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Affaire 3ème mandat, corruption, Konaté : Oumar Bah met les pieds dans le plat
Amadou Sadjo Diallo Samedi, 15 Avril 2017 10:10
Oumar Bah, président du Parti de l'unité et de la liberté fait partie de la jeune génération qui ne fait pas dans la dentelle pour dénoncer la mal gouvernance qui sévit dans le pays. L'ancien allié d'Alpha Condé est très remonté aussi contre les sirènes révisionnistes qui ont commencé à se faire entendre en faveur d'un troisième mandat. L'opposant met en garde contre toute modification de la constitution, au risque de voir l'opposition prendre la rue.
L'Indépendant : comment se porte votre parti ?
Oumar Bah : le Parti de l'unité et de la liberté se porte très bien. Il n'y a pas longtemps, je suis rentré d'une tournée en Europe, où on a renforcé nos différentes structures, nos différentes fédérations notamment en Allemagne, en France et puis la Hollande et la Belgique aussi. Donc, le parti se porte bien.
Il y a quelques années, vous étiez très actifs sur le terrain. Mais ces derniers temps nous constatons votre absence sur le terrain politique. Qu'est-ce qui explique cela ?
Oui, vous avez parfaitement raison. Avant on multipliait les alliances. Nous avions noué une alliance avec le RPG en 2010. Après, il y a eu l'ADP aussi. Mais toutes ces alliances, ce n'était pas bien, ça n'a pas abouti à ce qu'on voulait. Après l'ADP on a été aussi dans l'opposition extraparlementaire, mais le résultat ce n'était pas ce que nous attendions.
Quelle est votre positionnement aujourd'hui sur l'échiquier politique ?
Un parti, si vous n'êtes pas de la mouvance, forcement vous êtes de l'opposition. Donc, nous sommes dans l'opposition. Mais actuellement nous ne sommes alliés à personne.
Qu'est ce qui a motivé votre départ de l'alliance Arc-en-ciel ?
Après la prise du pouvoir par Alpha, on a vu tout ce qu'il disait, il ne respectait rien du tout. Et nous on était déçu. Nos programmes n'étaient plus les mêmes. Donc, on a opté pour changer son changement. Tout ce qu'il disait, du jour au lendemain on voyait que ce n'était pas la même chose. C'est pourquoi on a pris nos distances avec lui.
Votre parti participera-t-il aux élections locales ?
Bon, on vient de finir une tournée européenne. On doit faire une autre aussi au niveau de la sous-région. Donc, pour le moment, il n'y a pas eu de décision à ce propos. Mais nous consulterons dans les prochains jours la base pour une décision relative à ces élections.
Toumba a finalement été arrêté et extradé en Guinée. Quel est votre point de vue sur cette affaire ?
L'arrestation de Toumba, c'est purement politique. Alpha n'est pas nouveau chez nous, on était allié en 2010. Donc, nous connaissons comment il agit. Mais il y a plusieurs personnes impliquées dans le dossier du 28 Septembre qui sont là auprès de lui et qui occupent des grands postes. Pourquoi arrêter certains et laisser d'autres. Vous savez, il y a une formule mathématique qui dit l'ami de ton ami, c'est ton ami. L'ennemi de ton ennemi, c'est ton ami. L'ami de ton ennemi, c'est ton ennemi. Alpha a besoin de l'électorat de la Guinée forestière. Toumba a tiré sur Dadis. En arrêtant Toumba, les partisans de Dadis, l'électorat de la forêt va se réjouir et ils vont suivre Alpha en lui faisant confiance.
L'actualité reste dominée dans ce dossier par les sorties controverses du Général Konaté. Quelle analyses faites de ces sorties ?
Il est un peu confus. C'est pourquoi, on dit un militaire, il ne faut pas se mêler de la politique. La politique, ce n'est pas pour le militaire. Je pense qu'il y a des politiciens derrière tout ça et qui manipulent tout. Si vous demandez le général à huit clos, il vous le dira. Mais, il est perturbé. Il ne sait pas qui suivre et où se trouve son intérêt. Il veut défendre tout le monde à la fois. Tout ce que je vais lui dire, il n'a qu'à faire attention avec les gens qui sont derrière lui.
Aujourd'hui, il ne fait pas plus de 2 mois sans qu'une affaire de corruption ne soit dénoncée par la presse. Malheureusement, il n'y a pas de sanction contre ces personnes incriminées. Comment vous trouvez cela ?
