Démocratie : Et si on avait accepté la Constitution de décembre 1990 ?

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SOW_Thierno_Fod_3_01L’enracinement de la démocratie dans notre pays peine toujours à porter fruits qui puissent profiter à tous les bâtisseurs. Sans rancœur, haine ou règlements de comptes. Aujourd’hui en effet, loin d’enrichir le débat, la prolifération des partis a sérieusement exacerbé les divisions. La plupart des formations se sont construites sur une base ethnique. Même si certains leaders politiques actuels ne veulent pas en entendre parler, arguant que leur formation politique est nationale.

Pourtant, personne d’entre eux ne suscite, jusque-là, d’adhésion transversale susceptible de transcender ces clivages qui prennent d’ailleurs tous les jours des proportions fort inquiétantes. C’est à ce titre que toutes les formations font en général le plein de leurs voix dans la communauté d’origine de leur dirigeant. Ainsi, la base électorale du Rassemblement du peuple guinéen (RPG) d’Alpha Condé est malinké, celle de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) est peule, tandis que les fiefs de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), etc. sont la Guinée forestière.

Cette division aura été exploitée à souhait par le parti présidentiel d’alors, le PUP. Conséquence : la plupart des échéances électorales, c’est le PUP qui en sortira gagnant. Et pourtant, adoptée par référendum le 23 décembre 1990, la nouvelle Constitution limitait en effet le nombre de partis à deux. Mais sous la pression des mouvements en faveur du multipartisme intégral, qui se développèrent dans le courant de l’année 1991, le chef de l’État Lansana Conté sera contraint d’annoncer la légalisation de tous les partis politiques pour le 3 avril 1992, après la promulgation de la Constitution, en décembre 1991. Comme quoi, si on avait accepté cette démarche bi-céphalique, peut-être que les Guinéens auraient été mieux outillés pour la démocratie. Mais ceci est une autre histoire.


TFS


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Commentaires  

 
0 #6 Patriote 30-06-2011 02:26

Absolument, Mr Bangoura, vous avez raison. Malinkés et Peulhs font plus de la moitié de la population guinéenne, mais ils sont à la base de tous nos maux. Je parie que si c'est un forestier ou un soussou qui avait été élu comme Président de la République, nous ne serions pas en train de parler d'ethnocentrisme aujourd'hui. Merci !
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0 #5 Bangoura Youssouf 29-06-2011 10:20

TFS, j'ai l'habitude d'apprecier vos articles, mais ici, vous avez employé une phrase qui est totalement fausse, je cite " cette division aura été exploitée à souhait par le parti presidentiel d'alors, le PUP. Consequence: la plupart des échéances électorales, c'est le PUP qui en sortira gagnant " Faux, Lansana n'a jamais exploité la division ethnique des partis politiques . Conté etait conscient qu'à part de la guinée forestière et sa base guinée natale, qu'il ne pouvait compter que sur la triche . Il savait que les 90 pour cent des peulhs ne votaient pas pour lui idem pour les malinkés . Evidemment, il savait aussi que l'alliance malinkés et peulhs est impossible . De toute façon, c'est pas lui qui a crée cette animosité entre ces deux ethnies . les malinkés et les peulhs doivent se poser la question pourquoi ils se haissent tant .
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0 #4 manga sow 29-06-2011 01:49

je suis d'avis avec lamah et gandhi. c'est une question de leadership, et le peuple est pris en otage par sa classe politique qui ne défend que ses seuls intérêts.
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+1 #3 Mory Diakité 28-06-2011 23:43

Monsieur Sow,
Dans la mesure où il n'y a que 2 personnes qui accèdent au second tour, de facto, la "démarche bi-céphalique" que vous semblez reclamer ne devient-elle pas une réalité? Pourrtant, cela n'a pas empeché les dérives ethnocentriques des deux alliances lors de la dernière présidentielle.
Bien à vous
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+1 #2 Gandhi 28-06-2011 18:10

Absolument Mr Lamah, tout est affaire de leadership, donc de volonté.
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+1 #1 Pokpa Holomo Lamah 28-06-2011 17:26

Mr TFS, je crois en une chose, l'etnocentrisme peut être surmonté sans passer par le bi-partisme. La première condition est de faire des élections vraiment transparentes. C'est vrai qu'on est loin du compte aujourd'hui, mais avec la volonté on peut y arriver. La deuxième, le Président de la république doit démontrer qu'il est le président de tous les guinéens en se mettant au-dessus du clivage ethnique. Malheureusement, ça ne semble pas être le cas aujourd'hui. Honnêtement, on parle plus d'ethnocentrisme aujourd'hui qu'on en a parlé durant les 24 ans de présidence du Général Conté.
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