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Réflexions sur la nationalité guinéenne ; la Guinée : Nation juridique ou nation ethnique ?
Bakary Diakité Dimanche, 13 Novembre 2011 16:21
Le 20 juin 1990 le président François Mitterrand disait dans son discours de La Baule « il n’y pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement ». Il s’avère que la démocratie est indissociable de la citoyenneté qui s’accommode très mal avec notre culture ethniciste. D’où la question aujourd’hui : voulons nous une nation juridique (un Etat-nation de droit), gage de notre développement socio-économique, ou un Etat sans droit où nos nationalités ethniques se côtoient et se regardent en chiens de faïence ?
La République de Guinée fait partie des grandes curiosités de ce monde. Le Pr Alpha Condé, président de la République fraichement élu a dit dans son discours d’investiture le 21 décembre 2010 : « J’ai hérité d’un pays mais pas d’un Etat ! » Cette formule résumait en partie, seulement en partie, la situation sociopolitique du pays car la Guinée est bien un pays sans Etat mais surtout sans Nation juridique.
En 1997, le Pr AIS écrivait « Instrument de notre cohésion nationale, de notre désir de vivre ensemble et de notre insertion commune dans la modernité, notre Etat reste encore fragile à plus d’un titre ; d’abord et avant tout parce que c’est une création contemporaine liée à la colonisation, donc relativement récente. Ensuite parce que c’est un Etat en cours d’édification, et une nation embryonnaire en devenir ; soit au total un Etat-nation à caractère territorial. Enfin parce que c’est un Etat qui doit, à partir de données socioculturelles plus ou moins différentes, créer en quelques décennies une république une et indivisible ; et forger, dans le temps, une seule et même nation ; »
A la fin du règne du général Lansana Conté, l’Etat républicain s’était effondré avec une déliquescence quasi-complète de toutes les institutions, une Assemblée nationale caduque complètement paralysée, une armée devenue une armée de loubards et un refuge de délinquants, un gouvernement mafieux avec une guerre sans merci au sommet de l’exécutif entre des cliques et des clans pour une prédation de leur proie : le peuple de Guinée. Aujourd’hui avec l’exacerbation des divisions ethniques, la nation embryonnaire postcoloniale a vécu ! C’est devant ce douloureux constat que nous devons nous poser la question de savoir si la République de Guinée est un vrai Etat-nation, une Nation juridique ou un ensemble de nationalités ethniques vivant sur le même territoire. Est-ce que nous les Guinéens avons un réel désir et une vraie volonté de vivre ensemble et de partager un destin commun ? En effet les ambitions et les agissements politiques basés sur l’ethno-politique mettent sérieusement en danger aujourd’hui notre Etat-nation. L’appartenance ethnique n’est pas un mal en soi car c’est une réalité historique et ethnosociologique. A l’origine le terme nation se confond pratiquement avec celui d’ethnie. En effet nation vient de natio qui signifie naissance, et nation veut dire des individus de même origine. C’est la défaillance de l’élite guinéenne qui a conduit à l’instrumentalisation de nos groupes ethniques. C’est cette indigence politique et intellectuelle se basant sur nos faiblesses pour nous diviser davantage, qui a abouti à l’ethno-stratégie et la manipulation des communautés ethno-régionales, un vrai crime contre la Nation! Il n’y a rien de plus normal que d’appartenir à une ethnie car tout le monde est issu d’une ethnie, qu’on le sache ou pas qu’on le dise ou pas !
Le terme ethnie vient du grec ethnos qui signifie Peuple, Tribu, Société d’une même culture se constituant plus ou moins en Etat tribal. De ce point de vue une ethnie est une nation, ce mot voulant dire au départ « groupe humain issu de la même origine. » A l’ origine toutes les communautés humaines ont été d’abord des nations ethniques. Ces nations ethniques subsistent encore de nos jours dans plusieurs pays du monde ! Nous pouvons citer comme exemples : au Nigéria les nations haoussa, yoroubah, iboh ; nation peule au Mali, en Guinée, au Sénégal, au Cameroun, etc., nation malinké au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire, nation soniké au Mali, au Sénégal, en Mauritanie. En Belgique il y a la nation flamande, la nation wallonne ; en France nous avons la nation corse, la nation basque et bien d’autres.
