Rejet de la constitution ou un test manifeste sur un troisième mandat

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DIOUBATE_Mamadi_01Depuis quelques semaines le président Condé essaie d’expliquer dans toutes ses interventions, qu’il faudrait tenir compte d’une démocratie africaine, c’est le peuple qui décidera, etc...


Pourquoi le peuple qui décidera, pourquoi la démocratie africaine dont on ne connaît pas les contours alors que la constitution sur laquelle il prêta serment est claire, deux mandats et pas plus.


Essayons à priori, de définir la politique, et nous expliquerons la démocratie ensuite pour répondre au professeur de droit.


Paul Valéry écrivait : « la politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde », cela pour dire au professeur que la limitation du nombre de mandats intéresse les Guinéens car ils sont pressés pour mettre fin à leur  calvaire. Les Guinéens ne peuvent plus supporter : l’insécurité, les ordures, le manque d’infrastructures, la corruption organisée, la répression policière et militaire, la cherté de la vie et le manque d’emploi des jeunes faute de crédibilité de notre état et notre refus de respecter nos accords.

En effet la politique c’est l’histoire en train de se faire.


Sa première tâche et fondamentale, est de définir les fins de la société globale, puis d’inventer les méthodes propres à les réaliser.

Le problème politique ne se pose que dans les sociétés désacralisées où les fins de l’homme et celles de la société ne leurs sont plus assignées par une religion.

Les périodes de réflexion les plus intenses sur la politique furent dans le monde occidental, celle de la Grèce antique, lors de la désagrégation des monarchies traditionnelles, avec l’oeuvre des sophistes de Platon, d’Aristote, et celle de la Renaissance, après le premier craquement de la chrétienté....

Avec Montesquieu, Rousseau et la révolution française, avec Kant, Fichte et Hegel...

Faisant la relève des religions et de leurs théocraties, la politique est la prise en charge par l’homme de l’ensemble des rapports humains.


Sur la démocratie l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 Août 1789 stipule : « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ».

La démocratie est un concept universel qui peut prendre différents aspect : libérale, socialiste, populaire etc....

En quelques phrases nous pourrons la rendre plus explicite.

Les hommes ont vécu à l’origine en groupes. Les groupes formèrent des sociétés.

Les sociétés se dotèrent d’un pouvoir. Le pouvoir se transforma en État. L’État reposa ou perdura par le consentement. Le consentement devint plus explicite. L’explicite dut être renouvelé.


En 1958 les pères de l’indépendance ont veillé à mettre en place une constitution afin de permettre la mise en valeur de notre vouloir vivre ensemble vues les spécificités régionales, et que chaque individu s’y retrouve.

Cette constitution fut victime du coup d’État à la mort du premier président et nous avons vécu sous un régime exceptionnel jusqu’à la mise en place d’une constitution non soumise certes au peuple mais qui ne fut non plus pas contestée, du moins de manière vigoureuse.


C’est sous cette constitution que fut élu Alpha Condé, il y a prêté serment en jurant qu ‘il la respecterait, même s’il l’a fait de manière théâtrale.

Depuis quelques semaines le président cherche justement à tester les différentes réactions du peuple par rapport à son profond désir de réviser la constitution.


Cela fait plus de cinq ans qu’Alpha Condé est élu, les Guinéens dans leur unanimité sont déçus, personne n’arrive à savoir la direction prise par le professeur faute de lisibilité de sa politique.

La seule action réussie, c’est la division du peuple en renforçant le pouvoir des pseudos chefs des coordinations ethniques.

Ces personnes ne sont élus par personne, pire leur structure n’a rien de républicain et constitue un facteur criminogène surtout avec la sortie d’un certain Chekna Soumah qui veut nous interdire les manifestations.


Peuple de Guinée, levez vous pour dénoncer ces structures malfaisantes et dites leur qu’ils n’ont rien à faire dans le champ politique à moins qu’ils se transforment en parti politique.

