre le pouvoir comme ca ete dit chez nous. En e qui concernemon pays, je suis sur que mon oncle s'il a longue vie sans nulle doute, il aura des velleites. Donc voila pour la Guinee en particulier le probleme qui se pose.
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+3 #5 Amara Lamine Bangoura 03-12-2011 20:06

Suite:En derniere analyse,il existe une relation de cause a effet entre la violence,l'instabilite politique et les conditions materielles d'existence des populations en Afrique,car la misere indescriptible dans laquelle vegete nos pays est loin d'obeir a une fatalite quelconque.La redristribution de la richesse nationale est le cadet des soucis de ceux qui souvent par accidents de parcours dirigent aux destinees de nos fragiles Etats .Bien a vous Dr Diallo pour cette contribution remarquable.A-L-B-Birmingham,AL-USA>
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+3 #4 Amara Lamine Bangoura 03-12-2011 19:54

L'edification de modeles de societes democratiques Africaines a travers la tenue d'elections libres se heurte a d'innombralables difficultes d'ordre socio-politique,culturelle et historique.Au prime abord,il faut souligner la conception de l'exercise totalitaire du pouvoir politique dans nos societes.En effet,rare sont les societes traditionelles Africaines ou l'alternance etait inscrite dans les moeurs politiques,au cas ou elle existait,elle se caracterisait souvent par des intrigues menant a la confiscation du pouvoir par un parti au detriment de l'autre sur fond de reglements de compte sanglant{cas du Foutah}.Ceci etant,il existe chez l'Africain une predisposition mentale naturelle de conserver le pouvoir meme au peril de sa vie.Par ailleurs,comme le souligne le doyen Doumba;le trace des frontieres actuelles au gre de la fantaisie des colons,les limites de nos Etats actuels ne correspondent a la configuration de groupements de populations aux us et coutumes souvent inconciliables.En realite,en Afrique,la specificite est liee au fait que contrairement aux democraties seculaires de l'occident,Ce sont nos jeunes Etats issus du decoupage arbitraire du continent qui cherchent tant bien que mal a constituer des nations modernes.Par ailleurs,l'idee de confier la gestion entiere du processus electoral a la communaute internationale n'est pas mauvaise en soi,mais je doute fort que nos tyranneaux sous le pretexte fallacieux du respect du principe sacro-saint de la non ingerance dans les affaires interne d'un Etat souverain s'y s'opposent a ce qu'il ne manqueront pas de considerer a coup sure comme une mise sous tutelle,une sorte de vassalisation des pays aux economies moins avancees par les nantis d'outre atlantique.Personnelement,j'estime que l'acquisition d'une culture democratique par le bias de la sensibilisation,l'education civique des masses d'une part ,L'expression d'une volonte politique sincere d'engager de reformes structurelles profondes facilitant le partage du pouvoir d'autre part ,constituent le gaze de l'organisation de consultations exemptes de violence prelectorale,electorale et post-electorale.Pour briser le cercle vicieux de la violence,il est imperatif de s'ateler a empecher la monopolisation du pouvoir par la limitation des mandats et l'adoption de regimes semi-presidentiels ou parlementaires,veritables remparts contre la concentration des pouvoirs source de dictature totalitaire.Bien a tous!A-L-B-Birmingham,AL-USA>
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+7 #3 Youssouf Bangoura 03-12-2011 16:15

C'est bien ce que vous faites, mais je pense que vous avez trop rallongé les besoins, certains elements de ce que vous avez cités ne sont pas indispensables ( en tout cas pas pour le guinéen que je suis ). Je pense qu'on ne dois pas mettre dans le même sac le besoin de manger au besoin de se divertir ou de communiquer .
Aujourd'hui, le guinéen n'a que trois besoins indispensables, manger à sa faim, se loger convenablement et se soigner correctement . En plus de ces trois, deux autres viennent s'ajouter à eux, être en paix et en securité et avoir accès à l'education . Le reste peut attendre long temps sans problème .
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+4 #2 Mickmack Camara 03-12-2011 15:29

Docteur n'essayez pas de réinventer la roue ou l'eau chaude.
La pyramide de Maslow? ça vous dit quelque chose ça?
Si oui, alors vous comprendrez ma réaction.
Si non... qu'est ce que vous attendez pour lire MASLOW.
La pyramide des besoins.
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+4 #1 boubacar d doumba 03-12-2011 15:22

Mon cher Maladho Diallo !
Bonjour !
Je comprends votre souci.Moi aussi, je redoute la période des élections dans nos pays africains.L'enracinement de la démocratie est un long, complexe et douloureux processus.L'intervention de la Communauté internationale est certes très utile, mais elle ne peut pas nous épargner l'économie de ces drames et tragédies que l'on constate presque partout à l’occasion des élections.Le passage de la colonisation à la souveraineté, je préfère l'expression de l'exercice de la responsabilité est difficile, d'autant plus que nos états sont le prolongement des frontières des états européens après la Première guerre mondiale qui a sanctionné le repartage du gâteau africain après Berlin 1885.Mais indépendamment du tracé artificiel des frontières,retrouver un équilibre social consensuel entre les différentes composantes de nos sociétés est loin d'être évident.A supposer même que le Fouta Djallon de la période théocratique retrouve son autonomie, je vous assure que ce sera dur de repartir.Déjà dans la seconde moitié du 19ème siècle le Fouta était secoué, voire ébranlé par les mouvements insurrectionnels Hubbhus.Quant au pays malinké à la même époque, il était secoué par les soubresauts de la révolution dioula de Samory Touré. Même l'Erhiopie qui n'a pas été colonisée peine à faire sa transition dans la modernité...
Bon courage dans votre effort de réflexion en vue de proposer des alternatives;
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