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Les élections en Afrique, une solution internationale

Mamadou Maladho Diallo  Samedi, 03 Décembre 2011 14:00

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Il y a peu de pays en Afrique où des élections sont annoncées, préparées et organisées, des résultats démocratiques proclamés sans qu’il n’y ait de la violence, des fractures du tissu social, des morts d’hommes et ou de femmes, bref une issue non démocratique non souhaitée.

Dans un article posté sur ce site, intitulé : les outils de la démocratie, je disais que les élections libres et transparentes sont une étape majeure de la démocratie. Toutes les jeunes démocraties passent par là. Cependant, l’expérience montre que c’est aussi, et malheureusement, la première source de conflits dans ces pays. Le présent article examine plus sérieusement la question des élections et tente de proposer une solution globale pour résoudre le problème.

Il y a un besoin universel de l’homme qu’il convient de satisfaire, c’est le besoin du bien-être. C’est la lutte pour le bien-être qui fait se mouvoir l’humanité. Ce besoin est celui du pauvre, du riche, du blanc, du jaune, du noir, du rouge, du nord, du sud, du petit ou du grand pays, de l’ingénieur, du chanteur, de l’artisan, du cultivateur-éleveur, du commerçant, du chercheur, du chauffeur, de l’astronaute, citez-en.

Mais qu’est ce que cela veut dire, avoir le bien-être? Après une réflexion qui a débuté en février 2008, je suis arrivé à la conclusion qu’il faut satisfaire dix-sept (17) besoins 1 de l’homme pour espérer qu’il ou elle a le bien-être. Ces dix-sept besoins listés dans un ordre moins important, sont les suivants :

  1. Manger bien Ã  sa faim;
  2. Etre bien habillé ;
  3. Vivre sous son toit ou être bien logé ;
  4. Etre bien soigné ou avoir accès aux soins ;
  5. Etre en paix et en sécurité ;
  6. Avoir accès à l’éducation et pouvoir s’éduquer et éduquer ses enfants ;
  7. Pouvoir communiquer librement à l’intérieur comme à l’extérieur ;
  8. Avoir un revenu et des réserves ;
  9. Ne pas être trop endetté ;
  10. Avoir un bel environnement physique ;
  11. Pouvoir se déplacer partout ;
  12. Pouvoir se divertir ;
  13. Avoir accès à la justice et est libre de toute contrainte illégale ;
  14. Pouvoir garder ses relations sociales ;
  15. Jouir pleinement de ses droits humains & constitutionnels et pouvoir accomplir ses devoirs civiques ;
  16. Jouir librement du fruit de son travail et de la solidarité d’autrui ;
  17. Et pouvoir pratiquer sa foi religieuse.

Celui qui a ces 17 besoins satisfaits, dis-je, peut à mon avis considérer avoir le bien-être. Voilà pourquoi on se meut, on travaille, on négocie, on fait des guerres et que sais-je encore !

L’objet de ce papier n’étant pas de traiter ici de tous ces besoins, nous y reviendrons une autre fois. Mais, notez bien les points 5 et 15 où il est question de vivre en paix, en sécurité, de jouir pleinement de ses droits humains & constitutionnels et de pouvoir accomplir ses devoirs civiques. Ceci ne peut arriver sans des élections libres et transparentes. C’est cela l’intérêt pour cet article.

Dans le même article cité plus haut 2, j’avais décrit le processus et les conditions de sa mise en œuvre. Voyons à présent le constat actuel en Afrique et tentons de proposer une solution internationale.

Certes des pays comme l’Afrique du Sud, le Ghana, la Tanzanie, la Zambie ont réussi une alternance plus ou moins paisible ; mais dans les autres pays, particulièrement en Afrique francophone, c’est souvent la catastrophe. Même dans des pays où les élections ont abouti tant bien que mal, la période post-électorale a été malheureuse, comme en Côte d’Ivoire. Dans d’autres pays comme la Guinée, le processus a été entaché de fraudes et de violations des droits des citoyens, des textes de lois au point que le résultat n’est point reluisant. Il est peu honorable.

Le niveau de développement des infrastructures routières, portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, la faiblesse des moyens et voies de communications, l’absence d’une industrie d’impression des matériels électoraux, le caractère biaisé des textes de lois électorales, l’absence de volonté de transparence, le climat trop pluvieux, les contraintes de calendrier électoral tenant compte de la réalité du terrain, l’absence de volonté politique, la pauvreté qui facilite la corruption, le déchirement des partis d’opposition, le non-respect des textes par le parti au pouvoir, le recours illégal aux biens de l’Etat y compris de ses médias par les partis politiques au pouvoir, la violence des forces de l’ordre, la lâcheté des observateurs qui cherchent la paix immédiate et non des résultats reflétant la volonté des peuples, l’absence de dialogue, de consensus et de compromis, la volonté des présidents sortants à garder le pouvoir à tout prix, la lenteur des financements, l’immixtion des puissances extérieures dont l’ex-colonisateur, la faiblesse des ensembles sous régionaux, le non-respect du peuple et encore, conduisent à la non-tenue d’élections libres et transparentes en Afrique.

Au vu de ce qui précède, il me revient de penser que peut-être, il vaut mieux que naisse une structure mondiale à l’échelle des Nations Unies, de l’Union Africaine ou des sous-régions ; structure qui aura comme mandat d’organiser des élections dans tous les pays membres qui en ont besoin. La spécialisation d’une structure onusienne à l’organisation des élections comme les autres structures serait sans doute souhaitable. Des critères d’intervention de cette structure dans un pays seraient définis en fonction d’un certain nombre d’indicateurs SMART 3 bien connus.

Cette structure comme le PAM, la FAO, le HCR, etc. interviendrait dès qu’un seuil de tolérance serait dépassé dans un pays ayant signé et ratifié la convention onusienne. Il s’agit de gérer tout le processus électoral jusqu’à la proclamation des résultats qui va au-delà de la certification.

Peut-être qu’il serait mieux de commencer à l’échelle sous régionale et continentale avant de passer au stade onusien. Mais je crois que cela résoudrait une bonne partie des causes de la tenue des mauvaises élections, comme évoqué plus haut.

Par ailleurs, en ce moment, il y a un grand besoin de fixer les règles et critères de choix des représentants du peuple à la prochaine Assemblée Nationale guinéenne. Vous les internautes pourriez valablement donner vos contributions en proposant des critères que je serai prêt à compiler et partager avec tout le monde à la fin. Il suffit de m’écrire à mon adresse email ci-dessous.

Voilà une matière à débat.

A vos plumes chers internautes.

Je vous considère.


Dr Maladho Diallo
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Notes :

  1. Si vous avez d’autres, je serai heureux de le savoir et de revoir ma copie.
  2. Les outils de la démocratie
  3. Simple, mesurable, atteignables, réalisables dans le temps.


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