Il se trouve que la nation ethnique ne correspond qu’exceptionnellement à l’Etat-nation ou nation juridique. Ceci est particulièrement vrai pour l’Afrique où les frontières sont artificielles et arbitraires héritées du découpage colonial de 1884 lors de la conférence de Berlin.
Ce n’est donc pas par hasard que le terme ethnie prend toute son importance avec les conquêtes coloniales à la fin du 19e siècle ! Selon le principe universel bien établi « diviser pour mieux régner » les intellectuels colons ont désigné par ethnie les populations parlant la même langue, ayant la même ascendance et les habitudes culturelles. Mais il faut savoir que le mot est attribué à des réalités très diverses, car les critères qui les définissent sont disparates et évolutifs. Par exemple les Peuls du Wassoulou qui se sont sédentarisés dans le monde malinké dans la vallée du Niger et de son principal affluent le Sankarani ; et qui ont perdu l’usage de la langue poular pour adopter la langue malinké sont-ils encore des Peuls ? Est-ce que l’ethnie doit se définir uniquement par le seul critère linguistique ? Parmi les nombreux critères définissant l’ethnie, il faut citer la langue, les coutumes, le territoire, le physique, le patronyme, (c’est ainsi que dans tout le Mandé la tradition dit bien que les Peuls ont quatre noms Diallo, Diakité, Sidibé, Sangaré). Parmi ces innombrables critères il y a aussi celui de la conscience d’appartenir à un même groupe ethnique.
L’immense majorité des Etats-nations modernes du 21e siècle sont composés de plusieurs nationalités ethniques, mais à l’inverse très peu de nations ethniques forment un Etat-nation.
Aujourd’hui la Guinée est à la croisée des chemins ; elle a le choix entre bâtir une Nation juridique (ou civique) « instrument de notre cohésion nationale et de notre insertion commune dans la modernité » ou végéter dans un pays sans un Etat-nation de droit ni démocratie où les différentes nationalités ethniques se côtoient et se regardent en chiens de faïence sans aucune perspective de développement socioéconomique ; car comme l’a dit le président F. Mitterrand « il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y pas de démocratie sans développement »
A l’heure da la mondialisation, je pense que le choix d’un Etat- nation de Droit avec des Institutions fortes basé sur une Démocratie pluraliste nourrie par une vraie citoyenneté nous est indispensable. Il n’y pas de vraie démocratie sans vraie citoyenneté car c’est la citoyenneté qui donne la transcendance politique transformant ainsi l’individu ethnique en individu citoyen.
Pour sortir notre pays du cercle vicieux de l’ethno-politique avec son cortège de sectarisme, d’ethnocentrisme d’un autre âge et un risque non négligeable de conflits armés interethniques, il n’y a aucune voie à emprunter que celle de la citoyenneté qui mène par le dialogue citoyen à la démocratie et à l’Etat de droit. Cette citoyenneté qui est la stricte égalité de tous les Guinéens en droit et en de devoir devant la loi de la république doit être institutionnalisée et encouragée (comme le prévoit notre constitution) d’abord par l’Etat, le gouvernement, les pouvoirs publics. Les acteurs politiques et les intellectuels doivent relayer la promotion de cette citoyenneté au niveau des populations. Les partis doivent dialoguer dans un esprit citoyen ; personne ne doit oublier que ce qui nous unit, à savoir, la Guinée, devrait être plus grand et plus fort que ce qui nous divise. La Guinée est notre lien commun à tous, préservons-la de nos agissements ; il ne faut pas que, pour des intérêts égoïstes à court terme, nous allumions un incendie qui va brûler tout notre pays. Par la culture du dialogue citoyen entre les acteurs politiques, nos concitoyens vont s’imprégner de notre citoyenneté et de notre nationalité civique qui se manifesteront au fur et à mesure par plus d’ouverture des uns par rapport aux autres et plus de mixité. Ainsi les citoyens guinéens se sentiront plus solidaires, plus forts car, en réalité, nous sommes tous interdépendants ; ce qui se passe à Lola a automatiquement des répercussions à Tougué ! Le malheur comme le bonheur ne connaissent pas les ethnies. La maladie ou la famine à Labé sont les mêmes à Yomou ou à Kouroussa !