Alpha ne peut pas sanctionner la corruption. Parce que lui-même, il avait dit le poisson commence à pourrir par la tête. Le gros corrupteur, c'est Alpha. Il a commencé avant qu'il ne soit élu au pouvoir. Parce qu'un jour, il m'a dit M. Bah venez m'accompagner, on va voir un homme d'affaire. Cet homme d'affaire, c'était Bolloré, on était ensemble à la Corniche. Bolloré n'est pas venu ici par un appel d'offres, c'est parce qu'il a financé la campagne. Et devant Bolloré je vais lui répéter, parce qu'il me connaît. Alpha c'est un grand corrupteur. Comment voulez-vous qu'il sanctionne les autres ? Non.
Le parquet général dans une conférence de presse a déclaré que les forces de sécurité n'utilisent pas d'armes à feu pendant les manifestations. Quel est votre point de vue ?
C'est archi faux. Ça s'est passé devant moi, la toute dernière manifestation des syndicats des enseignants, mais on a vu des militaires qui tiraient à balles réelles. Vous savez Alpha a mis la main sur tout, y compris la justice. Sinon, eux-mêmes, ils savent en âme et conscience que ça c'est archi faux. Les forces de l'ordre, elles sortent avec des armes de guerre, tirent devant tout le monde et elles tuent les gens. Pour preuve, allez au cimetière de Bambéto. Ce sont les balles réelles qui les ont tués. Les forces de l'ordre utilisent des balles réelles.
Il y a une velléité de 3ème mandat pour le professeur Alpha. D'ailleurs certains caciques du RPG l'ont sollicité clairement. Comment vous trouvez cela ?
Ce sont des personnalités qui n'aiment pas le Professeur Alpha Condé. Mais moi je suis sûr et certain que les cadres là , ne peuvent pas se lever comme ça et aller parler de 3ème mandat. Ce ne sont pas des simples militants qui l'ont sollicité, ce sont des personnalités proches du président, comme Nantou Chérif. C'est la princesse héritière d'Alpha Condé. Tout son combat il a fait avec Nantou Cherif. Elle ne peut pas se lever comme ça seulement et aller parler. Elle a vu ça dans les yeux de M. Alpha Condé. S'ils le disent, c'est parce qu'ils sont surs de quelque chose. Donc, c'est pourquoi, nous avons durci le ton. Parce qu'on dit vaut mieux prévenir que guérir. Parce que ces personnalités ne sont pas n'importe qui.
Et c'est très grave. Quelqu'un qui est le DG de la police nationale, qui essaie de faire ces genres de déclarations, qui aujourd'hui roule dans la rue, qui va dans son bureau, comme de rien n'était, ça veut dire que lui aussi, il n'a pas dit ça comme ça. C'est sûr qu'il a échangé avec le professeur. Sinon, il ne pouvait pas le dire. Si c'est dans d'autres pays démocratiques, il allait être démis de ses fonctions le lendemain. Mais ça va être notre prochaine étape, le DG, s'il lit votre journal, on lui lance un message, on va organiser bientôt un sit-in devant le ministère en demandant son départ. Et « Bafoé » le sanguinaire, il n'a qu'à nous attendre on arrive. Donc, on va faire un sit-in, pour demander le départ du DG par la force et c'est sûr que « Bafoé » va suivre, s'il ne fait pas attention.
Votre message à l'endroit des citoyens ?
Pour les citoyens, je dis de garder patience et de nous rejoindre au PUL et de soutenir notre objectif. Le jour que le professeur va se prononcer pour un troisième mandat, de se lever comme un seul homme pour demander son départ immédiat.
Entretien réalisé par Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Depuis qu'il est aux commandes en 2010,il ne fait que Violer les lois,à ne pas respecter la procédure démocratique d'installation de nos élus pour une bonne gouvernance.Que des promesses farfelues...Qu'il dégage le plus tôt possible pour le bien-être du peuple de guinée.
(1). L’ami de ton ami, c'est ton ami
(2). L'ennemi de ton ennemi, c'est ton ami
(3). L'ami de ton ennemi, c'est ton ennemi
Il y manque la quatrième combinaison qui est
(4). L’ennemi de ton ami est ton ennemi








