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Entretien : Ousmane « Gaoual » Diallo sur la défensive

Alpha Amadou Diallo  Jeudi, 04 Août 2016 10:20

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DIALLO_Ousmane_UFDG_01Le député Ousmane « Gaoual » Diallo, a accordé un bref entretien à la veille de son interpellation par les services de la gendarmerie du PM3, dans lequel il se défend d'avoir tenu des propos abjects susceptibles d'attiser les rancœurs dans la cité. Entretien…


L'Indépendant : bonjour honorable. On vous accuse d'avoir tenu des propos très graves pour la paix sociale. Que répondez-vous à ces accusations ?

Ousmane « Gaoual » Diallo : je vais vous donner un exemple : entre celui qui dit qu'il va mobiliser 50 000 jeunes pour empêcher la manifestation, donc qui agit dans l'illégalité absolue, et celui qui dit que lorsque vous mobilisez 50 000 jeunes pour empêcher la manifestation, vous provoquez la violence qui est violent ? Mais c'est celui qui mobilise les jeunes pour déclencher des contre-manifestions, c'est celui-là qui agit dans l'illégalité. C'est lui qui est à l'origine du déclenchement du conflit. Voilà ce que j'ai dit. Je dis dans ce cas-là si vous mobilisez des gens, il faut vous rassurez que vos familles, vos enfants, vos femmes peuvent goûter aussi, s'il y a la violence, parce qu'il n'est autorisé à personne de déclencher quelque violence que ce soit dans ce pays. Voilà la quintessence de mes propos. Maintenant on peut dire que Ousmane « Gaoual » dit des propos incendiaires ou pas, mais moi ce qui est incendiaire, c'est celui qui dit qu'il peut s'opposer à la loi par des méthodes illégales, qui passe par l'enrôlement des jeunes pour faire en sorte que ces jeunes s'opposent à une manifestation. J'ai rappelé aussi que la manifestation est un droit, la contre-manifestation est un délit dans notre pays.


Avez-vous réellement demandé à vos militants d'aller identifier les résidences de Bantama Sow, Hady Barry et Malick Sankhon ?

Non ! Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit si Bantama Sow, si Malick Sankhon, si Hady Barry provoquent des violences dans ce pays, financent des jeunes, les payent, les entretiennent pour qu'ils viennent semer la violence, il faut que leurs familles goûtent à cela. C'est ce que j'ai dit, et ça c'est fondamental. Si c'est moi qui suis à l'origine des violences, je n'interdis à personne de faire en sorte que mes enfants, ma femme ou mon épouse goûtent aussi à cela. C'est pour ça que j'agis en toute responsabilité.


On dit que le procureur est prêt à statuer sur votre cas. Cela vous inquiète-il Monsieur Diallo ?

Le Procureur de la République, il y a longtemps que je ne crois pas à ce qu'il fait. Il peut statuer sur tous les propos de « Gaoual. » Mais il y a tellement de problèmes qui sont préoccupants dans ce pays pour apaiser le climat politique, pour civiliser cette Guinée, pour faire en sorte que la justice se réconcilie avec les Guinéens. Je pense que s'il n'a pas beaucoup à faire, nous pouvons lui en donner à l'UFDG, parce que nous avons 70 personnes décédées, qui attendent toujours qu'une enquête soit ouverte pour savoir qui les a assassinées. Ça c'est nettement plus important que les propos que je peux tenir quel que soit la nature de ces propos-là, qui ne font ni mort ni blessé.


Le président de l'UFDG a été empêché dimanche dernier de tenir son meeting à Kaloum. Quelle est votre réaction à propos de cette décision des autorités de la ville ?

Voilà la violence, la violence c'est lorsque l'État refuse l'exercice de la liberté fondamentale. Nulle part dans nos lois, il n'est interdit à un parti politique de se réunir à sa volonté, à sa guise, au jour de son choix, dans son siège. Ceux qui interdisent cela, sont ceux-là qui organisent la violence dans ce pays, et il faut le dire. Je compte aussi sur les gens de la presse pour qu'ils aient des propos responsables, pour que les uns et les autres ne regardent pas l'approximation des déclarations, mais qu'ils les contextualisent, et les transmettent parce que ce sont des transmetteurs d'informations. Mais lorsqu'un journaliste qui qu'il soit se permet d'extraire des mots, pour faire dire à un élu ou à un responsable politique les mots qu'il n'a pas prononcés, je pense que ceci n'est ni professionnel ni conforme à la déontologie. Ce sont des gens qu'il faut plutôt poursuivre pour déformation de propos, que de s'inquiéter des déclarations des gens qui parlent en toute responsabilité.


Ne trouvez-vous pas que vos propos ont suscité un tollé ?

Pas du tout. Mais moi je mets en garde ceux qui financent, ceux qui encouragent et c'est devant vous puisque vous êtes de la presse, on a entendu Bantama Sow, on a entendu Malik Sankhon dire qu'ils vont mobiliser 100 000, 200 000 jeunes pour empêcher la manifestation. Voilà la violence parce qu'ils n'en n'ont ni le droit ni la possibilité. Même si la manifestation était interdite, l'interdiction est du ressort de la loi, donc de l'autorité, pas d'un parti politique, et pas d'un responsable, quel que soit son niveau de responsabilité.


Entretien réalisé par Alpha Amadou Diallo et Binta Baldé

L'indépendant, partenaire de GuineeActu


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