D’aventure mettez en garde tous les chefs de parti, en leur demandant de ne plus recevoir ces chefs qui ne vivent que de rentes de situation que leur octroi le pouvoir corrompu et rétrograde du professeur Alpha Condé.

En Guinée nous sommes en république et non dans un regroupement d’empires archaïques.

Incapable de gérer ses propres contradictions (la principale et la secondaire), le président Alpha Condé s’est inventé un nouvel ennemi : l’Occident et plus précisément la France, son pays.


Comme plusieurs personnes en Guinée, le président Condé pense que le responsable suprême de la révolution était anti français, voulant ressembler à ce dernier dont il a une énorme admiration qu’il ne mettra en valeur qu’à sa prise du pouvoir.

Il faudrait relire le texte du président Ahmed Sékou Touré en 1958 pour comprendre son amour pour la France.

Ahmed Sékou Touré était prêt à déléguer une partie de notre souveraineté à la France, ce qu’il dénonça avec vigueur c’est la colonisation car nos peuples avaient besoin de se prendre en charge et ce fait était soutenu par l’anti colonialisme des deux blocs.

Le discours de 1958 fut mal compris par la France car le général De Gaule n’y a retenu que la partie condamnant fermement les effets néfastes et dégradants de la colonisation.

Cependant n’est pas Sékou Touré qui le veut.


La France et les États-Unis jouèrent un rôle très important lors de la mise en place de la transition et nous apportent leur assistance à tout moment, je suis convaincu que les démocrates français ne laisseront pas tomber la Guinée dans le projet diabolique qui est la « nord coréanisation de notre pays », avec les Kim Jung Condé.


Pourquoi ça ne va pas dans notre pays et cela depuis son accession à l’indépendance, ce sont toujours les mêmes drames qui se succèdent. Ne croyez-vous pas que le mal résiderait à l’origine de notre pays ? Les concepts qui nous gouvernent telles la république, la démocratie, le vote... tous importés ou imposés du dehors sont ils adaptés à notre manière d être, dépenser ?

Ce qu’appelle la spécificité africaine d’Alpha Condé.


Il est vrai que les principes qui sont actuellement à la base de notre organisation politique sont pour la plupart, d’origine externe, c’est vrai : l’Etat, la nation, le citoyen, le technicien, la démocratie, le scrutin, le mandat limité dans le temps.ils ne correspondent pas tout à fait à ce que vivaient nos ancêtres. Mais à y regarder et voir profondément, il ne s’agit pas d’une opposition dans la nature des concepts, mais d’une différence dans la manière de vivre les mêmes principes de base. Nos ancêtres connaissaient le pouvoir mais celui ci n’avait pas atteint, dans son expression, le stade que présente le pouvoir dans l’Etat moderne où il est organisé en services publics. Ils connaissaient aussi la communauté, le territoire mais généralement de dimensions modestes. Nous nous heurtons plutôt à un problème qui pourrait s’intituler : la difficulté d’élever à une échelle plus grande ce que nos ancêtres percevaient, situaient, vivaient à un niveau plus petit. Nos ancêtres sont restés comme aux premières marches d’une grande échelle. Alors, il nous revient, par la force de l’histoire, de nous élever vers les autres marches, de nous situer là où se trouve le monde d’aujourdhui.


C’est la hauteur, c’est l’élévation et leurs lois ou exigences qui nous effrayent ou rendent non faits ou mal faits pour elles. Non, ce n’est pas la république ni la démocratie ni la nation ni l’État qui ne nous conviennent pas mais notre option inavouée de vouloir vivre sous ces concepts au mépris des vertus qu’ils exigent, de ce qu’ils demandent que nous soyons. Et pourtant nous sommes capables d’être de bons citoyens, de gérer une République, de gouverner un État.