Dans la culture politique de notre pays le culte de la personnalité est ancré dans les mentalités, beaucoup de Guinéens sont habitués à faire allégeance au chef, c’est l’héritage des différents régimes dictatoriaux que nous avons connus depuis notre accession à la souveraineté. Il est plus que temps pour tous les patriotes et tous les citoyens guinéens d’aiguiser leur esprit critique pour démasquer et dénoncer toutes les dérives totalitaires et ethno-régionalistes qui menacent encore notre pays.
Vive une Guinée unie et prospère.
Docteur B. Diakité
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Commentaires
Tu m'as fait rougir . Je suis souvent très impulsif, mais pas méchant, ni rancunier. Continuons à débattre "poliment" comme le préconisait ton homonyme B. Doumba. Il y aura souvent des contradictions et des réactions chaudes. Mais compte sur moi, je ne dépasserais pas les bornes. On se chatouillera certainement, sur d'autres sujets mais... it's life.
Au nom du respect de la transparence et de l’honneur de la parole donnée pour une confiance sans faille dont ont besoin ceux qui s’engagent à se définir un meilleur avenir national commun, et par l’égard que vous vous êtes mérité, j’ai recherché dans le net la rectification de fausses rimeurs que j’avais eue à publier il y a deux ans. En effet, par confusion de noms, à la grande surprise des ceux qui me connaissent et de la mienne, nous avions appris la nouvelle de ma nomination à un poste de ministre. Afin d’éviter l’exhibition publique inutile de titres, je demande à mon autre homonyme Doumba de vous faire transmettre le texte intégral du démenti en question. Pour lire directement ce démenti qui était devenu impératif, je vous recommande de consulter, entre autres sites, le suivant
http://www.yasni.fr/issatou+bella+diallo/recherche+personne/Formation
Cordialement,
Boubacar
je vous présente toutes mes excuses si je vous ai véxé. Sincèrement.
Encore une fois, je te retourne les questions posées. Mr Diakité tourne au tour de quel pot? Vouloir plaire à la fois aux 2, de quel 2 s'agit-il? Ne tourner pas autour du pot et repondez SVP.
Dommage que cet auteur tourne tant autour du pot qu’il en a des vertiges. Il parle beaucoup mais, malheureusement, ne dit rien qui puisse convaincre. Parle-t-il à ceux qu’il pense abandonner, ou bien il veut créer la confiance chez ceux dont il voudrait être accueilli. Vouloir plaire à la fois aux deux étant incompatible, il s’est engagé dans une acrobatie non payante. Cette torture verbale lui serait évitée, s’il prenait tout simplement le courage de changer son nom de famille qu’il peine tant à justifier. Au fait, Docteur, pour tous les démocrates (d’accords ou pas avec vous), même avec le nom Diakité, vous êtes libre de vos opinions et de votre option politique.
Boubacar Diallo, Ce monsieur tourne autour de quel pot? Vouloir plaire aux 2? de qui et qui s'agit-il Boubacar? De quels démocrates parles-tu? Je sais que tu sais de quoi tu parles en matière de tournure en rond. Tu as passé des nuits entières à tourner autour du CNDD au camp alpha yaya à la quete d'un poste de ministre et je ne pense pas que t'en a eu des vertiges. Vous etiez des chauves souris autour du gouvernement de chauve souris qu'était le CNDD.
Il n'est pas du Foutah (par naissance ) mais il est des notres . Crois moi !
Bien a toi !
Donc ce n' est pas un cheval de troie :-).
[Je pense qu’il faut que l’on s’asseye. Nous avons été ensembles aux Forces vives. La plupart d’entre eux et moi, nous avons mené les mêmes combats dans l’opposition. Il y a beaucoup de malentendus. C’est dû au fait, peut-être, que l’on ne dialogue pas assez. Je vais les rencontrer pour qu’on montre d’abord que nous sommes des frères, que nous nous sommes battus ensembles pour que ce pays change; et qu’il est nécessaire qu’on trouve les moyens de nous donner la main pour que le pays change.
