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Le Nigéria a raison !

Mory Diakité  Jeudi, 24 Novembre 2011 20:57

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DIAKITE_Mory_01En ces temps difficiles, où le mot rigueur est repris en cœur partout dans le mode, il devient impératif de se donner des marges de manœuvre.

Si la baisse des dépenses et/ou la hausse de la taxation sont des solutions en vogue, il en existe d’autre comme vient de nous le montrer le Nigéria.

En effet, en décidant d’infliger une lourde amende de 235 millions de dollars à British Airways (135 millions de dollars) et à Virgin Atlantic (100 millions de dollars), ainsi que des dédommagements pour les passagers des vols directs Londres-Lagos, l’autorité nigériane de l’aviation civile a frappé un grand coup et ouvert une brèche dont devraient s’inspirer les autres pays africains.


Que reproche-t-on à ces deux compagnies anglaises ?

Il leur est reproché de s’être livrés, en situation évidente de duopole sur le pays, à une entente sur les prix des billets d’avion, qui peuvent atteindre des tarifs exorbitants.


De quoi parle-t-on exactement ? Qu’est-ce qu’un tarif exorbitant ?

En allant sur le site internet du comparateur de prix Opodo (www.opodo.fr), j’ai essayé de réserver un billet aller/retour entre Londres et Lagos pour la période du 12 décembre 2011 au 12 janvier 2012.

La compagnie British Airways demande £ 1 079 GBP pour un trajet direct et £ 1 006 GBP pour un trajet avec une escale. Pour le même trajet à la même date, la compagnie Virgin Atlantic demande £ 2606 GBP pour un trajet direct.

Je refais la même chose pour la distance Paris/Conakry aux mêmes dates et aux mêmes conditions. Résultat : Air France me demande £ 1 197 GBP là où Royal Air Maroc ne demande que £ 604 GBP (avec toutefois une escale).


Conséquences pour la Guinée ?

Il est évident que si British Airways est condamnée au Nigéria pour entente sur les prix en proposant £ 1 079 GBP pour un trajet direct entre Londres et Lagos, Air France peut l’être aussi en Guinée en proposant un tarif de £ 1 197 GBP pour relier Paris à Conakry.

Dans ces conditions, les autorités guinéennes peuvent être en mesure de demander des réparations pour ce manque de transparence des prix.

Pour mémoire, il faut avoir en tête :

  1. sur les 20 premières destinations les plus rentables pour la compagnie Air France dans le monde, 15 sont africaines (http://www.lefigaro.fr/societes/2010/06/09/04015-20100609ARTFIG00665-air-france-bousculee-sur-son-reseau-le-plus-rentable.php ).
  2. d’après des recherches effectuées sur le domaine, le prix d’un billet d’avion se détermine de la façon suivante : 50$ au décollage, 50$ par heure de vol et 50$ à l’atterrissage. Or, il y a environ 6 heures entre Paris et Conakry. Dans ces conditions, le prix d’un billet ne devrait pas excéder 50 + 6*50 + 50 = 400 $.
  3. la Guinée doit prendre à bras le corps ce problème si elle souhaite développer son tourisme.

Merci de votre attention


Mory Diakité


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