La voiture, le piano, le costume à trois pièces plus une cravate parfaitement assortie sont aussi des choses importées. N’excellons-nous pas à les utiliser sans défaut, c’est-à-dire comme s’ils venaient de nos ancêtres ? Nous pouvons être de bons, d’excellents démocrates, gestionnaires de l’État si nous accordons à la démocratie, à l’intérêt commun moderne le même qu’à notre bien être. Nous prêtons solennellement serment de respecter la constitution quand nous sommes élus chef de l’État, j’avais alerté à l’époque la légèreté qui accompagna la prestation du serment de Alpha Condé, riant et citant ses camarades Blaise, Sassou tous des criminels en puissance. Mais aussitôt terminé le champagne qui accompagne la cérémonie, nous nous mettons à agir comme un chef aux pouvoirs et libertés illimités.


Pourquoi n’avons-nous pas un langage de vérité en politique en Guinée ? D’où viennent généralement le mensonge, la tricherie, la fraude, la cruauté, les crimes inexpliqués ?

La réponse courante est que l’homme qui n’a pas de code d’éthique, de sens moral, de normes du bien et du mal, d’intimes convictions se laisse aller au mensonge, à la fraude, au crime.


Que faudrait-il faire dans la situation de notre cher pays que nous aimons tant ?

Il faut rechercher les causes, comme lorsqu’il y a un cataclysme naturel, inondation, tremblement de terre etc... les hommes se sont toujours interrogés sur la cause de sa survenance.

Rechercher la ou les causes d’un drame est une démarche non seulement nécessaire mais légitime, utile et obligatoire.

Nécessaire d’abord : parce qu’il faut bien comprendre pourquoi celui-ci s’est produit. Même les animaux procèdent à cette démarche. Voyez les buffles qui s’échappent d’un grand feu de brousse. Ils s’élancent après ceux qui l’ont allumé. C’est leur manière à eux d’éteindre dans le présent et le futur la cause du malheur.

Et nous êtres intelligents, devrions-nous après plusieurs dictatures dont les conséquences sont encore devant nos yeux, vivre sans chercher à savoir pourquoi elles ont eu lieu ?

Ne pas chercher à savoir après une tragédie, c’est être moins intelligents qu’un buffle qui vient de s’échapper d’un grand feu de brousse.

Cela est utile, car il s’agit de tirer les leçons, de régler en conséquence sa conduite dans le futur.

Savoir, c’est éviter aux générations à venir de faire la même faute et à soi-même de la recommencer. Un proverbe du Sud de Soudan dit à cet égard : « quand tu vois dans la plaine une bête qui ressemble à celle qui a failli te dévorer dans la forêt, tu dois te méfier ».

Chercher à savoir, à comprendre n’est pas prioritairement ni fondamentalement rechercher des coupables, des têtes.

C’est avant tout chercher la vérité. C’est donc une démarche, une opération au service du bien présent et futur. C’est une entreprise de guérison de soi même ainsi une protection contre le mal exorcisé.


Je m’en veux en ayant entraîné un certain nombre de personnes dans ce combat parce que j’avais cru à la sincérité de nos hommes politiques.

Ma nièce fut tuée pour une mauvaise cause qui a entraîné Alpha Condé à la tête de mon pays, vues ses déclarations sur nos martyrs, je crois que je me suis trompé.

Vive la Guinée ! vive la république !


Dioubaté Mamadi


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Commentaires  

 
+2 #2 dioubaté mamadi 02-05-2017 10:04

Bonjour mon frère je voudrais savoir si celui qui était avec Sékou Souapé en effet le frère de Djotan.
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+2 #1 Nvafing Souare 30-04-2017 13:01

Bonjour Mr.Dioubaté
Je suis ravie de vous revoir sur le net parlant de cette politique d'Alpha Condé qui nous a fait honnir malgré l'aide que nous lui avions apporté en un bon bout de temps. Je n'arrive pas à trouver le mot pour qualifier Alpha Condé qui a abandonné tous les vrais patriotes pour aller se laisser dans la mains de ceux contre lesquelles nous nous battions.
Je t'informe que je suis le petit fils d'Elhadji Bangaly Souare de N'zerekore.Vous pouvez m'envoyer un e-mail pour te remettre mon numero de telephone.
Mercie par Nvafing Souare.
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