Moi, je ne fais pas de la politique politicienne. Ce n’est pas dans mes habitudes. Quand je discute, c’est pour résoudre les problèmes de la Guinée. Nous pensons que chacun a du souci pour ce pays qui, après tant d’années, puisse enfin s’en sortir et que le Peuple de Guinée puisse bénéficier de ses richesses. Ce que nous faisons. Nous pensons donc que chacun des leaders a le même souci.
Qu’on lève les malentendus et qu’on ait les meilleurs rapports comme nous l’avions quand nous étions dans l’opposition. N’oubliez pas que nous avons tous été membres des Forces vives et que nous nous sommes battus pour qu’il y ait la démocratie ".]
Alors ????
Mon cher Alpha , Mr Diakite ( comme tu le dis ) je l' ai rencontre a KORBE (LELOUMA) dans le cadre de ses activites extra-professionelles . Il est BIEN et SINCERE et ne souffre d'aucune ambiguite quand au bien etre de TOUS LES GUINEENS . Tu peux me croire sur parole , il est des " NOTRES " : ceux qui veulent un meilleur pour TOUS LES GUINEENS . Accorde lui ta confiance .
Moi je dis DOCTEUR DIAKITE , parcequ'il est a la SALPETRIERE-PITIE a PARIS . Il n'est pas du Foutah (par naissance ) mais il est des notres . Crois moi !
Bien a toi !
Le courage aurait consister à condamner les pogroms anti-peuls de votre région Docteur.
... Nous etions tous des citoyens guineens a part entiere avant que le Prof ne mette en place son echelle sociale qui place une "certaine communaute" en bas.
Comme ça nous ne sommes plus des citoyens Guinéens par la faute de AC? Soyons sérieux tout de meme. Moi je suis et je resterai citoyen Guinéen à part entière. De la meme façon AST, LC, Dadis, SK sont passés, AC passera et la Guinée restera. AC fera tout ce qu'il voudra, de bien ou de mal, je suis et je resterai citoyen Guinéen. Il m'appartient en tant que citoyen guinéen, de faire en sorte que AC comprenne que si les choses continuent à marcher en l'envers, le peuple le rendra illégitime. Oui! illégitime. Personne ne peut me faire renoncer à ma citoyenneté, personne.
je ne souhaite jamais une reconciliation sans justice je ne participerai jamais ,lorsque toutes les paryies enregistront les memes pertes on serra capable de faire justice et vivre sur le meme territoire .s´il faut encore 1000ans on attendra mais tout sera reglé un jours .
on en a marre de parler de la guinee est une famille alors que les victimes se trouvent d´un seul coté.
Alors Mory si t'a des conseils à donner c'est à Alpha le Menteur, qui ne respecte pas ses engagements.
Moi franchement tant que Alpha ne se repent pas, je ne souhaite pas une reconcialition. La raison est que à chaque Election furure, les politiciens vont sacrifier des guineens sous protexte que le guineen est un con qui oublie vite et ne respecte pas l'ame sacrée du guineen.
Je vous cite "A la fin du règne du général Lansana Conté, l’Etat républicain s’était effondré avec une déliquescence quasi-complète de toutes les institutions, une Assemblée nationale caduque complètement paralysée, une armée devenue une armée de loubards et un refuge de délinquants, un gouvernement mafieux avec une guerre sans merci au sommet de l’exécutif entre des cliques et des clans pour une prédation de leur proie : le peuple de Guinée." Ne pensez-vous pas que le PPAC savait cela en prenant le pouvoir? Pour changer quoi que ce soit dans ce sens ne devait-il pas commencer son changement par là ? Hélas il a plutôt renforcé la mafia militaro-civile laissée par Fory Coco et nous plongeons pour cela un peu plus tous les jours dans ce que vous décrivez ci-dessus.
L`exemple devra venir du haut pour que claa change un jour en Guinée - tout le reste n`est que démagogie et lèche-bottisme..








